Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Nous continuons aujourd'hui notre série sur la violence dans l'Ancien Testament. Nous aimerions faire la lumière sur la destruction de Sodome et Gomorrhe, alors que le Seigneur leur imposa enfer et damnation. Plusieurs se surprennent à l'idée que Dieu puisse détruire une ville et tous ses habitants, y compris les enfants. Pourquoi un Dieu d'amour ferait-il une chose pareille?
Où sont passées sa miséricorde et sa compassion?, demandent-ils. En vérité, une lecture superficielle de ce récit semble dresser le portrait d'un Dieu déraisonnable, surtout quand il est question d'enfants. Mais creusons un peu plus loin pour voir ce qui s'est vraiment passé à l'époque. Le chapitre 18 de la Genèse nous rapporte ceci:
« Et l'Éternel dit: Le cri contre Sodome et Gomorrhe s'est accru, et leur péché est énorme.
C'est pourquoi je vais descendre, et je verrai s'ils ont agi entièrement selon le bruit venu jusqu'à moi; et si cela n'est pas, je le saurai. » (Genèse 18:20-21) La Bible, ici, emploie un langage anthropomorphe, c'est-à-dire qu'elle s'exprime comme si elle parlait d'un humain, ce qui aide à passer le message. Mais de toute évidence, Dieu n'a pas eu besoin de descendre sur terre pour évaluer la gravité du péché: Dieu est partout et il sait tout. Mais en définitive, ce verset met l'accent sur la gravité des péchés que ces gens ont commis. Non seulement leur faute était énorme aux yeux de Dieu dont les normes morales sont élevées, mais elle était très grave aux yeux de la création même, laquelle la dénonçait vertement. Bref, le péché de Sodome et Gomorrhe avait atteint un niveau méprisable, un niveau que les autres habitants de la terre n'avaient jamais connu.
Ceci devint apparent dans la Genèse, au chapitre 19, versets 1 à 3, alors que Lot insista fortement pour que les deux anges passent la nuit dans sa demeure au lieu de rester sur la place publique. Il voulait les protéger des citoyens de la ville, car il savait très bien ce que ces hommes leur feraient. La Bible nous raconte ceci:
« ...les gens de la ville, les gens de Sodome, entourèrent la maison, depuis les enfants jusqu’aux vieillards; toute la population était accourue.
Ils appelèrent Lot, et lui dirent: Où sont les hommes qui sont entrés chez toi cette nuit? Fais-les sortir vers nous, pour que nous les connaissions. » (Genèse 19:4-5) Des gens de tous les coins de la ville se ruèrent chez Lot pour coucher ouvertement avec les deux hommes. Pensez-y bien. Tous les hommes, les jeunes comme les vieux, avaient des relations entre eux de façon régulière, mais devant l'attrait de la chair fraîche, ils se sont tous pressés sur les lieux. Puis, le récit se poursuit... Lot sortit à leur rencontre et leur dit:
« ...Mes frères, je vous prie, ne faites pas le mal!
Voici, j’ai deux filles qui n’ont point connu d’homme; je vous les amènerai dehors, et vous leur ferez ce qu’il vous plaira. Seulement, ne faites rien à ces hommes puisqu’ils sont venus à l’ombre de mon toit.
Ils dirent: Retire-toi! Ils dirent encore: Celui-ci est venu comme étranger, et il veut faire le juge! Eh bien, nous te ferons pis qu’à eux. Et, pressant Lot avec violence, ils s’avancèrent pour briser la porte. » (Genèse 19:7-9) Je ne comprends vraiment pas l'idée de Lot de proposer ses deux filles vierges en échange des deux hommes afin de protéger ceux-ci. Mais ce qui est encore plus choquant, c'est la réaction des citoyens. On leur a offert deux femmes au lieu des deux hommes et ils se sont mis en colère. Leur péché était devenu si pitoyable que les femmes ne les intéressaient plus.
Le niveau de corruption de Sodome et Gomorrhe était grave. Évidemment, les hommes n'étaient pas les seuls à s'être corrompus. Il serait irréaliste de présumer que le péché des hommes ait pris une telle ampleur et que les femmes et les enfants soient demeurés purs. Le fait que tous ces gens aient été largement corrompus se confirme par la discussion que Dieu a eue avec Abraham, tel que rapportée dans la Genèse, au chapitre 18, versets 20 à 33. En effet, Dieu mentionna alors qu'il épargnerait les deux villes s'il y trouvait ne serait-ce que dix personnes dont le comportement moral était encore droit. Dieu n'en trouva aucune.
Mais pourquoi Dieu n'a-t-il pas tout simplement ignoré ces personnes? Eh bien, commençons par replacer les choses dans leur contexte plus général. Il serait déraisonnable de nous imaginer que la corruption de ces gens se soit limitée à des comportements sexuels douteux.
De façon générale, les passions charnelles entraînent d'autres désirs charnels qui, s'ils ne sont pas assouvis, peuvent générer de la colère qui, à son tour, peut conduire à la violence et même au meurtre. Ces péchés sont sous-entendus dans le texte lorsque les gens répondent à Lot: Nous te ferons pis qu'à eux, à Genèse 19:9.
N'oublions pas que l'humanité, au temps de l'Ancien Testament, était très sujette à pécher, souvent par la violence. Répétons-le, ce récit nous est raconté dans le contexte de l'Ancien Testament dans son ensemble, lequel nous présente clairement une humanité aux tendances violentes et immorales. Dans ce cas, il en va de la responsabilité de Dieu, en qualité de juge d'amour et de droiture, de mettre un terme au mal lorsqu'il le faut. Il peut bien faire preuve de patience et de compassion pendant de longues périodes, donnant ainsi l'occasion aux humains de revenir vers lui, mais lorsque le péché atteint son comble, il est normal qu'il intervienne, afin d'en finir avec le mal. S'il ne le faisait pas, d'autres personnes pourraient en souffrir davantage. Ce serait l'équivalent d'un juge actuel qui déclarerait innocent un voleur de banque ou un tueur en série, bien qu'il possède toutes les preuves des crimes qu'il a commis. Il ferait ainsi preuve d'injustice et d'un manque d'égard envers les autres, mettant leur vie en danger.
Rappelez-vous que le texte précise que toute la création avait réclamé l'intervention de Dieu.
Il y avait donc d'autres âmes qui étaient touchées par cette histoire, pas seulement les villes de Sodome et de Gomorrhe. C'est une erreur de se centrer uniquement sur les gens qui ont été anéantis, sans considérer tous les autres qui gravitaient autour d'eux. De plus, si Dieu avait permis à ces personnes de se mêler aux nations environnantes, la corruption se serait répandue et aurait ultimement compromis la vie de ces nations pour l'éternité. Ainsi, par amour pour toute sa création, Dieu doit parfois intervenir et mettre un terme au mal que perpétue celui qui refuse de se repentir. Mais s'il le fait, c'est après avoir démontré une patience à toute épreuve.
Et que dire des enfants innocents? Pourquoi devaient-ils périr? Tel que mentionné plus tôt, il serait utopique de penser que plusieurs personnes de cette époque aient été innocentes. Le fait qu'il ne se trouvait même pas dix personnes intactes dans ces villes le démontre. À noter que le texte ne précise pas le sexe ni l'âge des personnes en question. En d'autres mots, Dieu a scruté la communauté toute entière, sans égard au sexe ou à l'âge, et il n'a pas pu trouver dix personnes vivant dans la rectitude. Nous l'avons dit, il serait insensé de présumer que, par miracle, les enfants auraient été purs, alors que leurs deux parents nageaient dans la corruption. Lorsqu'il n'y a aucune influence positive, tout l'entourage se corrompt, alors il va de soi que les enfants étaient corrompus eux aussi.
Il faut savoir que le péché était tellement enraciné dans ces personnes que les enfants en étaient déjà très affectés. C'est un fait bien connu que les enfants héritent des mauvaises habitudes de leurs parents. Et plus ils sont exposés en bas âge, plus ils risquent d'en hériter.
Lorsque le péché est à ce point grave et intense, il est clair qu'il se transfère aux enfants et que ceux-ci grandissent à l'image de leurs parents. La Genèse y fait allusion au chapitre 19, verset 4, en mentionnant que les jeunes et les moins jeunes avaient encerclé la maison, dans le but d'avoir des relations avec les deux anges. Dans le même chapitre, la Bible fait également mention du comportement libertin des deux filles de Lot qui ont commis l'inceste.
Dans de tels cas, je dirais que la mort est un geste de compassion, et non une punition. Saint Grégoire le Théologien énonce ceci à propos de la mort:
« Pourtant, ici encore, il réalise un gain, à savoir la mort et l'interruption du péché, afin que le mal ne puisse être immortel. Ainsi, le châtiment de Dieu devient un acte de compassion, car c'est par compassion, j'en suis persuadé, que Dieu impose son châtiment. » (Saint Grégoire le Théologien, Oraison 45, Paragraphe 8) - [traduction libre] Saint Grégoire voit la mort comme un geste de compassion, et non comme une punition.
Cette logique colle vraiment à la situation. Si on permettait à ces enfants de vivre dans le péché pendant qu'ils sont sur terre, leur ultime destination serait la même que celle de leurs parents. Par contre, en écourtant leur vie terrestre alors qu'ils sont encore trop jeunes pour être responsables de leurs actions, Dieu offre à ces enfants innocents, s'il en reste, une voie express pour le royaume des cieux. Leur vie ne se termine pas, elle se poursuit au ciel. Pour les chrétiens, le royaume des cieux est une réalité à laquelle ils adhèrent en prenant part à la vie liturgique. C'est l'ultime objectif de Dieu à notre égard et ce devrait être le nôtre aussi.
Après avoir véritablement accueilli cette réalité au cœur de nos vies, nous devenons capables de penser comme le Christ et de percevoir la compassion dont Dieu a fait preuve envers les enfants de ce récit.
N'oubliez pas:
Connaissez votre foi, vivez votre foi, enseignez votre foi, Et gloire à Dieu à tout jamais. Amen.