Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Mes bien chers frères, aujourd'hui nous allons parler d'un sujet qui est très souvent mal compris, tant chez soi que dans la communauté. Nous parlerons de dépression, d'anxiété et d'autres problèmes de santé mentale en posant la question suivante: Est-ce que ce sont simplement des dérèglements d'ordre spirituel?
Certains suggèrent que les maladies mentales telles que l'anxiété, la dépression, les désordres bipolaires et autres problèmes de cette nature peuvent être guéris simplement en adoptant des pratiques spirituelles plus rigoureuses telles que la prière, le jeûne, la lecture plus assidue de la Bible et les visites plus fréquentes à l'église.
Eh bien, mes frères, permettez-moi d'être très clair sur ce point: ceux et celles qui pensent ainsi se trompent royalement. De telles affirmations démontrent que dans nos maisons, au sein de la communauté, et malheureusement au sein de l'Église, les perceptions et les étiquettes négatives que l'on colle aux maladies mentales sont encore bien présentes et qu'elles nécessitent une attention immédiate. Nous espérons que cette vidéo sera un premier moyen de clarifier certaines choses quant au rôle qu'exerce la vie spirituelle d'un chrétien et son influence sur sa santé mentale.
D'entrée de jeu, il importe de comprendre certains concepts fondamentaux à propos de la santé mentale et des maladies qui menacent un grand nombre de personnes que l'on aime.
Premièrement, les maladies mentales peuvent se présenter sous diverses formes, tout comme les maladies corporelles. On entend souvent les gens parler de problèmes de santé mentale comme l'anxiété et la dépression. Cependant, les maladies mentales peuvent aussi engendrer une variété d'autres affections, telles que la schizophrénie, le stress post-traumatique, les troubles de la personnalité, et même les désordres alimentaires. Plusieurs de ces affections sont de véritables maladies qui requièrent une attention immédiate.
Malheureusement, nos normes sociales et culturelles génèrent parfois des perceptions négatives face aux personnes qui ont le courage d'avouer qu'elles sont aux prises avec de telles maladies. C'est pourquoi, en tant que chrétiens porteurs de l'image divine, nous devons travailler ensemble afin de traiter de ce sujet trop souvent négligé, car après tout, c'est un sujet qui nous concerne tous. À quel point, dites-vous? Eh bien, voici certains faits saillants que nous révèlent les statistiques. Selon la Commission de la santé mentale du Canada: - Chaque année au Canada, 1 personne sur 5 est aux prises avec un problème de santé mentale ou une maladie mentale. - 50% de la population sera affectée ou aura été affectée par une maladie mentale avant l'âge de 40 ans. - Environ 8% des adultes souffriront d'une importante dépression au cours de leur vie. - Les problèmes d'anxiété affectent 5% de la population ménagère, entraînant des déficiences moyennes à sévères.
Ceci représente 1 personne sur 20. - Quant aux enfants et aux jeunes, 3.2 millions d'entre eux, âgés de 12 à 19 ans, risquent de faire une dépression.
Cependant, ce qui est vraiment inquiétant, c'est que d'après les études, 49% de ceux et celles qui croient avoir souffert de dépression ou d'anxiété n'ont jamais consulté un médecin pour ce problème. En fait, 4 enfants sur 5 au Canada auraient besoin de services en santé mentale mais ne les recevront pas. Pire encore: nous négligeons de reconnaître la corrélation directe qui existe entre la maladie mentale et le suicide. Au Canada, le suicide fait partie des causes premières de décès chez les Canadiens de 15 à 24 ans. Il représente 24% de tous les décès chez les jeunes. Entre d'autres mots, 1 jeune sur 4, âgé de 15 à 24 ans décède en s'enlevant la vie.
Certains peuvent croire que nous sommes en quelque sorte immunisés contre tout ceci, parce que nous faisons partie de l'Église et que notre communauté possède une foi solide.
C'est faux, totalement faux. Nous avons des parents, des frères, des sœurs, des époux, des enfants, des jeunes et des vieillards qui pourraient connaître des problèmes de santé mentale, et c'est déjà le cas pour certains. Pour remédier à la situation, il faut commencer par en être conscient, puis encourager tous ceux qui souffrent à aller chercher de l'aide, tant spirituelle que médicale.
L'Apôtre saint Paul, en écrivant aux Corinthiens, leur disait que collectivement, ils représentaient un corps constitué de plusieurs membres, tout comme l'Église. Il poursuivit son explication en ajoutant que, puisque nous faisons tous partie d'un même corps, nous devons tous partager la souffrance lorsque l'un d'entre nous la subit. Ses propos allaient comme suit:
« (...) Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d'honneur à ce qui en manquait, afin qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres.
Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui.
Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. » (1 Corinthiens 12:24-27) Par cet extrait, il faut comprendre qu'il est de notre devoir de nous occuper de ce qui affecte chacun des membres faisant partie du corps du Christ. Mais comment peut-on intervenir face à une maladie mentale? Encore ici, certains disent que le vrai remède, c'est d'entretenir une relation plus étroite avec le Christ. Cependant, je répondrais à ceci en leur posant la question suivante: Si l'un de vous avait un enfant aux prises avec une poussée de fièvre incontrôlable, resterait-il à la maison à allumer une chandelle et à faire une prière ou ferait-il cette prière en se rendant à l'urgence? Ou encore, l'un de vous serait-il à l'aise de dire à un patient cancéreux que s'il a vraiment foi en Dieu, il devrait mettre de côté ses traitements de chimiothérapie et passer plus de temps à l'Église?
J'ose espérer que vous serez tous d'avis que dans les deux cas, Dieu n'éprouve ni honte ni dégoût à voir qu'une personne malade a la foi fragile et qu'elle cherche de l'aide du côté médical. Au contraire, l'Église nous enseigne que notre capacité à faire avancer la médecine fait partie du grand don de Dieu à l'humanité. Mes frères, le fait d'avoir recours à une aide médicale n'a rien d'insultant devant Dieu.
Nous pouvons toutefois en profiter pour souligner l'influence nettement positive que peut avoir une vie spirituelle accomplie sur quelqu'un qui lutte contre une maladie mentale. Bien que l'on ne puisse trouver remède uniquement dans la spiritualité, une personne qui la renforce et qui apporte certains changements à son comportement et à ses habitudes cognitives se donne des outils qui peuvent l'aider à se rapprocher de la guérison.
Prenons l'exemple de l'anxiété. Bien que nombreux facteurs puissent en être la cause, son traitement peut avoir une composante de nature spirituelle. La prière de Jésus en est un parfait exemple: Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi qui suis pécheur. Le fait de répéter pieusement cette prière en période d'anxiété peut non seulement aider la personne à faire face à la dure réalité de sa condition médicale, mais peut aussi l'aider à tourner son cœur vers Dieu.
En outre, l'Église nous enseigne que les passions immorales sont très souvent liées aux maladies qui rongent l'esprit et le corps. La dépression, par exemple, prend parfois naissance dans des passions et des maladies de l'âme telles que la cupidité, l'indifférence (acédie) et la peur. La personne qui souffre d'anxiété ou de dépression et qui sait contre quelles passions elle se bat pourra se remettre plus rapidement en suivant une thérapie, en plus de son traitement médical. De toute évidence, notre foi appuie et encourage tous ceux qui souffrent à se faire traiter, tant sur le plan thérapeutique que médical, selon les besoins. En tant que chrétiens, bien que notre guérison passe souvent par la pratique médicale, nous croyons que toute guérison véritable nous est accordée par le Seigneur. Saint Antoine... saint Antoine le Grand parle de ce sujet en ces termes:
« (...) il est absurde d'être reconnaissant envers les médecins qui administrent à notre corps des remèdes amères et désagréables, alors que nous n'exprimons aucune gratitude envers Dieu pour les choses qui nous paraissent difficiles, parce que nous ne réalisons pas que tout ce qui nous arrive est dans notre intérêt et conforme à sa providence. Car le fait de connaître Dieu et d'avoir foi en lui témoigne du salut et de la perfection de l'âme. » (Saint Antoine le Grand, Nature de l'homme et vie vertueuse: cent soixante-dix textes, texte 2) - [traduction libre] C'est ce que nous dit saint Antoine dans ses lettres traitant de la nature humaine et de la vie vertueuse, tirées des 170 textes de la φιλοκαλία (philokalίa). Il ne nous empêche pas de faire appel aux médecins. Au contraire, il compare certaines de leurs méthodes de traitement indésirables à celles que notre Seigneur utilise parfois avec nous. Mes frères, prenons donc le temps de réaliser que de s'occuper de notre santé physique et mentale, tout en cherchant à demeurer en bonne santé de cœur et d'esprit, fait partie de ce que Dieu veut pour ses enfants.
Tout comme l'Église, véritable corps vivant du Seigneur Jésus ici sur terre, nous encourageons tous ceux qui nous regardent et qui sont peut-être aux prises avec une forme de maladie mentale à parler à quelqu'un qui leur est cher, un serviteur de l'Église ou un père spirituel.
Sachez qu'en tant que membres de l'Église, nous sommes là pour vous soutenir, prier pour vous et vous accompagner sur le chemin de la santé physique, mentale et spirituelle. Que Dieu vous bénisse!
N'oubliez pas, mes frères:
Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.
Et gloire à Dieu maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.