Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Aujourd'hui, nous allons répondre à la question suivante: Que sont les passions et comment peut-on les combattre? Afin de comprendre ce que sont les passions et comment l'Église les définit, tournons-nous vers l'un de nos grands saints, saint Basile le Grand. Saint Basile commence son explication sur les passions en parlant d'abord de la vertu. Il dit que la vertu, c'est de se servir des facultés et des présents que Dieu nous a donnés et qu'il a placés en nous lorsqu'il nous a créés à son image, afin de nous tourner vers lui, de le connaître et de grandir à sa ressemblance. Tout à l'opposé, on parle de passion lorsqu'on se sert de ces mêmes facultés de façon délibérée pour nous tourner vers des choses séculières et inventées.
Au lieu de nous tourner vers le Créateur, nous finissons par utiliser nos facultés pour nous tourner vers nos propres plaisirs et c'est ainsi que les passions s'installent au fond de nous.
Maintenant que nous avons défini ce qui constitue des passions, arrêtons-nous un instant pour comprendre d'où elles proviennent. Encore une fois, il est important de comprendre que les passions, à l'origine, ne faisaient pas partie de l'image de Dieu, telle qu'elle fut attribuée à l'homme. Voyez-vous, ce que les chrétiens doivent réaliser, c'est que la vertu faisait partie de notre nature lorsque nous avons été créés. Ce qui est contre nature, c'est de voir se développer des passions au cœur de l'être humain. Et c'est intéressant car de nos jours, lorsqu'on s'adresse à monsieur tout-le-monde dans la rue, il dira que l'humanité est brisée, que c'est normal qu'elle ait des faiblesses et des vices, etc. Mais l'Église refuse de parler ainsi. Ce n'est pas naturel. Ce n'est pas normal de s'abandonner aux passions. Il est évident qu'elles sont apparues lors de la chute, alors que l'humanité s'est éloignée de Dieu et s'est détournée de sa bonté. Ce faisant, nous nous sommes exposés au mal, lui permettant de se frayer un chemin au fond de nous. Saint Macaire le Grand en parle de façon admirable.
Allons voir l'explication qu'il fournit dans ses homélies. Il dit ceci:
« Par la désobéissance du premier homme [Adam], nous avons reçu en nous un élément qui était étranger à notre nature [c'est-à-dire une chose qui ne nous appartenait pas]: la malveillance des passions qui, en s'intégrant de façon chronique à nos habitudes et à nos pendants, a fini par faire partie de notre nature. » (Saint Macaire le Grand, Cinquante homélies spirituelles, Collection II: Homélie IV, partie 8) - [traduction libre] Saint Macaire explique ici que notre nature a soudainement été modifiée au moment de la chute, lorsque le péché s'est introduit en nous. Ce qui était considéré contre nature est devenu quelque chose d'habituel pour nous.
Quelle incidence les passions ont-elles sur nous? On constate que lorsqu'un être humain est dépassé par ses passions, quelque chose en lui vient soudainement le chambouler. C'est presqu'une dépendance. Il se met à agir d'une façon étrangère à sa nature. Une lutte a commencé. Quelque chose évolue en son for intérieur, comme une maladie. En effet, si on se tourne vers les Pères de l'Église, lorsqu'ils parlent d'une passion, ils en parlent habituellement comme d'une chose qui conduit la personne à la folie. Ils la qualifient de maladie, de frénésie, de folie, si on veut. Pourquoi? Parce sous son influence, l'humain se met à faire des choses qu'il ne ferait pas naturellement de lui-même. Ce phénomène est très clairement illustré dans les paroles de l'Apôtre saint Paul, lequel en parle de très belle façon, bien que du même coup, ce qu'il raconte est vraiment tragique. Tournons-nous quelques instants vers saint Paul, à Romains, chapitre 7, afin de voir comment il décrit ce qui arrive à l'être humain quand ses passions prennent le contrôle sur lui. On peut y lire ceci:
« Car je ne sais pas ce que je fais: je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais.
Or, si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la loi est bonne.
Et maintenant ce n'est plus moi qui le fais, mais c'est le péché qui habite en moi.
Ce qui est bon, je le sais, n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans ma chair: j'ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien.
Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas.
Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui le fais, c'est le péché qui habite en moi. » (Romains 7:15-20) Mes frères, nous avons ici une représentation très claire et très sombre du drame qui attend l'être humain lorsque les passions prennent le dessus sur lui. Il ne veut pas céder devant les passions qui se sont développées sous forme de dépendance ou d'habitudes dans sa vie, et pourtant il le fait, même s'il déteste qu'elles fassent maintenant partie de lui.
Et que sont ces passions? Bien que la liste puisse facilement s'allonger, l'Église orthodoxe en identifie habituellement huit. Ce sont: l'amour-propre, la gourmandise, la luxure, l'avarice (ou la cupidité), la tristesse (ou l'acédie, c'est-à-dire l'indifférence ou le découragement), la colère, la peur, la vanité , et l'orgueil. Tous ces éléments forment ensemble la liste de ce que l'Église appelle les passions auxquelles nous sommes confrontés.
Alors, comment pouvons-nous espérer combattre ces passions qui grandissent en nous et qui finissent pas nous anéantir? Eh bien, l'Église nous propose plusieurs solutions que l'on La vanité est synonyme d'amour-propre. D'ordinaire, ces deux termes correspondent à une seule et même passion. peut dégager de sa tradition en lisant ce que les Pères de l'Église nous enseignent. Même dans la vie des saints, qui sont les enfants de l'Église, on voit qu'il y a de l'espoir et que nous pouvons vaincre ces passions, tout comme le Seigneur nous a encouragés à nous réjouir, puisqu'il a vaincu le monde.
Pour vous donner une idée de la manière dont l'Église fait germer cette idée en nous, dans la prière du matin de tout Agpeya de l'Église copte, dans les litanies, juste après la lecture de l'Évangile, la prière de la seconde litanie nous dit que chaque croyant doit élever son cœur vers Dieu et lui demander de l'inspirer à vaincre ses passions. Écoutons cette litanie:
« Quand le matin arrive, ô Christ, notre Dieu, la vraie lumière, fais briller en nous les bons sens et les idées lumineuses et que la noirceur de la passion ne nous envahisse pas. » (Prière du matin, litanie 2) Ce que l'on voit ici, dans chacune de nos prières du matin, c'est une demande très claire de nous rendre capables de vaincre ces passions. De plus, l'Église nous aide à garder espoir en nous enseignant que les Pères de l'Église, qui étaient des héros et les piliers de notre foi, nous ont laissé des indices pour que nous sachions vaincre nos passions. À ce propos, les écrits de saint Jean Cassien sont très clairs. Ils rapportent ceci, à propos des Pères de l'Église:
« Tels des médecins accomplis qui non seulement traitent les maladies présentes, mais qui savent aussi en prévenir de nouvelles et prendre les précautions qui s'imposent par des conseils et des remèdes, ces véritables médecins de l'âme savent traiter d'avance les maladies naissantes du cœur par leur enseignement spirituel dont ils se servent comme d'un antidote céleste, les empêchant ainsi de progresser dans l'esprit des jeunes par leurs explications quant aux causes des tentations présentes et à la manière de les guérir. » (Saint Jean Cassien, Institutions cénobitiques, 6.17.2) - [traduction libre] Dans cet extrait, saint Jean nous explique que nous sommes en droit d'espérer vaincre ces passions en suivant les enseignements des Pères de l'Église. Dans les prochaines vidéos, nous explorerons une à une chacune des huit passions. Nous verrons comment elles se manifestent dans la vie des croyants et nous ferons la lumière sur la façon dont l'Église nous recommande de les combattre.
Pour l'instant, n'oubliez pas:
Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.
Et gloire à Dieu maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.