Vous est-il déjà arrivé d'être la cible d'une grave offense ou qu'un péché majeur soit commis envers vous? Comment avez-vous réagi? Comment vous êtes-vous senti? Avez-vous été capable de pardonner à votre agresseur? Pour plusieurs d'entre nous, c'est effectivement très difficile à faire. Prenons quelques instants pour tenter de comprendre pourquoi le pardon est un élément essentiel de la vie chrétienne.
Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Le fait de pardonner aux autres semble être une norme morale et éthique commune à toutes les cultures chez les humains. Cela revient à dire que peu importe leur race, leur culture, leur éducation ou leur foi, la plupart des gens semblent accorder une grande importance au pardon. Le geste est perçu comme un vecteur qui donne lieu à d'autres vertus très prisées, telles que la pitié, la compassion, et même la maturité. Savoir pardonner semble être une qualité que l'on honore et que l'on respecte.
En revanche, nous avons parfois tendance à penser que les fautes des autres sont plus graves que les nôtres. Nous tentons de nous défendre en disant que ce que l'autre a fait est impardonnable, que nous n'aurions jamais fait ceci ou cela pour lui faire du mal. Alors que faire? Pourquoi devrait-on pardonner aux autres, alors qu'on ne peut fermer les yeux sur ce qu'ils ont fait? Allons voir d'un peu plus près pourquoi le pardon est si important dans la mentalité d'un chrétien.
Ce que nous enseignent les Écritures à propos du pardon est sans équivoque. Le Seigneur Jésus-Christ lui-même prêche que le pardon est un acte divin que nous avons reçu de Dieu sans attaches, et qu'en conséquence, nous devrions pardonner aux autres. Il nous dit ceci:
« 14 Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi. » (Matthieu 6:14)
De même, le Seigneur nous revient en disant:
« 3 Prenez garde à vous-mêmes. Si ton frère a péché, reprends-le; et, s'il se repent, pardonne-lui. 4 Et s'il a péché contre toi sept fois dans un jour et que sept fois il revienne à toi, disant: Je me repens, tu lui pardonneras. » (Luc 17:3-4)
Mes frères, ceci ne vient pas seulement du Christ Seigneur, puisque saint Paul aussi en parle dans les Écritures. Il nous enseigne cette vertu chrétienne dans ce qu'il a dit aux Colossiens:
« 12 Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience. 13 Supportez-vous les uns les autres, et, si l'un a sujet de se plaindre de l'autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez- vous aussi. » (Colossiens 3:12-13)
De toute évidence, on nous encourage à pardonner. Et on le fait parce que nous-mêmes avons besoin d'être pardonnés. C'est pourquoi le Seigneur nous a enseigné à prier ainsi dans le Notre Père: Pardonne-nous nos offenses comme nous le pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Ainsi, puisque nous lui demandons constamment le pardon de nos offenses, de nos erreurs et de nos méfaits, ne serait-il pas normal de rendre la pareille à ceux qui nous ont offensés, en faisant preuve de miséricorde et de compassion à leur égard? Le pouvoir du pardon fait plus que rendre possible la réconciliation. Il permet aussi d'amorcer le processus de guérison de la personne qui a été lésée en apaisant sa douleur et sa colère. C'est une vraie thérapie; un remède qui vient restaurer l'esprit, le cœur et l'âme et nous ramener dans la paix et la joie de vivre avec le Seigneur.
Dans son commentaire sur l'Évangile de saint Matthieu, saint Jean Chrysostome explique que le Seigneur avait de très bonnes raisons de réciter le Notre Père à la première personne du pluriel. NOTRE Père, donne-NOUS aujourd'hui NOTRE pain de ce jour. Pardonne-NOUS NOS offenses... Il voulait que nous ayons toujours en tête notre prochain.
Nous ne sommes jamais séparés ou isolés des autres membres du corps du Christ. Et naturellement, le pardon est le moyen par lequel nous pouvons tous nous réconcilier les uns avec les autres. Saint Jean dit:
« Il n'y a rien de mieux pour ressembler à Dieu que d'être prêt à pardonner au méchant et au malfaiteur. Car c'est Dieu qui a fait « lever son soleil sur les méchants et sur les bons » ». (Saint Jean Chrysostome, Commentaire sur Matthieu 5:45) - [traduction libre]
Il explique que le fait de pardonner démontre notre ressemblance à Dieu. En réalité, lorsque nous pardonnons une faute grave qui fut commise à notre endroit, c'est la grâce divine qui nous habite qui vient de s'exprimer.
Dans les moments très difficiles où ce qui a été fait peut paraître injuste ou injustifié, la personne humaine est immédiatement tiraillée entre son sens de la justice et l'envie de se montrer clémente. En ce qui me concerne, comme je n'ai ni la sagesse ni la grâce de discerner
quand et comment nous devrions pardonner les fautes des autres, tout ce que je peux faire, c'est suivre l'exemple de mon Sauveur, Jésus-Christ.
Même suspendu à la croix, victime de fausses accusations, injustement condamné à mort et trahi par ses proches, il a trouvé le moyen de dire: Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font.
À travers les paroles du Christ, l'Église nous enseigne que le péché est une maladie. Et même dans sa façon de parler, le Seigneur semble vouloir nous fournir des indices de l'ignorance qui nous caractérise lorsque nous péchons, cachant à peine l'idée d'une maladie. Et c'est vraiment ce qui se passe. Si nous péchons, c'est que nous sommes malades. Et lorsque mes frères et sœurs chrétiens viennent m'offenser, ils souffrent de leur maladie.
Leur maladie spirituelle peut être différente de la mienne, mais le courage de pardonner nous vient lorsque nous reconnaissons que nous sommes tous deux des patients de l'hôpital du Seigneur qui veulent que le Grand Médecin les guérisse. Saint Cyrille d'Alexandrie aborde ce sujet de façon très semblable. Il nous encourage à agir auprès des autres comme un médecin auprès de ses patients. Voici ce qu'il dit:
« Il nous faut plutôt imiter ceux dont la spécialité est de guérir nos maladies physiques et qui se soucient d'un patient malade non pas juste de façon temporaire, mais chaque fois qu'il est malade. N'oublions pas que nous avons aussi nos défauts et que nous sommes contrôlés par nos passions. Et puisque c'est le cas, nous prions pour que ceux qui ont le devoir de nous reprendre et l'autorité de nous punir daignent se montrer indulgents et aimables envers nous.
« Puisque nous nous soucions mutuellement de nos défauts, nous devons nous supporter les uns les autres, afin de respecter la loi du Christ. Notez également que dans l'Évangile selon Matthieu, Pierre pose la question suivante: « Combien de fois mon frère va-t-il m'offenser, et moi lui pardonner? » [Et] le Seigneur dit aux apôtres: « Même s'il t'offense sept fois le même jour...», c'est-à-dire fréquemment, «... et qu'il avoue sa faute, tu dois lui pardonner. » » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Luc) - [traduction libre]
Ce sont les paroles de saint Cyrille, tirées de son commentaire sur l'Évangile de Luc. Mes bien chers frères, le test ultime en ce qui a trait au pardon, c'est de reconnaître que nous en avons grandement besoin nous-mêmes, que nous sommes souvent enclins à tomber et à pécher, et que nous devrions poser à l'égard des autres le même geste gratuit qu'ils ont posé à notre égard: leur pardonner.
Quant à ceux d'entre nous qui savent pardonner et entretenir un climat de paix et de réconciliation avec les autres, sachez que ceux-là, en se repentant de leurs fautes, obtiendrons aussi le pardon, tel que le Seigneur l'a fidèlement promis.
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