Devrions-nous toujours suivre l'autorité civile? Dieu demande-t-il aux chrétiens de suivre aveuglément les autorités? Faut-il même les suivre? Oui, bien sûr, nous devons s'en remettre à elles, aucun doute là-dessus: les chrétiens suivent les lois civiles. Mais doit-on le faire à tout coup, peu importe ce qui est demandé? Voilà la question viscérale! Mais d'abord, pourquoi essayer de répondre à une telle question? Parce qu'il est devenu bien évident que les chrétiens de tous âges ne savent comment réagir lorsque les autorités dépassent les limites de leur mandat.


Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Premièrement, saint Paul se montre très clair lorsqu'il dit ce qui suit à Romains, chapitre 13:


« Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures; car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu.


C'est pourquoi celui qui s'oppose à l'autorité résiste à l'ordre que Dieu a établi, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes.


Ce n'est pas pour une bonne action, c'est pour une mauvaise, que les magistrats sont à redouter. Veux-tu ne pas craindre l'autorité? Fais-le bien, et tu auras son approbation.


Le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains; car ce n'est pas en vain qu'il porte l'épée... » (Romains 13:1-4) Saint Paul envoyait ici un message clair aux chrétiens qui croyaient devoir se rapporter uniquement à Dieu et pas aux autorités civiles qui les gouvernaient. Les chrétiens de l'époque avaient du mal avec cette idée, car l'autorité civile était constituée de païens. Son message était donc clair: oui, obéissez; n'essayez pas de vous placer au-dessus de la loi simplement parce qu'elle a été instaurée par des païens. Cependant, de toute évidence, saint Paul parlait de l'autorité civile en général dans son message, celle qui est accordée par Dieu.


Or, il ne faut pas résister à Dieu, disait-il. Dieu confie à certaines personnes l'autorité de gouverner, et donc, quiconque décide de défier cette autorité défie le système que Dieu a mis en place.


Les enseignements de saint Paul nous laissent également savoir qu'implicitement, ceux qui savent bien se conduire n'ont rien à craindre des dirigeants. Voilà sur quoi repose cet extrait.


Ce qui est implicite ici, c'est que l'autorité civile veut notre bien, donc, obéissons. Mais l'autorité civile n'a-t-elle pas déjà sévi par le passé, même si les gens avaient une bonne conduite? Est-il déjà arrivé, et je ne parle pas de quelqu'un en particulier ici, est-il déjà arrivé que certaines personnes soient injustement persécutées? Absolument! L'exemple le plus classique est le sort qui fut réservé à l'Église au cours des premiers siècles de son existence: le christianisme, à cette époque, était totalement illégal dans l'Empire romain.


Or, saint Paul est-il en train de dire que les chrétiens doivent obéir aux gouvernements, même s'ils s'opposent à la foi chrétienne? Non, pas du tout! Pensez-y un peu... Est-ce que l'Église s'est soumise lorsqu'on lui a ordonné de vénérer les idoles des païens au cours des premiers siècles? Absolument pas! Elle fut donc persécutée. Les gens furent torturés et nombreux sont ceux qui furent martyrisés au nom de leur foi. Plusieurs chrétiens ont même été brûlés vifs par les autorités gouvernementales. L'Église copte, tout comme bien d'autres églises, fut témoin d'un nombre incroyable de martyres à travers les siècles. Les 2000 ans de christianisme en Égypte furent largement marqués par la persécution, ce qui lui a aussi valu sa gloire.


L'Église devrait donc obéir aux autorités pour toute question qui ne touche pas la foi chrétienne.


Cependant, quand la foi est en cause, c'est une toute autre paire de manches. Saint Basile nous dit ce qui suit:


« Il est bien de se soumettre aux hautes instances chaque fois qu'elles n'empiètent pas sur les ordres de Dieu. » (Saint Basile, Sur l'éthique chrétienne) - [traduction libre] En fait, il nous dit: obéissez lorsque les commandements de Dieu ne sont pas violés. Pour sa part, Saint Augustin dit ceci:


« En toute légitimité, Paul nous prévient face à tout homme qui se gonfle d'orgueil parce que le Seigneur l'a appelé à être libre et à devenir chrétien, et qui croit qu'il n'a pas à conserver le statut qu'on lui a accordé dans la vie ou à se soumettre aux pouvoirs qui ont été temporairement conférés aux gouvernements de ce monde... il est normal, dans cette vie, que nous nous rapportions aux autorités, c'est-à-dire, aux personnes auxquelles on reconnaît, dans une certaine mesure, le droit d'administrer les questions humaines. Mais en ce qui concerne les questions spirituelles qui nous amènent à croire en Dieu et à aspirer à son royaume, il est inapproprié d'être assujetti à tout homme qui cherche à renverser en nous ce que Dieu nous a accordé de bon gré pour que nous obtenions la vie éternelle [pour que nous obtenions la vie éternelle]. Ainsi, tout homme qui, parce qu'il est chrétien, se croit au-dessus des taxes ou des contributions et croit qu'il n'a pas à respecter ceux qui font figure d'autorité pour s'en quérir, celui-ci fait gravement erreur. De même, tout homme qui croit devoir se soumettre au point de laisser une autorité qui lui est supérieure décider de sa foi, celui-là commet une erreur encore plus grave. Mais il faut maintenir l'équilibre que le Seigneur lui-même a prescrit... » (Saint Augustin, Commentaire sur Romains 13) - [traduction libre] Saint Augustin est très clair: la loi de Dieu est au-dessus des lois terrestres. En cas de conflit entre elles, c'est la loi de Dieu qui a préséance sur toute chose. Dans le cas qui nous intéresse, quelle règle l'Église va-t-elle suivre? Voyez-vous, nous entendons parler de communisme, de socialisme et de démocratie, mais l'Église ne suit aucun de ces régimes: elle est théocratique. Le terme démocratie provient de 2 mots grecs: δήμoς (dímos), qui signifie peuple, et κρατία (kratía), qui signifie loi. La démocratie, c'est donc la loi du peuple.


La théocratie, c'est la loi de Θεός (Theós), la loi de Dieu. L'Église, étant le corps du Christ, suit son chef: le Christ lui-même. C'est lui qui la gouverne suivant les lois qu'il lui a données dès le départ et Dieu partage cette responsabilité avec les évêques de l'Église dûment nommés.


Maintenant que ceci est compris, prenons quelques exemples. Est-ce que l'autorité civile qui est au pouvoir peut imposer des taxes à une paroisse? Oui, absolument! Est-ce que cette même autorité civile peut exiger que la paroisse suive le code du bâtiment et qu'elle se procure un permis avant de se construire? Bien sûr! Cependant, est-ce que ce gouvernement peut dicter qui peut prendre part à l'Eucharistie et qui ne peut pas? Absolument pas! Ceci dépasse son mandat. C'est une atteinte à la loi de Dieu. Dieu affirme que le péché est le seul motif qui puisse interdire l'Eucharistie. La santé physique ou mentale ou tout autre type d'exigence est sans effet dans ce cas-ci. Il n'y a que la santé spirituelle qui compte. Dans les derniers deux ou trois ans, j'ai été plus que chagriné de constater à quel point de nombreux chrétiens se sont si facilement permis d'empêcher leurs frères et sœurs de prendre part au Christ pour une question de santé physique. Je ne vous le cacherai pas: je suis très inquiet pour ces personnes. Elles avaient peut-être peur pour leur santé physique, mais je suis inquiet pour leur salut.


Ne soyez pas dupes. La persécution envers l'Église qui a commencé il y a deux mille ans est loin d'être terminée. Dans les pays occidentaux au cours des dernières décennies, nous n'avons pas subi de persécution directe, mais ça ne veut pas dire que nous sommes à l'abri pour autant. Rappelez-vous: les Écritures nous l'annoncent. Ce ne sera peut-être pas de la persécution par les armes, mais ce sera quand même pénible, peu importe sous quelle forme elle se présentera. Et plusieurs vont perdre la foi. Souvenez-vous: Dieu a écourté la durée de l'Antéchrist, si longue soit-elle, au profit de son Élu. Serons-nous prêts si c'est ce qui nous attend au prochain tournant? Nos petits-enfants seront-il prêts si cela se produit de leur vivant? Et ainsi de suite...


En prenant un peu de recul pour examiner le contexte dans son ensemble, on ne peut que constater que la volonté humaine, en général, est en train de faiblir. La force de notre volonté perd rapidement de sa conviction. J'irais même jusqu'à dire que le principal facteur qui menace les jeunes générations actuelles, c'est leur manque de détermination. Et ça n'arrive pas qu'aux jeunes: aux adultes aussi. Ainsi, en tant qu'Église, si nous commençons déjà à baisser les bras, les générations futures n'auront d'autre choix que d'être vouées à l'échec.


Enfin, voici un modeste message destiné à ceux qui consacrent beaucoup d'effort et d'énergie à établir des relations avec les autorités... Lorsque ce qui nous est demandé par les autorités ira à l'encontre de notre christianisme, à qui obéirons-nous? Quelle règle aura la préséance? Je ne cherche pas à défier qui que ce soit ici, mais je souhaite qu'on y réfléchisse. Qu'est-ce qui compte le plus pour nous: la façon dont Dieu nous perçoit ou perdre la face devant les autorités? Notre relation avec Dieu n'est-elle pas plus importante que celle que nous entretenons avec les autorités? Il est bien clair que je prie pour que la réponse à cette question soit oui.


Toutefois, la réalité est telle que le cœur répond à ce qui lui plaît. Et ce qui nous plaît, tout comme au cœur, est habituellement associé aux choses sur lesquelles nous travaillons. C'est ça la réalité, particulièrement si on en reçoit des louanges. Sachant cela, je m'efforce de toujours me rappeler que le Christ est la seule source de notre identité et j'encourage tous les fidèles à faire de même. Je suis chrétien avant d'être gestionnaire; je suis chrétien avant d'être ingénieur, médecin, homme d'affaires, pharmacien, avocat, dentiste ou de toute autre profession. Et je le réitère: mes propos sont motivés par l'amour et le souci que j'ai pour tous.


Si vous avez remarqué, le péché se propage à très grande vitesse dans notre monde, ce qui entraîne des répercussions négatives sur la pensée des générations actuelles et futures. En réponse à ceci, les autorités civiles, cherchant à se faire réélire, se plient à la volonté du peuple dans son ensemble. Cette volonté s'éloigne de plus en plus de la volonté de Dieu et je me demande maintenant si ce courant n'est pas devenu irréversible. Si tel est le cas, les chrétiens vont bientôt se retrouver au cœur d'un cercle vicieux de dégradation spirituelle auquel ils ne pourront échapper. Je veux bien espérer que la propagation du péché puisse être renversée, mais mon expérience des dernières années en tant que prêtre me dit le contraire. Je crois vraiment que certains secteurs de cette dégradation peuvent être récupérés, mais pas le courant général. Je prie de m'être trompé. Il est rare que quelqu'un décide de prier pour être dans l'erreur, mais c'est le cas ici.


En toute circonstance, je remercie Dieu de nous offrir la citoyenneté céleste. Je le remercie de m'avoir permis de participer à son service en son Église, ce que je ne mérite pas, et je prie pour qu'il continue d'insuffler la vie à son Église et que les prochaines générations soient plus fortes. Ceci va se produire si nous, membres du clergé et serviteurs, daignons porter nos croix respectives pour leur salut et nous pencher vers eux pour les arracher au feu.


AVERTISSEMENT Veuillez noter que je ne cherche pas du tout à donner de conseils directs à qui que ce soit en particulier, mais ceci est un message général qui repose sur une véritable préoccupation pour le salut des membres constituants du Christ. Votre choix de vous impliquer sur de telles questions devrait être guidé par la voie que Dieu vous a tracée et faire l'objet de discussions avec votre père spirituel.


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