Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Mes bien chers frères, nous poursuivons aujourd'hui la série que nous avons débutée il y a quelque temps à peine et que nous avons intitulée Les héros de la foi orthodoxe. Dans cette vidéo, nous allons jeter un regard sur la vie d'un homme qui a éclairé une quantité innombrable de croyants et qui a positivement influencé plusieurs générations de chrétiens, même jusqu'à ce jour.
Ce qu'il y a de remarquable avec lui, c'est qu'il n'était qu'un simple chrétien dévoué. Il aimait tellement son Dieu qu'il a passé toute sa vie à vénérer le Père, le Fils et le Saint-Esprit, tout en partageant son amour avec son entourage, grâce aux talents que Dieu lui avait donnés. Aujourd'hui, nous parlerons du grand saint Éphrem de Syrie.
Saint Éphrem est né au tout début du 4 è siècle, vers l'an 306 de notre ère, dans la ville de Nisibe, maintenant connue sous le nom de Nusaybin, une ville turque située tout juste à la frontière de la Syrie. Quant à ses parents, on ne sait trop s'ils étaient chrétiens ou pas. Certains courants de pensée, et même certains écrits de saint Éphrem lui-même, semblent laisser croire qu'ils étaient effectivement chrétiens, mais d'autres écrivains plus récents, ceux qui ont écrit sur la vie des saints, prétendent que ses parents étaient probablement païens.
Pourtant, dans la tradition orientale, on affirme qu'ils ont eu un songe dans lequel ils ont vu leur fils. Une grande vigne très fertile sortait de sa bouche, regorgeant de grappes de raisins. Et toutes sortes d'animaux mangeaient de ce raisin jusqu'à satiété. Plus tard, on a découvert que ce songe avait annoncé qu'une quantité innombrable de gens allait se nourrir des enseignements divinement inspirés de ce grand saint.
En revanche, ces mêmes traditions orientales disent aussi que sa vie de jeunesse fut très turbulente. Saint Éphrem lui-même, dit-on, aurait affirmé ce qui suit:
« Ma jeunesse m'a presque convaincu que la vie n'est que le résultat du hasard. Mais la providence de Dieu a exposé ma fervente jeunesse à la lumière de la sagesse. » (Saint Éphrem le Syrien) - [traduction libre]
En examinant son parcours de vie, on apprend qu'à une certaine époque, il fut faussement accusé d'avoir volé des moutons et qu'il fut jeté en prison. Plus tard, une inspiration divine lui fit réaliser que c'était le moyen que Dieu avait pris pour le ramener dans le droit chemin. Il fut éventuellement remis en liberté et le Seigneur lui évita tout autre châtiment en lien avec la fausse accusation qu'on avait portée contre lui.
Il a ensuite mené une vie d'ascète dans les montagnes, en compagnie d'un groupe d'ermites. Il est devenu disciple de saint Jacques, le premier évêque de Nisibe. Par la grâce de Dieu, saint Jacques lui a enseigné, lui a inculqué une discipline et l'a éventuellement baptisé, tout en lui confiant de nombreuses responsabilités à enseigner aux croyants chrétiens. En fait, on rapporte que saint Jacques aurait assisté au premier Concile œcuménique de Nicée en l'an 325 et qu'il aurait amené avec lui son disciple Éphrem.
Saint Éphrem a mené une vie pieuse et ascète, consacrant le plus clair de son temps à la prière, au jeûne et à l'étude des Saintes Écritures. Et le Seigneur l'a récompensé en le dotant d'un talent hors pair pour l'expression créatrice. Il a écrit des centaines de sermons, de prières et d'hymnes, dont plusieurs étaient teintés d'une touche de poésie. En mariant son style de poésie et de chant à ses textes, les gens pouvaient alors en mémoriser les paroles et les chanter, et ainsi se familiariser avec la foi orthodoxe, vouée à notre véritable et unique Dieu.
Ses écrits attiraient toutes sortes de personnes. Ainsi, le songe que ses parents avaient eu s'est matérialisé: c'est de la bouche de leur fils qu'est sortie la vigne de sagesse dont les fruits ont nourri des milliers de personnes.
Saint Éphrem a vécu à une époque où le chaos et les bouleversements étaient toujours au rendez-vous. Sa ville natale, Nisibe, fut quelques fois la cible des chefs perses, et au bout du compte, les chrétiens de cette région furent forcés de s'exiler. À ce moment, saint Éphrem et plusieurs des croyants se sont installés dans une ville du nom d'Édesse.
Et comme si ce n'était pas assez, il y a vécu à une époque où son Église et sa foi étaient une source de controverse pour de nombreuses idéologies hérétiques. Édesse était remplie de philosophies et de religions rivales qui prétendaient toutes être la seule et unique vraie façon de vivre, malgré les fausses croyances sur lesquelles elles s'appuyaient.
Et dans toute cette confusion, saint Éphrem écrivait ses hymnes en continuant de défendre la foi orthodoxe. En fait, on croit qu'il avait même réuni un groupe de femmes qui formèrent des chorales et chantèrent ses hymnes sur la place publique, afin de répandre la véritable foi.
La tradition rapporte également qu'avant sa mort, saint Éphrem avait fait la rencontre d'autres grand saints de l'Église, notamment saint Basile le Grand et saint Bishoy, le fameux moine Égyptien. Ces rencontres avec des hommes aussi dévots nous font réaliser toute l'importance de ce grand saint de Syrie.
Saint Basile aurait tenté, paraît-il, de faire entrer saint Éphrem dans les ordres, d'abord en tant que prêtre, puis une seconde fois en tant qu'évêque. Mais chaque fois, saint Éphrem aurait humblement refusé, affirmant qu'il n'était pas digne d'être ordonné. Ainsi, le seul titre qu'on lui connaît de toute sa vie est celui de diacre. Après avoir servi le Seigneur et son troupeau pendant de nombreuses années, il s'éteignit et reposa en paix, laissant derrière lui tout un trésor d'écrits et d'enseignements qui allaient à tout jamais influencer des générations de chrétiens.
Que diriez-vous de prendre quelques instants pour jeter un coup d'œil à la beauté et à la richesse de certains de ses textes? Dans le premier extrait que je vous propose, il parle du Seigneur Jésus-Christ.
« Gloire à toi qui t'es revêtu du corps mortel d'Adam et en as fait une fontaine de vie pour tous les mortels. Allez, laisse-nous faire de notre amour le grand encensoir de la communauté, et offrir nos hymnes et nos prières pour encens à celui qui a fait de sa croix l'encensoir de la divinité, et qui s'est offert par elle en notre nom à tous. Celui qui était de l'au-delà est descendu vers ceux qui étaient ici-bas, afin de leur partager ses trésors. » (Éphrem le Syrien, Homélie sur Notre-Seigneur, 9) - [traduction libre]
Dans l'extrait suivant, il écrit sur le repentir et la grâce de Dieu. Voici ce qu'il dit:
« Ô Seigneur, c'est par ta grâce que notre nature est appelée à faire de nous des gens bons. C'est de toi que nous tirons la justice qui rend les hommes justes. C'est de toi que sont la miséricorde et les bonnes grâces qui transforment à ton image la poussière que nous sommes. Donne la force qu'il faut à notre volonté pour qu'elle nous empêche de sombrer dans le péché! Répands dans nos cœurs le souvenir, afin que nous reconnaissions ton honneur à chaque instant! Impose la vérité à nos esprits, afin de nous éviter de périr dans le doute!
« Fais que notre compréhension s'inspire de ta loi, nous empêchant ainsi de nous perdre dans des pensées futiles! Commande les mouvements de nos membres, afin qu'ils nous parent des blessures! [Et pour la suite, il s'adresse à nous en tant que croyants en disant:] Restez près de Dieu, afin que Satan vous laisse en paix. Chassez les passions de votre cœur, et voilà que l'ennemi s'est envolé! Ayez horreur du péché et de la méchanceté, et Satan aura aussitôt déguerpi. » (Éphrem le Syrien, Homélie sur la réprimande et le repentir, 7) - [traduction libre]
Mes bien chers frères, il n'a jamais été moine, prêtre ou évêque, et pourtant, cet homme mérite son nom parmi les saints Pères de l'Église. Et compte tenu de ses nombreuses contributions, pour nous, c'est un héros de la foi orthodoxe. Puissions-nous tous bénéficier de la beauté de ses enseignements, de la douceur de sa poésie, et du cadeau de son amour à Notre-Seigneur Dieu.
N'oubliez pas, mes frères: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi. Et gloire à Dieu maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.