Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Qu'est-ce que la prière? De nos jours, on entend souvent parler de gens qui veulent prier parce qu'ils ont un examen important le lendemain, parce qu'ils ont une entrevue pour un poste et qu'ils doivent absolument faire une prière, parce qu'ils ont une décision majeure à prendre et qu'ils veulent éviter de perdre de l'argent, éviter de perdre du temps et donc qu'ils doivent prier. Mais pourtant, d'ordinaire, rien ne les incite à prier. Ou parfois, ils se sentent obligés de le faire pour pouvoir cocher cet item sur leur liste de devoirs spirituels. Ils veulent se donner bonne conscience; ils veulent faire plaisir à leur père confesseur. Mais est-ce là une prière?


Pourquoi espère-t-on aller au ciel? Est-ce parce que c'est un bel endroit où règne la joie et où la douleur n'existe pas ou est-ce parce que c'est l'endroit où Dieu réside, où j'aimerais profiter de sa présence et bénéficier de son amour pour l'éternité, parce que je suis en relation avec lui? Dieu et notre rapport avec lui constituent les fondements du christianisme. Tout le reste en découle et s'y appuie. Mais si j'aspire à vivre cette relation céleste avec Dieu, il faut qu'elle commence ici sur terre, par la prière, par ma communication avec Dieu.


La raison d'être de la prière est donc d'apprécier Dieu, de lui parler, d'aller en profondeur avec lui, de communier avec lui par la prière, mais bien souvent, ce n'est pas ce que nous faisons. Nous traitons avec Dieu comme s'il était le Père Noël ou une machine distributrice: j'y mets une pièce de vingt-cinq cents, j'y mets un dollar et j'obtiens ce que je veux de lui... mais Dieu ne fonctionne pas comme ça. Malheureusement, même les parents élèvent leurs enfants ainsi: Oh tu aimerais avoir ce jeu? Demande au Bon Dieu. Mais que suis-je en train d'enseigner à mon fils? Ce n'est pas ça la prière. La prière, c'est d'apprécier Dieu, de communier avec lui.


Bien que Dieu s'intéresse beaucoup plus à notre vie spirituelle, il répond tout de même à nos besoins matériels, quels qu'ils soient, même si ce n'est pas un but dans la vie. Laissez-moi vous donner un exemple. Disons que vous avez un voisin qui habite en face et que, depuis maintenant dix ans, vous le rencontrez chaque jour en lui disant bonjour et bonsoir. Puis un jour, vous manquez d'argent, disons mille dollars, dont vous auriez besoin dans un but quelconque, alors vous allez à sa rencontre et vous lui demandez: Pourriez-vous m'aider et m'avancer cette somme? Que vous répondra-t-il? Tout ce que vous avez fait, c'est lui dire bonjour et bonsoir à tous les jours... Il vous répondra: Mais qui êtes-vous? Oui, je sais que vous habitez en face, mais quel est votre nom déjà? Avons-nous déjà bavardé ensemble?


Est-ce qu'on s'est déjà parlé, avons-nous déjà joué à quelque chose, avons-nous été en compagnie l'un de l'autre? Alors? Je ne vous connais pas... Par contre, si je vais voir mon père, tout comme un des disciples avait demandé à Dieu: apprends-nous à prier, Dieu avait répondu: dis Notre Père qui est aux cieux. Dieu est mon Père, ce qui suggère une relation profonde. Quand je m'adresse à lui et lui confie mes besoins, il répond: voilà, mon fils. Mais si j'aborde un étranger, il me répondra: Qui êtes-vous déjà?


Ainsi, Dieu doit être mon Père. Répétons-le, l'objectif ici n'est pas de chercher à obtenir le mille dollars et ce n'est pas non plus d'obtenir un cadeau de Dieu: c'est Dieu que je cherche, c'est lui que je veux et que j'aime. Dieu n'est pas indifférent à mes besoins matériels, mais il s'intéresse d'abord à mes besoins spirituels.


Le problème, c'est que nous traitons avec Dieu comme on traite avec ce voisin, c'est-à-dire que nous nous présentons devant lui le matin et nous récitons le notre Père qui est aux cieux; nous faisons de même le soir; nous passons, au plus, quatre minutes avec Dieu. Est- ce que c'est ça prier? Est-ce suffisant pour être en communion avec Dieu? Non, c'est trop peu. Pour l'avoir expérimenté, nous savons qu'au début d'une relation, disons, avec un nouvel ami, plus on passe de temps avec lui, plus on se sent à l'aise et plus on a envie de passer encore plus de temps en sa compagnie, et plus on se sent bien avec cette personne.


Elle devient comme un frère ou une sœur après un certain temps. C'est ce que nous devrions faire avec Dieu. Il faut faire plus que simplement passer du temps avec lui, il faut que ce soit du temps de qualité... du temps de qualité.


Pour moi, le fait de passer du temps de qualité avec Dieu demande trois choses. La première, c'est de le vénérer, de le vénérer pour vrai, c'est-à-dire d'arrêter de me centrer sur moi-même et de me concentrer sur l'admiration que j'éprouve envers mon vrai Dieu. Je dois cesser de lui demander des choses matérielles et vraiment me centrer sur le plaisir d'être avec lui; il faut cesser de tant me soucier de mes demandes matérielles et les garder pour la fin.


Au chapitre 6 d'Ésaïe, lorsque ce dernier vit Dieu assis sur son trône, il entendit les anges chanter saint, saint, saint est l'Éternel des armées. Saint, άγιος (ágios), non-terrestre. C'est la forme la plus pure de la prière, la forme la plus pure de la vénération. Je regarde Dieu et je lui dis: tu es saint. Non pas je veux ceci ou cela; tu es saint. C'est ça la vénération et c'est ce que nous devrions faire dans la prière.


La deuxième chose, c'est de se concentrer. Je dois écarter toute pensée qui me lie à l'univers matériel et me concentrer sur la prière. Pensez au sentiment que l'on éprouve au moment de commencer un examen, au stress que l'on ressent: c'est ainsi que l'on doit s'engager dans la prière. On sait que l'on va être confrontés à des êtres spirituels et que toutes sortes de pensées vont nous venir à l'esprit, afin de nous empêcher de prier. Il faut donc se concentrer, afin d'offrir une prière de qualité.


Et en retour, ceci va nous mener à la troisième étape qui va élever mon âme jusqu'à Dieu. Je vais goûter à sa présence, le sentir dans mon cœur qui s'est élevé d'une façon inégalée.


Voici ce qu'en dit saint Macaire le Grand... il dit:


« Ce n'est pas en étant réglés sur notre horloge biologique, en tentant de nous faire remarquer, en gardant le silence ou en nous mettant à genoux que la prière s'exprime, mais plutôt en nous efforçant d'avoir l'esprit attentif en anticipant l'arrivée de Dieu, jusqu'à ce qu'il visite notre âme par toutes ses ouvertures, toutes ses voies et tous ses sens. Et nous devrions garder le silence quand il le faut et prier à haut et fort, tant que notre esprit est centré sur Dieu... » (Saint Macaire le Grand) - [traduction libre] Ce qu'il veut dire, c'est que nous n'avons pas à tant nous soucier d'être debout, à genoux, de prier à haute voix ou en silence. Ces gestes ont leur importance, certes, mais il faut avant tout nous centrer sur Dieu. Il faut donc adopter une posture de respect envers la prière, mais surtout, il faut se concentrer et si nous sommes centrés sur la prière, Dieu viendra visiter notre âme et nous pourrons, dans la prière la plus pure, goûter à sa présence, l'apprécier, en être captivé, et nous aurons envie de prier de plus en plus.


N'oubliez pas:


Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.