L'église nous enseigne souvent qu'au cours de notre vie spirituelle, il y aura des combats à mener. Et si nous devons combattre, c'est qu'il doit y avoir un ennemi. Et s'il y a un ennemi, nous sommes la cible de ses attaques. Si vous vous êtes déjà demandé à quoi pouvaient ressembler ces attaques et par quel mécanisme le péché vient nous tenter, restez des nôtres pendant que nous examinons les six stades qui mènent à la tentation, au péché et à la dépendance.
Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Mes bien chers frères, on nous a souvent dit que le démon est le plus grand adversaire de l'humanité et qu'il cherche sans arrêt à nous prendre au piège, afin de nous éloigner de Dieu et faire de nous de parfaits esclaves du péché et des passions. Saint Pierre décrit ce combat en nous prévenant de ce qu'il faut faire:
« Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. » (1 Pierre 5:8) Ainsi, puisque nous devons vaillamment prendre part à ce combat spirituel de tous les jours, autant prendre le temps d'étudier les tactiques employées par le démon pour tenter de nous faire tomber.
De son côté, l'Église a beaucoup fait pour nous équiper face aux combats que nous menons pour notre salut. Elle nous a donné les saints et divins sacrements, lesquels constituent notre plus grande force, elle nous a fourni les outils dont nous avons besoin pour mener une vie vertueuse, et elle nous a accueilli les bras ouverts avec compassion, peu importe la fréquence de nos rechutes. Outre ces choses que l'Église nous apporte, il y a les siècles d'expérience que les saints ont accumulée et laissée derrière eux en témoignage de leur propre guerre spirituelle.
Aujourd'hui, nous discuterons de certaines des leçons que plusieurs d'entre eux nous ont transmises après avoir remporté la victoire dans cette bataille spirituelle. Au cours de cette série qui sera présentée en deux parties, nous chercherons à comprendre quels sont les stades de tentation qui entraînent nos vies dans le péché et la dépendance.
Le premier stade de tentation qu'on nous propose est celui de la provocation ou de l'appât. Il peut s'agir d'un simple mot ou d'une image qui nous apparaît dans le cœur, mais sans notre consentement. La suggestion nous vient à l'esprit comme une possibilité. Et cette chose qui vient nous provoquer et qui cherche à attirer notre attention semble provenir d'une source extérieure. Ce n'est pas nous qui l'avons créée. Par exemple, ça pourrait être une simple pensée, possiblement liée à un acte immoral, mais à ce stade-ci, nous n'avons pas encore permis à l'idée de prendre forme dans notre esprit. Elle ne fait que piquer notre curiosité, comme pour nous tendre l'appât, d'où le nom qu'on lui donne.
Imaginez, par exemple, une personne qui va à la pêche. Vous avez l'image ici à l'écran. Le pêcheur attache un ver à une extension quelconque de l'hameçon, afin de faire croire au poisson que sa nourriture l'attend. Mais en réalité, ce que le pauvre poisson ne sait pas, c'est que l'appât est monté sur un crochet de métal bien tranchant qui va le transpercer et le remonter jusqu'à l'embarcation.
À ce point-ci, la personne qui est provoquée ou appâtée n'a pas encore commis de péché.
L'appât ou la provocation ne saurait être un geste immoral, puisque la personne n'est pas responsable de sa création. Tout le monde est donc sujet à subir ce premier stade. L'humanité tout entière est provoquée ou appâtée par Satan qui tente de nous faire basculer dans le péché.
Ceci dit, il est permis de se poser la question suivante: D'ordinaire, à quel genre d'appât peut- on s'attendre? Évidemment, Satan choisira un appât qui puisse tourmenter nos perceptions corporelles: nos pensées, nos souvenirs, une image qui nous passe sous les yeux, une parole à nos oreilles, et même une odeur que nous percevons à distance. Toutes ces perceptions et bien d'autres peuvent être mises à profit pour susciter un quelconque intérêt qui serait caché dans le subconscient de la personne humaine. Saint Jean Climaque explique avec quelle rapidité une telle provocation peut nous envahir. Écoutez bien ce qu'il dit:
« Voici ce qui se passe. En un clin d'œil, sans qu'un seul mot ne soit prononcé ou qu'une image ne soit présentée, un élan soudain de passion s'empare de la victime. Il arrive plus rapidement que n'importe quoi dans le monde physique et il est plus difficile à déceler que la présence d'un esprit. Il fait son apparition dans l'âme sous forme d'un simple souvenir auquel rien n'est associé, qui est hors du temps et qui est impossible à décrire, et dans certains cas, il se produit sans même que la personne ne s'en rende compte. Si quelqu'un était capable de détecter une chose à ce point subtile, quelqu'un qui aurait le don de l'endeuillé, peut-être pourrait-il expliquer comment, par un regard furtif, un contact de la main, une chanson qui tourne, l'âme peut être amenée à commettre un péché impudique bien réel sans qu'aucune pensée malsaine ne lui vienne à l'esprit. » (Jean Climaque, L'échelle sainte, Étape 15, Paragraphe 75) - [traduction libre] Ce que saint Jean nous explique ici, c'est qu'un piège nous est tendu. On nous a présenté un appât. Tout comme le poisson dans l'eau, nous y voyons quelque chose d'appétissant, mais en réalité, c'est un appât qui tente de nous piéger.
Le deuxième stade est celui de la perturbation. À ce stade, nous venons d'être provoqués et nous ressentons une agitation émotive ou intellectuelle passagère. La suggestion nous a été faite. Nous avons été provoqués et nous sommes brièvement conscients que quelque chose s'est produit en nous. Cette suggestion, cette pensée nous a touchés et nous en prenons conscience. Et puisque nous sommes conscients qu'une occasion potentielle de pécher nous a été présentée, nous comprenons aussi que nous avons le choix d'en profiter ou d'y résister.
Mais ici, comme au stade de la provocation, il est important de noter que nous n'avons pas encore commis de péché. Ce que l'on ressent n'est que la suggestion de pécher et la prise de conscience de la possibilité. Ceci étant dit, ce que nous ferons de cette suggestion est déterminant: ou bien nous resterons imperturbables ou bien nous allons succomber.
Ceci nous amène au troisième stade que l'on appelle le couplage ou la fusion. Le couplage se produit lorsque nous accordons notre attention à ce qui nous a provoqué. Nous nous arrêtons un instant pour considérer ce qui est en train de nous arriver. Nous examinons plus en détail ce qui se présente à notre cœur et à notre pensée. Ici encore, ce stade pourrait ne pas nous entraîner dans le péché. Le moment décisif, c'est lorsque nous prendrons position.
Si nous rejetons l'idée une fois que nous l'avons évaluée comme étant potentiellement pécheresse, nous y échapperons, Dieu merci! Par contre, si nous continuons d'y penser et que l'idée nous séduit, le couplage ou la fusion de nos pensées avec la suggestion immorale du démon est déjà en cours. C'est en entretenant cette pensée que nous devenons liés à la suggestion malsaine. Elle fait maintenant partie de nous. Par elle, nous entrons dans un état de péché et, une fois que le processus est enclenché, il est presque impossible de faire marche arrière et de l'empêcher de suivre son cours. Tandis que nous discutons en profondeur de ces trois stades et que nous prenons le temps de bien les comprendre, la réalité est tout autre: ces stades se succèdent très rapidement en nous, en quelques millisecondes à peine, ce qui explique pourquoi nous devons étudier le processus attentivement si nous voulons éviter de succomber au péché.
Nous avons maintenant vu les trois premiers stades sur les six stades de tentation qui peuvent mener à une passion ou à une dépendance à part entière. Et si Dieu le veut, nous préparerons une deuxième vidéo, afin de nous pencher sur les trois autres stades, soit le consentement, la réclusion, et enfin, le développement d'une passion.
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