Nous avons tous déjà vécu des périodes creuses dans notre vie où nous étions seuls pour faire face à des difficultés importantes. Et souvent, quand cela se produit, on a tendance à se demander: Où est Dieu dans tout ça? Nous a-t-il abandonnés? Est-il absent, tel que nous le croyons parfois? Allons voir ensemble de quoi il en retourne.
Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Où Dieu se cache-t-il lorsque nous sommes en difficulté? Est-il absent? Est-ce qu'il nous délaisse et nous abandonne? Et que veut-on dire au juste quand on dit que Dieu est absent?
Si vous êtes comme tous ceux qui font partie de la race humaine, vous vous êtes sûrement déjà posé ces questions à un moment donné dans votre vie et peut-être même que ça vous arrive présentement. Pour mieux comprendre ce qui se passe lorsqu'on se sent comme ça, il faut prendre un peu de recul et examiner ce qui nous a peut-être amenés à parler ainsi.
Par exemple, si on dit Dieu, où es-tu, qu'est-ce qu'on dit au juste? On n'est sûrement pas en train de chercher où Dieu se trouve physiquement. Mais avec un minimum d'introspection, on peut sincèrement se demander: Est-ce un sentiment d'abandon, comme si Dieu nous avait laissés seuls et incapables de le trouver? Est-ce que ça vient de notre frustration, parce que nous sommes confus et incapables d'entendre la voix de Dieu dans notre vie? Ou est-ce autre chose? Se pourrait-il que nous ayons des attentes exagérées quant à la manière dont Dieu s'occupe de nous dans la vie? Explorons ensemble ces hypothèses et d'autres encore.
Plusieurs font appel à Dieu lorsqu'ils se trouvent en difficulté et que des obstacles majeurs se dressent devant eux. Trop souvent, ils parlent comme si Dieu était responsable d'avoir permis qu'il leur arrive des difficultés. Ainsi, ils réagissent comme avait réagi Marthe, la sœur de Lazare, en voyant le Seigneur après la mort de son frère. Comme elle, nous disons:
« ...Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort. » (Jean 11:21) Dans notre cas, on dirait: si tu avais été là, je n'aurais pas perdu mon emploi ou échoué mon examen ou été exposé à ceci ou à cela.
En réalité, nous touchons ici à deux mythes très répandus. Le premier, qui dit que Dieu est tout-puissant et qu'il nous aime, et donc, qu'il ne permettrait jamais que de mauvaises choses arrivent à ceux qu'il aime. Et le deuxième, qui dit que s'il nous arrive une difficulté, c'est que Dieu doit être absent, ailleurs, ou qu'il nous a abandonnés. Alors, nous demandons: Dieu, où es-tu? Dans les deux cas, cette façon de penser est erronée et démontre que nous comprenons très mal qui est Dieu et comment il intervient dans nos vies. Afin de nous débarrasser de ces mythes, faisons le point sur certaines idées auxquelles nous n'adhérons pas en tant que chrétiens orthodoxes:
Premièrement:
Nous n'adhérons pas à l'idée que Dieu userait de favoritisme et qu'il choisirait d'aimer et de protéger certains groupes de personnes plus que d'autres. Dieu ne veille pas seulement sur ceux qu'il appelle ses enfants parce qu'ils croient en lui. Il est clair qu'il n'a pas de favoris.
Cette idée ne saurait être crédible, puisque la plupart des apôtres ont été martyrisés et ont connu une fin atroce et que sa sainte Église fut persécutée et continue de l'être, même de nos jours; des épreuves arrivent aux bonnes personnes tous les jours. Si c'était vrai, les apôtres auraient été des rois et des dirigeants aux vies confortables et tranquilles et ils seraient morts de vieillesse, blottis dans leurs palaces. Ce n'est pas du tout le cas.
Deuxièmement:
D'après ce que nous venons de dire, nous n'adhérons pas non plus à l'idée que Dieu récompenserait ceux qu'il aime en leur procurant confort, succès, santé et richesse dans cette vie; nous croyons plutôt qu'il nous récompense par une vie éternelle, en union avec lui.
Ainsi, en tant que chrétiens orthodoxes, nous rejetons tout enseignement qui prétend qu'une personne qui prie assez fort, qui donne juste assez de son temps et de son argent, ou qui fait telle ou telle bonne action, obtiendrait la faveur de Dieu d'une quelconque façon. Ceci serait tout à fait étranger au message de l'Évangile qui dit que nous devons apprendre à vendre tout ce que nous possédons, à nous détacher de ce monde, à porter notre croix et à le suivre.
Troisièmement:
Nous ne croyons pas que Dieu soit une sorte de génie de la lampe qui accorde des vœux si on la frotte de la bonne façon et que les vœux sont correctement formulés. Il arrive trop souvent que ce mythe s'installe dans nos enseignements, comme si Dieu devait accomplir tous nos désirs parce que nous lui donnons ce qu'il veut sous forme de prière, d'adoration, de jeûne ou de dîme. C'est précisément ce qui en amène plusieurs à se sentir découragés et rancuniers envers Dieu, parce que, selon eux, Dieu les a déçus.
Quatrièmement:
Nous n'adhérons pas à l'idée que notre vie spirituelle devrait être menée par les émotions ou les sentiments. Trop souvent nous entendons les gens dire: Je ne sens rien quand je prie ou Je ne sens plus la présence de Dieu. Qu'est-ce que ça veut dire tout ça? Le danger ici, c'est que si toute ma relation avec Dieu s'appuie sur les sentiments, il est certain que je vais presque toujours me faire avoir. Quand je n'obtiens pas ce que je veux, quand les problèmes mettent trop de temps à se résoudre, quand l'orgueil et l'ego interfèrent avec le repentir, tous ces facteurs affectent mon humeur et mes émotions, ce qui se traduit directement par de la rancœur et/ou même de l'amertume au sein de ma relation avec Dieu.
Cinquièmement:
Enfin, nous ne croyons pas que Dieu soit absent, jamais. L'une des plus anciennes et des plus belles prières que nous enseigne l'Église s'adresse directement au Saint-Esprit et dit:
« Ô Roi céleste, Consolateur, Esprit de vérité, Toi qui es partout présent et qui remplis tout, trésor de bonnes choses et donneur de vie ». Remarquez les mots qui es partout présent et qui remplis tout. Dieu est vraiment omniprésent. Ou bien nous y croyons, ou bien nous n'y croyons pas. En tant que chrétien orthodoxe, je ne peux pas à la fois adhérer à la vérité que renferme cette prière et accuser Dieu d'être absent de ma vie. Il est effectivement très présent. Le fait que je ne l'entende pas ne signifie pas pour autant qu'il m'ait abandonné. Au contraire, trop souvent, le silence de Dieu est une invitation à persévérer, à dépasser nos craintes et notre anxiété, à le poursuivre en profondeur, afin de bâtir une relation plus intense avec lui.
Quant au fait de se sentir abandonné, ceci nous rappelle l'un des grands saints de l'Ancien Testament qui s'est senti comme ça de façon très intense à une certaine époque très pénible de sa vie: le grand prophète Élie. Il a cru un jour qu'il était le dernier des prophètes de Dieu à vivre sur terre. Il était fatigué de se battre et quand la reine maléfique qu'était Jézabel a cherché à le faire mourir, il a fait appel à Dieu, jusqu'au point de demander à mourir. Les Écritures nous disent:
« ...et demanda la mort, en disant: C'est assez! Maintenant, Éternel, prends mon âme, car je ne suis pas meilleur que mes pères. » (1 Rois 19:4) On peut imaginer sa détresse et son anxiété, assis sous un genêt, à penser que la vie ne vaut plus la peine d'être vécue. Mais en réalité, Dieu ne se cachait pas de lui. Au contraire, il était beaucoup plus près qu'il ne l'imaginait. Allons voir ensemble ce qui s'est passé ensuite:
« [Et alors] l'Éternel dit: Sors, et tiens-toi dans la montagne devant l'Éternel! Et voici, l'Éternel passa. Et devant l'Éternel, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers: l'Éternel n'était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre: l'Éternel n'était pas dans le tremblement de terre.
Et après le tremblement de terre, un feu: l'Éternel n'était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger. [Et] quand Élie l'entendit, il s'enveloppa le visage de son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne. Et voici, une voix lui fit entendre ces paroles: Que fais-tu ici, Élie?
Il répondit: J'ai déployé mon zèle pour l'Éternel, le Dieu des armées; car les enfants d'Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l'épée tes prophètes; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m'ôter la vie. [Et] l'Éternel lui dit: Va, reprends ton chemin par le désert jusqu'à Damas... » (1 Rois 19:11-15) Mes bien chers frères, voyez comme le Seigneur s'est révélé à Élie, en un doux et léger murmure. Les Écritures disent que le Seigneur ne se trouvait pas dans les vents forts, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu; il se trouvait dans un doux et léger murmure.
C'est ce même Élie qui, au chapitre précédent, connaissait une grande victoire, alors que Dieu lui permit de vaincre à lui seul des centaines et des centaines de prêtres et de prophètes païens sur le Mont Carmel. Dieu avait entendu sa requête et avait envoyé un feu aux yeux de tous, afin qu'il consume son sacrifice et qu'il se déclare Dieu devant eux.
Comment Élie a-t-il pu oublier si vite que Dieu était avec lui? Dès que Jézabel lui envoya la missive qu'elle cherchait à le faire mourir parce qu'il était responsable de la mort de tous les faux prophètes, Élie s'est mis à désespérer. Mais Dieu, présent dans ce doux et léger murmure, lui sauva la vie. Il lui fit part de son plan et continua à l'appuyer.
Nous aussi, nous oublions très vite la main puissante de Dieu dans nos vies; les moments où il nous a sauvés, où il nous a accordé sa miséricorde et nous a extirpés de très mauvaises situations par le passé. Que nous sommes rapides à désespérer et à douter de sa présence!
Tout comme Élie, nous devrions, nous aussi, calmer nos cœurs, calmer notre tempête intérieure et chercher ce doux et léger murmure. C'est ce murmure qui nous guidera et nous apportera la paix. Personne ne doit dire que la tâche est facile; il faut toujours croire que l'effort en vaut la peine.
Ainsi, mes bien chers frères, nous allons conclure en disant que, bien souvent, le fait de nous demander où est Dieu n'est pas la bonne question à se poser. Nous devrions plutôt nous demander: Quelle est la suite, Seigneur? Où veux-tu m'emmener? Que dois-je apprendre de ceci? Bien qu'il faille être confiant et fort pour poser de telles questions, la récompense de vivre une vraie relation personnelle avec Dieu en vaut réellement la peine. Gardons en tête les encouragements de saint Jean Climaque qui, dans son livre L'échelle de l'ascension divine, nous exhorte à regarder en avant et à ne pas désespérer:
« Élevez-vous, mes frères, élevez-vous avec enthousiasme. Que vos cœurs soient déterminés à escalader! Écoutez la voix de celui qui dit: « Venez, escaladons la montagne du Seigneur, la demeure de notre Dieu, qui rend nos pieds pareils à ceux de la biche, qui nous place sur les hauts lieux, afin que nous triomphions sur sa route. »» (Saint Jean Climaque, L'échelle sainte) - [traduction libre] Merci d'avoir regardé cette vidéo. Ne manquez pas de regarder nos vidéos précédentes en visitant et en vous abonnant à notre chaîne. Si cette vidéo vous a été bénéfique, partagez-la avec vos ami(e)s.
N'oubliez pas:
Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.