Vous êtes-vous déjà senti un peu abattu au moment où vous tentiez de prier ou de lire votre Bible? Est-ce que la paresse ou la fatigue vous a déjà empêché de compléter vos tâches et services spirituels? Avez-vous déjà eu l'impression que peu importe ce que vous faisiez, vous ne réussissiez pas à vous débarrasser du fardeau qui pesait sur vos épaules et qui vous empêchait de vous rapprocher de Dieu, un peu comme si c'était un obstacle? Si tel est le cas, vous êtes peut-être en train de lutter contre l'acédie. Allons voir en quoi ça consiste.
Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Quelle est cette passion de l'esprit que l'on appelle l'acédie ou akidía? Et comment composer avec ce phénomène? Plusieurs cherchent à définir l'acédie de façon simplifiée en utilisant des mots tels que tristesse ou désespoir, mais ceux-ci ne sauraient suffire à englober tout ce que comprend l'acédie. Les ancêtres de l'Église voudraient sans doute nous faire savoir que la notion d'abattement spirituel est beaucoup plus vaste. C'est une tactique de guerre dont se sert notre ennemi, le malin, afin de nous entraîner dans un état de paresse, d'ennui, de découragement, et même de dégoût et d'insatisfaction. Son but est de paralyser l'être humain et de le rendre incapable d'agir et d'accomplir ce à quoi l'Esprit de Dieu l'a destiné.
Examinons de plus près ce que ce mot signifie.
En grec, le mot acédie se dit ακηδία (akidía), où a- veut dire sans et -kedo veut dire souci ou effort. Lorsque les Pères de l'Église ont décrit cet état spirituel, ils ont choisi le mot akidía au sens strict, afin d'illustrer l'état ressenti lorsqu'on ne fait aucun effort, aucun geste, et même un état de nonchalance où la personne ne se soucie de rien.
Il est essentiel de savoir ce que représente l'acédie si vous avez pris l'importante décision de prendre votre vie spirituelle au sérieux. Car du moment où vous vous dites Je veux être un véritable disciple de Jésus-Christ, il est certain que vous aurez à faire face à ce genre de guerre contre le démon de l'acédie. L'intention derrière l'acédie ou akidía, c'est de briser la régularité que requiert la vie spirituelle. En affaiblissant ou en interférant sur notre capacité d'être fidèles et réguliers face à nos canons spirituels, elle nous fait perdre notre ardeur et nous cessons de progresser. Bientôt apparaissent les frustrations et les déceptions, ce qui nous fait perdre espoir et nous pousse éventuellement à abandonner notre démarche.
Mais si vous êtes un peu comme moi, quelqu'un qui désire avoir une vraie relation avec Dieu, mais qui doit faire un effort pour se lever et prier, pour se consacrer à ses lectures spirituelles ou pour se lever tôt pour les prières, les liturgies et les louanges quand tout semble orchestré pour l'empêcher de suivre le Christ, alors tout ce dont nous discutons présentement doit vous intéresser, tout comme ça m'intéresse aussi. Force est de constater que le démon de l'akidía travaille sans relâche pour essayer de nous faire succomber à ses tentations.
L'acédie a souvent pour résultat de susciter un vif sentiment d'insatisfaction chez celui qui en souffre. Tout semble aller de travers. Rien ne le satisfait ou ne répond à ses attentes. Et souvent, il cherche à fuir le moment présent, à se désensibiliser ou à se distraire. Il est conscient de ses responsabilités immédiates, mais il ne veut pas en entendre parler. Il préfère se tourner vers les autres, non pas pour établir un lien significatif, mais pour éviter d'avoir à faire face à sa propre réalité. Certains se tournent vers les réseaux sociaux, afin de se distraire et de pouvoir mettre de côté leurs pensées ou leurs obligations. D'autres trouvent leur réconfort dans la nourriture. D'autres encore obtiennent leur satisfaction dans la luxure ou toute autre passion à laquelle ils pourraient s'abandonner. L'acédie ouvre la porte à toutes ces possibilités.
De plus, elle nous amène à penser que quelque chose doit changer, comme si le problème était dû à notre environnement ou au contexte dans lequel nous évoluons. Notre imagination nous fournit bientôt des images d'une nouvelle vie, bien meilleure pour nous, insistant uniquement sur l'insatisfaction que nous procure notre vie actuelle. Nous acceptons ces images en prétextant que nous attendons ou méritons mieux de la vie. Il se peut que ce soit vrai parfois, mais sûrement pas aussi souvent que nous le croyons. Lorsque nous souffrons d'acédie, c'est toujours une guerre diabolique dont le but est de nous conduire au mécontentement, à l'anxiété et à l'inquiétude, nous plaçant ainsi dans une situation où rien n'est jamais suffisant et où nous avons toujours l'impression d'avoir échoué ou d'être malheureux. Nous rejetons même la faute sur Dieu pour expliquer le malaise que nous éprouvons.
Prenons, par exemple, l'effort que nous devons faire pour prier. Nul doute qu'il nous est tous arrivé un jour de vouloir prier quand tout à coup, au moment de procéder, une lourdeur s'est emparée de nous. Nous sommes devenus paresseux, fatigués, désintéressés même! La tâche est soudain devenue si difficile que nous avons été tentés de nous dire: À quoi bon? Je ne ressens plus la présence de Dieu. Toutes ces sensations visaient à nous empêcher de prier.
Mais rassurez-vous: vous êtes loin d'être les seuls à avoir dû composer avec cette forme de guerre. Saint Jean Climaque, auteur de L'Échelle sainte, a écrit que même les ascètes du désert souffraient de cette réalité. Il disait ce qui suit:
« En dehors de l'heure des psaumes, l'acédie [ou akidía] ne se fait pas sentir. Et dès que le service assigné est terminé, les yeux sont grands ouverts (...). Mais au moment où l'heure de la prière revient, le corps redevient lourd et pesant. [La personne] commence à prier, mais le sommeil la gagne de plus en plus et des versets complets des psaumes lui sont arrachés de la bouche par des bâillements importuns. » (Saint Jean Climaque, Degré 13, paragraphes 7-8) - [traduction libre] On voit clairement que ce saint, qui a vécu au 7 è siècle de notre ère, parlait de cette même réalité à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui, près de quatorze siècles plus tard.
C'est une guerre qui dure depuis l'origine de l'humanité.
Et ce qui est encore plus inquiétant, c'est que même si la personne qui souffre d'acédie tente de la braver, de continuer à prier et d'être fidèle à son canon spirituel, cette passion a plus d'un tour dans son sac. Si elle ne parvient pas à paralyser la personne au départ, elle l'entraîne dans la tristesse et le vide. Elle lui donne l'impression que ce qu'elle offre à Dieu est inutile ou sans conséquence, ce qui suscite bientôt des sentiments tels que l'irritabilité et la colère, la laissant avec l'impression accablante que son état laisse tout le monde indifférent.
Au départ, on se sent frustré, alors on se dit: Qu'est-ce que j'ai? Qu'est-ce qui se passe? Puis on devient fâché contre Dieu et on a envie de lui dire: Où es-tu? Pourquoi ne m'aides-tu pas?
Vient ensuite le découragement, alors on se dit: Je ne peux plus continuer. Plus rien ne va.
On finit par se résigner en se disant: C'est inutile. À quoi bon essayer? Pourquoi s'en donner la peine? Et on y est: c'est le scénario préféré du démon de l'akidía pour nous faire abandonner notre relation avec le Christ; sa façon de nous mettre les bâtons dans les roues.
Bref, l'acédie peut aisément accaparer toutes les facultés de l'esprit, de manière à nous empêcher de suivre Dieu. La combativité et la persévérance de ce démon est incroyable.
C'est une passion qui ne vise qu'à nous faire flancher et à exploiter la moindre tendance indésirable à laquelle nous sommes déjà confrontés. Pour elle, tous les moyens sont bons pour nous éloigner de Dieu. La plus grande menace que représente l'acédie, c'est que la personne qui en souffre finisse par s'épuiser à force de la combattre, devenant ainsi vulnérable aux attaques de presque toutes les autres passions qui voudraient lui tourmenter l'esprit: la colère, la tristesse, l'orgueil, l'envie, la luxure, la gourmandise, la peur... à vous de choisir votre poison! L'acédie s'en servira volontiers pour intensifier ses assauts.
Tout ceci peut paraître terrible, et ça l'est, mais l'Église nous propose une solution. En effet, il existe une façon de nous battre contre cette horrible passion et de faire en sorte que Dieu nous accorde la victoire. Dans notre prochaine vidéo, nous discuterons de la façon de composer avec l'acédie et nous verrons ce que nous pouvons apprendre des hommes et des femmes qui sont passés avant nous et qui, par la grâce de Dieu, ont vaincu cette passion.
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