Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Mes bien chers frères, aujourd'hui, nous allons aborder une question qui hante de nombreux chrétiens et non-chrétiens. Nous nous posons la question suivante: Si nous croyons en un Dieu tout-puissant qui sait tout et qui est tout amour, pourquoi alors permet-il à la douleur et à la souffrance d'exister? Tout d'abord, j'aimerais mentionner que nous ne pouvons pas parler de douleur et de souffrance sans parler d'abord du mal. En effet, la plupart seront d'accord avec moi, plusieurs sortes de douleurs et de souffrances résultent du mal. Et pour mieux comprendre ce qu'est le mal, je vous invite tous à visionner la vidéo de Père Gabriel Wissa, intitulée Dieu a-t-il créé le mal? Elle est disponible sur le site Web de Coptic Othodox Answers et sur les médias sociaux. En faisant une recherche rapide, je suis certain que vous la trouverez. Pour l'instant, cependant, résumons certains principes fondamentaux, afin de nous préparer à la discussion d'aujourd'hui.
L'Église nous a toujours enseigné que Dieu n'était pas à l'origine du mal. D'ailleurs, en tant que chrétiens, nous ne croyons pas que le mal soit une chose tangible comme tel. Comme le dit saint Basile:
« ...Le mal n'est pas une entité vivante et animée, mais bien un état d'esprit qui s'oppose à la vertu... » (Saint Basile, Hexaméron, Homélie Deuxième, 4-5) - [traduction libre] Le mal n'est donc pas une entité physique, mais plutôt une absence de bien. Si nous sommes d'accord que la plupart des douleurs et des souffrances que nous connaissons dans la vie sont dérivées du mal et que Dieu n'est pas l'auteur du mal, alors comment comprendre d'où viennent les douleurs et les souffrances et pourquoi Dieu ne décide pas simplement d'y mettre un terme? Dans ce cas, il faut remonter au tout début de la création et nous assurer de bien définir certains concepts fondamentaux.
Dans la liturgie de saint Basile, la prière pour la réconciliation dit ceci:
« Ô Dieu, grand et éternel, qui as créé l'homme dans l'innocence et qui, par l'Incarnation vivifiante de Ton Fils Unique, Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, as détruit la mort introduite dans le monde par l'envie du démon... » (Liturgie de saint Basile le Grand, Oraison pour la réconciliation) - [traduction libre] Cette prière semble indiquer que Dieu a créé toute chose pour qu'elle soit bonne et sans corruption, tel qu'on le signale clairement dans le livre de la Genèse, au chapitre 1. Pourtant, dans cette même prière, on dit aussi que quelque chose est entré dans le monde pour venir tout déformer et introduire le chaos dans la création de Dieu. Et ce quelque chose, c'était la mort, le péché, la corruption, le mal.
Saint Athanase d'Alexandrie, lorsqu'il parle de ce qui s'est produit au tout début de la chute de l'humanité, explique qu'une part de cette corruption et de cette mort que nous avons amenées sur nous par notre désobéissance a aussi engendré la souffrance et la douleur que nous subissons aujourd'hui. Il dit ce qui suit:
« Car en les amenant [les hommes] dans son propre paradis, il [c'est-à-dire Dieu] leur a imposé une loi qui ferait en sorte qu'ils puissent jouir d'une vie paradisiaque, sans peine ni douleur ni soucis, en plus d'avoir la promesse d'une vie céleste exempte de corruption, à condition qu'ils la respectent et demeurent dans le droit chemin. Mais s'ils décidaient de transgresser la loi et de devenir méchants en s'en détournant, ils connaîtraient la corruption de la mort selon leur nature et ils perdraient leur place au paradis, forcés d'aller mourir ailleurs, au terme d'une vie dorénavant empreinte de mortalité et de corruption en permanence. » (Saint Athanase, Sur l'incarnation du Verbe, 3) - [traduction libre] Ce que nous découvrons ici est bien clair...Quand Dieu nous a créés à son image et à sa ressemblance, il nous a donné le libre arbitre. C'est donc en abusant de notre libre arbitre que la corruption s'est installée au sein de la création. Au lieu de demeurer en présence de Dieu et de bénéficier de ses soins, de sa compassion et de son amour débordant, nous avons choisi d'être les maîtres de notre propre vie. Ce faisant, nous nous sommes séparés de lui et nous avons fait entrer le mal, la corruption, la douleur et la souffrance dans nos vies.
Ceci est parfaitement résumé dans la liturgie de saint Grégoire le Théologien, lorsqu'il parle de lui-même en prenant le rôle d'Adam. Voici ce qu'il dit:
« Tu es celui qui m'a formé, qui a posé ses mains sur moi et qui a dessiné en moi l'image de ton autorité. Tu m'as fait don de parole, tu m'as ouvert les portes du paradis pour que j'en bénéficie et tu m'as éduqué par tes connaissances. Tu m'as présenté l'arbre de vie et m'as conscientisé à la douleur de la mort. Il n'y a qu'une plante dont tu m'as interdit de me nourrir, celle pour laquelle tu m'as dit: « Voici la seule plante que tu ne peux pas manger. »
Mais j'ai fait ce que je voulais et j'en ai mangé. J'ai fait fi de ta loi en exerçant mon propre jugement et je suis devenu irrespectueux de tes commandements. Cela m'a valu le châtiment de mort. » (Liturgie de saint Grégoire le Théologien, Anaphore, « Saint saint saint ») - [traduction libre] Saint Grégoire s'exprime d'une très belle façon! Le pire, c'est qu'en attirant sur nous le châtiment de mort, nous avons attiré toutes ses répercussions, non seulement sur nous-mêmes, mais sur toute la création. Saint Paul, dans son Épître aux Romains, y fait référence lorsqu'il affirme que:
« ...la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu.
Car la création a été soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui l'y a soumise, avec l'espérance qu'elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. » (Romains 8:19-21) Saint Jean Chrysostome simplifie ceci en disant là où l'homme est celui qui mène, la création le subit. À ce propos, toute la création est maintenant sujette à la corruption et au chaos, car c'est là que l'homme l'a conduite. Et c'est pour cette raison même, c'est-à-dire la chute de l'humanité et de toute la création, que nous sommes maintenant accablés par la douleur et le mal en subissant moralement les choix indus des autres et le chaos qui a pris place dans le monde naturel.
Ceci dit, nous devons maintenant porter attention à la façon dont Dieu réagit devant ce tout ce mal, cette douleur, cette souffrance. Certains peuvent se demander: pourquoi Dieu ne retourne-t-il pas en arrière pour empêcher la chute?, ou mieux encore, pourquoi ne pas simplement empêcher les gens de faire des choix horribles qui font souffrir les autres? Le fait de se poser ces questions prouve que nous n'avons pas encore compris ce que représente le grand cadeau que Dieu nous a fait en nous accordant le libre arbitre. Si Dieu décidait d'intercéder, cela voudrait dire que nous ne sommes pas libres du tout. Et s'il décidait de nous enlever notre liberté, cela signifierait qu'il ne nous aime pas et qu'il s'est engagé sur une voie qui est contraire à sa nature. Il n'est pas possible pour Dieu d'envisager de tels scénarios, car jamais il ne pourra s'opposer à ce qu'il est.
Alors quelles sont les options qui restent? S'il ne peut pas chasser le mal qui s'est installé dans nos cœurs et ainsi nous épargner la douleur et la souffrance, il peut néanmoins transformer cette douleur et cette souffrance. Il s'agit de travailler à partir de ce qui est à l'origine de la corruption et du mal et de le transfigurer en une voie qui peut conduire à la sainteté, au salut et à la gloire. Et c'est ce que Dieu fait en se permettant lui-même d'être intimement lié à la douleur et à la souffrance que subit sa création.
Certains peuvent en débattre en affirmant qu'il est impossible que Dieu puisse souffrir et ressentir le mal et la douleur. Et c'est précisément là où la foi chrétienne diffère de toutes les autres. Notre Dieu est descendu sur la terre, s'est entièrement rabaissé et a pris la forme humaine, afin d'accomplir pour nous ce que nous étions incapables de faire nous-mêmes.
Sans réserve, le chrétien affirme donc devant tous ceux qui l'entendent que son Dieu s'est incarné pour lui et pour son salut, qu'il a connu la souffrance de sa chair, qu'il a connu la douleur et la peine dans sa chair, qu'il a connu la mort de sa chair, qu'il est ressuscité des morts et qu'il est monté au ciel en toute gloire dans sa chair. Et ce faisant, il a transformé la voie du châtiment en un chemin de salut. C'est pourquoi saint Paul explique que:
« ...si toutefois nous souffrons avec lui, afin d'être glorifiés...
J'estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous. » (Romains 8:17-18) C'est aussi pour ça que les Saints qui nous ont précédés sont capables d'expliquer que la raison pour laquelle ils acceptent la souffrance et toutes sortes de maux est que la douleur et la souffrance a été redéfinie et transfigurée par le Christ. Saint Macaire d'Égypte exprime ceci d'une très belle façon:
« Qu'importe l'intensité des peines qui nous affligent, que sont-elles comparées à la récompense future qui nous est promise, ou à la grâce de l'Esprit Saint qui rend visite aux âmes même dans cette vie, ou au bonheur d'avoir été délivré de la laideur des passions maléfiques, ou aux énormes dettes que nos péchés ont mis à notre charge?
Comme le dit saint Paul: 'Les souffrances de cette vie ne sont rien par rapport à la splendeur que nous découvrirons dans notre être.' Nous devons donc [poursuit Macaire] tout endurer patiemment pour le Seigneur, comme de braves soldats qui meurent pour leur Roi. » (Saint Macaire d'Égypte, Philocalie des Pères Neptiques, Vol. 3) - [traduction libre] Quelle belle façon de s'exprimer! Mes frères, ce qui ressort de notre discussion, c'est que la question que nous nous étions posée au départ n'était pas la bonne. La question n'est pas de savoir pourquoi Dieu permet-il à la douleur et à la souffrance d'exister?, mais plutôt pourquoi leur permettons-nous d'exister en refusant de nous repentir? De plus, notre Dieu nous a tracé un chemin sur lequel nos douleurs et nos souffrances peuvent nous rapprocher de lui de plus en plus, en partageant avec lui ce qu'il a vécu lui-même aux mains de personnes maléfiques.
Alors prenons-le ce chemin. Venons à lui, confiants qu'il peut comprendre toutes nos souffrances. Demandons-lui la grâce et le repentir, afin d'éviter d'apporter le mal aux autres.
Et demandons-lui également la force et le courage de supporter la douleur et la souffrance que nous connaissons nous-mêmes, afin d'être glorifiés avec lui.
N'oubliez pas, mes frères:
Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.
Et gloire à Dieu maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.