Quelle attitude un chrétien devrait-il adopter face à la science? Devrait-il être mal à l'aise quand il est question de science? Celle-ci est-elle une menace à sa foi? Et les chrétiens orthodoxes adhèrent-ils au concept de croyance aveugle? À ses débuts, l'Église pratiquait- elle le christianisme aveuglément? Je crois qu'en tant que chrétiens, il est temps de réexaminer notre façon d'aborder le monde scientifique. J'espère faire la lumière à ce propos dans cette vidéo.


Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Le fait de considérer la science comme une menace revient à dire que Dieu lui-même est une menace, car après tout, c'est lui le scientifique ultime; c'est lui qui a créé la science et qui l'a instaurée. Malheureusement, au cours des dernières décennies, plusieurs groupes de chrétiens non-orthodoxes ont déclaré la guerre à la science, ou plus exactement, à certains aspects précis de la science. Et ce conflit est fondé sur des malentendus. En tant que chrétiens orthodoxes, au lieu d'être craintifs face à la science, il vaudrait mieux s'y investir de façon appropriée. Si Dieu le veut, dans les prochaines vidéos de cette série sur Le christianisme et la science, je discuterai plus abondamment de ces malentendus et de la façon dont nous pouvons aborder la science.


Pour l'instant, il doit être clair que la chose à éviter, surtout dans la société occidentale actuelle, c'est le concept de croyance aveugle. Notre foi chrétienne n'est pas une foi aveugle.


Lorsque le Christ a dit à saint Thomas heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru, il voulait dire qu'il est bien d'avoir la foi et que ceux qui ont la foi seront bénis. Mais la foi et la croyance aveugle sont deux choses différentes. La foi de Saint Thomas n'avait certainement rien d'aveugle après qu'il eût vécu trois ans et demi avec le Christ à être témoin de tous ses miracles, après qu'il en eût faits lui-même, et après qu'il eût entendu le Christ annoncer qu'il allait bientôt mourir et ressusciter.


« (...) la foi est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas », dit saint Paul (Hébreux 11:1) Et l'espérance que l'on peut voir, ce n'est pas de l'espérance. Autrement dit, on ne peut avoir foi ou espérance en quelque chose que l'on voit. La foi et l'espérance supposent donc que le résultat qu'on en attend est imperceptible. Mais puisque nous sommes nés à l'image de Dieu, celui-ci nous as donné un cerveau pour réfléchir. Par conséquent, notre foi se sert de notre esprit pour espérer des choses spirituelles qui sont invisibles. Par contre, le fait d'adopter une croyance aveugle vient contrecarrer le travail de l'esprit que Dieu nous a donné. Une croyance aveugle, c'est de croire pour le plaisir de croire, sans faire l'effort de chercher Dieu et de le vivre en soi, et ce, même si on constate que la situation n'a aucun sens; c'est d'oblitérer la recherche de la vérité, la recherche de Dieu lui-même. Autrement dit, le fait d'adopter une croyance aveugle envers l'athéisme ne peut que mener à l'athéisme. Une croyance aveugle en une certaine religion maintient la personne dans cette religion, qu'elle soit véritable ou non. Puisque nous sommes les ambassadeurs de la vérité qui se trouve au sein du Christ, nous, chrétiens orthodoxes, encourageons une foi raisonnable, pas une foi aveugle. Ceux qui détiennent la vérité n'ont aucune crainte.


Lorsqu'on jette un coup d'œil à la façon dont les Pères de l'Église vivaient le christianisme, on peut clairement constater que leur foi n'était pas fondée sur une croyance aveugle. Au contraire, c'était des théologiens systématiques, peu ordinaires, qui n'hésitaient pas à faire appel à la philosophie et à la science pour toute énigme qu'ils cherchaient à résoudre du point de vue chrétien. Par exemple, saviez-vous que saint Justin Martyr, un païen né en l'an de notre ère, n'a pas retiré sa toge de philosophe après qu'il eût été baptisé? En fait, il était d'avis que c'était justement après le baptême qu'il méritait de la porter. Maintenant qu'il avait trouvé la vérité au sein du Christ, c'était un vrai philosophe, un véritable amant de la sagesse au sein du Christ. À une époque où le clergé ne portait pas encore de vêtements distinctifs, Justin portait fièrement sa toge de philosophe.


De la même manière, saint Clément d'Alexandrie, né d'une famille païenne vers l'an 150 de notre ère, avait beaucoup de respect pour la philosophie, mais il en comprenait les limites.


Étant disciple de saint Pantène, son grand maître, qui avait abandonné le stoïcisme pour se convertir au christianisme, saint Clément croyait essentiellement que la philosophie pouvait mener les gens à la vérité de Dieu. Dans le premier livre de son œuvre intitulée Les stromates, au chapitre 5, il dit ce qui suit:


« Par conséquent, avant l'avènement du Seigneur, la philosophie était nécessaire pour enseigner la vertu aux Grecs. Et maintenant, elle encourage à la piété, étant une sorte de formation préparatoire pour ceux qui accèdent à la foi par l'exemple... Car Dieu est la source de toutes les bonnes choses, dont certaines sont fondamentales, telles que l'Ancien et le Nouveau Testament, tandis que d'autres en découlent, comme la philosophie. Il se peut aussi que la philosophie ait d'abord été donnée aux Grecs directement, jusqu'à ce que le Seigneur les appelle. Car il fallait être un pédagogue, représentant de la loi et des Hébreux, pour convertir l'esprit hellénique au Christ. La philosophie était donc une préparation qui ouvrait la voie à celui qui s'était perfectionné dans le Christ. » (Saint Clément d'Alexandrie, Les stromates, premier livre, chapitre 5) - [traduction libre] Nous pouvons clairement voir qu'en tant que chrétien, il avait une attitude positive face à la philosophie. De même, saint Basile, dans son Hexaméron, œuvre consacrée aux six jours de la création, se sert de la science de son époque, afin d'illustrer la vérité et la beauté de Dieu, ainsi que la façon dont un chrétien devrait vivre. C'était un maître de la rhétorique et ses sermons en ont amené plusieurs à se repentir. De même, la fameuse École de catéchisme d'Alexandrie, outre la théologie chrétienne, enseignait plusieurs disciplines, telles que l'astronomie, les mathématiques, la physique et la philosophie. Du point de vue chrétien, tous ces sujets exprimaient la vérité de Dieu et encourageaient les étudiants à partager leur foi avec leurs amis. Dès ses débuts, l'Église préconisait non pas d'éviter la science, mais de la comprendre sur le plan chrétien.


Permettez-moi cependant d'être très clair: on utilise parfois la science de façon immorale, ce qui va à l'encontre de l'éthique divine. Comme chrétiens, nous refusons de consentir à ce type d'usage. La science, comme tout ce qui est sujet au libre arbitre de l'homme, peut servir au bien ou au mal. Nous devons faire la part des choses et convenir que la science n'est pas mauvaise en soi; c'est une bonne chose, bien qu'il arrive qu'on s'en serve à mauvais escient.


Ainsi, le christianisme et la science ne sont pas des courants qui s'opposent; ils sont plutôt complémentaires. Ils répondent ensemble à 4 questions fondamentales: le qui, le quoi, le comment et le pourquoi. Le christianisme, par sa tradition sacrée qui comprend la Bible, peut fournir des réponses à ceux qui demandent Qui est Dieu?, Qu'est qu'un être humain? et Pourquoi avons-nous été créés? La science ne peut répondre à ces questions. Elle peut cependant se pencher sur des questions telles que Qu'est-ce que l'univers?, De quoi est constitué l'être humain?, Comment l'univers est-il apparu?, etc. Elle peut donc expliquer le quoi et le comment, mais n'a aucune compétence en ce qui a trait au qui et au pourquoi. De même, le christianisme n'a pas pour objectif de répondre au quoi ou au comment. La Bible n'a rien d'un livre de science.


Dans une prochaine vidéo, nous discuterons de certains détails de la Bible qui touchent à la science, si rares soient-ils. Mais pour l'instant, il est important de comprendre que la science que l'on retrouve dans la Bible vise à répondre aux questions sur le qui et le pourquoi. En aucun cas la Bible ne cherche-t-elle à répondre à des questions de science.


Il existe pourtant une différence majeure entre la science et le christianisme. Ce dernier est une révélation de Dieu. Il annonce qui il est, qui nous sommes en tant qu'humains et pourquoi nous avons été créés. Et puisque c'est une révélation du Tout-Puissant, de l'Éternel qui sait tout, cette révélation ne change pas; elle demeure constante. En revanche, les connaissances scientifiques sont progressivement découvertes par les humains. Elles évoluent donc au gré des nouvelles façons de comprendre le monde qui nous entoure. Bref, la science peut changer, mais la révélation de Dieu demeure toujours la même.


En conséquence, chaque génération de chrétiens doit faire face à de nouvelles découvertes scientifiques et les examiner de près lors de discussions théologiques. Certaines découvertes sont fondées, d'autres pas. Certaines permettent de faire avancer l'humanité au plan éthique et technologique, tandis que d'autres demeurent contraires à l'éthique. Comme chrétiens du è siècle, nous devons discuter de ces choses. Ce n'est pas en évitant la science que nous trouverons des réponses. La vraie façon de faire, c'est de suivre la méthodologie des Pères de l'Église et de prendre part à la science à la lumière du Christ.


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N'oubliez pas:


Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.