Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Comment puis-je être un chrétien fidèle dans une société aussi « politiquement correcte »?


Mes bien chers frères, je crois qu'il est devenu évident pour la plupart d'entre nous que, maintenant plus que jamais, nous vivons dans une société et dans un monde rempli d'hypocrisie et de contradictions. Ceux qui nous entourent expriment haut et fort ce qui, de prime abord, peut paraître légitime. Mais on découvre plus tard que tout n'était que mensonge et corruption. On entend parler de ce qui est « bon » et « respectable » pour bientôt se rendre compte que ce ne sont que des mécanismes servant à diviser et à contrôler les populations. L'Amérique du Nord se fait une fierté de se présenter comme une société libre, et pourtant, nombreux sont ceux qui se sentent obligés d'adopter de soi-disant principes de vie. De nos jours, plus que jamais dans l'histoire de l'humanité, cette confusion est en grande partie alimentée par un mouvement collectif que l'on appelle le politiquement correct.


Être politiquement correct, ou PC, c'est adopter un vocabulaire, des politiques ou des mesures pour éviter d'offenser ou de désavantager les personnes appartenant à certains groupes de la société. Encore ici, en prenant cette définition telle quelle, on pourrait presque dire qu'elle est conforme au message de l'Évangile de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Cependant, lorsqu'on compare ce qui est écrit, ce qui est dit publiquement et ce que la société observe, on voit facilement qu'il y a des divergences énormes qui doivent absolument être expliquées.


Commençons par quelques statistiques. Dans un sondage de 2016, mené par l'Université de Virginie et la firme Gallup, compagnie d'analyse et de recherche située aux États-Unis, 73 % des citoyens américains ont répondu que le politiquement correct est un sérieux problème.


D'autres sondages menés aux États-Unis avancent que 60% des Américains ont exprimé le besoin de parler franchement des sujets controversés et des difficultés, au risque que ce soit perçu comme quelque chose d'offensant. Ces statistiques parlent d'elles-mêmes.


Voyez-vous, le vrai dilemme, c'est que, si on se fie à cette nouvelle norme de rectitude politique, tout le monde devrait se retenir de communiquer quoi que ce soit qui pourrait potentiellement blesser, bouleverser ou offenser quelqu'un. Et ceci est particulièrement vrai lorsqu'il est question de sexe, de genre, de race et de religion. Mais la vraie question est la suivante:


Comme chrétiens, comment réagir face à des problèmes qui sont tabous et/ou controversés, surtout si notre point de vue risque de provoquer un malaise chez certains? Devrions-nous nous abstenir de prêcher l'Évangile? Ne devrait-on pas parler des vérités? Devrions-nous aller jusqu'à nous taire lorsque, comme chrétiens, nous sommes offensés et bouleversés par tout ce qu'on enseigne et qu'on prêche autour de nous?


Fait intéressant, le politiquement correct a d'abord été un moyen de protéger les gens pour éviter de les blesser. Cependant, il semble de plus en plus que ce qui devait constituer une défense soit maintenant utilisé comme une arme. Le politiquement correct est devenu, tant bien que mal, un prétexte pour faire taire les gens qui ont des choses à dire et plusieurs craignent maintenant de s'exprimer, de peur d'être étiquetés comme politiquement incorrects.


Mes frères, en tant que chrétiens, il faut nous rappeler de ce que notre Seigneur a enseigné à ses disciples et garder en tête que, maintenant plus que jamais, son enseignement s'applique à nous. Vers la fin de son ministère, il expliquait aux disciples qu'ils seraient détestés de partout, du fait de leur appartenance à Dieu, qu'ils seraient rejetés comme personne autant que pour le message qu'ils véhiculent, tout comme le monde avait rejeté le Christ et son message. Mais malgré tout, le risque d'être mal vu ou d'être persécuté n'a jamais empêché les apôtres ou l'Église naissante de répandre la parole de l'Évangile. Saint Paul, en s'adressant au peuple de Corinthe, expliquait que le Christ est le vecteur même de la sagesse de Dieu qui se trouve au cœur de toute vérité, même si certains n'y voient que des sottises. Allons lire ensemble à 1 Corinthiens, chapitre 1, versets 20 à 25:


« Alors, que peuvent encore dire les sages? ou les gens instruits? ou les discoureurs du temps présent? Dieu a démontré que la sagesse de ce monde est folie!


En effet, les humains, avec toute leur sagesse, ont été incapables de reconnaître Dieu là où il manifestait sa sagesse. C'est pourquoi, Dieu a décidé de sauver ceux qui croient grâce à cette prédication apparemment folle de la croix.


Les Juifs demandent comme preuves des miracles et les Grecs recherchent la sagesse.


Quant à nous, nous prêchons le Christ crucifié: c'est un message scandaleux pour les Juifs et une folie pour les non-Juifs; mais pour ceux que Dieu a appelés, aussi bien Juifs que non-Juifs, le Christ est la puissance et la sagesse de Dieu.


Car la folie apparente de Dieu est plus sage que la sagesse des hommes, et la faiblesse apparente de Dieu est plus forte que la force des hommes. » (1 Corinthiens 1:20-25) - [Bible en français courant] Mes frères, il est si important, pour nous tous aujourd'hui, d'entendre et de comprendre ce message qui précise que Dieu a été, qu'il est et qu'il sera toujours la norme en fait de sagesse, de vérité et de vertu. Ceci dit, si tout ce qui est honorable se trouve en Dieu, comment peut-on, comme chrétiens, demeurer silencieux devant la folie du monde? Le vrai défi ici, ce n'est pas de savoir si nous devrions ou non dire la vérité: il ne fait aucun doute que l'Évangile nous impose de le faire et de le faire avec confiance. Le défi, c'est de savoir comment nous devrions exprimer cette vérité.


Aux yeux du monde, le christianisme est devenu une sorte de club sélect pour ceux qui se croient moralement supérieurs aux autres. Les gens voient ces soi-disant chrétiens qui se permettent de juger les autres et qui déambulent sur la place publique avec des pancartes qui condamnent certains groupes, dû à leurs actions ou aux gens auxquels ils s'associent. À cause d'eux, le christianisme est souvent perçu comme un mouvement sectaire et intolérant.


Pourtant, cette perception ne saurait être plus fausse, si on considère la vraie nature de chrétiens que notre foi nous inspire.


Dans son Épître aux Éphésiens, au chapitre 4, verset 15, saint Paul dit que nous devrions parler de vérité avec amour. Il nous appelle à suivre l'exemple que le Seigneur Jésus-Christ nous a lui-même donné par son attitude. Notre Seigneur sympathisait avec les pécheurs et les exclus. Il aimait d'une façon que l'humanité n'avait jamais connue et il avait de la compassion même envers ceux qui étaient détestés. Toutefois, malgré son amour pour le pécheur, il ne manquait jamais de condamner son péché. Son message à tous était: sois guéri, accepte le cadeau que je veux t'offrir. Néanmoins, il donnait toujours ordre à ceux qu'il aimait de ne plus pécher. Le message du Christ devant ce monde brisé n'a jamais été de dire je t'accepte tel que tu es, tu n'as rien à changer; au contraire, son message disait je t'aime et je vais te guérir, et ce faisant, je vais te transformer: il annonçait donc un changement, un vrai changement, du péché à la droiture, le vrai repentir.


Ainsi, nous aussi sommes appelés au même message d'amour, de changement et d'espoir envers le monde, mais tout cela doit se faire avec amour. Pour parler de vérité avec amour, il ne suffit pas de choisir ses mots; il faut aussi penser à la façon de les dire. Il ne suffit pas de répandre la parole de l'Évangile; il faut incarner l'image de celui qui a livré au monde son message de salut. Et si notre message continue d'offusquer les gens, même quand il est livré avec sagesse, humilité et amour, nous pouvons avoir la conscience tranquille: nous avons fait ce que Dieu nous a demandé.


Un jour, alors que saint Antoine le Grand parlait à ses disciples, il leur fit la prophétie d'une période noire durant laquelle toute la sagesse du monde serait chamboulée. Il leur dit ceci:


« Il viendra un temps où les hommes deviendront fous. Et en voyant quelqu'un qui n'est pas atteint de cette folie, ils s'attaqueront à lui en disant: Tu es fou [puisque] tu n'es pas comme nous. » (Saint Antoine le Grand, Les apophtegmes des Pères du Désert) - [traduction libre] Saint Antoine le Grand! Mes frères, c'est incroyable d'en arriver au constat que nous vivons vraiment dans les temps annoncés par saint Antoine, où la sagesse peut être redéfinie à tout moment, où malheureusement, le bon sens ne semble plus être aussi présent qu'on le voudrait, et où les intentions cachées sont la seule motivation de nombreuses personnes qui se disent être les défenseurs des causes honorables. Comme chrétiens, gardons en tête que nous ne cherchons pas à être reconnus pour notre rectitude politique, mais pour notre amour, notre compassion, notre sagesse et notre honnêteté. Nous voulons être appelés des chrétiens.


N'oubliez pas, mes bien chers frères:


Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.


Et gloire à Dieu maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.