Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Certaines personnes sont tournent vers le christianisme parce qu'elles ont besoin de la bénédiction de Dieu dans leur vie, que ce soit pour des questions d'argent, de voiture, de maison, de santé, de notes à l'école, de réputation ou de carrière. Certains poussent cette idée tellement loin qu'elle devient le fondement de leur théologie. C'est ce qu'on appelle un évangile de prospérité. Mais est-ce bien ça le christianisme? Le Christ vivait-il ainsi? Faisait-il la promotion de la richesse et de la santé? Si oui, comment expliquer la présence de personnes bénies au sein d'autres religions, même parmi les athées? Cet évangile de prospérité est loin de représenter le mode de vie du Christ, ni ce qu'il prêchait. Comment faire alors pour repérer un vrai chrétien, ou autrement dit, qu'est-ce qui constitue un vrai chrétien?
Voilà la question à laquelle nous allons répondre aujourd'hui, en tentant de découvrir quelle est la principale qualité qui permet de distinguer un vrai chrétien de tous les autres.
En réalité, toute personne à l'esprit matérialiste recherche une forme quelconque de pouvoir ou d'autorité. On le remarque dans son besoin insatiable de devenir PDG ou de gravir les échelons d'une hiérarchie. Bien qu'un tel objectif ne relève pas de la corruption en soi, puisque cette personne peut très bien faire un travail honnête qui la conduise au succès, son intention peut devenir problématique si elle se limite à faire de l'argent, à promouvoir sa carrière, à gagner en autorité, etc. Ce penchant pour les choses matérielles ne faisait pas partie de la vie du Christ. En essence, c'était tout à fait à son opposé. Prenons quelques exemples...
Alors qu'il était en route pour Jérusalem, le Christ s'arrêta dans un village de Samaritains où il fut rejeté par les habitants. Ses disciples, Jacques et Jean, réagirent en disant: Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu céleste de s'abattre sur eux et de les détruire? Mais il se tourna vers eux, les réprimanda et dit: Vous ne vous rendez pas compte de l'état d'esprit qui vous habite. Le Fils de Dieu... ou plutôt, le Fils de l'Homme n'est pas venu pour détruire la vie des hommes, mais pour leur apporter le salut. Le Fils de Dieu réagit à leur dessein en les contrant par sa bonté.
Un autre exemple est celui où le Christ fut arrêté dans le jardin de Gethsémané. Saint Pierre réfléchit en humain, comme nous le faisons souvent, et coupa l'oreille de Malchus, le serviteur du grand prêtre. Mais le Christ avait un autre plan en tête. Il tendit la main et guérit l'oreille du serviteur. Mais Seigneur Dieu, pourquoi ne montres-tu pas ton pouvoir, ton autorité? Et il répondit: Je le montre, mais ce n'est pas le pouvoir auquel tu t'attends. Mon pouvoir passe par l'amour, non par l'autorité. Mon autorité est bien là, mais je préfère m'en départir pour les besoins de la cause.
Durant la passion, le Fils de Dieu fut battu. On a ri de lui, on a craché sur lui et on l'a crucifié.
Il fut ridiculisé. Puis, une fois sur la croix, on lui a lancé: Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix et nous te croirons. Il leur répondit d'une façon incroyable. Au plus fort de sa faiblesse d'humain, la véritable puissance de Dieu est apparue aux yeux du monde, alors qu'il répondit:
Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. Nul doute, à présent, que le message que Dieu adresse au monde est tout à fait contraire au message que le monde véhicule.
Tandis que le monde est mené par l'appât du gain, les chrétiens sont menés par l'amour.
C'est pour cette raison précise que saint Paul affirme ceci:
« Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu. » (1 Corinthiens 1:18) Aux yeux du monde, le message associé à la croix est une folie, car les gens n'y voient qu'un symbole de faiblesse et de trépas. Mais pour ceux qui sont sauvés, elle représente la vie et le partage de cette vie, grâce au pouvoir de l'amour. Les chrétiens d'aujourd'hui sont pris entre deux mentalités qui s'opposent: d'une part, il y a l'autorité mondiale, et d'autre part, il y a le véritable amour. C'est ce dernier comportement que doit adopter le véritable chrétien qui veut marcher dans les pas de son maître.
Mais le fait d'aimer, ça signifie quoi? Être gentil avec les autres? Eh bien, ça fait certainement partie de l'explication, mais l'amour va bien plus loin que la gentillesse. L'amour chrétien se caractérise par deux qualités que l'on peut facilement déduire de la parabole du bon Samaritain. Le Christ se servit de cette parabole en réponse à la question suivante que lui posait un homme de loi: Qui est mon prochain que je suis censé aimer? Le Christ raconta qu'un homme de Jérusalem, en route pour Jéricho, fut attaqué par des voleurs. Ces derniers lui prirent tous ses vêtements, le blessèrent et l'abandonnèrent dans un état moribond. Dans ce cas-ci, les voleurs représentent les gens à l'esprit matériel, prêts à faire souffrir les autres et à profiter d'eux.
Maintenant, comparons ces voleurs au Samaritain. Ce dernier ne connaissait pas l'homme blessé, mais la Bible rapporte qu'il eût de la compassion pour lui. Il pansa ses blessures, les traitant avec de l'huile et du vin, l'installa sur son animal et l'emmena à l'hôtel. Le jour suivant, il donna deux deniers au maître d'hôtel et lui dit: Je te rembourserai tout ce que tu dépenseras pour lui.
Les deux qualités auxquelles j'ai fait allusion ci-dessus se trouvent dans cette parabole. La première, c'est lorsque le Samaritain panse les blessures du pauvre homme. Il était de passage, il avait probablement des affaires à régler, et plus important encore, il avait sûrement hâte de revenir chez lui et de retrouver sa femme et sa famille. Il voyageait dans un but précis, et pourtant, il n'a pas pu abandonner cet homme qui gisait sur le sol. Le Samaritain lui a sacrifié sa plus précieuse commodité: son temps. Puis, il a versé l'huile et le vin, alors que ces ingrédients servent habituellement de nourriture et de breuvage. Il a installé l'homme sur ton animal, même s'il y perdait son confort. Puis il a payé le maître d'hôtel.
Ainsi, le Samaritain a perdu en temps, perdu en nourriture et en breuvage, perdu en confort en assoyant l'homme sur l'animal, et perdu en argent. Pour aimer quelqu'un ainsi, il faut être prêt à subir des pertes. Les pertes subies se traduisent en gains pour l'autre. Voilà la première qualité principale qui caractérise l'amour.
Tandis que le monde court après l'autorité, l'argent et le pouvoir, un vrai chrétien accepte de subir des pertes au profit des autres. Sa vie n'est pas centrée sur lui-même, mais sur les autres. Il choisit de servir les autres au lieu de chercher à les dominer. C'est précisément ce que le Christ a accompli par son incarnation, sa souffrance, sa crucifixion. Et il a mis ce principe en lumière à la veille de sa crucifixion quand il a lavé les pieds de ses disciples et qu'il leur a demandé, comme à nous, de faire de même.
La deuxième qualité que l'on peut déceler dans le dévouement du Samaritain envers le moribond, c'est le fait qu'il ait payé le maître d'hôtel et qu'il lui ait donné deux deniers de plus le lendemain, lui promettant de le payer davantage, suivant ses besoins. Ce dévouement est essentiel pour savoir aimer. Il est très facile d'abandonner quelqu'un, d'abandonner la vie maritale ou d'abandonner un ami. Pour rependre les paroles de saint Paul à 1 Corinthiens, chapitre 13, l'amour fait preuve d'une grande patience; il excuse tout et supporte tout. Mais plus important encore: pourrait-on imaginer que Dieu décide de nous abandonner, de nous laisser dans notre corruption, de nous laisser mourir? C'est impossible, car son amour est inconditionnel. Et c'est pourquoi saint Paul dit ceci:
« Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » (Romains 5:8) Nous étions encore des pécheurs et nous ne méritions pas son amour, mais pourtant, Dieu nous a aimés quand même, car il était attaché à nous. Son amour était inconditionnel. La deuxième partie du verset dit qu'il est mort pour nous. Il a perdu sa vie pour nous. Il est mort pour que nous puissions vivre. Il a fait ce grand échange. Dans ce court verset, nous retrouvons encore une fois les deux caractéristiques que sous-tend l'amour. C'est cet amour sacrificiel qui émane de la nature unique du Dieu trinitaire. Cet amour témoigne de l'identité de Dieu et doit donc faire partie de la nature même des chrétiens.
Malheureusement, une des principales raisons pour lesquelles la laïcité se répand dans le monde, c'est que les chrétiens ne font pas leur travail comme ils le devraient. Leur lumière doit briller davantage. Le monde a besoin de goûter à l'amour du Christ. Saint Augustin nous dit:
« Vous êtes un chrétien. Vous portez la croix du Christ sur votre front. Cette marque vous enseigne ce que vous devez professer. Il est monté sur la croix, et c'est cette croix que vous avez sur le front... Lorsqu'il était sur la croix, il regardait les gens tout autour qui tempêtaient contre lui, subissait leurs insultes et priait pour ses ennemis.
Alors qu'ils le mettaient à mort, le médecin [c'est-à-dire le Christ] traitait les malades par son sang. Il dit: Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font. Ce n'étaient pas des paroles futiles ni sans conséquence. Plus tard, des milliers de gens parmi ceux qui l'avaient mis à mort ont cru en lui et ont appris à souffrir pour celui qui avait souffert pour eux lorsqu'il était à leur merci...» (Saint Augustin) - [traduction libre] Ce que saint Augustin dit ici est très précieux. En essence, il affirme que grâce à l'amour que le Christ a manifesté alors qu'il était sur la croix, il a gagné le cœur de nombreuses personnes.
Il nous faut marcher dans ses pas. Cessons de courir après le pouvoir et l'autorité. Aspirons à une vie d'amour et de service.
N'oubliez pas:
Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.
Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.