Aujourd'hui, nous poursuivons l'exploration de notre série sur Le christianisme et la science. Jusqu'à maintenant, nous avons traité de l'attitude d'un chrétien face à la science. Nous avons également discuté de la théorie du Big Bang et de la façon d'interpréter le chapitre 1 de la Genèse. D'ailleurs, au cours des deux dernières vidéos portant sur le sujet, nous avons exploré une interprétation récente du texte, selon la vision du Proche-Orient ancien. Ainsi, certains se sont demandé dans quelle mesure cette interprétation pouvait cadrer avec celle des Pères de l'Église. Est-ce que les deux interprétations sont compatibles ou pas?


Pour répondre à cette question, nous devons faire plus que vérifier les textes des Pères. Nous devons vraiment tenir compte du contexte dans lequel les Pères vivaient, ainsi que de la mentalité qui les caractérisait. Nous devons également comprendre leur méthodologie et suivre leur exemple. Et il faut à tout prix éviter de les citer de façon aléatoire. Puisque ceci est une extension de notre discussion sur le chapitre 1 de la Genèse, nous nous servirons bien sûr de l'Hexaméron de saint Basile, une œuvre magnifique traitant des premiers six jours de la création.


Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Dans cette vidéo, nous tenterons de décrire le plus simplement possible l'approche globale de saint Basile, en commençant par ce qu'il considérait être l'objectif du chapitre 1 de la Genèse. Dans la première homélie de l'Hexaméron, il dit ceci:


« Vous découvrirez enfin que le monde n'a pas été conçu par hasard et sans motif, mais dans un but utile et dans l'intérêt de tous les êtres vivants, puisqu'il est l'école où les âmes raisonnables s'exercent, le lieu de formation où ils apprennent à connaître Dieu. Car en voyant des choses visibles et sensées, l'esprit est amené à contempler les choses invisibles, comme si une main le guidait. » (Saint Basile le Grand, Hexaméron, Homélie 1, paragraphe 6) - [traduction libre]


Ici, comme dans d'autres exemples de son œuvre, saint Basile affirme clairement que le monde fut créé par Dieu. Ce n'est pas le fruit du hasard; il a été conçu dans un but précis. Et par lui, les humains apprennent à connaître et à contempler Dieu. De plus, au premier paragraphe de sa première homélie, saint Basile affirme que le paragraphe 1 de la Genèse annonce le salut de ceux qui s'instruisent par ces paroles. Il dit aussi:


« Joignons-nous à Moïse qui disait « Dieu a créé le ciel et la terre ». Rendons gloire à l'Artisan suprême pour tout ce qu'il a sagement et adroitement créé. Par la beauté des choses visibles, élevons-nous vers Lui, lui qui surpasse toutes les beautés... imaginons cet Être infini dont l'immensité et la toute-puissance dépassent tout ce que l'imagination pourrait concevoir. » (Saint Basile le Grand, Hexaméron, Homélie 1, paragraphe 11) - [traduction libre]


Nous pouvons facilement conclure que, selon saint Basile, la trame de fond du chapitre 1 de la Genèse, c'est la glorification de Dieu pour sa création. Devant sa création, l'humanité devrait reconnaître et glorifier la splendeur et la noblesse de Dieu.


Le deuxième aspect à examiner dans l'approche globale de saint Basile, c'est la sagesse dont il fait preuve lorsque vient le temps de savoir comment et quand se servir de la science. Cette habileté dépend de 3 facteurs: le type de science sur laquelle il s'appuie, l'importance qu'il accorde à la science et les raisons qui le poussent à s'en servir. Nous verrons que, même s'il le faisait parfois à contrecœur, il utilisait et décrivait la science de son époque et terminait en rendant gloire au Créateur de la science. Examinons quelques exemples. Le premier est tiré de sa première homélie:


« Il y a des gens qui enquêtent sur la nature et qui se montrent très éloquents à expliquer pourquoi la terre est immobile. Placée, disent-ils, au centre de l'univers... ils poursuivent en affirmant que, sans raison ou par hasard, la terre occupe le centre de l'univers. C'est sa position naturelle et nécessaire... S'il est quelque chose de ce système qui puisse vous paraître probable, gardez votre admiration pour la source responsable d'une disposition aussi parfaite, soit la sagesse de Dieu. » (Saint Basile le Grand, Hexaméron, Homélie 1, paragraphe 10) - [traduction libre]


Dans cet extrait, le fait que la terre occupe le centre de l'univers tient de la science d'Aristote et d'autres du même genre. L'extrait mentionne également que les philosophes prenaient pour acquis que la terre était fixe. Sa conclusion, cependant, était que peu importe si les gens qui l'écoutaient croyaient que cette vision de la science était exacte ou non, ils devraient voir plus loin que les détails de la création et admirer Dieu le Créateur.


Voici un autre exemple, tiré de l'homélie 9:


« Ceux qui ont écrit sur la nature de l'univers ont longuement discuté de la forme de la terre, à savoir si c'est une sphère ou un cylindre, si elle ressemble à un disque arrondi de toutes parts, ou si elle a la forme d'une vanneuse au centre creux. Toutes ces hypothèses ont été formulées par les cosmographes, chacune réfutant celle de son prédécesseur. Je ne diminuerai pas l'importance que j'accorde à la création de l'univers sous prétexte que Moïse, le serviteur de Dieu, ne s'attardait pas aux formes. Il n'a pas établi que la terre avait une circonférence de cent quatre-vingt mille furlongs. Il n'a pas mesuré jusqu'où son ombre se projetait dans l'atmosphère pendant que le soleil tournait autour d'elle, ni expliqué comment cette ombre, lorsqu'elle couvrait la lune, engendrait une éclipse. Il a fait silence, considérant inutile tout ce qui n'est pas important pour nous. Devrais-je donc préférer une sagesse dérisoire aux oracles de l'Esprit Saint? Ne devrais-je pas plutôt faire l'éloge de Celui qui, pour éviter de remplir nos esprits avec ces futilités, a régulé toute l'harmonie des Écritures dans le but d'édifier nos âmes et de les rendre parfaites? » (Saint Basile le Grand, Hexaméron, Homélie 9, paragraphe 1) - [traduction libre]


Dans cette citation, il parle des différentes théories scientifiques qui existaient de son vivant et qui traitaient de la forme de la terre. Il appert aussi qu'à cette époque, les gens croyaient que le soleil tournait autour de la terre. Cependant, son argument principal était d'insister sur le fait que Moïse avait passé ces détails sous silence, puisqu'ils ne contribuaient pas à édifier nos âmes, alors que c'était le propre des Écritures.


Ensuite, lorsqu'il est question du firmament au Jour 2 de la création, saint Basile s'exprime ainsi:


« On nous demande: Si le firmament est bel et bien un corps sphérique d'une circonférence convexe, tel que notre œil le perçoit, comment est-ce possible que l'eau qui coule et circule en hauts lieux soit retenue? Que pouvons-nous répondre? Une seule chose: même si l'intérieur d'un corps est parfaitement concave, cela ne veut pas dire que sa surface extérieure est nécessairement sphérique et arrondie. Pensez à la structure des édifices en forme de dôme. Bien que leur intérieur soit arrondi, ceci n'empêche pas qu'ils aient un toit plat ordinaire. Ainsi, que ces malheureux hommes cessent de nous tourmenter et se tourmenter eux-mêmes à penser que l'eau ne puisse être retenue dans les hauts lieux!... Il est temps maintenant de parler de la nature du firmament et des raisons pour lesquelles il fut placé à mi-chemin entre les eaux... D'après moi, c'est une substance solide, capable de retenir l'eau, qui, elle, est un élément fluide et instable... car les Écritures m'ont enseigné à ne pas laisser mon imagination s'aventurer trop loin des sentiers battus... « Que le ciel fut. » Voilà le message qui importe de retenir du premier et principal Créateur. » (Saint Basile le Grand, Hexaméron, Homélie 3, paragraphe 4) - [traduction libre]


Nous pouvons remarquer dans cette citation qu'il cherche à répondre à la question à savoir si le firmament peut être de forme sphérique tout en retenant l'eau qui se trouve au-dessus. À l'époque de saint Basile, comme c'était aussi le cas aux temps reculés du Proche-Orient, on croyait qu'il y avait de l'eau au-dessus du firmament. Par conséquent, il était normal que les gens aient plusieurs raisons de penser que le ciel ou firmament était solide, ce qui justifiait qu'il puisse retenir l'eau. Saint Basile tenta d'expliquer ceci en disant que le firmament, malgré sa forme convexe, avait probablement une section plus élevée qui était solide et plate, donc capable de retenir l'eau. Mais, répétons-le, son ultime centre d'intérêt, c'était le Dieu trinitaire unique, responsable de la création.


En résumé, saint Basile nous invite à lire les Écritures à des fins d'édification spirituelle; c'est précisément leur rôle. Il nous encourage aussi à ne pas éviter la science lorsqu'elle peut servir. Ainsi, nous devrions suivre son exemple et tirer profit de la science actuelle du monde moderne lorsqu'il est pertinent de le faire. Malheureusement, il arrive parfois que la science soit utilisée à mauvais escient au lieu de servir au bien commun. Il faut donc être prudent. En revanche, saint Basile nous rappelle que, bien que la science ait son importance, au bout du compte, elle sert uniquement à découvrir comment Dieu a créé. La science n'a aucune expertise à déterminer qui a créé. Le fait de comprendre comment fonctionne le cosmos ne lui confère aucun talent particulier à décider si Dieu existe ou non. Elle se contente seulement de préciser comment la création a vu le jour, ce qui n'a rien de commun avec l'identité du Créateur.


Dieu lui-même est notre objectif terminal et il doit être au cœur de nos lectures des Écritures. Si on compare le contenu de cette vidéo aux interprétations du Proche-Orient ancien quant à la façon d'aborder le chapitre 1 de la Genèse, ce qui fut discuté dans nos deux vidéos précédentes, on constate que l'objectif global était le même: se centrer sur le Dieu Créateur et sur l'édification de l'humanité, laquelle fut créée à l'image de Dieu.


Cependant, les détails de l'interprétation du Proche-Orient ancien sont très différents. Ceci est dû au fait qu'ils furent découverts sur le tard. Les véritables travaux archéologiques dans cette partie du monde ont débuté seulement au 19è siècle de notre ère. Ils ont permis de mettre en lumière de nombreux renseignements qui étaient demeurés enfouis pendant des siècles. Ces nouvelles connaissances furent vitales à l'exégèse du chapitre 1 de la Genèse. Mais là encore, des deux considérations données au texte, on se rend compte que la science n'avait rien à y faire. C'était à Dieu qu'on s'intéressait.


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