Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Mes bien chers frères, heureux de vous retrouver. Aujourd'hui, nous allons conclure notre série en trois parties consacrée au repentir et à la confession, ainsi qu'aux raisons qui expliquent pourquoi ces activités sont essentielles à la vie d'un croyant chrétien. Si vous étiez des nôtres jusqu'ici, vous vous souvenez sans doute de notre première vidéo où nous nous étions penchés sur le sens du repentir. Nous avions alors découvert que c'est un changement d'esprit, un changement de direction qui nous ramène vers Dieu. Dans la deuxième vidéo, nous avons centré notre attention sur le sacrement de confession, afin de comprendre sa signification et les raisons pour lesquelles Dieu l'a introduit comme moyen d'obtenir le salut.


Nous avons aussi vu que nous pouvons confesser notre foi ou confesser nos péchés, et que dans les deux cas, nous sommes appelés à utiliser le même vocabulaire, les mêmes mots que Dieu nous a révélés, comme une norme à suivre. Enfin, dans la vidéo d'aujourd'hui, nous expliquerons pourquoi nous nous confessons à un prêtre et comment nous devrions le faire.


Entrons tout de suite dans le cœur du sujet.


Plusieurs personnes cherchent à éviter la confession, car elles ont honte de parler de leurs fautes devant un prêtre. Elles adoptent une attitude qui peut se traduire ainsi: Pourquoi ne puis-je pas me confesser directement à Dieu? Après tout, il est déjà au courant de tout ce que j'ai fait. Eh bien, en toute honnêteté, nous avons beau dire que Dieu est toujours là et qu'il sait ce que nous faisons, mais si nous étions si convaincus qu'il nous observe en tout où que nous soyons, nous n'oserions pas pécher devant lui, n'est-ce pas? C'est justement parce que nous n'avons pas conscience de sa présence dans nos vies que le Seigneur a fondé l'Église, afin de révéler sa présence divine parmi nous, ici sur terre.


Le Seigneur a choisi l'Église et ceux qui sont affectés aux ordres sacrés, c'est-à-dire les évêques et les prêtres, pour manifester sa présence parmi nous. Les sacrements de l'Église sont des cadeaux que Dieu accorde aux croyants chrétiens et ils sont tous administrés par le Seigneur lui-même, par l'entremise de ceux auxquels on a confié la prêtrise. Cela signifie que lorsque nous prenons part aux sacrements, c'est Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est là parmi nous, se manifestant en personne à travers l'évêque ou le prêtre. Et c'est pareil lors d'une confession, mes frères.


Prenons comme exemple le moment où notre Seigneur préparait ses disciples et ses apôtres à aller de par le monde pour débuter leur ministère. Allons voir ce que le Seigneur leur a dit lorsqu'il est apparu devant eux après être ressuscité. Le passage est tiré de l'Évangile selon saint Jean, chapitre 20, versets 21 à 23:


« Jésus leur dit de nouveau: La paix soit avec vous! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie.


Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint Esprit.


Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. » (Jean 20:21-23) Le Seigneur ne saurait être plus clair: Comme le Père m'a envoyé, moi le Seigneur, le Fils du Père, son ambassadeur et son image, moi aussi je vous envoie. En essence, il est en train de dire: ce que j'ai dit et fait pour le monde, maintenant c'est à vous, mes disciples, de le faire aussi. Puis il leur envoie l'Esprit Saint et leur confère le pouvoir de délier ou de lier les péchés.


Au 4è siècle, saint Jean Chrysostome a écrit un livre intitulé Sur la prêtrise dans lequel il commente ceci d'une très belle façon:


« Les prêtres ont reçu un pouvoir que Dieu n'a pas accordé aux anges ni aux archanges. Il leur a dit [à ses disciples]: 'Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sera délié.' Les chefs séculiers ont effectivement le pouvoir de lier, mais ils ne peuvent lier que le corps. Les prêtres, par ailleurs, peuvent lier à l'aide d'un lien qui s'adapte à l'âme et transcende le ciel même. [Dieu] ne leur a-t-il pas donné tous les pouvoirs du ciel? 'Ceux à qui vous pardonnez les péchés, dit-il, seront pardonnés; ceux que vous condamnez pour leurs péchés seront condamnés.' Peut-il y avoir un plus grand pouvoir? [, dit saint Jean.] Le Père a confié toute forme de jugement au Fils. Et maintenant, je vois que le Fils remet tout son pouvoir entre les mains des hommes [ses prêtres, ses évêques]. Ils sont élevés au rang de sa dignité, comme s'ils étaient déjà rassemblés au ciel. » (Saint Jean Chrysostome, Sur la prêtrise 3:5) - [traduction libre] Mes frères, tout a donc été clarifié. Lorsque nous prenons notre courage à deux mains et que nous rencontrons notre père confesseur, le prêtre, nous entrons dans un processus que Dieu a mis en place et qui est observé depuis les tout débuts de l'Église.


Maintenant que nous avons vu pourquoi nous nous confessons à un prêtre, prenons quelques instants pour expliquer comment nous devrions effectuer cette confession. Tout d'abord, précisons qu'il y a trois différents types de conversation que l'on peut avoir avec le prêtre.


Le premier type est celui dont nous avons parlé aujourd'hui, soit la véritable confession.


Celle-ci dure généralement de 15 à 20 minutes pendant lesquelles la personne confie ses péchés à Dieu à voix haute, devant le prêtre. Ce dernier peut parfois prescrire un canon pour aider la personne à se repentir. Il faut s'y préparer d'avance par la prière, être animé d'un sincère désir de se repentir, être prêt à dresser la liste de ses confessions, et adopter une attitude dépourvue de raisons et de justifications. Au terme de cette démarche, le prêtre adresse au fidèle la prière d'absolution et le sacrement prend fin.


Le deuxième type de conversation possible est la consultation spirituelle. C'est une occasion de rencontrer le prêtre pour lui poser des questions ou lui faire part d'inquiétudes qui ne sont pas toujours en lien avec la confession de péchés. Il arrive souvent qu'un fidèle ait un père confesseur qui soit également son conseiller spirituel. D'autres ont parfois deux personnes différentes, deux pères distincts: l'un est le confesseur, l'autre est le conseiller. Les deux situations sont tout à fait acceptables du point de vue de l'Église.


Le troisième type de conversation que l'on rencontre parfois est de nature thérapeutique. Je tiens à préciser que l'on peut discuter de tout avec son père spirituel, mais il faut aussi savoir qu'il n'y a rien de mal à ce que le père suggère à certains de ses fidèles d'avoir recours à une aide professionnelle, au besoin. N'oublions pas que le prêtre est là pour administrer les sacrements de l'Église et pour orienter les croyants vers Dieu. Par contre, il ne peut remplacer un professionnel, spécialiste des questions théoriques, psychologiques ou même médicales.


Ainsi, il ne faut surtout pas vous offusquer si votre prêtre, faisant preuve d'une véritable affection à votre égard, vous suggère de consulter un professionnel sur certaines questions où il n'est pas en mesure lui-même de bien vous conseiller.


Nous allons conclure, mes frères, en confirmant une fois de plus que notre relation avec notre père confesseur est cruciale dans la vie d'un croyant orthodoxe. Quiconque parmi vous, jeune ou moins jeune, hésite à s'avancer pour se repentir honnêtement et sincèrement, laissez-vous inspirer par la grâce de Dieu. Ayez confiance aux promesses qu'il nous a faites.


Mettez de côté votre orgueil et la honte que vous éprouvez et consultez un prêtre de Dieu.


Confessez humblement vos fautes. Faites tout ceci pour la rémission de vos péchés et pour votre salut.


N'oubliez pas, mes frères:


Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.


Et gloire à Dieu maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.