Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Mes bien chers frères, nous poursuivons aujourd'hui notre enquête sur les passions que nous combattons au quotidien et qui nous empêchent d'atteindre notre plein potentiel au sein du Christ. Voici la question que nous nous poserons aujourd'hui: Que sont la cupidité et l'avarice?


Tout d'abord, pour ceux et celles parmi vous qui n'auraient pas encore regardé la première vidéo de cette série sur les passions, nous vous encourageons à le faire, afin de mieux comprendre comment les chrétiens les définissent. Entre temps, résumons le tout en nous rappelant, d'une part, que les vertus se manifestent lorsque l'on se sert des facultés et des présents que Dieu nous a donnés afin de le découvrir et de nous tourner vers lui, et d'autre part, que les passions sont conçues pour nous dérouter et nous éloigner de Dieu. Au lieu de nous servir de ce qu'il nous a donné pour nous tourner vers lui, nous nous en servons pour nous tourner vers des choses séculières et inventées.


Ceci dit, allons voir la définition classique de la cupidité et de l'avarice. Selon les dictionnaires usuels, la cupidité est un désir intense et intéressé envers quelque chose, en particulier la richesse, le pouvoir ou la nourriture. L'avarice est souvent perçue comme une forme extrême de cette cupidité. Est-ce bien ainsi que notre foi et notre Église d'origine ont défini ces termes? Existe-t-il d'autres détails qui nous permettraient de comprendre pourquoi ces notions sont considérées comme des passions? Explorons ensemble ces questions...


La cupidité et l'avarice se manifestent par le désir et l'attachement égoïste à l'argent et aux biens matériels. L'Église ne se limite pas à nous mettre en garde contre la convoitise. Elle insiste plutôt sur l'attachement volontaire à ces choses. Cet attachement ou cette dépendance se traduit par le plaisir que nous éprouvons à posséder des objets, le soin que nous y apportons, notre difficulté à s'en départir et notre malaise à nous montrer généreux.


Encore ici, il faut être clair: les biens matériels ne sont pas mauvais en soi. Nous savons que tout ce que Dieu a créé est une bonne chose et les premiers chapitres de la Genèse abondent dans le même sens. Cependant, le fait de laisser ces choses avoir une telle emprise sur nous représente un réel danger. La cupidité est une passion, car au lieu d'exercer leur domination et leur pouvoir sur toute la création, les hommes se laissent volontairement influencer et contrôler par ces inventions.


Prenons, par exemple, ce que Dieu avait comme intention à propos de l'argent et des biens matériels. Ils devaient être utilisés par les hommes dans le but de combler leurs besoins. De toute évidence, c'est leur valeur pratique qui devait primer. Par contre, la cupidité et l'avarice sont venues embrouiller l'esprit humain, si bien qu'elles sont devenues pour lui une finalité, au lieu d'être perçues comme une réponse à un besoin. Dans le concret, la personne adopte une attitude compulsive envers ces objets et leur attribue une valeur intrinsèque qui n'existe pas. C'est ainsi que la notion de valeur fictive s'installe et que nous éprouvons un faux sentiment de satisfaction à posséder ces objets, au lieu de nous en servir comme il se doit.


C'est pour cette raison précise que, dans l'Évangile, le Seigneur Christ nous prévient que l'argent peut être perçu comme un maître. Allons lire ensemble cet extrait de Matthieu, au chapitre 6:


« Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon [c'est-à-dire Dieu et l'argent].


C'est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement? » (Matthieu 6:24-25) Ce sont les paroles du Seigneur Christ lui-même et il nous révèle ainsi que l'état dans lequel se trouve l'esprit cupide et avaricieux le conduit à prendre l'argent et les biens matériels pour des idoles. À moins de vaincre cette passion, la personne qui en souffre découvre bientôt que les biens matériels qu'elle accumule, qu'elle aspire à posséder, qui occupent son esprit et qui l'empêchent de dormir la nuit sont en compétition directe avec Dieu dans sa vie, et qu'ils contrôlent son cœur.


Mes frères, notons en passant que le Seigneur, lorsqu'il a créé l'homme à son image et à sa ressemblance, s'est assuré que chaque âme qu'il créait avait la capacité d'espérer en Dieu.


Ceci dit, nous savons que Dieu est infini et que le vide qui est en chacun de nous ne peut être comblé que par lui. Ainsi, que peut y faire notre âme, elle qui fut conçue pour le recevoir, lui qui est infini, alors qu'elle reçoit maintenant des choses séculières et limitées, au lieu de l'amour incommensurable de Dieu?


Dans ce cas, l'âme de la personne demeure en état de besoin et de faim en permanence.


Elle n'est jamais satisfaite, étant constamment à la recherche de ce qu'elle désire vraiment.


Mais la personne qui est menée par la cupidité et l'avarice se méprend à croire qu'en persistant dans son amour de l'argent et des biens matériels, elle apaisera le vide qu'elle ressent à l'intérieur d'elle-même. Malheureusement, elle ne comprend pas que ce vide ne peut être comblé que par notre Dieu, la Sainte Trinité. Saint Jean Chrysostome a discuté de cette passion dans ses écrits et il compare ses effets à ceux d'une maladie bien connue de l'esprit et du corps. Allons voir ce qu'il dit:


« Il n'existe pas de maladie plus cruelle que cette faim incessante que les docteurs appelle la boulimie; peu importe la quantité de nourriture ingérée, rien ne satisfait...


Transférez cette maladie du corps à l'âme: que pourrait-il y avoir de plus atroce [dit-il]?


La boulimie de l'âme, c'est l'avarice; plus elle se gave, plus elle en veut. Ses désirs dépassent toujours ce qu'elle a en sa possession. » (Saint Jean Chrysostome, Homélies sur 2 Timothée VII.2) - [traduction libre] Mes bien chers frères, il nous faut réaliser que de telles passions sont les tortures de l'âme et ceux qui en souffrent sont constamment en manque. Pour les combattre, il faut adopter un esprit d'humilité et de soumission devant Dieu, de manière à ce qu'il soit pour nous la source de toute chose. C'est seulement lorsque nous faisons de lui notre maître qu'il peut nous combler et nous permettre d'espérer en lui et en lui seul.


N'oubliez pas, mes frères:


Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.


Et gloire à Dieu maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.