Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Qu'est que la moralité? Sur quoi se base-t-on pour déterminer qu'une action est morale ou pas? Qui décide de ce qui est bien ou mal? Quelle devrait être la position des chrétiens sur l'avortement, l'euthanasie et autres sujets semblables, socialement controversés? Par exemple, le gouvernement canadien a récemment déclaré que les groupes qui s'opposent à l'avortement vont à l'encontre des valeurs de la société canadienne. En essence, il affirme que la société canadienne représente la norme et que les groupes pro-vie devraient suivre cette norme. Est-ce bien ainsi que les choses devraient se passer?


De nos jours, nous avons un urgent besoin de comprendre ce qui distingue l'éthique des valeurs morales. Bien que ces expressions ne soient pas toujours définies de façon cohérente, ce qui nous intéresse ici, c'est le concept lui-même. Pour les besoins de cette vidéo, nous emploierons le mot éthique en référence à la loi divine et nous parlerons plutôt de valeur morale lorsqu'il s'agit de lois terrestres imposées par les courants sociaux et culturels.


Prenons, par exemple, les relations sexuelles extraconjugales. Culturellement parlant, c'est un phénomène très répandu dans les sociétés laïques occidentales. En revanche, les pays du Proche-Orient s'opposent fermement à cette idée. Un autre exemple qui peut servir ici, c'est le mensonge. Au Proche-Orient, le fait de mentir est très fréquent et beaucoup plus accepté qu'en Occident. Ce sont là des exemples où les valeurs morales diffèrent selon les cultures. Pourtant, la fornication et le mensonge sont des comportements contraires à l'éthique de Dieu. Nous avons déjà précisé dans une vidéo antérieure en quoi la fornication constitue un péché devant Dieu. Pour ceux que ça intéresse, vous trouverez cette vidéo sur notre chaîne YouTube ou sur notre site Web.


Le problème qui se pose lorsqu'on adopte un code de valeurs qui ne tient pas compte de l'éthique divine, c'est que peu importe ce qu'un groupe culturel décide d'accepter, ceci devient la norme. Dans l'exemple du gouvernement canadien ci-dessus, le groupe culturel qui a décidé qu'il était acceptable de tuer un enfant qui se trouve dans le ventre de sa mère, c'est la société canadienne. Mais a-t-elle toujours été de cet avis? En fait, si on remonte à moins de cinquante ans en arrière, soit avant 1969, l'avortement était illégal au Canada.


Qu'est-ce qui a changé? Ce sont les valeurs morales de la société canadienne qui ont changé.


Est-ce pour le mieux? Non, quoique certains diront que oui, puisque la mère est libre de choisir.


Mais sommes-nous conscients que ce libre choix, c'est celui de tuer ou pas? Avons-nous songé à ce qu'une telle décision implique? Et l'enfant, a-t-il son mot à dire dans tout ça? Ne pourrait-on pas lui permettre de choisir de vivre?


Le problème avec les valeurs morales qui changent au gré des cultures, c'est que ces changements ne reposent sur aucun principe. Chaque culture établit ses propres normes et il n'est pas permis de juger des autres. Sur le plan biblique, ceci me rappelle l'époque des Juges de l'Ancien Testament, alors que les Israélites faisaient fi de Dieu et que chacun agissait selon sa propre conception de ce qui est bien. Ce fut une époque très perturbée. En relativisant ainsi les valeurs morales d'après la culture, les humains finissent bientôt par perdre de vue la notion de ce qui est bien et de ce qui est mal.


Prenons l'exemple d'Hitler. Celui-ci voulait établir une race aryenne, une race parfaite selon sa vision des choses, soit des gens intelligents, aux cheveux blonds et aux yeux bleus. Pour lui, les Juifs étaient une menace à la réussite de son projet. Il parvint à convaincre de nombreuses personnes et à implanter cette façon de penser dans l'esprit des Nazis. Ses valeurs morales devinrent leurs valeurs morales. Quel est donc le problème dans ce qu'Hitler a fait? D'après les valeurs culturelles de l'époque, il n'a rien fait de mal. Il n'a fait que suivre ce que la société allemande considérait acceptable à ce moment-là. Pourtant, ce qu'il a fait est une horreur selon l'éthique divine. Si, malgré tout, les populations d'Occident croient que la société laïque devrait décider de ce qui est bien ou mal, l'humanité est sérieusement en danger.


Afin d'illustrer tout le danger qui se cache derrière cette idéologie, permettez-moi de pousser l'idée peu plus loin. Si, d'après les normes actuelles, la société juge acceptable de tuer un être humain qui se trouve dans le corps de sa mère, puisqu'elle est soi-disant libre de faire ce qu'elle veut de son corps, combien de temps faudra-t-il encore pour que l'humanité accepte de tuer le bébé une fois qu'il est né? Laissez-moi vous donner un exemple. Lorsque l'enfant est dans l'utérus, il appartient, en quelque sorte, à sa mère et il dépend d'elle. Une semaine plus tard, après l'accouchement, l'enfant est sorti, mais il dépend toujours de sa mère, laquelle en est toujours responsable. C'est elle qui doit le laver, le nourrir, le protéger.


S'il arrive que la mère se sente fatiguée, comme toute mère le serait, a-t-elle le droit de tuer son enfant? Si elle devient dépressive, ce qui est commun chez les nouvelles mamans, devrait-elle le tuer? Après tout, c'est son corps qui est fatigué... Comment se fait-il qu'une semaine avant l'accouchement, il soit parfaitement légal de tuer l'enfant, alors que le même geste, posé une semaine plus tard, devient un homicide? Avant la naissance de l'enfant, la mère est innocente, mais après sa naissance, on la jette en prison, on la traite de meurtrière et la société la considère avec dédain parce qu'elle a tué son bébé. Le fait que le bébé soit à l'intérieur de la mère lui donne-t-il le droit de mettre fin à sa vie? Les normes sociales peuvent avoir changé en Occident, au point de nous laisser croire que le geste est acceptable, mais comme chrétiens, c'est l'éthique divine que nous devons suivre, peu importe le déclin moral qui nous entoure.


Ce relativisme des valeurs existe partout. Récemment, Oprah encourageait les gens à trouver leur propre vérité. Qu'est-ce que ça signifie? En essence, toute vérité vise à faire la lumière sur ce qui est faux. Imaginez un élève de 5è année du primaire qui doit additionner +16 lors d'un test et qui répond 32, comme il l'a appris. Puis, il reçoit son test corrigé et, à sa grande surprise, il constate que sa réponse a été rejetée. Il demande donc pourquoi à son enseignante, laquelle lui répond: Désolée, dans ma classe, 16+16 = 35. On peut penser que l'exemple est tiré par les cheveux, mais ça veut dire la même chose que chacun devrait trouver sa propre vérité. La seule différence ici, c'est que personne ne changerait la somme de 16+16, puisque c'est un fait établi. Et cela n'aurait aucun impact sur le style de vie des gens. Néanmoins, Dieu tient à ce que nous adoptions certains comportements éthiques qui nous permettent de trancher entre le bien et le mal. Mais dans les faits, les gens rejettent l'éthique divine au profit de leurs propres valeurs morales, parce que ça fait leur affaire.


Il est frappant de constater que cette mentalité axée sur le relativisme culturel des valeurs n'est pas exclusive aux politiciens ou aux célébrités; on la retrouve même au sein de l'Église.


Combien de gens diminuent l'importance de certaines fautes en se disant ce n'est pas bien grave, tout le monde le fait? Comme si on pouvait justifier de faire du mal parce que tout le monde le fait! C'est pourtant ce que j'entends souvent en confession. Mais réalisons-nous que ceci est un effet du relativisme culturel? Parfois, nous laissons les valeurs morales prendre le dessus sur l'éthique divine, sans toutefois nous rendre compte que ces valeurs s'effritent à vue d'œil. Nous sommes quotidiennement confrontés à ce problème, lequel influence nos décisions. Il faut commencer à exercer notre esprit critique et la première étape pour y arriver, c'est de reconnaître qu'il y a un problème, ce que je tente de faire avec vous à l'instant même. À ce propos, voici ce que saint Justin en dit:


« Il [le Christ] n'a jamais voulu que nous imitions le méchant. Au contraire, il nous a mis au défi d'éloigner les autres de la honte et des plaisirs du mal en usant de patience et de gentillesse. En effet, nous pouvons démontrer que plusieurs d'entre vous ont été transformés de cette manière. Ils ont mis fin à leurs penchants violents et dominateurs.


Soit qu'ils ont été conquis en étant témoins de la vie de patience que menaient leurs prochains, soit qu'ils ont été convaincus en remarquant la gentillesse et la patience peu communes que manifestaient certains de leurs compagnons de voyage qui avaient été victimes d'escroquerie, soit encore qu'ils ont été dépassés en rencontrant cette attitude chez des personnes avec qui ils faisaient commerce et en les mettant à l'épreuve. Quiconque ne vit pas en conformité avec l'enseignement du Christ ne devrait pas être considéré chrétien, même si ses lèvres prétendent qu'il suit son enseignement. Car ce dernier a dit qu'il apporterait le salut à ceux qui ne se contentent pas simplement de parler, mais qui accomplissent aussi les œuvres dont ils parlent. » (Saint Justin Martyr) - [traduction libre] Il dit que ceux qui ne vivent pas en conformité avec l'enseignement de Dieu, son éthique divine, ne sont pas des chrétiens. Mais il dit aussi que plusieurs ont découvert le christianisme par l'entremise de justes chrétiens qui vivaient selon la parole de Dieu. Qu'il nous soit donné d'être de ce type de chrétiens!


N'oubliez pas:


Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.


Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.