Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Mes bien chers frères, aujourd'hui, nous allons nous pencher sur une des plus populaires questions que les gens se posent quant au récit de la création: Si Dieu ne voulait pas qu'Adam et Ève mangent de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, pourquoi l'a-t-il planté? Et pourquoi l'avoir placé dans le jardin?


Pour plusieurs, il semble tout à fait logique de se poser cette question. Après avoir interdit aux enfants de s'approcher d'un objet jugé dangereux, la plupart d'entre nous trouveraient normal de retirer cet objet de la circulation. Si la chose n'est pas là, ils ne peuvent pas s'en approcher, n'est-ce pas? C'est la logique même.


Cependant, il faut pousser notre enquête un peu plus loin en nous posant certaines questions très importantes... L'arbre était-il foncièrement mauvais? Que représentait-il? Et que serait-il arrivé si Dieu ne l'avait pas planté? Voyons ce qu'on peut trouver en réponse à ces questions.


Avant de poursuivre, il faut écarter une idée fausse pourtant très répandue. Pour nous aider, nous aurons besoin de relire quelques passages importants des Écritures. Commençons par la Genèse, au chapitre 2:


« Puis l'Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait formé.


L'Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l'arbre de la vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. » (Genèse 2:8-9) Voilà pour les versets 8 et 9. Passons tout de suite aux versets 15 à 17:


« L'Éternel Dieu prit [ensuite] l'homme et le plaça dans le jardin d'Éden pour qu'il le cultive et le garde.


L'Éternel Dieu donna cet ordre à l'homme: Tu pourras manger les fruits de tous les arbres du jardin; mais tu ne mangeras pas le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras, c'est certain. » (Genèse 2:15-17) - [Bible Segond 21] À lire ces passages, certains en arrivent à la conclusion suivante: si Dieu a ordonné à Adam de ne pas manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal sans quoi il serait perdu, c'est que l'arbre devait être mauvais. Mais ça ne peut pas être le cas, mes frères, surtout si l'on croit que le Seigneur n'est pas l'auteur du mal. D'après ce même récit de la Genèse, tout ce qui est créé par Dieu est bon. Ainsi, l'arbre ne peut être mauvais en soi.


Il doit donc représenter quelque chose de plus grand que lui-même et c'est précisément ce que nous croyons. L'arbre symbolise le libre choix que Dieu a accordé à l'Homme de le rejeter et d'essayer de parfaire ses connaissances par lui-même, sans le concours du Seigneur qui est la vérité et la vie. Et soudain, on réalise que ce n'était pas l'arbre lui-même qui était mauvais: c'était le fait de rejeter Dieu comme source de connaissance et de vie, ce qui devint le vecteur par lequel la mort entra dans le monde.


Ceci est clairement illustré dans un passage de la Genèse, au chapitre 3, alors qu'Ève, notre mère, fut dupée. Bien que sa première réaction eût été de vouloir respecter le commandement de Dieu, elle finit par se laisser convaincre que l'idée de s'y opposer avait du mérite. Allons lire ce que raconte le chapitre 3 de la Genèse, au verset 6:


« [Dès lors,] la femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence; elle prit de son fruit, et en mangea; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d'elle, et il en mangea. » (Genèse 3:6) Voyez-vous, mes frères, dans cette histoire, il n'est pas seulement question d'arbres dans un jardin et de fruits consommés. Il est aussi question de préférer les connaissances déchues et matérielles à la sagesse divine et à la grâce instructive que Dieu procure.


À cela, certains répondront: D'accord, l'arbre n'est pas mauvais en soi, compris! Et oui, il symbolise le choix qui s'offrait à l'humanité. Mais pourquoi avoir offert ce choix au départ? Et c'est là que nous devons réaliser qu'en tant que chrétiens, lorsque nous osons déclarer que Dieu est amour, nous le pensons vraiment. Notre conception de l'amour à l'appui, nous affirmons qu'il ne peut être donné ou reçu qu'en toute liberté. Sans liberté, il ne peut y avoir d'amour. Et qui dit liberté dit choix, le choix de pouvoir accueillir ou rejeter la personne qui est devant nous.


En outre, non seulement Dieu est amour, mais tous les êtres humains ont été créés à son image et à sa ressemblance. Et le libre arbitre qu'il nous a accordé fait partie de cette image et de cette ressemblance. Au bout du compte, ce cadeau de Dieu nous rend libres de le vénérer et de vivre en tendre union avec lui, ou de nous détourner de lui et de nous prendre nous-mêmes pour des dieux.


C'est pour ces raisons que le Seigneur a planté l'arbre de la connaissance du bien et du mal et qu'il a ordonné à Adam et Ève de ne pas en manger. C'était pour qu'ils aient un choix à faire. Ils pouvaient maintenant choisir d'obéir et laisser Dieu leur accorder la vie et leur transmettre ses connaissances, ou ils pouvaient désobéir et décider de se procurer ces avantages par leurs propres moyens.


Saint Grégoire le Théologien pousse l'explication un peu plus loin dans son oraison de Pâques. Il résume tout ceci et va jusqu'à dire que l'interdiction entourant cet arbre aurait éventuellement été levée s'ils avaient obéi au commandement du Seigneur. Voici comment il exprime cette idée:


« [Dieu a imposé à Adam] une règle qui lui permette d'exercer son libre arbitre. Cette règle était un commandement précisant de quelles plantes il pouvait profiter et à quelle plante il ne devait pas toucher. Cette dernière était l'arbre de la connaissance.


Non pas qu'il eut été mauvais une fois planté, ni que Dieu l'ait interdit. Que les ennemis de Dieu [, dit-il,] se gardent de tirer la langue en ce sens ou d'imiter le serpent! Mais il aurait été bon si l'on avait attendu le bon moment. D'après ma théorie, l'arbre était un objet de contemplation qui n'aurait été d'aucun danger pour ceux qui avaient déjà acquis la maturité de s'y adonner. Mais il ne convenait pas à ceux qui étaient encore trop simplets et avides, tout comme la nourriture solide ne convient pas à ceux qui sont en bas âge et qui ont besoin de lait. » (Grégoire de Nazianze, Deuxième oraison de Pâques, paragraphe 8) - [traduction libre] Mes bien chers frères, ce que nous voyons ici, c'est la réponse à tant de questions: Dieu est amour. S'il nous offre un choix, c'est parce qu'il est fidèle à lui-même, parce qu'il nous aime et qu'il respecte notre libre arbitre. Il nous aime, alors il ne s'impose pas à nous. Au contraire, il nous offre la possibilité de le choisir, seulement si nous le voulons.


Rassurez-vous, mes frères. L'arbre n'est pas une ancienne relique d'un passé lointain qui ne nous concerne plus. En fait, c'est une part essentielle de tous les choix que nous faisons, même de nos jours. Vais-je choisir le Seigneur et ses commandements comme source de vérité et de vie ou vais-je opter pour une sagesse déchue et matérielle, et ce faisant, m'éloigner de lui?


N'oubliez pas:


Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.


Et gloire à Dieu maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.