Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
J'aimerais commencer par vous dire que nous avons reçu plusieurs questions de notre auditoire en ligne, y compris aujourd'hui, et que nous en sommes très heureux. Si Dieu le veut, et grâce à vos prières, nous tenterons de répondre au plus grand nombre de questions dans les prochaines semaines. Pour aujourd'hui, nous nous pencherons sur la question suivante:
Quel est le rôle de l'intercession? Si Dieu m'aime, pourquoi devait-il y avoir quelqu'un d'autre qui prie pour moi? Est-ce que Dieu aime certains saints en particulier, et plus que moi?
Pour répondre à cette question, il nous faut d'abord comprendre le mystère de l'Église.
Gardons en tête que Dieu est une Sainte Trinité, qu'il est une communauté. Il existe donc deux types de vénération de nos jours: une vénération de type individuel, c'est-à-dire qui implique seulement Dieu et moi, et une véritable vénération chrétienne, laquelle implique toute la communauté.
Puisque Dieu est une communauté et que nous sommes créés à son image, nous aussi sommes des êtres relationnels. Nous avons besoin d'être en communauté et nous devrions faire partie de cette communauté. C'est dans cet esprit que Dieu demande à plusieurs de se marier ou qu'il demande aux moines et aux sœurs de vivre en communauté. Et si nous nous marions, nous devenons responsables du salut de notre conjoint et de nos enfants. Même ses apôtres ont été envoyés en mission deux par deux, etc.
Il faut donc réaliser que nous ne sommes pas seuls avec Dieu. Chacun de nous, avec l'Église et les millions et les milliards de personnes qui en font partie, tous ensemble, nous représentons l'épouse du Christ. Et c'est là-dessus que doit reposer notre interprétation de ce que Dieu nous dit, au chapitre 5, verset 16 de Jacques: priez les uns pour les autres. C'est également pour tout cela qu'il dit que nous sommes coordonnés et formant un solide assemblage, tel que nous le rapporte saint Paul dans son Épître aux Éphésiens, chapitre 4, verset 16. Nous sommes véritablement les constituants du corps du Christ, son épouse. C'est ce qu'il faut retenir de tout ceci.
Quand je commets une faute, vous en êtes affectés. Mes prières vous affectent aussi et vice versa. Nous sommes tous ensemble réunis dans un même corps et c'est pourquoi nous devrions toujours prier les uns pour les autres. C'est aussi pour cette raison que Dieu nous a enseigné à prier le Notre Père qui est aux cieux. Ce n'est pas le Mon Père que je prie, même si je suis seul dans ma chambre. Et si je me sers du livre des prières, l'Agpeya, encore là, je dis rendons grâce, même si je suis seul. En fait, je ne suis pas vraiment seul, puisque par le mystère de l'Église, je suis coordonné et je fais partie d'un solide assemblage avec le reste des fidèles, et que tous ensemble, nous représentons l'épouse du Christ.
Dans sa liturgie, Saint Basile nous enseigne ce qui suit, au début des litanies, ce que nous prions chaque fois:
« Rends-nous tous dignes, ô notre Maître, de communier à Tes saints sacrements [c'est-à-dire de prendre part à l'Eucharistie] pour la pureté de nos âmes, de nos corps et de nos esprits, [donc, je suis d'abord purifié par l'Eucharistie] afin que nous soyons un seul corps... » (Liturgie de saint Basile) - [traduction de la Paroisse Saint Mina et Saint Mercurious, Colombes, France] Saint Paul, dans sa première Épître aux Corinthiens, chapitre 10, verset 17, dit qu'ensemble, nous formons un seul corps puisque nous participons tous à un même pain, qui est l'Eucharistie.
Nous sommes donc un seul corps.
«...et un seul esprit et que nous puissions avoir part à Ton héritage avec les saints qui t’ont plu dès l’origine. » (Liturgie de saint Basile) - [traduction de la Paroisse Saint Mina et Saint Mercurious, Colombes, France] Ainsi, sur terre, nous, qui sommes l'Église, partageons un héritage avec ceux qui sont déjà rendus auprès de Dieu. Tous ensemble, les êtres célestes et les êtres terrestres, nous formons une seule Église. Nous prions les uns pour les autres et nous sommes mutuellement responsables de notre salut. Répétons-le: c'est le mystère de l'Église. Il ne s'agit pas de moi uniquement, mais de nous tous, soit l'épouse du Christ et le marié profitant de la vie éternelle.
C'est ainsi que nous devrions aborder le concept d'intercession. Et maintenant, voici la question qui s'impose: Dieu aime-t-il tel saint ou tel autre plus qu'il m'aime moi-même? Il faut comprendre que Dieu nous aime tous de façon égale, mais toute relation implique deux personnes.
Dieu voudrait passer tout son temps avec le monde entier et chacun d'entre nous. Imaginons que ceci symbolise la règle de Dieu envers l'humanité et que celle-ci est équivalente pour tous. En revanche, comme je disais, il faut être deux pour qu'une relation existe, alors si je prends la main de Dieu, je représente, en quelque sorte, la règle humaine. Et ce lien varie d'une personne à l'autre.
Alors, qu'y a-t-il de différent quand il s'agit d'un saint? Le saint a répondu à l'appel de Dieu en adoptant une vie de prière, en lisant les Écritures, en adhérant à la vie liturgique et en prenant part à l'Eucharistie. Comme il a répondu à tout cela, le saint est devenu un membre actif du corps du Christ. Il est différent. Il entretien avec lui une profonde relation. Son mode de communication avec lui est efficace, parce qu'il ou elle prie. Voilà pourquoi, en plus de demander aux autres de prier pour nous, ce que nous devons continuer de faire, bien sûr, nous demandons aussi à ceux qui sont au ciel d'ajouter leurs voix aux nôtres. D'ailleurs, dans l'hymne des intercessions aux païens, nous demandons à tel saint ou à tel autre de prier Dieu pour nous, afin qu'il nous pardonne nos fautes, puisque, répétons-le, nous sommes mutuellement responsables du salut des autres.
Et ces personnes du ciel sont bien vivantes. Elles ne sont pas mortes. Au chapitre 22, verset de son Évangile, Matthieu rapporte que Dieu a proclamé qu'il était le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob et il ajoute ce commentaire: Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants. Et deux mille ans plus tard, Dieu déclare qu'Abraham, Isaac et Jacob sont toujours vivants. Et qui voit-on apparaître lors de la transfiguration du Christ, au chapitre 17 de l'Évangile selon saint Matthieu? Moïse et Élie! Ils sont bien vivants et constituent des membres actifs de son corps. Voilà pourquoi nous leur demandons de prier pour nous.
N'oubliez pas:
Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.
Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.