Comment le Christ peut-il ressusciter les morts tout en étant mortel lui-même? Comment peut-il guérir les malades et chasser les démons, alors qu'il pleure et qu'il dort comme tout le monde? Qui est-il? Est-ce un dieu, un homme, ou les deux? Et s'il convient de parler de dualité, comment est-ce possible? Notre vidéo d'aujourd'hui présentera le point de vue de l'Église copte orthodoxe en matière de christologie et expliquera comment ces deux natures peuvent se retrouver dans la personne unique de Jésus-Christ. Cette question épineuse se retrouve au cœur des controverses depuis des siècles. Nous espérons donc que cette présentation permettra de faire la lumière sur le sujet.
Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
L'Église copte orthodoxe croit que le Christ est une personne unique possédant deux natures.
Le grec utilise l'expression μια φύσεις (mia fýseis) pour exprimer ce phénomène. À noter que l'Église copte orthodoxe n'est pas monophysite, c'est-à-dire qu'elle n'adhère pas à l'idée d'une seule et unique nature. Une seule nature supposerait que la divinité vienne éclipser l'intégrité de son humanité, ce que nous rejetons fermement. D'autre part, le mot mia dans l'expression mia fýseis est un adjectif grec qui signifie une. Contrairement à móno, qui signifie une seule, la christologie d'Alexandrie utilise mia pour traduire l'idée d'une entité qui renferme à la fois la divinité du Christ et son humanité.
Ainsi, l'Église croit en une nature incarnée du divin Logos. Une nature ici, c'est ce qu'on traduit par le mot mia en grec, non pas móno, donc on parle d'une nature incarnée du divin Logos. L'expression nature incarnée représente l'humanité du Christ, tandis que l'expression divin Logos réfère à sa divinité. Nous croyons donc à une nature comprenant sa divinité et son humanité. Nous croyons en l'union hypostatique de la divinité du Christ et de son humanité et que ni l'une ni l'autre n'ont été modifiées lors de cette union. D'ailleurs, notre vénération en témoigne par la dernière prière liturgique que le prêtre prononce en s'adressant à Dieu le Père:
« Amen. Amen. Amen. Je crois, je crois, je crois et je confesse jusqu'au dernier soupir [ceci permet de démontrer l'importance de ce qui vient ensuite] que c'est le corps vivifiant que ton Fils unique, notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ, a pris de notre Dame et notre Reine à tous, la mère de Dieu, Theotokos, sainte Marie. Il l'a rendu un avec sa divinité sans confusion, sans mélange et sans changement. » (Liturgie de saint Basile) - [traduction de la Paroisse Saint Mina et Saint Mercurious, Colombes, France] Malheureusement, il existe encore des personnes de nos jours qui prétendent que l'Église copte orthodoxe croit que la divinité du Christ a englouti son humanité, tel que les critiques hérétiques le pensaient. Ce n'est pas du tout la position de l'Église. D'ailleurs, elle a condamné l'enseignement d'Eutyché, tout comme celui de Nestorius et d'Apollinaire. L'Église copte orthodoxe est miaphysite, et non monophysite.
Elle préfère cependant parler d'une nature incarnée du divin Logos, ce qui est souvent attribué à saint Cyrille d'Alexandrie, puisque c'est vraiment ainsi que le Christ s'est révélé à nous. Par exemple, si on pense au Christ qui marche sur l'eau, peut-on affirmer qu'il le fait grâce à sa divinité? Non, pas vraiment, car un être divin n'a pas de jambes pour marcher.
Peut-on alors affirmer qu'il le fait grâce à son humanité? Non plus, car les humains ne peuvent marcher sur l'eau. Il ne reste donc qu'une façon de le dire: le Seigneur Jésus-Christ, le Verbe de Dieu incarné, marche sur l'eau. C'est le Logos qui se manifeste dans un corps qui marche sur l'eau.
Pour illustrer ceci, saint Cyrille propose quelques analogies que je vous partage à l'instant.
Tout d'abord, à la section 9 de son écrit intitulé Scholies sur l'incarnation du Fils unique, il compare le Christ à un charbon ardent. Le charbon lui-même représente l'humanité du Christ, alors que le feu symbolise sa divinité. Ceci dit, peut-on séparer le feu du charbon?
Non! Si on touche au charbon, on s'y brûle. Ça fait partie de sa nature une fois qu'on l'a chauffé. Il en va de même pour le Christ.
Saint Cyrille nous propose une autre analogie à la section 10 des Scholies: le lys qui produit un doux parfum. D'après notre perception, ce parfum est immatériel, c'est-à-dire qu'il n'a pas de consistance corporelle. Pourtant, le lys existe physiquement. Saint Cyrille est donc juste quand il affirme que le parfum ne saurait exister sans la fleur elle-même. Lorsque nous sentons le lys, son parfum émane du lys lui-même. Il y a donc un seul lys qui possède à la fois ses attributs physiques et son parfum immatériel; l'un ne va pas sans l'autre. Pas de lys, par de parfum... pas de parfum, pas de lys. Bien sûr, dans cette analogie, la fleur représente l'humanité du Christ, alors que le parfum correspond à sa divinité.
Je dirais que l'exemple le plus percutant que nous apporte saint Cyrille, selon moi, c'est la comparaison qu'il établit entre l'union de l'âme et du corps chez l'humain versus l'union de la divinité et de l'humanité du Christ. Voici ce qu'il dit:
« Je dirais qu'il est permis de concevoir l'union d'Emmanuel telle que l'on conçoit celle de l'âme et du corps d'un homme (même si cette description n'est pas tout à fait exacte). Car l'âme s'approprie les attributs du corps, même si, par sa nature, elle demeure séparée des passions naturelles de ce corps. En effet, le corps est animé par des désirs physiques et l'âme qui l'habite les ressent aussi du fait de son union avec lui, mais elle ne participe aucunement à ces choses, sauf dans la mesure où elle peut en tirer la satisfaction du désir assouvi. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Scholies sur l'incarnation du Fils unique, section 8) - [traduction libre] En d'autres mots, il dit que le corps a des besoins physiques: il ressent la faim, la soif, la fatigue... Pourtant, lorsque ces besoins se manifestent, l'âme les ressent aussi, puisqu'elle s'approprie les attributs du corps, pour reprendre l'expression de saint Cyrille. L'âme ressent la faim ou la soif, bien que ce soit le corps qui ait besoin de manger ou de boire. Cet exemple est particulièrement important, car il permet de comprendre la souffrance du Christ. Voici ce qu'il dit:
« Si le corps était transpercé d'une épée ou torturé sur le gril, l'âme en partageait la douleur, puisque c'était son propre corps qui souffrait. Mais par sa nature, l'âme ne ressent pas la souffrance de ces choses. C'est ainsi qu'on attribue l'union à Emmanuel...
Car la divinité est impassible et elle ne fait pas partie de notre nature. Pourtant, [le Verbe] était uni à un corps doté d'un esprit rationnel et, bien qu'il fût impassible, il avait conscience de ce qui se passait dans ce corps lorsque celui-ci souffrait, et ainsi, en tant que Dieu, même s'il n'était pas sujet aux faiblesses de la chair, il s'appropriait celles que connaissait son propre corps. C'est pourquoi on dit qu'il avait faim, qu'il ressentait la fatigue et qu'il a souffert pour nous. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Scholies sur l'incarnation du Fils unique, section 8) - [traduction libre] Ainsi, Dieu, qui est de nature impassible ou incapable de souffrir, a pris un corps, s'est approprié les caractéristiques de ce corps et a souffert en lui. C'est pourquoi saint Pierre disait: le Christ a souffert pour nous dans la chair. Et saint Paul disait:
« Mais celui qui a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d'honneur à cause de la mort qu'il a soufferte, afin que, par la grâce de Dieu, il souffrît la mort pour tous. » (Hébreux 2:9) Jésus a donc connu pour nous la mort et la souffrance qu'elle générait, même s'il était incapable de souffrir par sa divinité; c'est en s'incarnant qu'il a pu souffrir dans la chair. À noter qu'on ne peut pas dire que le Christ a souffert par son humanité. L'humanité seule est inerte. Autrement dit, c'est une chose et une chose ne peut souffrir; seule une personne peut souffrir. On doit donc dire que le Fils de Dieu a souffert dans la chair. Il est capital de ne jamais séparer les deux natures du Christ, puisqu'au bout du compte, il ne fait qu'un avec lui- même. Et c'est pourquoi l'Église copte orthodoxe préfère utiliser l'expression mia fýseis.
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