Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Pourquoi le sacerdoce est-il strictement réservé aux hommes? L'Église serait-elle sexiste?
Favorise-t-elle les hommes au détriment des femmes? Il est vrai que depuis les débuts de l'Église au siècle premier, toutes les églises apostoliques, notamment les églises orthodoxes et catholiques, ordonnent des hommes à la prêtrise. Mais est-ce sous l'influence des sociétés patriarcales de l'époque? Autrement dit, est-ce une coutume culturelle historique qui devrait être ajustée aux besoins d'aujourd'hui ou y a-t-il d'autres facteurs à considérer? C'est là la question du mois que vous nous avez soumise et à laquelle nous répondrons aujourd'hui.
Juste avant d'aborder la question, nous tenons à préciser que les hommes et les femmes sont des égaux au sein du christianisme. Nous sommes tous créés à l'image de Dieu. Nous sommes tous appelés à aimer et à respecter l'autre. Et nous sommes tous essentiels à la survie de l'autre. Et tout cela, sans égard au genre. Comme le dit saint Paul:
« Vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ.
Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. » (Galates 3:27-28) Ce verset met l'accent sur l'égalité entre les membres du corps du Christ, sans égard à leur genre, leur nationalité ou leur statut social. Par contre, il ne cherche pas à nier l'existence des genres: la femme est toujours femme et l'homme est toujours homme. Le texte vise plutôt à les placer au même niveau. N'oubliez pas: nous avons tous été créés à l'image du Dieu trinitaire, et tout comme le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont égaux et différents, les hommes et les femmes sont égaux et différents. Les personnes de la Trinité ont des rôles différents. Il en va de même pour les hommes et les femmes au sein de l'humanité.
Mais qu'est qui caractérise le genre? Est-ce nos organes génitaux? Nos hormones? Comme nous l'avons déjà expliqué, le genre affecte notre nature même, qu'il s'agisse de notre personnalité, de notre âme ou de notre être tout entier. C'est lui qui détermine notre façon de penser, de prier, de nous comporter avec les autres, de travailler, d'élever nos enfants, etc.
Et chaque genre est aussi talentueux que l'autre. En revanche, les hommes et les femmes reçoivent de Dieu des attributs spécifiques à leur genre, afin d'effectuer certaines tâches qui leur sont propres. Les tâches liées au sacerdoce, c'est à l'homme que Dieu les a confiées.
Mais ce n'est pas seulement une question de personnalité: ça va beaucoup plus loin.
Pour mieux apprécier la réponse à cette question, nous devons d'abord comprendre en quoi consiste le sacrement du sacerdoce. Faisons un retour en arrière jusqu'à l'époque du souper eucharistique qui eut lieu il y a quelque 2000 ans. Alors que le Christ était à table en compagnie de ses disciples, il prit le pain dans ses mains et dit: Prenez, mangez, ceci est mon corps.
Puis il ajouta: Faites ceci en mémoire de moi. Le Fils de Dieu est donc assis à la table et c'est lui-même qu'il tient dans ses mains. Le Fils de Dieu tient le Fils de Dieu. C'est vraiment un grand mystère. Et ce mystère est commémoré ou reconstitué à chaque liturgie. C'est à ce moment que la phrase Faites ceci en mémoire de moi prend tout son sens.
De quelle manière s'y prend-on pour reconstituer l'événement? Eh bien, d'un côté, nous avons le Fils de Dieu présent dans le pain qui est placé sur l'autel, et de l'autre, nous avons le Fils de Dieu présent dans le prêtre qui est devant l'autel. Alors, qu'est-ce que le sacerdoce?
C'est la présence du Christ. Le sacerdoce n'est pas une représentation du Christ. Le prêtre non plus. Par la grâce de Dieu, le prêtre est celui qui rend le Christ présent sur l'autel par son sacerdoce. Répétons: le sacerdoce sert à rendre le Christ présent au sein du prêtre. Le Christ est vraiment là. C'est pour cette raison que les sacrements de l'Église sont confiés au prêtre; parce que c'est le Christ qui les administre par l'entremise du prêtre.
Ceci dit, nous avons un autre mystère à comprendre: le lien qui existe entre le Christ et l'Église. Au chapitre 5 de son Épître aux Éphésiens, saint Paul donne des directives aux maris et aux épouses à propos du mariage, puis il leur parle du temps d'Adam et Ève en citant le chapitre 2 de la Genèse, comme ceci:
« C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair.
Ce mystère est grand; je dis cela par rapport à Christ et à l'Église. » (Éphésiens 5:31-32) On met ici l'emphase sur le mystère qui existe entre le Christ et l'Église. Et ce mystère reflète l'union qui existe entre un mari et son épouse. En d'autres mots, le mari et la femme s'unissent mystiquement pour ne faire qu'un, et il en va de même pour le Christ et l'Église. C'est pourquoi nous appelons l'Église la mariée, et le Christ, le marié.
N'oubliez pas: le prêtre incarne la présence du Christ et le Christ est un homme. Ainsi, en partageant le sacerdoce avec le Christ, le prêtre devient aussi l'époux de la mariée, de l'Église.
Tertullien a établi un parallèle intéressant à ce sujet. Le voici:
« Adam symbolisait le Christ et son sommeil était un signe avant-coureur de la mort du Christ, lui qui allait plus tard entrer dans un sommeil mortel [donc, lorsqu'Adam s'était endormi au chapitre 2 de la Genèse, son sommeil était un indice de la mort du Christ sur la croix. Puis, Tertullien poursuit...], afin que nous comprenions que celle qui sortirait de la blessure qu'on lui infligerait dans le côté symboliserait l'Église, véritable mère des vivants. » (Tertullien) - [traduction libre] Ainsi, le Christ fut blessé au côté par une épée qui le transperça et fit couler son sang et autres liquides: ceci symbolise l'Eucharistie qui donne la vie à l'Église. Par ceci, Tertullien précise que la blessure en question représente l'Église. Tertullien y voit donc un lien direct avec la création d'Ève à partir de la côte d'Adam. Encore ici, le Christ, l'homme, est le marié de l'Église, et le prêtre qui préside avec le Christ est également le marié de l'Église. Nous avons donc affaire à une relation entre un mari et son épouse, et non d'une relation entre une épouse et une autre épouse. Il faut donc que le prêtre soit un homme.
Mais pourquoi le Christ est-il né en tant qu'homme? Comme nous l'avons expliqué plus tôt, chaque genre possède des attributs de l'image divine. Les deux ont leur importance, mais ils jouent des rôles différents. Et pour chacun de ces rôles, il existe des éléments qui résultent aussi bien des transgressions d'Adam et Ève que des gestes salvateurs du Christ et de sainte Marie. Permettez-moi d'expliquer rapidement.
Ève a désobéi au commandement de Dieu. Sainte Marie a participé au salut de l'humanité en acceptant d'enfanter le Fils de Dieu, obéissant ainsi aux paroles de l'archange Gabriel.
Et bien que l'homme et la femme doivent se soumettre l'un à l'autre, le rôle de la femme, à notre époque, est plutôt axé sur l'obéissance. Et par leur obéissance, les femmes choisissent librement de s'oublier et d'aimer en suivant l'exemple de Dieu.
De leur côté, les hommes sont également appelés à s'oublier, mais de façon différente. Adam fut appelé à quitter son père et sa mère, afin de s'unir à sa femme, ce qui suppose qu'il a dû lui sacrifier sa vie. Il a dû abandonner ce qu'il était pour plaire à sa femme. Mais lorsque Dieu lui a demandé s'il avait mangé de l'arbre, au lieu de répondre de ses actes, il a pointé Ève en disant: c'est elle qui m'en a fait manger. Il n'a pas pu l'aimer. Il n'a pas pu se sacrifier pour elle.
En revanche, le deuxième Adam a fait l'inverse. Il s'est incarné en tant qu'homme et il est devenu le véritable Adam, s'offrant littéralement en sacrifice pour toute l'humanité. De façon similaire, on demande aux hommes d'aujourd'hui d'aimer leur épouse comme le Christ a aimé l'Église et a donné sa vie pour elle. Le rôle du mari et du père est de sacrifier sa vie pour les autres. En résumé, l'homme et la femme s'offrent en sacrifice l'un pour l'autre, mais différemment. L'homme le fait en se montrant responsable et protecteur, et en se sacrifiant pour sa femme et ses enfants. C'est précisément ce que le Christ a fait.
Remarquez ici que le rôle principal de chacun des genres n'a rien à voir avec l'autorité. C'est ce qui caractérise l'amour d'un chrétien: le sacrifice et l'obéissance, pas l'autorité. Et c'est bien malheureux, mais c'est justement pour des raisons d'autorité que plusieurs sont attirés par la prêtrise. Ces personnes ratent complètement la cible quant à la signification de l'amour chrétien et du sacerdoce. Ce dernier n'est pas là pour nourrir une soif du pouvoir: il est là pour servir les autres. Il est là pour porter la croix et être crucifié avec le Christ dans l'intérêt de l'Église. C'est un chemin très difficile vers le salut.
D'ordinaire, ceux qui sont véritablement faits pour le sacerdoce sont ceux qui cherchent à l'éviter. Nous avons tellement d'exemples de telles personnes au sein de l'Église copte.
Pensons à Sa Sainteté le Pape Chenouda III, lequel fut contraint de devenir évêque. Et plusieurs se rappellent sans doute des larmes que versait Sa Sainteté le Pape Tawadros II lorsqu'il fut intronisé sur le siège de saint Marc.
Ceux qui s'avancent d'eux-mêmes en espérant devenir prêtres, bien souvent, n'ont pas ce qu'il faut pour en assurer les fonctions, qu'ils soient hommes ou femmes. Efforçons-nous donc de priser ce titre en toute humilité, si toutefois l'occasion se présente.
N'oubliez pas:
Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.
Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.