Croyons-nous au concept de rançon? Le Père a-t-il déversé sa colère sur le Fils? Dieu peut-il être en colère au sens strict? A-t-il détourné son visage de son Fils à cause du péché? Ce sont toutes des questions vitales auxquelles il existe malheureusement trop de réponses différentes et incompatibles, alors quelle est la bonne réponse?


Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Les Écritures précisent clairement que le Christ est devenu péché pour nous. En effet, il est mort pour nous, alors bien sûr, il faut qu'il y ait une rançon à payer. Mais qu'est-ce que cela signifie? Dieu était-il en colère au sens strict? Bien que certaines traditions chrétiennes prétendent que oui, le christianisme orthodoxe rejette cette idée depuis le premier siècle de son existence. Nous croyons certainement que le concept de colère divine est bien réel; les premiers Pères de l'Église l'ont clairement précisé. Mais ils ont aussi mentionné que le concept ne devait pas être pris au sens strict. Il faut se rappeler qu'au commencement de l'Église, la foi chrétienne fut révélée directement par le Christ et que c'est par l'entremise du Saint-Esprit que le Nouveau Testament fut écrit. Les Pères ont vécu la foi, l'ont conservée et l'ont prêchée. L'Église d'origine avait également compris que les Écritures étaient l'œuvre du Saint-Esprit et qu'il les avait écrites par le biais des humains et pour les humains. Elles furent donc écrites pour la compréhension humaine, ce qui veut dire que Dieu a simplifié certaines choses pour que nous puissions les comprendre, et donc, que ces choses ne peuvent être prises au sens strict. Voici d'ailleurs une courte citation de saint Jean Chrysostome à ce sujet:


« Cet auteur bienheureux [en parlant de Moïse] parlait ainsi, afin de tenir compte de la façon dont les êtres humains s'expriment... Les Saintes Écritures s'expriment ainsi, afin de tenir compte des limites de notre écoute. » (Saint Jean Chrysostome, Homélie 3 sur la Genèse) - [traduction libre] Il n'est pas rare de voir Dieu s'abaisser au niveau des humains. Ceci est l'argument fondamental de notre discussion. Par exemple, Dieu le Père a-t-il un visage physique pour se détourner du Fils? Bien sûr que non: Dieu est esprit. Mais il y a là un message qu'il veut nous livrer et il se sert de notre compréhension de base pour l'exprimer.


Pour ce qui est de la colère divine, en réalité, il n'y a rien que nous puissions faire qui affecte Dieu de façon négative. Dieu n'est pas passionné; il est vertueux. Ainsi les Pères ont clairement défini cette colère. Voici une autre citation de saint Jean Chrysostome:


« Car même ceux qui ont péché contre lui, il n'a pas l'habitude de leur rendre visite pour les châtier dans son propre intérêt; car aucun mal ne peut atteindre sa nature divine; mais il agit dans le but de nous avantager et d'éviter que notre perversion ne s'amplifie par notre habitude à le mépriser et à le négliger. Même celui qui s'est habitué à mépriser ce pouvoir tout-puissant ne porte pas atteinte à ce pouvoir, mais s'inflige à lui-même les blessures les plus profondes qui soient. Et c'est pourquoi Dieu nous menace de châtiments, et que souvent il nous les impose, non pas pour se venger, mais pour s'en servir comme moyen de nous attirer vers lui. » (Saint Jean Chrysostome, Lettres à Théodore, Première lettre, partie 4) - [traduction libre] Ainsi, Dieu, dans sa nature divine, ne peut se mettre en colère au sens strict. Nos péchés n'infligent aucune blessure à Dieu. Par conséquent, il n'a pas de colère à répandre sur le Fils.


Dieu n'a pas besoin de calmer sa colère pour exercer une quelconque justice. Dans un même ordre d'idées, Dieu le Père n'a pas besoin de détourner son visage du Fils, ni même d'un point de vue conceptuel. Saint Cyrille, dans la Glaphyra, et plus précisément dans son commentaire sur le Lévitique, dit ceci à propos de l'offrande du péché:


« Car la mort du Fils, qui a donné sa vie pour celle du monde, s'est déroulée devant ses yeux, ceux de Dieu le Père [sous les yeux de Dieu le Père]. S'il est une vérité de ce que l'on dit que « La mort de ses saints est précieuse aux yeux du Seigneur », comment Dieu le Père pourrait-il ne pas considérer la mort de son Fils comme une chose digne d'être vue par lui? Car en effet, il l'honore en tout point et la considère digne de sa vue, tandis qu'il se détourne de ce qui est exécrable et odieux. Ainsi, le fait que le Père ait choisi de regarder le Christ mourir démontre clairement que sa mort n'était pas une honte. Il a été tué aux portes mêmes du sanctuaire. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Glaphyra (série sur les Pères de l'Église), Lévitique, p.133) - [traduction libre] Le Père n'a pas détourné son visage du Fils, mais le Fils lui-même, le Fils lui-même a choisi de porter le péché pour nous. Ceci est très différent d'un Père qui, au sens strict, aurait jeté sa colère sur le Fils, et ce faisant, aurait détourné sa face. Ce sont deux dieux différents dont on parle ici: d'un côté, celui qui est affecté par les péchés des humains et qui veut se venger, et de l'autre, celui qui voit et reconnaît ces péchés et désire recréer l'humanité en toute vertu.


Mais que veut-on dire quand on affirme qu'il a plu au Père de briser le Fils, tel que mentionné dans Ésaïe, au chapitre 53? Et pourquoi dit-on que le Fils crucifié était agréable au Père ou que ceci lui était d'une odeur agréable? Saint Cyrille d'Alexandrie répond à ces deux questions pour nous. Il dit ceci dans la Glaphyra:


« Le Christ, ensuite, même s'il est devenu péché, est resté ce qu'il était, c'est-à-dire qu'il est demeuré sacré, puisqu'il était Dieu de nature... Maintenant que la mort de sa chair, qui est survenue pour détruire la chair, était sainte et pure, étant agréable à Dieu le Père à la manière des offrandes d'encens... le Christ est un holocauste, c'est-à-dire, une offrande complète et entière, et pas seulement partielle, consacrée à Dieu le Père comme une odeur agréable. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Glaphyra (série sur les Pères de l'Église), Lévitique, p.136) - [traduction libre] Le Fils de Dieu a accepté de devenir péché, a encaissé le péché et est demeuré pur. Ceci était agréable à Dieu le Père, parce que le sacrifice était sacré et pur. Ainsi, il s'est donné en rançon pour nous; il nous a guéris. Bien sûr que ceci était agréable au Père. Ça lui était agréable comme de l'encens, dit-il. L'encens est doux; c'est une chose sacrée. Mais plus important encore: il y a une composante de médiation dans la notion d'encens. Le Christ a fait cela pour nous; il a intercédé. Saint Cyrille va plus loin encore:


« Par conséquent, il est vraiment « très saint ». Car c'est en lui que nous avons été sanctifiés, lui qui est toute notre raison d'être. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Glaphyra (série sur les Pères de l'Église), Lévitique, p.136) - [traduction libre] Donc nous avons été sanctifiés en lui; il est notre porte-parole devant le Père. À la lumière de ceci, tentons maintenant de comprendre ce que nous dit Ésaïe, au chapitre 53, verset 12:


« ...Parce qu'il s'est livré lui-même à la mort, Et qu'il a été mis au nombre des malfaiteurs, Parce qu'il a porté les péchés de beaucoup d'hommes, Et qu'il a intercédé pour les coupables. » (Ésaïe 53:12) Ainsi, le Christ a voulu se livrer lui-même à la mort, afin d'intercéder pour nous, pour payer notre rançon. Il dit également, aux versets 11 et 10 respectivement:


« ...mon serviteur juste justifiera beaucoup d'hommes, Et il se chargera de leurs iniquités. » (Ésaïe 53:11) et « Il a plu à l'Éternel de le briser par la souffrance... Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché... » (Ésaïe 53:10) Ainsi Le Christ s'est donné en rançon pour nous, puisqu'il est devenu péché et qu'il est demeuré sacré. Il a subi la mort et la corruption et il a continué à vivre, nous donnant accès à cette vie. Par conséquent, il plaît à Dieu le Père de briser le Fils. Ce n'est pas que le Père est soulagé d'avoir eu l'occasion de répandre sa colère; c'est plutôt qu'il est heureux, car l'humanité a obtenu le salut: l'humanité est recréée. Souvenez-vous: les trois personnes de la Trinité sont toujours en accord, et donc, ils ont une seule volonté au bout du compte. Ils sont tous heureux du geste de salut.


Ainsi, le Père ne détourne pas son visage du Fils; il n'est pas dégoûté par le Fils. C'est plutôt une expression qui nous permet de comprendre que le Christ est devenu péché tout en demeurant sacré. Il a conquis, ce qui nous permet de conquérir en lui, et par conséquent, il plaît au Père de faire souffrir le Fils pour nous.


Merci d'avoir regardé cette vidéo. Ne manquez pas de regarder nos vidéos précédentes en visitant et en vous abonnant à notre chaîne. Si cette vidéo vous a été bénéfique, partagez-la avec vos ami(e)s.


N'oubliez pas:


Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.