Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Pourquoi un Dieu qui nous aime envoie-t-il des gens en enfer? Pour répondre à cette question, nous devons prendre un peu de recul et répondre d'abord à une autre question:


Qu'est-ce qu'une punition, du point de vue orthodoxe?


Nous voyons souvent, par exemple, un père qui inflige à son fils une punition très sévère, qu'elle soit physique ou affective, et cette situation est si fréquente qu'elle est devenue pour nous la définition même de ce qui constitue une punition. Malheureusement, nous appliquons souvent cette définition à Dieu, croyant que c'est ainsi qu'il nous punit, mais est-ce bien le cas? Non! Dieu use plutôt de pédagogie, c'est-à-dire qu'il le fait en tenant compte de notre façon de faire et pour notre propre bien-être. Deux stratégies sont généralement possibles lorsqu'il se propose d'intervenir.


Sa première stratégie consiste à nous encourager à nous repentir. Il nous impose donc une conséquence qui nous force à faire demi-tour et à revenir vers lui. Il nous dit: Je t'aime. Je souhaite que tu puisses jouir de l'éternité avec moi. Viens! Sa deuxième stratégie consiste à mettre un terme au mal. Dans ce contexte, nous avons une personne qui choisit de faire le mal. Dieu se montre très patient avec elle, mais la personne refuse de revenir vers lui. Alors, Dieu met un terme à ce mal, afin d'éviter que les autres ne souffrent à cause de cette personne.


Voilà comment Dieu procède pour nous punir. Malheureusement, la notion de punition est mal utilisée ou mal comprise quand il s'agit de Dieu. Ainsi, pour les besoins de cette vidéo, j'utiliserai plutôt le terme conséquence. Dieu nous impose donc des conséquences. Ceci devrait clarifier les choses. Laissez-moi vous donner un exemple tiré du chapitre 3 de la Genèse. Nous nous transportons au moment où Adam et Ève viennent de manger de l'arbre et que leur nature s'est corrompue. On dit, au verset 22:


« L'Éternel Dieu dit: Voici, l'homme est devenu comme l'un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Empêchons-le maintenant d'avancer sa main, de prendre de l'arbre de vie, d'en manger, et de vivre éternellement.


Et l'Éternel Dieu le chassa du jardin d'Éden, pour qu'il cultivât la terre, d'où il avait été pris.


C'est ainsi qu'il chassa Adam; et il mit à l'orient du jardin d'Éden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l'arbre de vie. » (Genèse 3:22-24) En examinant tout ça, quelqu'un pourrait dire: Vois-tu à quel point Dieu est fâché? Il chasse Adam et Ève. Il ne veut pas qu'ils vivent éternellement. Il a même dépêché un chérubin pour monter la garde avec une épée et tout le reste. On peut aussi évaluer la scène d'une toute autre façon et se demander: Dieu désire-t-il que je vive éternellement? Oui, bien sûr! C'est justement dans cette intention qu'il m'a créé. L'Apocalypse 2:7 stipule que Dieu donnera accès à l'arbre de vie à tous ceux qui vraincront. Il est donc clair qu'il souhaite que nous mangions de l'arbre de vie.


Par contre, dans la Genèse, ce n'est pas le cas. Pourquoi? Parce que si ses sujets avaient continué de manger de l'arbre de vie à cette époque, ils auraient vécu à jamais dans la corruption qui les caractérisait. Et en vivant dans cette corruption, ils n'auraient jamais été heureux. Ainsi, par amour pour eux et pour leur propre bien être, Dieu leur dit,: Je vais placer un chérubin et lui fournir une épée flamboyante, afin de m'assurer que vous ne puissiez manger de l'arbre de vie. Telle fut la conséquence bienfaisante qu'il leur imposa.


Lorsqu'Adam et Ève ont chuté, deux événements majeurs se sont produits. Tout d'abord, leur relation avec Dieu eût dorénavant besoin d'être réconciliée. Ensuite, leur apparence, jusque-là conforme à l'image de Dieu, se retrouva tout à coup déformée. La corruption venait de s'installer en eux. Ainsi, si je souhaite aller au ciel, je dois m'attaquer de front à ces deux choses.


En ce qui concerne la première, on entend souvent dire que nous devrions prier, que nous devrions lire la Bible, donc que nous devrions investir dans notre relation avec Dieu. Dieu s'est réconcilié avec nous par l'entremise de la croix. De mon côté, je dois me réconcilier avec lui toute ma vie durant. D'autre part, je dois m'assurer de faire ce que Dieu me demande, car chaque fois que je ne respecte pas ses commandements, je déforme son image en moi.


Mais si je prends part aux sacrements, ceci me rachète d'avoir enfreint les commandements.


Donc en tout premier lieu, je dois m'assurer de ne pas enfreindre les commandements.


Ensuite, je dois m'assurer de prendre part à l'Eucharistie en ayant pris soin de me repentir et de me confesser au préalable. Ces deux choses vont de pair. Elles me réconcilient avec Dieu en rétablissant ma relation avec lui et elles restaurent son image en moi.


En examinant le récit de l'enfant prodigue, on se rappelle que le fils avait quitté son père pour mener une vie de débauche. Puis lorsqu'il voulut goûter à la nourriture que l'on servait aux porcs, il décida de se repentir et de rentrer à la maison. Attention ici: le fait de goûter ou de vouloir goûter à cette nourriture est une conséquence qui lui fut imposée dans un but pédagogique, en réponse au mal qu'il avait commis. Donc, il rentra à la maison. Et qu'arriva- t-il? Son père l'attendait déjà, courut vers lui et l'embrassa dans le cou, puisque le Père s'était réconcilié avec nous par le Fils. Mais à présent, grâce à mon repentir, c'est moi-même qui court vers Dieu et qui me réconcilie avec lui une fois de plus.


Attention cependant: tout ne s'arrête pas là. Le père dit ensuite à ses domestiques et au prêtre: Allez chercher l'habit. Si vous avez bien remarqué, le père lui donna un habit, plaça un anneau à son doigt, lui fournit des sandales, égorgea un veau gras et donna un grand festin. Pourquoi le père fait-il tout cela dans cette histoire? Il ramène son fils à son état normal. Il restaure son image en lui. Et les pères ont précisé que l'habit représentait un nouvel homme. Ainsi, je rétablis l'image de Dieu qui est en moi et l'histoire se poursuit avec le repentir et l'Eucharistie jusqu'au jour de ma mort.


Ainsi, Dieu souhaite-t-il que je sois au ciel avec lui? Le verset suivant est clair là-dessus:


« Ne crains point, petit troupeau; car votre Père a trouvé bon de vous donner le royaume. » (Luc 12:32) Dieu souhaite que je sois avec lui. Il veut m'offrir le royaume. C'est un plaisir pour lui. Mais le verset dit aussi ne crains point, petit troupeau... On dit petit troupeau ici, car seul ce troupeau a choisi d'être au ciel avec Dieu.


Il y a toujours trois votes. Si on pose la question suivante: Dieu veut-il que j'aille au ciel?, il y a trois votes, trois personnes qui votent. Le premier vote, c'est celui de Dieu et sa réponse est toujours la même: oui, je veux qu'il ou elle soit avec moi au ciel, toujours. Le deuxième vote est celui du démon. Le démon répond toujours: je ne veux pas de lui ou d'elle au ciel. Le troisième vote, c'est le vôtre. Voulez-vous aller au ciel? Vous devez être certains d'avoir établi une relation avec Dieu et vous assurer que son image en vous est restaurée par votre repentir et votre participation aux sacrements. Alors, pourquoi Dieu envoie-t-il des gens en enfer? Il n'en est rien. Ce sont les gens eux-mêmes qui se rendent en enfer.


Et qu'est-ce que l'enfer? Est-ce un véritable brasier? Certains choisissent d'interpréter le terme au sens strict et répondent: oui, c'est un vrai brasier. D'autres se fient plutôt au sens figuré, à la métaphore, si vous préférez, et disent: non, ce n'est pas vraiment un brasier. De véritables souffrances y sont pourtant vécues, des souffrances aussi intenses que le feu. Et ces souffrances sont directement liées à l'absence de communion avec Dieu.


Certains proposent un autre exemple. Ils disent: si, par la grâce de Dieu, vous avez restauré son image en vous, vous devenez comme l'or. Et l'or, une fois passé au feu, est une bonne chose, car le feu permet de l'affiner, n'est-ce pas? Mais si l'image de Dieu qui est en moi est déformée, je deviens comme le bois. Le bois et le feu, c'est une mauvaise chose, car le feu consume le bois.


Dans un cas comme dans l'autre, il n'est certainement pas question d'un dieu qui jette quelqu'un en enfer, dans une mer de feu, pour se venger ou pour le punir éternellement. Ce n'est pas du tout le cas, malgré ce que certains prétendent. Allons voir ce que saint Isaac le Syrien en dit:


« Le fait de supposer qu'on puisse trouver en lui [c'est-à-dire en Dieu] l'idée d'un châtiment en réponse à de mauvaises actions est abominable. En insinuant qu'il se sert d'un moyen aussi grave et pénible dans le but de punir, c'est attribuer une faiblesse à la nature divine. » (Saint Isaac le Syrien, Partie 2, 39:2) - [traduction libre] Alors, quel genre de dieu ferait une chose pareille? Dieu, dit-il, est un Dieu qui aime, qui est attentionné; il se suffit à lui-même. Pourquoi donc aurait-il besoin de faire une telle chose?


« On ne peut même pas croire qu'une telle chose se produirait chez des humains qui mènent une vie de vertu et de droiture... encore moins trouverons-nous en Dieu d'agir de la sorte dans un but punitif face à de mauvaises actions qu'il aurait pressenties... » (Saint Isaac le Syrien, Partie 2, 39:2) - [traduction libre] Il nous dit qu'une personne vertueuse n'oserait même pas faire une telle chose, encore moins Dieu, lui qui est aimant et attentionné. Saint Basile s'exprime très simplement à ce sujet:


« Les maux de l'enfer ne sont pas causés par Dieu, mais par nous-mêmes. » (Saint Basile le Grand, Sur la condition humaine, traduction de Nonna Verna Harrison, Crestwood, New York, St. Vladimir Seminary Press, 2005, p.125) - [traduction libre] Ainsi, les souffrances de l'enfer n'ont pas été engendrées par Dieu; ce sont des conséquences de nos propres choix. Ceci équivaut à l'exemple d'Adam et Ève que Dieu chassa du jardin au tout début, par amour. Tout ce que Dieu fait, il le fait par amour pour sa création.


N'oubliez pas:


Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.


Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.