Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Aujourd'hui, nous tentons de répondre à une question qui est particulièrement chargée en émotions, une question très controversée: Qu'y a-t-il de mal à se faire avorter? Quelle est la position de l'Église envers un tel geste?
Avant de commencer, il faut être parfaitement clair: la position de l'Église ne cherche pas à condamner les gens ni à les culpabiliser pour les choix qu'ils auraient faits par le passé ou pour toute décision qu'ils envisagent de prendre aujourd'hui. Ce choix est extrêmement difficile pour plusieurs personnes. l'Église le reconnaît et admet que dans certaines situations des plus extrêmes, les décisions sont très difficiles à prendre.
Mais il faut aussi préciser que la position de l'Église n'a rien de politique: elle n'essaie pas de se montrer politiquement correcte pas plus qu'elle n'essaie de se racheter face à une situation très émotive. Ce qu'elle espère en tout temps, c'est de pouvoir faire la lumière sur des situations très pénibles. Et en toute honnêteté, nous savons qu'elles peuvent devenir extrêmement complexes et délicates et nous prions pour tous ceux et celles qui y sont confrontés.
Afin de tenter une réponse appropriée, examinons la gravité de la situation telle qu'elle se présente actuellement à l'échelle mondiale. Selon certaines statistiques, de 40 à 50 millions d'avortements sont pratiqués chaque année sur la planète. Pensez-y un peu. Ceci représente 000 avortements par jour. Pour saisir toute l'ampleur du phénomène, nous ne discuterons pas forcément des droits de ces personnes ni du choix qu'elles ont ou non de se faire avorter: l'Église ne souhaite pas faire de déclarations ni outrepasser son mandat lorsqu'il est question des choix des personnes. Cependant, elle tentera de comprendre comment Dieu définit la vie et ce que représente la vie sacrée que Dieu nous a donnée.
Avant de préciser ce que signifie ce caractère sacré de la vie pour nous, les chrétiens, il est très important de prendre le temps d'examiner ce que les Écritures ont à nous dire à ce sujet.
C'est très intéressant de constater qu'en cherchant le mot avortement, on ne le trouve nulle part dans les Écritures; le mot lui-même n'est pas clairement défini. Ainsi, certains pourront se poser la question: Mais alors pourquoi l'Église se permet-elle d'émettre une opinion sur quelque chose qui n'apparaît même pas dans les Écritures?
En bien, il est important de noter ceci: malgré le fait que l'acte d'avortement ne soit pas mentionné explicitement dans les Écritures, celles-ci condamnent très clairement le fait de prendre une vie innocente. Et plusieurs exemples en témoignent. Il suffit de chercher et de consulter certains extraits, tels que l'Exode, au chapitre 20, verset 13, ou le Lévitique, au chapitre 24, verset 17. En cherchant dans le Nouveau Testament, on constate que le Christ lui-même, lorsqu'il prend la parole dans l'Évangile selon saint Jean, au chapitre 8, verset 12, condamne l'idée de prendre une vie innocente. On le retrouve aussi dans l'Évangile selon saint Matthieu, au chapitre 26, verset 52. Les Écritures sont remplies de passages qui attestent que la vie appartient à Dieu et que personne ne devrait décider de prendre la vie d'une autre personne.
Pour bien comprendre ceci, que faudrait-il penser de l'idée de prendre une vie innocente par le biais de l'avortement? Comme vous le savez, les chrétiens orthodoxes ne se limitent pas seulement à consulter les Écritures; ils regardent l'ensemble de la tradition sacrée. Et ce faisant, nous découvrons que les Pères de l'Église en avaient long à dire sur le sujet, et pas seulement eux: les douze Apôtres aussi, comme en témoigne leur enseignement. Prenons le temps d'aller voir ce que nous enseigne la tradition. Si l'on s'en remet à la Didachè, qu'on appelle aussi la Doctrine des Apôtres, on peut lire ce qui suit, au chapitre 2, passage 1:
« Vous ne devez pas recourir à l'avortement ni détruire un nouveau-né. » (Didachè 2:1) - [traduction libre] Une indication très claire que le geste était condamné par l'Église du siècle premier... Saint Basile le Grand aussi, dans sa Lettre canonique, au Canon 2, avait clairement écrit à l'Église du 4 è siècle:
« Que celle qui obtient l'avortement fasse pénitence pendant dix ans, que l'embryon soit complètement formé ou pas. » (Saint Basile le Grand, Première lettre canonique, canon 2) - [traduction libre] Ce qu'on peut déduire de ces écrits, c'est que dès le départ, que ce soit au 1 er ou au 4 è siècle, l'Église s'est prononcée très clairement contre l'idée de prendre une vie innocente et c'est toujours sa position aujourd'hui, même si on ne fait que discuter d'avortement.
Maintenant, si on pousse le concept un peu plus loin, il faut préciser à quel moment Dieu considère que la vie commence.
Comment alors peut-on saisir l'importance de la vie et combien elle est sacrée aux yeux de Dieu? Essayons de cerner ce qui constitue notre identité du point de vue orthodoxe.
Voyez-vous, dans la liturgie de saint Grégoire le Théologien, il est dit que « Dieu l'a amené dans l'existence à partir du néant. » Nous reconnaissons donc que Dieu est vraiment celui qui donne la vie. Il est la vie elle-même et de lui émane tout ce qui existe, même la notion d'être humain. Il est donc celui qui insuffle la vie à l'être humain, à cette personne qu'il a créée.
Et s'il a créé chaque être humain et lui a insufflé la vie, à quel moment la vie débute-t-elle?
On ne peut pas se limiter à ce que le monde et la société d'aujourd'hui nous inculquent, à savoir que la vie débute au moment où un enfant est mis au monde par accouchement.
Voyez-vous, pour nous, la question n'est pas de savoir à quel moment nous faisons notre entrée physique dans le monde en sortant du ventre de notre mère, mais c'est plutôt de déterminer ce qui suit: À quel moment Dieu a-t-il voulu nous amener dans l'existence? À quel moment a-t-il insufflé la vie en nous?
Pour bien comprendre ceci, prenons quelques exemples tirés des Écritures. On peut clairement y voir que l'Église comprend l'importance de reconnaître et de célébrer la vie utérine, bien avant l'accouchement. Par exemple, rappelons-nous l'extrait qui raconte que saint Jean Baptiste, qui était toujours dans le ventre de sa mère, Élizabeth, fut accueilli par le Seigneur Jésus-Christ qui était toujours dans le ventre de sa sainte mère, Théotokos: l'enfant d'Élizabeth a sauté de joie lorsqu'il a senti la présence du Seigneur Dieu et Sauveur. Dans cet exemple, on peut voir la vie se manifester de deux façons: d'abord, dans le fait que le Seigneur Dieu et Sauveur ait déjà adopté la forme du Verbe incarné alors qu'il était toujours dans le ventre de sa mère, et qu'ensuite, la vie qui habitait au sein d'Élizabeth était vraiment celle d’une personne vivante qui saute de joie lorsque le Seigneur et Sauveur se manifeste.
On peut également remarquer ceci dans la vie liturgique de l'Église. Celle-ci souligne le moment de la conception du Seigneur Dieu et Sauveur Jésus-Christ par le festin de l'Annonciation, où l'ange Gabriel annonce que le Saint-Esprit descendra sur la Vierge Marie, qu'elle tombera enceinte et qu'elle mettra au monde un enfant qui deviendra le Sauveur du monde.
Nous célébrons aussi l'Annonciation de la Sainte Vierge Théotokos elle-même, et par toutes ces choses, l'Église démontre qu'elle reconnaît l'existence de la vie dès la conception, alors que Dieu a créé cette vie, et pas nécessairement au moment que la science tente de fixer en s'appuyant sur des valeurs psychologiques ou sur des mesures médicales ou scientifiques.
Ce n'est pas à la science ni au monde médical de nous dire à quel moment la vie commence.
C'est au législateur lui-même, lui qui nous a clairement montré que la vie débute dès l'instant où il décide de la créer.
Le livre de Jérémie nous explique ceci en termes très clairs, lorsqu'il rapporte les propos du Seigneur Dieu. Allons consulter Jérémie au chapitre 1, verset 5:
« Avant que je t'eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu fusses sorti de son sein, je t'avais consacré, je t'avais établi prophète des nations. » (Jérémie 1:5) Ce qui nous est révélé ici, à vous et moi, c'est que même avant que nous soyons formés dans l'utérus, le Seigneur Dieu nous connaît, car il a décidé de nous créer. Nous sommes le fruit de son œuvre avant toute chose. Il nous façonne dans le ventre de notre mère. Cela ne se limite pas à un temps précis ni à un moment précis dans l'utérus; c'est le moment où le Seigneur Dieu dit Je veux t'amener dans l'existence.
C'est pourquoi l'Église est ferme sur sa position et affirme sans détours que le fait de prendre une vie innocente par l'avortement n'est pas un geste qu'elle peut appuyer ou défendre. Au contraire, elle souhaite que toute vie que Dieu a créée puisse voir le jour.
Répétons-le, cette affirmation ne cherche pas à minimiser ni à ignorer que certaines situations puissent être très délicates. On pourra peut-être parler de ces situations exceptionnelles dans une autre vidéo, mais pour l'instant, la norme est établie: devant Dieu qui donne la vie, chaque vie créée ne devrait être enlevée pour aucune raison que ce soit.
N'oubliez pas:
Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.
Et gloire à Dieu maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.