Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Le récit de notre père Abraham est possiblement l'un des plus grands témoignages de foi que l'histoire nous ait rapporté. Comme vous le savez, Abraham et sa femme, Sarah, n'avaient pas d'enfants et avaient passé l'âge de procréer lorsque Dieu leur apprit la nouvelle extraordinaire qu'ils allaient enfanter. Après avoir espéré pendant 25 ans, ils eurent enfin leur fils bien-aimé, Isaac. Puis Dieu se présenta à l'improviste avec une demande pour le moins inattendue. Il dit à Abraham:


« ...Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac; va-t'en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste... » (Genesis 22:2) Une demande très bizarre, du moins, elle en a tout l'air. Puis le récit se poursuit et Dieu épargne la mort à Isaac et tout rentre dans l'ordre. Mais pour le lecteur moderne, cette demande suscite de nombreuses questions et inquiétudes quant à la personne que Dieu représente. Pourquoi un Dieu d'amour demande-t-il à un père d'offrir son fils en holocauste?


Dieu est-il en train de préconiser le meurtre d'êtres humains, ou pire encore, celui d'enfants innocents? D'ailleurs, à quoi bon mettre Abraham à l'épreuve? Dieu n'est-il pas déjà au courant de tout ce qui va se passer?


Les demandes de Dieu nous paraissent souvent étranges, nous qui vivons au 21 è siècle.


Mais ceci est dû au fait que notre connaissance des différentes cultures qui existaient au temps de l'Ancien Testament est limitée. Sur le plan historique, c'était la coutume d'offrir son enfant à des dieux païens. On le faisait par désespoir et par crainte devant ces dieux sanguinaires.


Rappelez-vous qu'Abraham vivait dans une société polythéiste où il était normal de vénérer des dieux païens. Ainsi, Abraham avait souvent vu ou entendu parler de gens qui offraient leurs enfants à ces idoles. Ce qui sort de l'ordinaire ici, c'est que ce soit Dieu, l'amoureux de l'humanité, qui fasse une telle demande. Abraham croyait-il vraiment que Dieu lui demandait ce sacrifice humain? Il le connaissait beaucoup mieux que ça, semble-t-il. Comme le dit Saint Paul:


« C'est par la foi qu'Abraham offrit Isaac, lorsqu'il fut mis à l'épreuve, et qu'il offrit son fils unique, lui qui avait reçu les promesses, et à qui il avait été dit: En Isaac sera nommée pour toi une postérité.


Il pensait que Dieu est puissant, même pour ressusciter les morts; aussi le recouvra-t-il par une sorte de résurrection. » (Hébreux 11:17-19) Ce verset nous révèle que, puisque Dieu avait promis une postérité à Abraham par l'entremise d'Isaac et de personne d'autre, Abraham savait très bien que Dieu, d'une façon ou d'une autre, empêcherait que sa demande se matérialise. Depuis plusieurs années déjà, Abraham avait vu comment Dieu travaillait et il ne pouvait concevoir qu'il accepterait qu'un tel sacrifice soit offert. Ceci devint évident lorsque Abraham vit la montagne où le sacrifice devait avoir lieu et qu'il dit à ses serviteurs: Restez ici avec l'âne; nous irons rendre grâce et nous reviendrons auprès de vous. Il leur assura qu'ils reviendraient, lui et Isaac. Dieu n'était donc pas en train de préconiser un sacrifice humain; c'était plutôt l'inverse. Comme il l'avait mentionné dans la Torah:


« Tu n’agiras pas ainsi à l’égard de l’Éternel, ton Dieu; car elles [les nations non juives] servaient leurs dieux en faisant toutes les abominations qui sont odieuses à l’Éternel, et même elles brûlaient au feu leurs fils et leurs filles en l’honneur de leurs dieux. » (Deutéronome 12:31) Ainsi, ce serait une grave erreur d'interpréter cette demande de Dieu comme un désir de se voir offrir des sacrifices humains. Selon ce que rapporte la Torah, sa volonté est claire, mais il s'est servi du contexte et de la culture de l'époque pour faire d'Abraham un symbole de foi exemplaire.


Mais alors, pourquoi avoir mis Abraham à l'épreuve s'il connaissait déjà les dispositions de son cœur? Et pourquoi cette épreuve-là en particulier? Eh bien, saint Augustin répond à la première question comme ceci:


« Abraham fut mis au défi d'offrir son fils bien-aimé Isaac, afin de proclamer la piété de son obéissance, non pas à Dieu, mais au monde entier. » (Saint Augustin) - [traduction libre] Dieu souhaitait que le monde entier soit témoin de la foi d'Abraham, notre père bien-aimé, et ce récit était le meilleur moyen d'y parvenir. Mais pourquoi l'éprouver ainsi? Selon moi, c'est la meilleure portion du récit. Si on s'attarde à la signification, à la symbolique qui se cache derrière cet épisode messianique, il faut remarquer que Dieu dit à Abraham: Maintenant, prends ton fils, ton fils unique Isaac que tu aimes. Voilà le premier indice qui nous permet d'y découvrir un sens messianique. Isaac, dans ce cas-ci, est un symbole du Christ. C'est le fils unique de son père, tout comme le Christ est le Fils unique de Dieu le Père. Et Dieu le Père a dit ceci de Son Fils:


« ...Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection. » (Matthieu :17) Pour Abraham, Isaac n'était pas qu'un fils; c'était son seul fils bien-aimé, un peu comme le Christ. Puis, le récit de la Genèse rapporte qu'Abraham avait sellé son âne, un geste que l'on pose juste avant d'y prendre place, ce qu'Isaac a possiblement fait, reflétant ainsi le Christ Messie, qui s'était promené à dos d'âne en se rendant à Jérusalem.


Puis, Abraham aperçut la montagne à l'horizon, prit du bois et le remis à Isaac, afin qu'il le transporte jusqu'au sommet de la montagne. Ici encore, ce geste nous rappelle le Christ Messie qui avait porté sa croix jusqu'au sommet du Golgotha. À ce propos, l'érudit Origène nous dit ceci:


« Le fait qu'Isaac porte lui-même le bois qui allait servir à l'holocauste est une métaphore, puisque le Christ avait lui aussi porté sa propre croix, et pourtant, de transporter du bois pour un holocauste est le devoir d'un prêtre. Il devient donc la victime et le prêtre. » (Origène) - [traduction libre] En vérité, le Christ fut offert en sacrifice sur la croix et il remplit également le devoir du prêtre en se sacrifiant pour le salut de l'humanité.


En plus de tout ça, ce jour-là, qui était le Jour 3, Abraham et Isaac avaient quitté la maison.


Isaac, qui était censé être mort, était vivant. Dans l'Ancien Testament, le Jour 3 symbolise le jour de la résurrection, et c'est ce qu'il représente dans ce passage. Autrement dit, Isaac, le fils condamné à mourir, était vivant au Jour 3. Grâce à l'explication de cette métaphore, nous pouvons maintenant comprendre pourquoi Dieu a mis Abraham à l'épreuve en lui demandant d'offrir son fils Isaac. Les Écritures, ici, nous annonçaient l'œuvre salvatrice du Christ Messie du Nouveau Testament.


N'oubliez pas:


Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.


Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.