Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et Fils et le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Est-ce vraiment essentiel pour notre salut de consommer l'Eucharistie, le corps et le sang du Christ ou est-ce suffisant de croire en lui pour aller au ciel? Pour répondre à cette question, il faut remonter à Adam et Ève. Avant la chute, soit avant le péché originel, ces deux-là vivaient dans l'amour, la paix et la pureté. Ils étaient nus, mais leur pensée était pure. C'était l'amour.


Il n'y avait ni luxure ni péché.


Après avoir mangé du fruit défendu, donc après la chute, ils réalisèrent qu'ils étaient nus et se couvrirent. Et Dieu demanda à Adam: As-tu mangé de l'arbre? Celui-ci répondit: C'est la femme que tu m'as donnée qui m'a trompé. Et Ève ajouta: C'est le serpent qui m'a trompé.


Chacun rejetait la faute sur l'autre. Ils ne s'entendaient plus sur les faits, alors qu'avant, ils étaient toujours en harmonie. Puis, vinrent Caïn et Abel. Caïn tua Abel et eut peur que les autres le tuent à son tour. Quelque chose de très profond s'installa au sein de l'humanité. Elle fut en frappée par la corruption.


Ainsi, le péché a entraîné la corruption. Les choses ne se limitaient plus au simple pardon des péchés. Car en plus de pardonner, il fallait maintenant guérir les humains de la corruption qui s'était installée en eux. Dieu devait s'attaquer à ce problème. Sa Sainteté l'Évêque Raphaël nous propose une charmante histoire pour illustrer la situation. Ça va comme suit:


Un père entra un jour dans la cuisine et dit à son fils: Tu vois cette bouteille, ce flacon? Il est rempli de poison. Tu ne dois pas en boire. Et il plaça le flacon sur le dessus du réfrigérateur.


Quand le père eut quitté la place, le fils se dit: Mon père a sûrement menti. C'est du jus. Et moi, j'ai soif. Alors il prit le flacon et but. Comme c'était vraiment du poison, il s'effondra sur le sol, malade. À son retour, le père trouva son fils par terre. Bien entendu, il lui pardonna sa faute, mais le poison était toujours en lui. Il fallait trouver un remède. Dieu a dû gérer la situation.


Il en fut de même lorsque la corruption s'empara de l'humanité. Le poison s'y était installé et Dieu dut trouver un remède pour nous en guérir. Bien sûr, ce récit est une fiction. Dieu ne nous mettrait jamais à l'épreuve en nous offrant du poison, juste pour voir si nous acceptons d'en boire ou pas. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a dû agir, afin de nous guérir de la corruption qui était en nous.


Il a donc envoyé une personne de la Sainte Trinité, le Fils de Dieu, afin qu'il s'incarne. Et comme vous le savez déjà, une fois incarné, le Fils de Dieu était pleinement divin et pleinement humain à la fois. Sa nature divine et sa nature humaine étaient unies. En fait, comme sa nature divine était source de vie, cet attribut fut transmis à sa nature humaine, de sorte que son corps devint également source de vie.


Ainsi, lorsque nous consommons l'Eucharistie, soit le corps et le sang du Christ, nous consommons la vie. Cette corruption qui est en nous nous conduit à la mort, mais Dieu nous en fournit l'antidote. Il nous offre la vie sous une forme que nous pouvons consommer. Et lorsque nous la consommons, nous retrouvons la vie. C'est d'ailleurs ce que Dieu explique dans les moindres détails au chapitre 6 de Jean. Allons voir:


« Jésus leur dit: En vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous-mêmes. [La vie n'est pas en vous, car c'est la mort qui est en vous. Vous ne connaîtrez pas la vie à moins d'en manger.] Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle; et je le ressusciterai au dernier jour.


Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. » (Jean 6:53-55) Pour en revenir à notre histoire fictive, imaginons que le père est médecin de profession. En trouvant son fils empoisonné, il s'empresse de le conduire à l'hôpital. Et son fils lui dit: Père, j'ai confiance en toi et il ajoute: C'est ma faute, pardonne-moi. Le fils a foi en son père. Il se repent. Il se confesse. Mais à moins d'avaler le remède, il va tout de même mourir. Voilà toute l'importance de l'Eucharistie.


Je ne parle pas ici du mécanisme par lequel nous sommes sauvés, car le salut lui-même est beaucoup plus complexe. Je me contente d'illustrer à quel point l'Eucharistie est essentielle.


En revanche, qu'arrive-t-il si nous péchons de nouveau, tous les jours? La corruption se réinstalle et nous devons chaque fois consommer cette vie, le corps et le sang du Christ, encore et encore et encore.


Nous avons donc compris en quoi consiste l'Eucharistie que l'Église a reçue du Christ au départ. D'ailleurs, l'histoire de l'Église et les Pères de l'Église nous le confirment également.


Voici une citation de saint Justin Martyr. Celui-ci est né en l'an 100 de notre ère et est mort en 165. Il s'agit donc d'un homme ayant vécu au début du 2 è siècle. À bien y penser, saint Jean l'évangéliste a écrit son Évangile quelque part entre les années 98 et 100. Saint Justin est donc arrivé juste après lui. Écoutez-bien:


« Et cette nourriture que nous appelons entre nous Eucaristia [l'Eucharistie], personne n'est autorisé à en manger, sauf celui qui croit en la véracité des choses que nous enseignons [qui croit en Dieu et aux enseignements de l'Église], qui a été purifié par une méthode réservée à la rémission des péchés et à la restauration [c'est-à-dire le baptême], et qui, de ce fait, mène sa vie en suivant les directives que le Christ nous a laissées [comme le Christ nous l'a montré, en respectant ses commandements.] « Car le pain et le vin que l'on nous sert n'ont rien d'ordinaire [c'est plus qu'une nourriture symbolique], mais tout comme Jésus-Christ notre Sauveur qui, une fois incarné par la volonté de Dieu, a porté la chair et le sang pour notre salut [le Christ s'est incarné; son corps était fait de chair et de sang], de même, nous avons appris que la nourriture que nous bénissons en priant la Parole [la liturgie] et qui alimente notre sang et notre chair par transmutation [car nous en mangeons] est véritablement le corps et le sang de ce Jésus qui s'est fait chair. » (Saint Justin Martyr, Première apologie, 1, 62) - [traduction libre] C'est exactement le même corps et le même sang que le Christ habitait durant son passage sur terre.


N'oubliez pas:


Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.


Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.