Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Aujourd'hui, nous continuons notre série sur les passions en nous penchant sur une passion qui peut très facilement être associée au plaisir du corps. Nous nous demandons: Qu'est-ce que la gourmandise et pourquoi la considère-t-on comme une passion? Tout d'abord, allons- y d'une définition qui nous permettra d'alimenter la discussion.


La gourmandise est connue comme étant le désir associé au plaisir de manger et de boire ou l'art de faire plaisir à notre bouche et à notre ventre. Il est clair que ce désir nous amène à manger juste pour manger, juste pour le plaisir que cela nous apporte. On parle donc de gourmandise quand la personne est rendue au point de croire qu'il est normal de manger et de boire à l'excès. Elle agit de la sorte non pas pour calmer sa faim ou se désaltérer, mais parce qu'elle est maintenant contrôlée par son appétit et ses papilles gustatives.


À ce point-ci de la discussion, il est important de noter que la nourriture et les spiritueux ne sont pas mauvais en soi. Au contraire, les chrétiens devraient les percevoir comme étant des dons de Dieu. Cependant, comme dit le vieux proverbe: Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. Si la gourmandise est considérée comme une passion, ce n'est pas que la nourriture elle-même soit impure ou mauvaise, ni que la fonction de nutrition évoque une forme quelconque de péché. Comme disait le Christ: Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme. Et saint Paul nous enseigne que tout ce que Dieu a créé est bon et que rien n'exige qu'on s'en écarte si on l'accueille en rendant grâce à Dieu.


Prenons le temps de nous rappeler que l'objectif qui se cache derrière toute passion est de dérouter la personne. Au lieu de rester orientées vers Dieu, nos préoccupations se tournent vers des choses matérielles et immorales que nous cherchons à obtenir. Dans le cas de la gourmandise, celui qui détourne son attention et son énergie vers le plaisir de manger et de boire n'est pas en train de rendre grâce à Dieu, tel que prévu. Au contraire, il se soumet à un autre dieu, si on veut. En guise d'exemple, allons voir comment saint Paul s'exprime à ce sujet dans son Épître aux Philippiens, au chapitre 3. Il écrit aux habitants de Philippes et les met en garde contre ceux qui s'adonnent à la chair et aux autres plaisirs matériels. Il dit ceci, aux versets 17 à 19:


« Soyez tous mes imitateurs, frères, et portez les regards sur ceux qui marchent selon le modèle que vous avez en nous.


Car il en est plusieurs qui marchent en ennemis de la croix de Christ, je vous en ai souvent parlé, et j'en parle maintenant encore en pleurant.


Leur fin sera la perdition; ils ont pour dieu leur ventre, ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte, ils ne pensent qu'aux choses de la terre. » (Philippiens 3:17-19) Cet extrait est un parfait exemple de la manière dont une personne peut être déroutée en s'abandonnant aux plaisirs de la nourriture et comment son ventre peut devenir son dieu, comme le dit saint Paul.


Prenons par exemple deux textes bibliques différents qui illustrent ce qu'il faut faire et ne pas faire quand vient le temps de se nourrir. Le premier exemple nous fait voir ce qui est arrivé à Adam et Ève lorsqu'ils ont contemplé le fruit de l'arbre. Au chapitre 3 de la Genèse, verset 6, Ève voyait que l'arbre était bon à manger et qu'il était un délice pour les yeux. Son attrait pour les yeux et le ventre était plus fort que le besoin de suivre le commandement que Dieu avait donné. Nous savons tous que ce désir immoral et vorace a conduit à la désobéissance, et ultimement, à la chute de l'humanité.


Pour le deuxième exemple, plus parfait encore à décrire comment on doit se comporter face à la nourriture, nous nous tournons vers le Seigneur lui-même qui fut tenté par Satan sur la montagne. Le Seigneur fut poussé à rompre le jeûne et de céder à son estomac. Sa réponse fut exactement celle que nous devrions avoir en tête lorsque nous sommes confrontés à la gourmandise:


« (...) L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Matthieu 4:4) Ce dont il faut se rappeler, c'est que le corps nous a été donné comme un temple que nous devons organiser et entraîner, afin d'être un véhicule fait à l'image et à la ressemblance de Dieu. Il doit donc servir à vénérer Dieu, et non pas devenir l'objet de notre propre vénération.


Nous devons nous en servir pour diriger nos offrandes vers Dieu au lieu de toujours les diriger vers notre corps lui-même. Prenons le temps d'écouter ce que saint Jean Chrysostome nous dit à ce sujet:


« Votre ventre vous a été donné pour que nous le nourrissiez, et non pour qu'il éclate.


Votre corps vous a été donné afin que vous le dirigiez, pas pour qu'il soit votre maîtresse. Il vous a été donné afin que vous vous en serviez pour nourrir les autres membres, et non pour le servir lui. N'allez pas au-delà de ces limites. Toute l'eau d'un déluge ne saurait faire autant de tort aux rives de la mer que notre ventre en fait à nos corps et à nos âmes. Un déluge n'envahit qu'une partie des terres. Le dieu du ventre envahit le corps tout entier. Imposez-lui des restrictions, tout comme Dieu impose les rivages sablonneux à la mer. » (Saint Jean Chrysostome, Homélie sur les Philippiens .3.18-21) - [traduction libre] C'est donc sans surprise que l'Église orthodoxe ne manque pas une occasion de tirer profit des bienfaits du jeûne et de l'ascétisme, afin d'aider le croyant à exercer un autocontrôle sur ses passions de la chair.


Mes bien chers frères, en conclusion, retenons que tout ce que Dieu a créé pour nous, il l'a créé afin que ce soit bon et dans notre intérêt. Ne tournons pas les dons de Dieu en idoles que nous poursuivons et auxquelles nous nous soumettons. Que Dieu nous accorde de résister à toutes les passions qui tentent d'éloigner de lui nos cœurs et nos âmes.


N'oubliez pas:


Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.


Et gloire à Dieu maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.