Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Dieu peut-il se mettre en colère? L'Ancien Testament parle de Dieu comme d'un être qui s'irrite devant le mal. Même le Nouveau Testament parle de la colère divine à l'occasion.


Qu'est-ce que cette colère? Dieu peut-il vraiment se fâcher? Éprouve-t-il des émotions? Tout d'abord, il faut comprendre que la Bible est un message divin à l'humanité. Les Écritures sont donc rédigées dans un langage propre aux humains. Elles tentent de décrire Dieu, qui lui, est indescriptible. Elles cherchent à transmettre un certain message de façon simple, à notre portée, à l'aide d'un vocabulaire qui nous est familier. Mais il y a des messages qui ne peuvent être pris au sens strict, en particulier ceux qui tentent de décrire la nature de Dieu.


La nature de Dieu ne peut s'énoncer en termes humains. Par exemple, saint Grégoire le Théologien dit:


« Dieu a toujours existé, il existe toujours et il existera toujours; autrement dit, Dieu est, en tout temps. Car « était » et « sera » traduisent des périodes de notre temps qui sont de nature changeante. Mais lui, c'est un être éternel; et c'est le nom qu'il s'est donné en confiant les oracles à Moïse sur la montagne. » (Saint Grégoire le Théologien, Oraison 45, Paragraphe 3) - [traduction libre] Ce que saint Grégoire le Théologien dit ici, c'est qu'étant donné que Dieu est au-dessus du temps, il est inchangeable. Il n'éprouve pas d'émotions. Il est rationnel. Dieu est, en tout temps. Il est actif et dynamique, mais sa nature ne change pas. Saint Jean Chrysostome le confirme en disant:


« Car si la colère divine était une passion, il serait bien désespérant de ne pas pouvoir éteindre la flamme que [le méchant] aurait allumée par tant de mauvaises actions. Mais puisque la nature divine est dépourvue de passion, le fait de punir ou de se venger ne tient pas de la colère, mais de la grande bonté de Dieu et de ses soins attentionnés à notre égard. C'est pourquoi il nous incombe d'avoir beaucoup de courage et d'avoir confiance en le pouvoir de nous repentir. » (Saint Jean Chrysostome, 1 ère Lettre à Théodore, partie 4) - [traduction libre] Encore ici, les Écritures se servent du langage humain pour nous faire savoir que Dieu est en profond désaccord avec nos comportements. Il nous faut réaliser que Dieu ne peut pas être triste, puis devenir heureux plus tard, ou vice versa. Il n'est ni heureux de nous voir prier ni triste de nous voir pécher. Dieu est, tout simplement. Il a dit:


« ...avant qu'Abraham fût, je suis. » (Jean 8:58) Malheureusement, nous disons souvent à nos enfants ou à nos jeunes que leur comportement peut faire de la peine au Bon Dieu ou lui faire plaisir. Bien que certains Pères de l'Église aient tenu ces propos dans le passé pour des raisons pastorales, nous vivons maintenant à une tout autre époque et il faut être très prudent lorsque nous tenons un tel discours. Les enfants et les jeunes doivent savoir que lorsqu'ils s'adonnent au péché, ce n'est pas à Dieu qu'ils font du tort; c'est à eux-mêmes. Ceci vaut également pour ceux et celles qui vont à la messe ou lisent la Bible. C'est eux qui en profitent en se connectant à la Source de Vie.


Alors, qu'est-ce que la colère divine? On peut l'expliquer de deux façons: du point de vue terrestre et du point de vue éternel. Cette vidéo se concentre sur le point de vue terrestre, puisque nous parlons de la violence dont témoigne l'Ancien Testament. La colère divine sur terre est une description de la manière dont Dieu réagit quand nous nous égarons. Laissons saint Jean Chrysostome nous clarifier ceci, puisqu'il le fait si bien. Voici ce qu'il dit:


« Car même pour ceux qui ont péché contre lui, il n'a pas l'habitude d'imposer un châtiment dans son propre intérêt, puisqu'aucun mal ne peut perturber sa nature divine. Mais il agit de manière à nous avantager et à nous empêcher d'empirer notre perversité qui autrement nous ferait prendre l'habitude de le mépriser et de le négliger.


Celui qui reste en dehors de la lumière ne peut réduire cette lumière, mais se nuit à lui- même en s'enfermant dans les ténèbres. De même, celui qui prend l'habitude de mépriser le pouvoir tout-puissant ne peut en rien l'affaiblir, mais se fait le plus grand tort à lui-même. Et pour cette raison, Dieu menace de nous punir et souvent il le fait, non pas pour se venger, mais pour nous attirer vers lui. C'est comme le thérapeute qui évite de se sentir ébranlé ou vexé devant les insultes de ceux qui ont perdu la raison, mais qui trouve des moyens de contenir ceux qui s'adonnent à tant d'inconvenance. Et il le fait non pas dans son intérêt à lui, mais dans le leur. Il se réjouit, heureux de constater que ses patients font tout-à-coup preuve d'un peu de retenue et de sobriété.


C'est alors qu'il redouble d'efforts pour les soigner, non pas pour se venger de leur conduite d'avant, mais pour les encourager à poursuivre dans la bonne voie et ainsi restaurer le plus possible leur état de santé. » (Saint Jean Chrysostome, 1 ère Lettre à Théodore, partie 4) - [traduction libre] Ce que saint Jean dit ici est très simple. Il dit que le châtiment de Dieu sur terre nous est envoyé par amour et pour notre salut. Le châtiment n'est pas une dette envers lui, car rien ne peut affecter sa nature divine. Dieu se concentre entièrement sur nous et sur notre salut.


N'oubliez pas:


Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.


Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.