Dieu préfère-t-il l'homme à la femme? Le christianisme adhère au concept d'égalité entre les sexes, ce qui est le cas. Par contre, on peut lire à 1 Timothée que les femmes devraient apprendre en silence, avec une entière soumission, et qu'elles ne devraient pas prendre autorité sur l'homme, ni enseigner. Des idées semblables sont également véhiculées dans la première Épître aux Corinthiens. Doit-on conclure que Saint Paul était sexiste? Ou est-ce le propre de l'Église? Ou pire encore: Saint Paul serait-il misogyne? Avec l'aide de Dieu, nous tenterons de répondre à ces questions dans la vidéo d'aujourd'hui.
Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Dans cette vidéo, nous analyserons ensemble un passage de la première Épître à Timothée, au chapitre 2, versets 11 à 15. Si Dieu le veut, nous préparerons une autre vidéo, afin de nous pencher sur le langage en apparence misogyne qui se trouve à 1 Corinthiens.
Donc, avant de parler de 1 Timothée, il y a un point important à considérer à propos des Évangiles et des Épîtres catholiques: ces écrits ne contiennent aucun langage soi-disant misogyne s'adressant à l'Église dans son ensemble. Les messages véhiculés dans les Épîtres aux Corinthiens et aux Éphésiens visent des églises locales très spécifiques. Ainsi, pour élucider ce mystère, il faut examiner le contexte dans lequel évoluaient ces églises à l'époque.
À 1 Timothée, on dit ceci:
« Que la femme écoute l'instruction en silence, avec une entière soumission. » (1 Timothée 2:11) Comme dans toute exégèse biblique qui se respecte, il nous faut comprendre le contexte qui régnait au moment où ce passage a été écrit. La première erreur que l'on commet en abordant ce texte, c'est de l'évaluer avec la mentalité du 21 è siècle. N'oubliez pas: ceci a été écrit au er siècle de notre ère, à une époque où les femmes en général étaient considérées comme étant inférieures aux hommes. De plus, elles n'avaient pas facilement accès à l'enseignement.
Ainsi, au début du verset, saint Paul permet aux femmes de s'instruire, ce qui est déjà un événement en soi. Le christianisme était en train de réorienter tout doucement les vieilles mentalités voulant que la femme soit soumise, vers une mentalité prônant l'égalité des sexes.
C'est pourquoi saint Paul disait ce qui suit dans son Épître aux Galates:
« Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. » (Galates 3:28) Au sein du christianisme, nous sommes tous égaux. Mais n'oubliez pas: ce changement ne fut pas instantané. Il a fallu des décennies, voire des siècles, pour que les mentalités changent au sein de l'humanité. Cependant, à la fin du verset, saint Paul dit que les femmes devraient s'instruire dans la soumission. Il est donc évident que notre analyse ne peut s'arrêter ici, alors continuons...
Tout d'abord, il faut comprendre que saint Paul écrit à Timothée qu'il avait ordonné évêque d'Éphèse après y avoir lui-même fondé l'Église. Mais la ville d'Éphèse était confrontée à plusieurs problèmes. Dans les Actes des apôtres, au chapitre 19, on apprend que la ville abritait le temple de la déesse Diane, aussi connue sous le nom d'Artémis, et que les gens s'y rendaient pour vénérer des dieux païens. Dans le même chapitre, on peut lire qu'Éphèse était un lieu où plusieurs s'adonnaient à la magie.
On constate donc que les chrétiens d'Éphèse étaient en train de se détourner des cultes et de la sorcellerie au profit du christianisme. L'histoire nous apprend aussi que la ville était le théâtre d'enseignements gnostiques à cette époque, comme en témoigne 1 Timothée 6:20. Il y avait donc un mélange de toutes sortes de doctrines erronées qui étaient véhiculées à Éphèse, et saint Paul le dénonçait clairement en s'adressant à Timothée:
« Je te rappelle l'exhortation que je te fis, à mon départ pour la Macédoine, lorsque je t'engageai à rester à Éphèse, afin de recommander à certaines personnes de ne pas enseigner d'autres doctrines, et de ne pas s'attacher à des fables et à des généalogies sans fin, qui produisent des discussions plutôt qu'elles n'avancent l'œuvre de Dieu dans la foi. » (1 Timothée 1:3-4) D'après les coutumes qui régnaient à Éphèse, les femmes, en particulier les femmes âgées, enseignaient ces traditions à la génération montante. Malheureusement, elles avaient l'audace d'enseigner ce mélange de traditions gnostiques et païennes en pleine église. C'est pourquoi, à 1 Timothée 4, saint Paul lui demande de ne pas accepter les fabulations profanes de ces vieilles femmes.
Saint Paul, en bon pasteur qu'il était, réagit à l'enseignement des fausses doctrines par ces vieilles femmes en église. Ainsi, son vocabulaire est on ne peut plus clair lorsque vient le temps de dénoncer ce qu'elles font. Dans ce verset précis, il leur dit de continuer d'apprendre, mais de le faire dans la soumission. Autrement dit, il leur demande de se repentir de leur arrogance, de leur attitude réfractaire et des fausses doctrines qu'elles répandent, et de se comporter comme de bonnes élèves en faisant preuve d'humilité. Puis, saint Paul enchaîne avec ceci:
« Je ne permets pas à la femme d'enseigner, ni de prendre de l'autorité sur l'homme; mais elle doit demeurer dans le silence. » (1 Timothée 2:12) Pour ce verset, nous aurons recours au grec pour clarifier. Le verbe permettre, en grec, se dit επιτπέπω (epitrépo). C'est le verbe qu'on utilise toujours dans le Nouveau Testament lorsqu'une permission est requise dans des circonstances spécifiques. De plus, le mot grec mis pour autorité est habituellement εξουσία (exousía), lequel est assez commun dans le Nouveau Testament. Par contre, dans ce verset, on a plutôt choisi le mot αύθέντεο (áfthédeo). Dans les écrits grecs, ce mot suggère que les gestes posés par une soi-disant autorité en la matière auraient causé du tort aux personnes ciblées. Bref, le verset 12 pourrait être lu comme ceci:
Compte tenu des circonstances actuelles, je ne permets pas à la femme d'enseigner ou d'user d'une autorité qui serait nocive à l'homme; elle doit demeurer dans le silence.
Maintenant, en examinant la langue grecque d'un peu plus près, on réalise que tout ceci fut écrit en réaction à une mauvaise conduite. Les deux prochains versets vont comme suit:
« Car Adam a été formé le premier, Ève ensuite; et ce n'est pas Adam qui a été séduit, c'est la femme qui, séduite, s'est rendue coupable de transgression. » (1 Timothée 2:13-14) Comme je l'ai dit plus tôt, les Éphésiens étaient influencés par les gnostiques. Et puisque ces derniers avaient un très grand respect pour les connaissances, plusieurs versions de leur récit sur la création présentaient Ève comme étant supérieure à Adam. Par conséquent, les Éphésiens croyaient à tort qu'Ève était une héroïne, car elle avait voulu parfaire ses connaissances en mangeant de l'arbre de la connaissance du bien et du mal.
Ainsi, saint Paul réagit à cette idée en insistant sur le fait qu'Adam fut créé en premier et qu'Ève arriva ensuite. Ce que les gnostiques ont perçu comme étant une vertu, soit le fait qu'Ève ait mangé de l'arbre, les chrétiens y ont vu le péché originel. Il était donc tout naturel qu'un berger rempli d'amour comme saint Paul veuille rappeler les gens à l'ordre en voyant qu'une partie de son troupeau enseignait de fausses doctrines sans aucun scrupule.
Passons maintenant au dernier verset de ce passage controversé:
« Elle sera néanmoins sauvée en devenant mère, si elle persévère avec modestie dans la foi, dans la charité, et dans la sainteté. » (1 Timothée 2:15) Pour bien comprendre ce verset, il faut savoir que les Éphésiens croyaient que la déesse Diane était une sage-femme qui avait le soi-disant pouvoir de donner la vie ou de la reprendre. Par conséquent, les femmes d'Éphèse avaient l'habitude d'invoquer Diane lors de l'accouchement. De toute évidence, certaines femmes qui fréquentaient l'église étaient d'anciennes adeptes de Diana et avaient gardé cette habitude. Saint Paul a donc voulu leur rappeler que les souffrances de l'accouchement sont une conséquence du péché originel. En somme, il a continué de réprimander ces vieilles femmes et de leur dire de ne plus faire appel à Diane durant l'accouchement, les incitant plutôt à se rappeler la chute, à se repentir et à se centrer sur la foi, l'amour, la sainteté et la maîtrise de soi.
En prenant conscience du contexte dans lequel ce passage a été écrit, on comprend qu'il n'était pas question de misogynie ni de règles à appliquer aux femmes en général.
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N'oubliez pas:
Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.