Dans la vie de tous les jours, nous sommes souvent confrontés à des situations où nous devons subir les manquements des autres, qu'ils fassent partie de notre famille, de nos amis, et même de notre communauté. Alors comment peut-on composer avec ces situations?
Comment le chrétien que je suis devrait réagir face au péché de l'autre? Discutons de tout ça ensemble.
Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Donc, comment composer avec les péchés d'autrui? Quelle devrait être la réaction d'un chrétien face aux péchés ou aux faiblesses d'une autre personne? Mes frères, la réponse à cette question peut paraître évidente et certains pourront simplement dire: Dieu est amour, alors nous devrions nous aimer les uns les autres. Ou encore: Nous devrions pardonner, tout comme Dieu nous pardonne. Bien que ces réactions aient du mérite, je serais porté à dire que c'est en théorie seulement, car au niveau pratique, nos réactions laissent plutôt à désirer quand vient le temps de faire face aux péchés des autres dans notre vie quotidienne.
Laissez-moi vous tracer un portrait de la situation. Imaginons ensemble quelques scénarios et les réactions qu'ils pourraient engendrer au sein de la communauté.
Scénario #1. Imaginez, si on veut, un homme et une femme pratiquants qui se fréquentent et qui annoncent un jour qu'ils attendent un enfant, bien qu'ils ne soient pas mariés. Comment réagissons-vous? Est-ce que nous décidons ensemble d'offrir notre support à ce jeune couple? Est-ce que nous leur montrons notre amour et les encourageons à formaliser leur union en se mariant et en formant une famille ou est-ce que nous les évitons? Est-ce que nous parlons d'eux? Est-ce que nous suggérons de les bannir du service, afin que cela serve d'exemple pour faire comprendre aux autres que c'est un comportement répréhensible?
Allez, soyons honnêtes. Quelle sera notre réaction la plus probable?
Laissez-moi vous proposer un deuxième scénario. Un jeune homme de notre église s'est fait arrêter pour avoir commis un crime quelconque et tout le monde finit par l'apprendre. Bien qu'il s'agisse d'un crime scandaleux et que sa réputation soit nettement entachée, l'homme se présente à l'église. Que faisons-nous? Est-ce que nous le recevons les bras ouverts? Est- ce que nous l'encourageons et lui disons que nous sommes heureux qu'il soit de retour à l'église? Ou parlons-nous de lui dans son dos, en nous demandant s'il a changé? Peut-être allons-nous jusqu'à prévenir les autres en leur conseillant de se tenir loin de lui?
Mes frères, je pose ces questions, car trop souvent, nous passons à côté des occasions de ressembler au Christ, malgré que nous soyons chrétiens et que nous devions le représenter.
On ne peut nier que ces scénarios soient complexes et qu'il faille les aborder avec sagesse et discernement, mais il faut aussi reconnaître que l'on peut apprendre tous ensemble à mieux représenter le Christ lorsqu'on fait face à des situations délicates.
Ceci me fait penser à une histoire liée aux Pères du désert qui, je crois, peut servir de référence quant à la manière dont nous devrions nous comporter les uns avec les autres. Elle implique Abba Ammonas, disciple de saint Antoine, qui était aussi évêque. Il rendit visite à un monastère au fin fond de l'Égypte, alors qu'un frère y avait une très mauvaise réputation.
Selon la rumeur, le frère aurait eu une femme avec laquelle il s'adonnait au péché dans son compartiment. Quand les autres frères l'apprirent, ils décidèrent de le confronter, de le surprendre avec la femme dans son compartiment, et possiblement de le chasser du monastère.
Les frères en informèrent Abba Ammonas et lui demandèrent de se joindre à eux pour confronter le frère pécheur. Et quand ledit frère eut vent de leur plan, il cacha la femme au fond d'un gros baril, un tonneau, en espérant que les autres ne la trouveraient pas. Allons lire ensemble ce qui se passa ensuite:
« Le groupe de moines se rendit sur les lieux. Abba Ammonas vit clairement où se trouvait la femme, mais pour l'amour de Dieu, il en garda le secret. Il entra, s'assied sur le tonneau et ordonna qu'on fouille le compartiment. Lorsque les moines eurent cherché partout sans trouver la femme, Abba Ammonas leur dit: Mais qu'est-ce que c'est que ça? Que Dieu vous pardonne! Et après avoir prié, il fit sortir tout le monde, puis il prit le frère par la main et dit: Mon frère, sois sur tes gardes. Et sur ces paroles, il se retira. » (Les apophtegmes des Pères du désert, Ammonas:10) - [traduction libre] Mes frères, nous pouvons tirer une grande leçon de ce récit. Bien qu'Abba Ammonas eût été parfaitement conscient de ce qui se passait, il a choisi de taire le péché de son frère, le moine. Il avait été témoin du mal que le moine avait fait et savait très bien que la femme était là, mais il anticipait un plus grand mal: la perte d'un de ses frères. Un frère pour le salut duquel le Christ Notre-Seigneur avait donné sa vie serait maintenant banni. Il l'a donc exhorté à se repentir en se faisant le gardien de son âme. Il s'est adressé à lui sans le culpabiliser ni lui faire honte. Il ne l'a même pas sermonné sur ce qui est acceptable ou pas pour un moine, non! Il a plutôt fermé les yeux sur le péché de son frère et l'a incité au repentir.
Mes frères, il faut nous rappeler que lors de la Prière de l'Action de Grâce de l'Église copte orthodoxe, chacun de nous, croyants, nous nous rassemblons et nous prononçons les paroles suivantes:
« Rendons grâce au Dieu bienfaisant et miséricordieux, le Père de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Car il nous a abrités, nous a aidés, nous a protégés, nous a pris sous son aile, nous a épargnés, nous a supportés et nous a portés jusqu'à cette heure. » (Prière de l'Action de Grâce) - [traduction libre] Remarquez comme nous rendons grâce à Dieu de nous avoir abrités. Imaginez un peu ce qui se passerait si le Seigneur nous retirait sa grâce, nous laissant exposés et sans protection. Tout ce que nous faisons à la cachette serait tout à coup visible aux yeux de tous.
Et alors? Qu'adviendrait-il de nous? Si nous rendons grâce à Dieu, c'est aussi parce qu'il nous épargne. Il ne nous jette pas aux lions, comme on dit, pas du tout. Il établit la norme quant à la façon de nous traiter entre nous. De toute évidence, Abba Ammonas avait compris cela et c'est pourquoi il a protégé son frère et l'a épargné, tout comme le Seigneur l'avait fait.
Un dernier exemple à considérer serait la réaction du Seigneur face à la femme qui fut jetée à ses pieds dans l'Évangile selon saint Jean, au chapitre 8, après avoir été prise à commettre l'adultère. Les scribes et les pharisiens demandèrent au Seigneur de la juger. Et voici que notre Seigneur établit la norme de ce qui devrait être fait face au péché des autres. Voyons ensemble ce que le texte nous rapporte: ...ils dirent à Jésus: Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère.
Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis- tu?
Ils disaient cela pour l'éprouver, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus, s'étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre.
Comme ils continuaient à l'interroger, il se releva et leur dit: Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle.
Et s'étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre.
Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu'aux derniers; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu.
Alors s'étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit: Femme, où sont ceux qui t'accusaient? Personne ne t'a-t-il condamnée?
Elle répondit: Non, Seigneur. Et Jésus lui dit: Je ne te condamne pas non plus: va, et ne pèche plus. (Jean 8:4-11) Maintenant, chers frères et sœurs, évitons la confusion ici. Le Seigneur n'est pas en train de laisser la femme s'en tirer ni de fermer les yeux sur ce qu'elle a fait. Pas du tout. Cependant, le Seigneur est davantage centré sur l'idée de sauver la personne, dans ce cas-ci la femme adultère, ce qui a beaucoup plus de valeur à ses yeux que d'invoquer la loi pour la condamner. Voyez-vous, Dieu a un sens de la justice qui diffère du nôtre. Le monde croit à tort que la justice est une sorte de système pénal où on impose une sentence à de mauvaises personnes selon ce qu'elles ont fait, afin de leur donner une leçon. Notre compréhension du Verbe est toute autre.
Pour le chrétien, la justice est établie lorsqu'on répare le mal qui a été fait pour en faire du bien, lorsqu'une personne se rachète et qu'elle s'amende, qu'elle est littéralement excusée.
Voilà ce que le Seigneur a offert à la femme pécheresse. Il lui a permis de se racheter et lui a redonné sa dignité. Il l'a ramené à sa volonté, et par le fait même, l'a excusée. Et pour être bien clair, il lui a dit: moi non plus je ne te condamne pas, mais ne pèche plus. L'appel au repentir et l'adoption d'une vie saine faisait toujours partie de son intervention.
Mes bien chers frères, à travers ces exemples, il y a trois points importants à se rappeler lorsque nous sommes confrontés aux péchés d'autrui: #1...Nous devrions nous protéger les uns les autres comme nous demandons au Seigneur de nous protéger; #2...Il faut nous centrer sur la rédemption de la personne, laquelle est de la plus haute importance pour Dieu; et #3...Alors que nous invitons les autres à se repentir, l'amour est toujours ce qui permet d'être excusé, et non pas une idéologie liée à un système pénal quelconque. Et si nous appliquons cette norme, nous mériterons d'être appelés des chrétiens et le monde et tous ceux qui sont en proie au péché seront capables de voir en nous l'amour du Christ qui vient les racheter de leurs fautes.
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Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.