Nous voici confrontés une fois de plus à cette nouvelle réalité qui, compte tenu de la pandémie mondiale et des circonstances qui lui sont associées, nous oblige à passer la sainte période de Pâques à la maison. Comment s'adapter à cette situation? Comment profiter des prières de la Semaine sainte, alors que nous voudrions tellement être à l'église? Y a-t-il une façon d'en bénéficier à partir de la maison? Examinons ensemble comment nous pouvons maximiser les bienfaits potentiels que nous offrent les prières de la Semaine sainte, même si nous devons rester à la maison.


Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Mes biens chers frères, les 14 mois que nous venons de passer ont été pour le moins intéressants. En 2020, nous avons découvert que le monde faisait face à une pandémie que l'on a baptisée la COVID-19. Nous aurions cru qu'en 2021, tout serait derrière nous. Nous avions espéré que c'était la seule Pâques que nous aurions à passer en dehors de l'église, et pourtant, nous y voici encore une fois. Nombreux sont ceux qui sont dans cette situation partout sur la planète, à savoir qu'ils doivent passer la Semaine sainte, la plus sainte semaine de l'année, à la maison, leur église étant fermée dû aux restrictions et aux lignes directrices des gouvernements.


La question demeure: Y a-t-il une façon qui nous permettrait de tirer parti de la situation depuis notre foyer? Existe-t-il une façon de nous rejoindre efficacement, même si l'église n'est pas accessible? Bien que nous soyons nombreux à avoir du mal à nous faire à l'idée de ne pas être à l'église, cela ne signifie pas pour autant que Dieu est loin de nous. Il est toujours là. Nous pouvons toujours lui manifester notre présence et en bénéficier. Mais avant tout, il faut comprendre que Pâques n'est pas une simple fête que nous regardons passer en tant que spectateurs. Il faut nous y engager. Il faut en faire notre parcours vers le Golgotha. Si nous nous l'approprions et nous nous y consacrons pleinement, alors peu importe l'endroit où nous sommes, que ce soit à l'église ou chez nous, dans l'isolement le plus complet, devant une icône du Christ, à la lueur des bougies, nous pourrons profiter au maximum des bienfaits des prières de l'église.


Mais pour cela, il faut être dans un état d'esprit bien spécifique: refuser d'être passif. Nous ne voulons pas nous contenter de regarder d'autres personnes qui prient dans une église par le truchement d'une diffusion en direct. Nous voulons plutôt nous retrouver en présence du Seigneur, comme s'il était vraiment là devant nous. Ceci ne saurait être remplacé par une prière quelconque ou tout autre chose que l'on suivrait sur un écran. Il n'est pas question d'y voir une simple occasion de nous divertir.


Lorsque le diacre se lève pour prier, nous nous levons avec lui. Lorsque le prêtre se prosterne, nous nous prosternons aussi. Lorsque c'est le temps de la lecture, nous suivons en lisant en simultané. Nous entonnons nous-mêmes les chants. Nous vivons Pâques en y participant nous-mêmes, et non pas en nous contentant de regarder l'action qui se déroule à l'écran.


Pour cela, il faut reconnaître que les entraves que l'on a placées sur notre route ne sont pas vraiment des entraves.


Nous savons que l'église est fermée. Nous savons qu'il n'y a pas de rassemblement. Nous savons que la Semaine sainte est en cours, mais n'allons pas croire qu'elle se déroule ailleurs, loin de nous. Il faut réaliser que la Semaine sainte nous appartient. Nous devons nous identifier à elle. Et pour y arriver, il faut nous tourner vers le Seigneur et lui dire:


Seigneur, je me purifie devant toi et je m'assure d'avoir les mains vides, afin d'accueillir ce que tu veux bien m'offrir. Car ceux qui ont les mains pleines ne peuvent recevoir ce que le Seigneur veut leur donner durant cette semaine très spéciale.


Alors, unissons-nous, mes frères. Mettons-nous tous à genoux et prions pour lui dire: Seigneur, nous ne voulons pas que cette fête de Pâques soit infructueuse. Nous ne voulons pas vivre cette semaine et en ressortir inchangé. Nous voulons qu'elle nous transforme. Nous voulons nous l'approprier. Et ce faisant, nul doute que le Seigneur accordera à notre cœur ce qu'il désire. Nul doute qu'il fera en sorte que, même cette année, nous connaissions une Semaine sainte qui réponde à notre besoin d'être avec lui, une semaine où il nous fera sentir sa présence parmi nous.


Ceci dit, comment pouvons-nous faire de cette semaine notre Semaine sainte? Nous allons vous suggérer des prières très précises que vous devrez garder en tête tout au long de la semaine; des prières qui soulignent les événements que nous commémorons chaque jour de la Grande Semaine qui commence. Commençons par le Dimanche des Rameaux...


Le Dimanche des Rameaux, le Seigneur fait son entrée triomphale dans Jérusalem. Il est acclamé comme un roi. Les gens jettent leurs manteaux à ses pieds. Ils y jettent des feuilles de palmier et ils chantent Hosanna au plus haut des cieux. Il ne faut pas nous limiter au souvenir d'un événement historique qui se déroulait le jour où il est entré dans Jérusalem. Il faut nous faire entendre et lui adresser notre prière: Viens, Ô Seigneur, viens régner en moi!


Viens, Ô Seigneur, viens régner en moi! Que cette prière soit la vôtre! Faites de ce jour une occasion de lui dire: Seigneur, laisse-moi tout placer devant toi. Laisse-moi t'ouvrir la voie.


Laisse-moi t'inviter à venir régner en moi.


Je me permets de citer une personne du nom de Méthode d'Olympe qui nous exprime une très belle chose. Le voici:


« Au lieu de lui jeter nos manteaux, tendons-lui nos cœurs. » (Méthode d'Olympe, Prière des rameaux) - [traduction libre] Au lieu de lui jeter nos manteaux, tendons-lui nos cœurs. Faisons-le. Tendons-lui nos cœurs et disons: Seigneur, à ton entrée dans Jérusalem, viens aussi régner en moi. Sois le roi de ma vie.


Le lundi saint, si nous prêtons attention aux prières et aux prophéties, nous voyons le Seigneur entrer dans le temple et le purifier. Par la suite, il jure contre toute l'hypocrisie qu'il y trouve. C'est le moment pour vous et moi de reconnaître que nous aussi avons besoin d'être purifiés. S'il existe quelque élément de notre for intérieur qui doit être renversé, tout démon tel que la luxure, la colère, l'envie, la cupidité, qu'importe le type de passion, puisse le Seigneur préparer son fouet et l'écarter! Puisse-t-il entrer en nous et chercher dans tous les recoins comme il l'a fait dans Jérusalem! Puisse-t-il expulser tous nos démons et nous débarrasser de nos mauvais penchants!


Puisque nous l'avons invité à régner sur nous, c'est le moment de demander au Seigneur de venir également nous purifier de l'intérieur. Ainsi, notre prière devient: Purifie-moi de l'intérieur, Ô Seigneur. Purifie-moi, Ô Seigneur. Voilà ce que nous lui demandons. Et c'est ainsi que nous pouvons faire du lundi saint un élément de notre parcours. En repassant les prières, en assistant aux prophéties, faisons cette prière, afin d'intégrer cette journée sainte à notre parcours.


Le mardi, nous voyons le Seigneur qui enseigne, qui dénonce l'hypocrisie, qui révèle le royaume de Dieu à son peuple, qui lui ouvre la voie vers le Golgotha et qui lui explique comment il connaîtra la victoire. Et ce même Seigneur qui enseigne à son peuple, qui lui ouvre les yeux, qui l'éclaire, doit aussi être celui qui vient nous éclairer.


Ainsi, en ce mardi de la Semaine sainte, ma prière du jour s'énonce comme ceci: Viens, Ô Seigneur, et sois mon maître. Sois mon maître, Ô Seigneur. Éclaire-moi. Ouvre-moi les yeux.


Apprends-moi. Montre-moi qui tu es. Révèle-moi ta gloire. Voilà comment nous pouvons faire de ce mardi une journée sacrée: en lisant les prophéties, en étant présent durant les prières et en répétant sans cesse: Viens et sois mon maître, Ô Seigneur.


Le mercredi, c'est le jour où le Seigneur est consacré et qu'il est trahi. Consacré et trahi.


Saint Jean Chrysostome dit que cette femme qui s'est jetée aux pieds de Jésus devrait nous servir d'exemple. Voici comment il exprime cette idée:


« Elle présente au Christ la partie la plus honorable de tous les membres du corps humain, soit sa tête, et [qu'en fait-elle?] [Elle] la dépose à ses pieds. » (Saint Jean Chrysostome, Matthieu, Discours 80.1) - [traduction libre] Elle dépose sa tête juste là, avec ses cheveux. Elle dépose à ses pieds la partie la plus glorieuse de ses membres et elle lui rend grâce. C'est ce que nous devons retenir de cette femme en ce mercredi de la Semaine sainte, et non les gestes de trahison auxquels certains se sont livrés. Joignons-nous plutôt à ceux qui l'ont consacré comme leur roi, qui l'on consacré en tant que Seigneur, afin de lui déclamer: Seigneur, je me prosterne devant toi, Ô Seigneur.


Ceci devient notre prière: Je me prosterne devant toi, Ô Seigneur.


Le jeudi, nous savons que c'est une belle journée dans la Semaine sainte, une journée bien remplie. C'est le jour où le Seigneur offre son corps et son sang à ses disciples et qu'il leur lave les pieds. Le maître, le grand érudit Origène, a émis un commentaire à cet effet. Il dit ceci:


« Et c'est l'objectif du maître (...) [de] voir à ce que ses disciples soient comme lui. » (Origène, Évangile selon saint Jean 9) - [traduction libre] Il veut faire en sorte que ses disciples soient exactement comme lui. Il veut renouveler l'image qui est en eux, afin de se voir en eux. C'est ce que le Seigneur veut pour nous tous en ce jeudi de la Semaine sainte. Ainsi, notre prière s'énonce comme suit: Seigneur, rends- moi pareil à toi. Rends-moi pareil à toi pour qu'en me regardant, tu voies le reflet de toi- même; pour qu'en regardant en moi, tu trouves l'image de ton Fils unique, notre Seigneur Dieu, notre Sauveur Jésus-Christ.


Puis nous arrivons enfin au Vendredi saint, ce grand jour de gloire où le Seigneur se révèle en tant qu'amour incarné. Et que voit-on ce jour-là sur le Golgotha? Nous voyons l'amour en chair et en os. Nous voyons le marié portant sa robe, prêt à accueillir son épouse. Nous le voyons dans son extrême humilité. Un roi qui peut tout conquérir autour de lui, mais qui préfère livrer son corps à la mort pour nous. Et dans son extrême humilité, il accepte même qu'on le mette en terre pour nous.


Nous voyons le Seigneur pendu à une croix et tout le monde croit qu'il s'est couvert de honte, mais nous le regardons et nous voyons le Seigneur victorieux, le Seigneur qui est roi. C'est son trône. C'est pour nous qu'il a accepté que la croix soit son trône. C'est en ce Vendredi saint que notre prière devient: Seigneur, sois mon roi. Sois mon roi. Viens régner en roi, en moi.


Maintenant, nous en sommes au Samedi saint, le jour où l'Église commémore le Seigneur qui descend aux enfers. Et c'est en affrontant la mort qu'il l'anéantit pour nous. Il illumine les ténèbres de l'enfer par sa lumière divine. C'est alors qu'il rend la liberté aux captifs. C'est alors qu'il rassemble les siens et leur accorde enfin la liberté qu'il a toujours souhaité leur accorder.


Ainsi, notre prière continuelle en ce Samedi saint... Alors que nous avons l'habitude de passer la nuit de l'apocalypse à l'église, d'en lire le récit dans la Bible, d'allumer les cierges et de nous rappeler de ce que le Seigneur a fait pour nous, c'est le moment de demander au Seigneur de venir à nous et de détruire la mort qui nous habite: Viens, détruis la mort et libère-moi de ma propre mort, Ô Seigneur.


Et finalement, nous arrivons à ce jour, ce jour glorieux et si joyeux qu'est le jour de Pâques.


C'est alors que nous faisons la rencontre du Seigneur, ressuscité d'entre les morts. Nous le reconnaissons comme étant celui qui a conquis la mort pour nous. Et maintenant qu'il est ressuscité, nous ressuscitons avec lui. C'est la fin de notre parcours. Dans sa prière pascale, saint Grégoire le Théologien prononce l'une des plus belles phrases qui soient, résumant ainsi tout ce à quoi nous avons travaillé. Il dit ceci:


« Quelques gouttes de sang suffisent à recréer toute la création. » (Saint Grégoire le Théologien, Oraisons pascales) - [traduction libre] Quelques gouttes de sang, de son sang, son précieux sang qui fut versé... Et pourquoi? Pour nous recréer tous, et pas seulement nous, mais toute la création. Voilà ce que Pâques vient accomplir. C'est l'aboutissement de tout ce que nous avons fait. C'est maintenant l'heure de nous approcher et de lui adresser notre prière personnelle. Nous lui disons: Seigneur, viens et accorde-moi une vie nouvelle, Ô Seigneur. Lève-toi, Ô Seigneur, et viens me recréer avec toi. Permets-moi de ressusciter avec toi.


Que nous passions la Semaine sainte seuls à la maison ou pas, et même si nous aurions préféré être à l'église, préféré être tous ensemble, préféré nous rassembler et nous unir dans la prière comme nous l'avons toujours fait, peu importe la difficulté que cette situation nous impose, cela ne nous empêche pas de rencontrer le Seigneur ressuscité. Cela ne nous prive pas de ce moment d'intimité avec lui.


Alors, bien que nous soyons peut-être seuls à la maison, dans notre chambre, dans notre coin de prière durant toute la Semaine sainte, ne laissons pas ceci nous arrêter, mes frères.


Tournons-nous vers lui et faisons de son parcours vers le Golgotha notre propre parcours.


Adressons-lui nos prières, afin que le Seigneur, qui a lui-même vécu tout ceci comme un parcours d'amour, puisse nous donner accès à cette joie, ce réconfort, cette satisfaction de savoir que même si nous ne sommes pas à l'église, nous pouvons quand même être pleinement avec lui.


Que cette sainte période pascale soit bénie et qu'elle soit pour nous tous une grande bénédiction! Et que le Seigneur nous accorde une vie renouvelée en lui, alors que nous suivons son parcours, chacun à notre façon, jusqu'à cette glorieuse fête de sa résurrection!


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