Avez-vous déjà été témoins ou victimes de racisme ou de discrimination par le passé?
Comment avez-vous réagi? Vous êtes-vous déjà demandé quelle serait la meilleure attitude à adopter en tant que chrétien orthodoxe? Examinons tout cela ensemble.
Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Mes bien chers frères, nous allons aujourd'hui aborder un sujet des plus dévastateurs qui crée des divisions au sein de l'humanité depuis si longtemps. C'est un fléau qui continue de nous ronger encore aujourd'hui au 21 è siècle, alors que nous nous décrivons comme une société plus « civilisée » et plus « tolérante ». Je parle, bien sûr, de la tendance de l'humain à se montrer raciste, intolérant ou xénophobe, à croire qu'une personne d'une autre race, nationalité ou groupe ethnique soit, de ce fait, inférieure aux autres. Pour les besoins de cette présentation, nous allons parler de deux idéologies différentes, bien qu'elles soient tout aussi dangereuses: le racisme, soit la discrimination envers une personne d'une autre race par une personne qui croit faire partie d'une race supérieure, et la xénophobie, soit l'aversion ou le sentiment de désapprobation face aux gens d'autres pays.
Il est facile de déclarer que, de toute évidence, ceci est injuste et immoral. Mais pourquoi?
Comme chrétiens, comment peut-on dire que notre foi envers le Dieu trinitaire chrétien exige de mettre l'humanité entière sur le même pied d'égalité? Pourquoi le racisme et la xénophobie sont-ils des péchés devant Dieu et les hommes, d'après l'Église chrétienne orthodoxe? Allons y voir de plus près...
Selon les Écritures et la théologie chrétienne courante, l'humanité toute entière fut créée et bénie de Dieu de façon uniforme. Le cadeau suprême qu'il lui a donné est mentionné au tout début du récit de la création, au chapitre 1, verset 26, de la Genèse:
« Puis Dieu dit: Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance (...). » (Genèse 1:26) Ainsi, au cœur de toute théologie chrétienne, il est dit que tous les hommes, sans exception, portent en eux l'image de Dieu, et ce, peu importe leur race, leur ethnicité, leur langue, leur genre ou même leur vision du monde. Dans les Écritures, il n'est aucunement question que certaines nations en bénéficieraient plus que d'autres ni qu'elles en auraient l'exclusivité. Au contraire, elles précisent clairement que toute l'humanité, depuis Adam jusqu'à ce jour, porte en elle l'image de Dieu.
Et qu'est-ce que ça signifie de dire que nous portons son image? Est-ce qu'on parle de traits physiques et de particularités ethniques? Ça ne peut sûrement pas être le cas. Notre-Seigneur Jésus-Christ s'est transposé dans un corps d'homme juif qui faisait partie d'une nation précise, qui avait son propre langage et même sa foi, et pourtant, nous osons l'appeler le Seigneur et Sauveur du monde entier. Il n'est donc pas question qu'il soit limité aux traits d'une culture et d'une nationalité; notre salut n'est pas ainsi confiné. Tous ceux qui admettent avoir été créés à son image et qui consacrent leur vie à lui ressembler de plus en plus font partie du cadre salutaire que Dieu leur réserve, les aspects physiques et culturels de leurs vies n'ayant rien à y voir.
Ceci dit, certains peuvent servir l'argument que, dans l'Ancien Testament, le Seigneur Dieu avait un groupe précis en tête qu'il considérait comme son peuple. Et c'est vrai: le Seigneur a choisi de se manifester à travers le peuple d'Israël après qu'il eût fait alliance avec Abraham.
Par contre, cela ne veut pas dire que le Seigneur appartenait à ce peuple en exclusivité. Le Seigneur était et sera toujours le Dieu de toute la création. Cette mentalité exclusive est précisément ce qui a si souvent éloigné de Dieu le peuple d'Israël et qui, au bout du compte, l'a fait s'en détourner.
Saint Cyrile d'Alexandrie, dans son commentaire sur l'Évangile selon saint Jean, alors qu'on parle du pain de vie au chapitre 6, s'exprime justement sur cette idée que le peuple d'Israël ait été le seul peuple choisi. C'est alors qu'il donne l'exemple de la manne qui lui fut distribuée en guise de nourriture et qu'il la compare au pain de vie venant du ciel et que le Seigneur nous offre à tous. Voici son commentaire:
« Vous supposez bêtement que la manne est « le pain de vie céleste », simplement du fait qu'il ait nourri le peuple d'Israël dans le désert, alors qu'il y avait une quantité innombrable d'autres peuples partout au monde. Vous supposez que Dieu aurait voulu démontrer sa tendre gentillesse d'une manière aussi restreinte, à ne donner pitance qu'à un seul peuple? (...) Le Christ a dit: « Que personne ne s'imagine que la manne était vraiment le pain céleste. Car on aurait mieux fait de choisir une substance qui soit assurément capable de nourrir et de donner toute vie au monde entier. » (...) Le Fils unique de Dieu le Père constitue la véritable manne, le pain du ciel donné par le Père à toutes les créatures rationnelles. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean :6-24) - [traduction libre] Voilà donc le commentaire de saint Cyrille sur l'Évangile selon saint Jean.
Cela signifie que, si toute l'humanité est appelée au salut et à entrer en relation avec Dieu, à croire au Seigneur Jésus-Christ et à vénérer la Sainte Trinité, alors nous devons comprendre que Dieu est le Dieu de toute les nations et qu'il ne fait aucune distinction quant à la race, à la langue et à la population qui y habite. Et si nous croyons en un Dieu qui s'annonce et se rend disponible à tous sans préjudice ou discrimination, il faut traiter les autres comme ses enfants, suivant la norme qu'il a établie.
Dans le livre des Actes des Apôtres, on peut lire le récit intéressant d'une vision que Pierre, le saint Apôtre, a eu lorsqu'il rendit visite au centurion Corneille, un non-Juif. Dans cette vision, Pierre était en extase et il vit une grande nappe qui descendait du ciel, remplie de toutes sortes d'animaux. Une voix céleste l'invita à se lever, à tuer et à manger ce qu'il voulait, à volonté.
Cependant, Pierre, en bon Juif qu'il était, s'objecta à l'idée de se corrompre en mangeant de ce qui était souillé ou impur. Mais la voix céleste lui dit alors:
« (...) Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé. » (Actes 10:15) Pierre a plus tard réalisé que Dieu le préparait à prêcher l'Évangile de Jésus-Christ devant toutes les nations, y compris les nations non juives que plusieurs considéraient impurs et inférieurs à la race juive, puisqu'ils ne faisaient pas partie du « peuple de Dieu ». Ainsi, Pierre se retrouva face à face avec ceux que Dieu lui avait réservés de la maison de Corneille. Il ouvrit la bouche et leur parla ainsi:
« Vous savez, leur dit-il, qu'il est défendu à un Juif de se lier avec un étranger ou d'entrer chez lui; mais Dieu m'a appris à ne regarder aucun homme comme souillé et impur. » (Actes 10:28) « (...) En vérité, je reconnais que Dieu ne fait point acception de personnes, mais qu'en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agréable.
Il a envoyé la parole aux fils d'Israël, en leur annonçant la paix par Jésus Christ, qui est le Seigneur de tous. » (Actes 10:34-36) « Et Jésus nous a ordonné de prêcher au peuple et d'attester que c'est lui qui a été établi par Dieu juge des vivants et des morts.
Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés. » (Actes 10:42-43) On trouve tout ceci dans les Actes, au chapitre 10.
Cette puissante déclaration du grand Pierre Apôtre témoigne qu'il ne peut y avoir de place dans nos cœurs, dans nos foyers et dans nos communautés pour quelque forme de haine ou de discrimination que ce soit envers nos frères et sœurs qui furent créés à l'image de Dieu.
C'est pour cette raison même que l'Église considère le racisme, la xénophobie ou toute autre forme de discrimination comme un péché contre Dieu lui-même. Le fait de croire que je suis supérieur à un de mes frères dû à une simple différence visible ou culturelle revient à négliger la grâce que Dieu nous a donnée à chacun.
Mes bien chers frères, nous devons nous opposer à toute forme de haine et de violence qui viendrait déchirer le corps du Christ. Il nous faut en tout temps parler de vérité avec amour, afin de déraciner toutes les idées discriminatoires que nous nourrissons au fond de nous, qu'elles soient de nature raciale, culturelle, ethnique ou autre. Nous devons mettre au premier plan le même Jésus-Christ qui a permis à toute l'humanité de recevoir son amour et ses soins, les jeunes comme les vieux, les Juifs comme les Samaritains, les croyants comme les non-Juifs, les saints comme les pécheurs. Soyons le reflet de son amour dans tout ce que nous accomplissons dans notre vie.
Merci d'avoir regardé cette vidéo. Ne manquez pas de regarder nos vidéos précédentes en visitant et en vous abonnant à notre chaîne. Si cette vidéo vous a été bénéfique, partagez-la avec vos ami(e)s.
N'oubliez pas:
Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.