Jésus avait-il des frères? Au chapitre 1 de l'Évangile selon saint Matthieu, il est écrit:


« Mais [Joseph] ne (...) connut point [la Vierge Marie] jusqu'à ce qu'elle eût enfanté un fils... » (Matthieu 1:25) De plus, Luc mentionne ceci au chapitre 2 de son Évangile:


« et elle enfanta son fils premier-né... » (Luc 2:7) Cela suggère-t-il qu'elle aurait eu un deuxième fils plus tard, et ainsi de suite? En outre, on fait mention des frères de Jésus à Marc 6 et à Matthieu 13. Est-ce donc dire que Jésus avait des frères comme certains le croient ou y a-t-il une explication sous-jacente à tout ça?


Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


On peut comprendre d'où vient la confusion. Ces versets peuvent paraître simples, mais en réalité, le sujet est plus complexe qu'il en a l'air. En fait, même Martin Luther, le père du protestantisme, croyait en la virginité perpétuelle de sainte Marie. Il disait ceci:


« Le Christ notre Sauveur était vraiment le fruit naturel des entrailles de Marie... sans que l'homme n'y eût contribué, et elle demeura vierge par la suite. » (Martin Luther) - [traduction libre] Comment Martin Luther pouvait-il penser ainsi? C'est effectivement qu'une autre explication se cache derrière tout ça. Commençons par clarifier les éléments qui portent à confusion dans les versets que nous venons de citer. À ce titre, je vous invite à regarder cette vidéo jusqu'à la fin, car nous vous apporterons des preuves plus substantielles qui vous permettront de comprendre.


Examinons d'abord Matthieu 1:25 où les Écritures affirment que Joseph n'a pas été intime avec Marie avant qu'elle n'enfante son premier-né. D'après l'usage actuel de la langue française, ce verset peut suggérer une relation intime après la naissance du Christ, mais rappelez-vous: les Écritures n'ont pas été écrites aujourd'hui, mais il y a environ 2000 ans. Les langues et leur signification évoluent avec le temps. Dans ce cas-ci, le mot grec mis pour jusqu'à ne permet pas nécessairement de distinguer l'avant de l'après. À cette époque, il signifiait qu'un état perdurait jusqu'à un certain moment, peu importe ce qui arrivait après.


Par exemple, dans la Septante, version grecque de l'Ancien Testament, le second Livre de Samuel nous dit que Mical n'eut point d'enfants jusqu'au jour de sa mort (chapitre 6, verset ). Évidemment, ceci ne sous-entend pas pour autant qu'elle ait enfanté après sa mort.


Ainsi, dans le cas qui nous intéresse, Matthieu utilise l'expression jusqu'à, parce qu'il veut insister sur le fait que la naissance de Jésus a eu lieu sans l'intervention de l'homme. Il n'est donc pas question de ce qui s'est passé par la suite, mais de ce qui s'est passé avant le moment marqué par le terme jusqu'à.


Dans le même ordre d'idées, le mot πρωτότοκος (protótokos) ou premier-né dont on fait usage à Matthieu 1:25 et à Luc 2:7 possède une valeur légale et culturelle unique lorsqu'il s'applique au sexe masculin. Par exemple, au chapitre 13, verset 2 de l'Exode, le Seigneur dit:


« Consacre-moi tout premier-né, tout premier-né parmi les enfants d'Israël... » (Exode :2) Dans ce contexte, le premier-né est celui qui ouvre l'utérus de la mère, ce qui ne veut pas nécessairement dire que l'enfant est le premier de plusieurs enfants. Dans la mentalité juive, un enfant peut être un premier-né sans pour autant qu'il soit suivi d'autres frères et sœurs.


Maintenant, faisons la lumière sur les ambiguïtés qui entourent les mots frère et sœur dans l'ancien hébreu. À l'époque, comme c'était aussi le cas pour la langue araméenne, il n'existait pas de terme qui permette de faire une nette distinction entre un frère de sang et un cousin.


En essence, le mot frère servait à désigner les relations familiales au sens large. Même les neveux et nièces étaient appelés des frères et des sœurs, tel qu'en témoigne le chapitre 14 de la Genèse, au verset 16, alors qu'on parle de Lot comme étant le frère d'Abraham, alors qu'en réalité, c'était son neveu.


Bien que le Nouveau Testament ait été écrit en grec, lequel permet de bien distinguer les frères des cousins, il faut garder en tête que le contexte culturel dans lequel évoluaient les auteurs influençait leur façon d'écrire. Rappelez-vous: les événements rapportés dans les Écritures ont d'abord été vécus dans un contexte marqué par la langue, la tradition, la culture, et tout le reste. Les auteurs étaient donc profondément ancrés dans le judaïsme et lorsqu'ils utilisaient des termes grecs, ils le faisaient avec leur conception et leur compréhension judaïque des choses. Ainsi, même s'ils auraient pu utiliser le mot cousin, ils se servaient quand même du mot frère, car c'est ainsi qu'ils désignaient leurs cousins depuis 2000 ans.


Les Écritures elles-mêmes tendent à confirmer que, selon toute apparence, les frères de Jésus étaient en fait ses cousins.


À noter ici que le terme premier-né n'apparaît pas ici à Matthieu 1:25, puisque la traduction française de ce verset, selon la Bible de Louis Segond, emploie le terme plus générique de fils, sans plus de précision.


Cependant, le terme firstborn est bel et bien présent à Matthew 1:25 dans la version originale anglaise de cette vidéo, car son texte est tiré de la Bible New King James, laquelle emploie ce terme.


Comparons maintenant Matthieu 13 et Matthieu 27, afin de mieux comprendre qui étaient les frères du Christ. Au chapitre 13 de Matthieu, on peut lire que les frères de Jésus étaient Jacques, Joseph, Simon et Jude. Au chapitre 27, on explique que le Seigneur Jésus était sur la croix et que quelques femmes en retrait observaient la scène: Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et Salomé, mère des fils de Zébédée.


La femme que l'on appelle ici Marie, mère de Jacques et de Joseph, ne saurait être la mère du Christ. En effet, il serait impensable que Matthieu parle de la mère du Christ qui est en train de regarder son propre fils souffrir sur la croix et qu'il l'appelle mère de Jacques et de Joseph, au lieu de l'appeler mère du Christ. Pensez-y: le principal événement qui est décrit ici, c'est la crucifixion du Christ, lequel est le personnage principal de cette biographie. Alors pourquoi saint Matthieu parlerait-il de la Vierge Marie en tant que mère de Jacques et de Joseph, au lieu de l'appeler mère de Jésus?


En outre, ce serait très irrégulier du point de vue judaïque. À cette époque, la mère était désignée principalement d'après le nom de son premier-né, lequel était Jésus dans ce cas-ci.


Il aurait été très peu probable qu'elle soit identifiée d'après ses plus jeunes enfants. Mais ce n'est pas tout. Dans son Évangile, Saint Jean ajoute un détail complémentaire essentiel à notre compréhension. Il nomme, lui aussi, les femmes qui étaient sur place, mais son récit fait état d'une autre Marie. Nous avons donc Marie, mère de Jésus, sa sœur Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala.


Alors, qui était aux côtés de Sainte Marie? C'était sa sœur que ses parents avaient aussi baptisée Marie après que la Vierge Marie eût été consacrée au temple. C'était celle qu'on désignait comme étant la mère de Jacques et de Joseph ou la femme de Clopas. Ainsi, Jacques et Joseph n'étaient pas les frères de Jésus; ils étaient ses cousins. C'est ce que l'on croyait dès les débuts de l'Église et les documents historiques en témoignent aussi de toutes parts. Ceci est également renforcé par le Christ lui-même qui, une fois sur la croix, confie sa mère à saint Jean, puisqu'elle n'a pas d'autre enfant.


Mais en quoi tout cela est-il important? C'est que la Vierge Marie avait toujours eu l'intention ferme de demeurer vierge, tel qu'en témoigne la réponse qu'elle avait faite à l'ange Gabriel au moment de l'Annonciation. En apprenant ce que l'ange venait de lui révéler, elle lui avait répondu:


« (...) Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme? » (Luc 1:34) Cette question démontre qu'elle comprenait, qu'elle savait comment étaient conçus les enfants. Et pour elle, il était clair que c'était par Joseph qu'elle devait concevoir. C'était un fait établi au moment où tout ça se déroulait. Et pourtant, elle a demandé: Comment cela se fera- t-il? Sa question était plus qu'une simple curiosité, car elle s'était solennellement engagée à vivre dans la virginité, même si elle était fiancée à Joseph; c'était son vœu le plus cher.


Enfin, la virginité perpétuelle de sainte Marie est mentionnée dans les Écritures et les Pères de l'Église naissante en parlaient aussi en faisant la lumière sur les croyances de l'Église durant ses premiers siècles d'existence. Bien que des preuves quant à la virginité perpétuelle de sainte Marie remontent à aussi loin que les 2è et 3è siècles, concentrons-nous sur ce qu'en disent certains de nos pères bien connus. Saint Athanase n'a pas hésité à déclarer ce qui suit:


« Que ceux qui nient que le Fils soit naturellement issu du Père et qu'il partage son essence nient aussi qu'il soit devenu un humain à part entière en prenant chair de la perpétuelle Vierge Marie. » (Saint Athanase, Discours contre les Ariens 2:70, en l'an de notre ère) - [traduction libre] Nous avons également eu Saint Didyme l'Aveugle qui a fait la lumière sur les termes premier- né et fils unique. Voici sur quoi il a insisté:


« Marie est demeurée vierge « jusqu'à ce qu'elle enfante son premier fils », puisqu'elle n'avait marié personne d'autre et n'était devenue mère de personne d'autre. Même après la naissance de l'enfant, elle est demeurée pour toujours une vierge immaculée. » (Saint Didyme l'Aveugle, La Trinité 3:4, en l'an 386 de notre ère) - [traduction libre] Une quantité innombrable d'autres personnages ont abondé dans le même sens.


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