Avez-vous déjà entendu les gens parler des conditions qui mènent au salut? Vous êtes-vous déjà demandé ce que le salut nous permet d'éviter en tant que chrétiens et comment Dieu s'y prend pour nous accorder son salut? Eh bien, si c'est votre cas, vous n'êtes pas les seuls.


C'est probablement l'un des plus importants sujets de toute l'histoire du christianisme, et celui dont on parle le plus aussi.


Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Selon les chrétiens, comment l'humanité obtient-elle son salut? Et qu'est-ce que le salut représente au juste? La façon dont le salut est assigné à la vie d'un croyant est un sujet qui a été largement débattu par de nombreuses personnes. Jusqu'à ce jour, la façon d'obtenir le salut de Dieu a été abondamment discutée au sein de nombreux cercles chrétiens. On donne le nom de sotériologie à cette science théologique qui traite du salut. Aujourd'hui, nous souhaitons ouvrir la conversation en effectuant un survol de la manière dont le christianisme orthodoxe aborde le sujet. Ce sera notre première vidéo d'une série à venir.


Cela dit, commençons par les clarifications qui s'imposent... Bien que l'on ait maintes fois traité de ce sujet et que de nombreux grands théologiens en aient débattu à souhait, nous, en tant que chrétiens orthodoxes, nous maintenons que l'administration ou la planification du salut est un mystère qui restera mystère. Il n'y a rien que l'on puisse faire avec nos limites d'humains pour en arriver à comprendre la profondeur avec laquelle Dieu accorde le salut à son peuple. Les Saintes Écritures nous proposent plusieurs modèles différents de salut dont on peut se servir pour parler du salut de Dieu envers l'humanité. Les auteurs du Nouveau Testament parlent du Christ maître, du Christ rançon, du Christ sacrifice. Ils parlent aussi de l'Échange divin, du Serviteur souffrant, tout comme du Christ grand vainqueur. Tous ces modèles, et bien d'autres encore, évoquent le salut au sein des Écritures. Ainsi, en tant que chrétiens orthodoxes, nous ne pouvons pas nous en tenir à un seul modèle et ignorer les autres, car ces modèles ne sont pas mutuellement exclusifs. Autrement dit, ils évoquent différents aspects du mystère, sans se contredire l'un l'autre. Nous devons les considérer tous et interpréter adéquatement chacun d'eux et reconnaître qu'ils ont tous quelque chose à raconter sur le grand mystère du salut qui nous est gracieusement offert par Dieu.


Il est important que nous commencions par identifier le problème face auquel nous avons besoin d'obtenir le salut. Trop souvent, lorsque nous parlons de la déchéance de l'humanité, nous parlons du péché au point de vue moral seulement, comme s'il représentait une sorte d'échec éthique de notre part. S'il est vrai qu'il existe un élément de péché que l'on peut concevoir comme un acte de désobéissance au commandement de Dieu, ceci ne témoigne en rien de l'ampleur des répercussions que peut entraîner le péché.


Le livre de la Sagesse contient un très bel énoncé qui dit:


« Or, Dieu a créé les humains pour une vie immortelle; il les a faits à l'image de ce qu'il est lui-même, C'est à cause de la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde... » (Sagesse 2:23-24) - [Nouvelle Français courant] Les premiers Pères de l'Église, comme saint Athanase, expliquaient qu'en choisissant de nous détourner de Dieu par le péché, nous nous condamnons à vivre dans « la mort et la corruption ». Ainsi, le salut doit opérer un changement existentiel en nous. Nous devons passer de la mort à la vie, de la corruption à la purification, de la séparation d'avec Dieu à notre union avec lui. Par conséquent, en tant que chrétiens orthodoxes, nous rejetons toute doctrine de salut qui s'arrête au simple besoin d'être pardonné pour une transgression morale. L'humanité avait besoin d'un changement ontologique et c'est exactement ce que le salut de Dieu nous offre.


Dans cette discussion sur le salut, voici un autre élément qu'il faut prendre en considération: il est clair que c'est nous qui avons changé, et non pas Dieu. Les Écritures sont sans équivoque lorsqu'elles nous disent que Dieu n'a pas changé:


« Car je suis l'Éternel, je ne change pas... » (Malachi 3:6) Le fait de suggérer que le péché aurait provoqué un changement en Dieu, que ce soit au niveau de sa vertu ou de sa façon de se conduire envers nous, irait à l'encontre de ce que nous enseignent les Saintes Écritures. Notre nature pécheresse a engendré une grande séparation entre nous et Dieu, mais c'est l'humanité qui doit se réconcilier avec Dieu, et non pas Dieu qui doit se réconcilier avec l'humanité. Saint Paul, dans sa seconde Épître aux Corinthiens, dit clairement que l'intention de Dieu est de se réconcilier avec lui-même. Il dit ce qui suit:


« Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation.


Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. » (2 Corinthiens 5:18-19) Ceci nous amène également à réaliser que, si l'intention de Dieu à notre égard est de nous voir réconciliés avec lui, cela signifie bien sûr que la Sainte Trinité, soit le Père, le Fils et le Saint-Esprit, souhaitent tous notre réconciliation. Et c'est ce que Dieu veut pour nous: que nous soyons unis à lui.


Cependant, certaines doctrines du salut présentent des notions qui vont à l'encontre des deux points dont nous venons de discuter. Elles suggèrent que Dieu est celui qui a changé, dans la mesure où nous avons offensé son honneur divin; il exige maintenant d'obtenir satisfaction. Elles supposent que Dieu a changé sa façon de nous percevoir! Par ailleurs, d'autres doctrines avancent qu'il semble exister différentes volontés entre les personnes de la Trinité, comme si nos péchés avaient provoqué des conflits, voire une déconnexion entre les personnes de la Sainte Trinité. Ce type de doctrine est tout simplement inacceptable pour nous. Nous rejetons toute doctrine qui entraînerait une division au sein de la Sainte Trinité, puisque nous n'y croyons pas du tout.


En fait, nous croyons que, dès l'instant où nous nous sommes écartés de Dieu, la Sainte Trinité a exprimé le désir que l'humanité se repentisse et qu'elle revienne à Dieu. C'est pourquoi nos prières liturgiques et nos louanges nous apprennent souvent à dire « Car par la volonté même du Christ et le plaisir de son Père et du Saint-Esprit, il est venu et nous a donné le salut. » C'est une volonté unie. C'est cet amour envers l'humanité qui pousse saint Jean Chrysostome à exprimer lui aussi que Dieu souhaite nous voir nous réconcilier à lui et que ce n'est pas seulement la volonté du Fils. Il dit plutôt:


« Quand je dis que le Christ est la cause d'une réconciliation, je dis que le Père l'est aussi. Quand je dis que le Père a donné, je veux dire que le Fils a donné aussi. » (Saint Jean Chrysostome - Homélies sur les Corinthiens 11.4) - [traduction libre] Ainsi, le fait d'introduire une source de division ou de tension, quelle qu'elle soit, entre le Père et le Fils n'est pas du tout conforme aux enseignements de l'Église.


Il est également important de noter que dans la foi chrétienne orthodoxe, le travail de Dieu envers le salut ne se limite pas à un événement en particulier dans la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Alors que nous parlons fréquemment du sacrifice du Seigneur sur la croix et de sa mort qui donne la vie, nous ne devrions pas parler comme si l'administration divine du salut par le Seigneur se résumait strictement à l'évènement de la croix. Ce n'est tout simplement pas ce en quoi l'Église croyait à l'origine.


Prenons par exemple l'enseignement de saint Cyrille d'Alexandrie. Ce dernier enseigne que le Seigneur a voulu nous changer pour le mieux en devenant pleinement humain par son incarnation. De sa naissance à son Ascension, la vie entière du Seigneur était dévouée à nous apporter le salut. Voyons ce que saint Cyrille nous dit:


« Le Fils est venu, ou plutôt, il s'est fait homme, afin de reproduire notre condition en lui-même; tout d'abord par l'aspect sacré, merveilleux et purement étonnant de sa propre naissance et de sa propre vie (...) Il voulait que nous sentions cette revitalisation intellectuelle et cette assimilation spirituelle à lui-même, qui est le Fils réel et naturel, afin que, nous aussi, nous puissions appeler Dieu notre Père, et ainsi, demeurer exempts de corruption, n'étant plus lié au premier père, qui est Adam, par lequel nous étions corrompus. » (Saint Cyrille d'Alexandrie) - [traduction libre] C'est ce que nous dit saint Cyrille à propos de l'unité du Christ. C'est précisément cette foi qui nous amène à réaliser à quel point le salut est un grand mystère. Ce n'est pas seulement la croix, c'est la vie entière de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de son ministère, ce qui explique pourquoi l'Église ne mentionne pas seulement la croix dans son Credo, mais elle ajoute aussi que « pour nous et pour notre salut, il fut incarné, se fit homme, fut crucifié, dut souffrir, fut enterré, ressuscita d'entre les morts, monta au ciel, s'assit à la droite du Père, et revint vers nous... ». Tous ces événements importants et bien d'autres encore conduisent au salut de l'être humain par le Christ Jésus notre Seigneur!


Ultimement, tout ceci nous ramène à l'objectif de notre salut, qui est la vie éternelle avec Dieu, en lui, par lui, avec lui. Il a toujours voulu que nous soyons unis à lui:


« ...afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient en nous... » (Jean 17:21) Pour cette raison, nous croyons que Dieu est devenu homme, pas seulement pour mourir pour nous, mais aussi pour que chaque aspect de son passage à la condition humaine nous apporte le salut, qui est notre union avec lui. Le grand mystère du salut, c'est que lorsque nous nous sommes détournés de lui et que nos choix immoraux ont engendré le péché et la corruption, il est devenu ce que nous sommes, afin de nous ramener à lui. Ce que nous n'avons pas pu faire par nous-mêmes, il l'a fait pour nous. Il a pris ce qui était à nous et nous a donné ce qui était à lui. Et dans son incarnation, soit sa naissance, sa vie, son ministère, son baptême, sa transfiguration, sa trahison, sa crucifixion, sa mort, sa résurrection, son Ascension et son envoi du Saint-Esprit pour qu'il réside en nous, tout cela nous a amené à le connaître de nouveau, afin que nous soyons unis à lui. Car au bout du compte, c'est ça le salut!


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