Les jours de la création dont il est question au chapitre 1 de la Genèse devraient-ils être considérés comme des jours de 24 heures au sens strict? Est-ce que la terre est une jeune planète, c'est-à-dire âgée de seulement quelques milliers d'années? Comment peut-on réconcilier tout ceci avec la théorie du Big Bang?


Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Plusieurs internautes ont réclamé une vidéo qui traiterait du sens que l'on attribue aux jours de la création, tels que décrits au chapitre 1 de la Genèse. Pour être bien honnête, j'ai fait une concession en préparant cette vidéo, puisque la question a été fréquemment soulevée depuis la parution de notre récente vidéo sur la théorie du Big Bang. Cependant, je crois fermement que d'examiner le chapitre 1 de la Genèse du point de vue scientifique est une erreur par rapport au message fondamental que son auteur désirait véhiculer. Le langage à caractère semi-poétique des premiers chapitres de la Genèse n'est pas conçu pour être interprété comme un écrit scientifique. Ceci dit, je préparerai plus tard une vidéo qui explique comment un chrétien peut aborder le chapitre 1 de la Genèse de façon appropriée, mais d'ici là, je vais traiter du sens strict que l'on attribue aux jours de la création dans ce chapitre, afin de répondre à ceux qui se posent la question.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Comme vous le savez, une journée de 24 heures équivaut à une rotation complète de la terre sur elle-même, en présence du soleil. Ceux qui décident de prendre le texte au sens strict sans tenir compte de son sens poétique se servent habituellement de traductions bibliques populaires qu'ils ont trouvées et qui traduisent le mot hébreu והות (tohu) par l'expression sans forme. Si on suit cette méthode d'interprétation, la seule conclusion à laquelle on peut arriver, c'est que la terre n'avait effectivement aucune forme précise. Elle ne pouvait donc être une sphère. Et si ce n'était pas une sphère, comment pouvait-elle tourner sur elle-même? Je le répète, ma réponse ici repose sur la perspective de ceux qui insistent pour interpréter le texte au sens strict, sans apprécier sa construction poétique.


Personnellement, je crois que le mot hébreu tohu serait mieux traduit par l'idée d'un lieu sans vie ou lieu désert. Mais selon leur point de vue, la terre était informe, donc ce n'était pas une sphère. De plus, le soleil fut créé seulement au 4 è jour. Alors comment la terre aurait-elle pu tourner sur elle-même en présence du soleil? Intrigué par cette même question, Origène, un érudit ayant vécu au troisième siècle, affirma ce qui suit:


« Car quel homme sensé supposera que les premier, deuxième et troisième jours, ainsi que le soir et le matin, aient existé sans soleil, sans lune et sans étoiles, et aussi que le premier jour, en quelque sorte, ait été sans ciel? (...) Je n'imagine personne s'opposer à l'idée que ces choses, prises textuellement, témoignent de certains mystères... » (Origène, Traité des principes, Livre 4) - [traduction libre] Le très regretté Pape Chenouda III avait convenu lui aussi que ces jours ne devraient pas être considérés comme des jours de 24 heures. Il est donc évident, à tout le moins, que les jours 1 à 3 ne peuvent être pris au sens strict. De plus, le texte ne précise nulle part à quel moment la terre est devenue une sphère, et ce, pour la simple et bonne raison que ce n'est pas du tout son objectif, comme nous le verrons dans une prochaine vidéo sur le sujet.


Un autre point à considérer est le fait que le texte ne fait pas de distinction entre les trois premiers jours et les jours subséquents, sauf en ce qui concerne le jour 7, dont nous discuterons dans un moment. Autrement dit, le texte présente les six premiers jours de façon très systématique.


Par exemple, chaque jour débute par Dieu dit... et se termine par Ainsi, il y eût un soir, et il y eût un matin: ce fut le xième jour. Il n'y a rien dans le texte qui indique que nous devrions aborder les derniers jours différemment des premiers. Si tel est le cas, il faut supposer que les jours 4 à 6 se conçoivent de la même façon que les jours 1 à 3, ce qui implique qu'ils ne peuvent avoir une durée de 24 heures eux non plus.


Pour ce qui est du septième jour, celui-ci diffère des autres seulement par le fait qu'il est toujours en cours, puisque la phrase Ainsi, il y eût un soir, et il y eût un matin: ce fut le 7 è jour est absente du texte, ce qui suppose qu'il s'est perpétué jusqu'à ce jour. La durée du jour 7 n'est donc pas de 24 heures non plus. Et au chapitre 2 de la Genèse, on peut lire ceci:


« Voici les origines des cieux et de la terre, quand ils furent créés.


Lorsque l'Éternel Dieu fit une terre et des cieux... » (Genesis 2:4-5) Le ciel et la terre dont il est question au chapitre 1 de la Genèse, lesquels furent créés en sept jours, sont les mêmes que ceux dont on parle au chapitre 2, lequel affirme pourtant qu'ils ont été créés en une journée seulement. De toute évidence, le mot jour ne peut être pris textuellement ici.


Le second point à considérer est le fait que le mot hébreu םוי (yom), que l'on traduit par jour dans le premier chapitre de la Genèse, a plusieurs autres significations en français, comme en témoignent divers passages de l'Ancien Testament. Voici quelques exemples que vous pouvez voir à l'écran. Dans la Genèse, chapitre 4, verset 3, le mot yom a le sens de temps, et non de jour. Dans 1 Rois, chapitre 1, verset 1, il est traduit pas années. Dans la Genèse, chapitre 40, verset 4, il signifie saison. Et le mot yom continue d'apparaître dans d'autres passages de l'Ancien Testament, alors qu'il est traduit, entre autres, par les mots auparavant, toujours, continuité, à jamais, ou âge.


Cependant, la différence qui existe au chapitre 1 de la Genèse, c'est que la description des six premiers jours se termine par Ainsi, il y eût un soir, et il y eût un matin: ce fut le xième jour, ce qui laisse sous-entendre que ce sont des jours de 24 heures, puisqu'on fait mention d'un soir et d'un matin. Mais cette phrase est employée dans l'esprit semi-poétique du texte et elle possède une signification plus subtile qui dépasse les besoins de cette vidéo: une signification que l'on comprend mieux si on tient compte de la culture de l'époque. Répétons- le: scientifiquement parlant, ces jours ne peuvent être pris au sens strict, puisque le soleil n'avait pas encore été créé. Comme le disait Origène: Comment aurait-il pu y avoir un soir et un matin sans qu'il y eût un soleil?


En réaction aux preuves que nous venons de présenter, ceux qui choisissent de continuer à interpréter les choses textuellement tentent de se servir de l'Exode, au chapitre 20, verset 11, en guise de contre-argument. Ce chapitre de l'Exode dit ceci:


« Car en six jours l'Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s'est reposé le septième jour: c'est pourquoi l'Éternel a béni le jour du repos et l'a sanctifié. » (Exode 20:11) Ceci est problématique pour plusieurs raisons. Tout d'abord, si tel était le cas, plusieurs questions fondamentales resteraient sans réponses, comme nous l'avons déjà mentionné.


Deuxièmement, on fait une supposition ici: on suppose que le souvenir d'un événement dure aussi longtemps que l'événement lui-même. Alors, en réservant une journée de 24 heures pour commémorer le jour du Seigneur, on suppose que le septième jour avait également une durée de 24 heures. Cette supposition est tout à fait fausse. Par exemple, il y a une différence importante entre les 40 ans où les Israélites ont erré dans le désert et le temps réel qu'on accorde à la commémoration de ces 40 ans, soit 8 jours, à l'occasion de la Fête des Tabernacles.


La durée d'une commémoration n'a donc rien à voir avec la durée de l'événement que l'on commémore. Le chapitre 20 de l'Exode ne fait qu'établir un parallèle entre les sept jours de la création et le jour du Seigneur. En supposant que l'événement et la célébration de cet événement ont une durée équivalente, on fait fausse route.


Enfin, je dois insister encore sur le fait que de tenter d'analyser le chapitre 1 de la Genèse du point de vue scientifique est une façon incorrecte d'aborder ce chapitre des Saintes Écritures.


Si Dieu le veut, nous préparerons plus tard une vidéo qui propose une approche adéquate.


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