Au nom du Père et Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Bienvenue à cette analyse détaillée que vous offre le site des Réponses coptes orthodoxes, au cours de laquelle nous examinons l'Évangile selon saint Jean. Nous avons déjà procédé à l'introduction de cet Évangile et nous avons examiné les versets 1 à 5 du premier chapitre. Ceux-ci nous ont fait voir que Jean se faisait un devoir d'annoncer et d'insister sur la divinité du Christ, sur le fait qu'il est co-éternel, qu'il fut co-créateur avec le Père depuis le début, et ainsi de suite. À partir du verset 6, Jean veut passer à saint Jean Baptiste et il a de bonnes raisons de le faire, comme nous allons le voir à l'instant.


Il faut comprendre que sur le plan chronologique, saint Jean Baptiste est arrivé avant Jésus, n'est-ce pas? Il faut aussi savoir que c'est saint Jean Baptiste qui a baptisé Jésus et que les disciples de ce dernier avaient d'abord été les disciples de Jean. D'ailleurs, à Marc 1:14, on dit ceci:


« 14 Après que Jean eut été livré, Jésus alla dans la Galilée, prêchant l'Évangile de Dieu. » (Marc 1:14)


Le ministère du Christ a donc débuté après que saint Jean eût été emprisonné. À cause de tout cela, certaines personnes étaient confuses. Elles ne comprenaient pas qui était Jean par rapport au Christ, et vice versa.


Le fait est qu'à l'époque où saint Jean le bien-aimé écrivait son Évangile, il y avait encore des personnes qui suivaient saint Jean Baptiste au lieu de suivre le Christ. Il voulait donc expliquer qui était Jean Baptiste par rapport au Christ. On trouve déjà un indice de ceci dans les Actes des apôtres, au chapitre 19, versets 1 à 3. Ceci date de l'époque de saint Paul, mais l'idée s'est perpétuée jusqu'au temps de saint Jean. Voici donc l'indice:


« 1 Pendant qu'Apollos était à Corinthe, Paul, après avoir parcouru les hautes provinces de l'Asie, arriva à Éphèse. Ayant rencontré quelques disciples, il leur dit: 2 Avez-vous reçu le Saint Esprit, quand vous avez cru? Ils lui répondirent: Nous n'avons pas même entendu dire qu'il y ait un Saint Esprit. 3 Il dit: De quel baptême avez-vous donc été baptisés? Et ils répondirent: Du baptême de Jean. » (Actes 19:1-3)


Ce passage illustre bien la confusion qui régnait du temps de Paul. Et quelque 20 à 30 ans plus tard, les gens croyaient encore au baptême de Jean Baptiste et n'avaient pas entièrement compris la question du Messie ni qui était le Christ. Autrement dit, malgré la crucifixion, la


résurrection, l'Ascension du Christ et la descente du Saint-Esprit, 20 à 30 ans plus tard, saint Paul trouvait encore des gens qui se faisaient baptiser par Jean.


Avançons encore de quelques décennies et nous arrivons à la fin du siècle premier, alors que saint Jean le bien-aimé fait face au même problème. C'est pourquoi il veut tirer les choses au clair en expliquant que saint Jean Baptiste a ouvert la voie au Seigneur. Par conséquent, toute personne qui suit saint Jean Baptiste doit maintenant suivre le Messie. Voilà pourquoi il a écrit les prochains versets:


« 6 Il y eut un homme envoyé de Dieu: son nom était Jean. 7 Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. » (Jean 1:5-7)


Son but était de témoigner de cette autre lumière (souvent exprimée par une lettre majuscule, tout dépendant des sources consultées).


Verset 8:


« 8 Il n'était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière. 9 Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. » (Jean 1:8-9)


Bien entendu, si saint Jean a écrit ces trois versets, c'était pour illustrer qui était saint Jean Baptiste par rapport au Christ, lui qui est la véritable lumière.


Pour sa part, saint Jean Chrysostome répond à deux très bonnes questions. La première: Pourquoi Dieu aurait-il besoin qu'on témoigne de lui? Et sa réponse: Dieu n'a pas besoin de témoin, car il est autonome. Il est complet en lui-même. Il n'a besoin de rien. Comme on dit à Jean 5:34, il n'a pas besoin du témoignage d'un homme. L'idée ici, c'est que Dieu nous envoie un témoin à nous, afin de se révéler à nous, répondre à nos besoins et nous offrir son salut. Ce faisant, le Christ se révèle à nous, pour notre propre bien. En résumé, Dieu n'a pas besoin d'un témoin. C'est nous qui en avons besoin et qui en profitons.


La deuxième question est liée à la fin du verset 9 où l'on dit que le Christ est la véritable lumière qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. Saint Jean Chrysostome explique pourquoi le texte précise que la lumière éclaire tout homme. Que veut-on dire par là? Voici son explication:


« Si le Christ « éclaire tous les hommes en venant dans le monde », comment se fait-il que plusieurs d'entre eux ne s'en trouvent pas illuminés? Car il est vrai que les hommes ne connaîtront pas tous la grandeur du Christ. Alors, pourquoi dit-on qu'il « éclaire tout homme »? En fait, il éclaire tous ceux qui sont en lui. Mais si certains décident volontairement de fermer leur esprit et de ne pas recevoir sa lumière, ceux-là


restent dans le noir, non pas parce que la lumière est inadéquate, mais parce qu'ils ont choisi d'être mauvais, se privant ainsi, en toute connaissance de cause, du cadeau qui leur est offert. Néanmoins, la grâce est donnée à tous...» (Saint Jean Chrysostome, Commentaire sur l'Évangile de Jean, verset 9) - [traduction libre]


Ce que nous dit saint Jean Chrysostome, c'est que le Christ éclaire le monde entier comme le soleil éclaire la terre, n'est-ce pas? Mais certaines personnes vivent quand même dans l'obscurité. Elles rejettent ce cadeau de lumière qu'est le Christ et choisissent de leur plein gré de vivre dans le noir, de vivre dans le péché, tout comme les gens d'aujourd'hui pourraient fermer leurs stores et préférer vivre dans la pénombre durant les jours ensoleillés.


Ainsi, les gens rejettent la lumière du Christ et choisissent eux-mêmes de continuer leur vie dans le noir, de pécher et de le mettre de côté. Mais ce n'est pas la faute de Dieu, puisque celui-ci leur a offert la lumière comme à tous les autres, n'est-ce pas? C'est donc à nous de décider d'accepter son cadeau ou pas.


Ces versets nous envoient également un message spirituel en nous racontant que saint Jean Baptiste s'était fait témoin du Christ. En tant que chrétiens orthodoxes qui vivons dans le monde occidental, nous avons reçu cette lumière en nous et c'est à notre tour maintenant d'éclairer le monde.


Pourtant, nous restons bien souvent dans nos églises. Nous nous limitons à nos groupes d'amis. Nous ne prenons pas suffisamment l'initiative de sortir de notre petit cercle et de témoigner du Christ dans le monde. Il y a tant d'obscurité dans le monde, mais le Christ nous habite! Il faut donc nous mêler à ce monde, sachant que nous portons sa lumière, que nous sommes remplis de lui et que nous pouvons éclairer les autres.


Il faut être très prudent cependant. Ce n'est pas n'importe qui peut jouer ce rôle. Par exemple, un jeune qui fréquente l'école secondaire ne saurait être assez solide s'il n'a pas cette lumière en lui. C'est le monde qui viendrait l'influencer. Notre tâche consiste à préparer nos jeunes, n'est-ce pas? Nous pouvons grandir en nous orientant vers le Christ grâce à nos prières, à notre compréhension des Écritures et par l'entremise de l'Eucharistie. Par la suite, c'est notre devoir, en tant que chrétiens orthodoxes, de transmettre la lumière au reste du monde, n'est-ce pas?


Il nous faut saisir ce message spirituel, mettre le concept de l'avant et l'appliquer au travail, à l'école, partout où nous sommes, n'est-ce pas? Il faut l'appliquer au marché d'alimentation; l'appliquer lorsque nous croisons un étranger; l'appliquer lorsqu'on voit une personne pauvre. Il faut faire tout cela. C'est notre responsabilité.


Maintenant, revenons à l'Évangile, au verset 10:


« 10 Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle...» (Jean 1:10)


Encore ici, Jean veut clarifier. Oui, le Christ est incarné. Oui, le Fils de Dieu est présent sur terre. Mais attention de ne pas le confondre avec le monde. Il n'est pas de ce monde. Il est le Créateur, pas la création. Puis, Jean ajoute:


« 10 (...) et le monde ne l'a point connue. 11 Elle est venue chez les siens, et les siens ne l'ont point reçue. » (Jean 1:10-11)


Et c'est là tout le désastre: que le Christ soit venu trouver sa famille, ses amis, qu'il ait vaqué à ses occupations et que sa propre création l'ait rejeté. Il leur apportait un message d'amour, de pardon, de vie éternelle, mais ils l'ont rejeté.


Saint Jean Chrysostome a fait un commentaire à propos du mot monde. Il a précisé que le monde ne comprenait pas toutes les personnes, seulement celles qui rejetaient le Christ, n'est-ce pas? Et Dieu merci, nous appartenons au ciel et non au monde d'ici-bas! Souhaitons que la lumière soit vraiment en nous. Et elle est en nous! Il faut simplement nous assurer de toujours vivre de manière à faire grandir cette lumière, afin de pouvoir éclairer le monde.


À ce point-ci, je crois qu'il est opportun de passer un message, car il pourrait toujours nous arriver, à nous aussi, de rejeter le Christ. Nous n'irions pas jusqu'à le rejeter totalement, mais peut-être partiellement. Par exemple, nous pourrions décider de respecter certains des commandements et d'ignorer les autres, ou encore, accepter certains faits et d'en rejeter d'autres.


Le christianisme, dans ce contexte, serait comparable à quelqu'un qui fait la file à la cafétéria et qui décide des plats qu'il met sur son plateau de service, laissant les autres sur le présentoir. Le problème avec ceci, c'est que nous devenons notre propre dieu. Nous rejetons Dieu tel qu'il s'est révélé à nous dans son entièreté. Nous acceptons seulement certains de ses traits et faisons fi du reste. Autrement dit, nous nous contentons d'une version déformée ou modifiée de ce qu'il est en réalité.


Mais ceci est très dangereux, car nous pourrions finir par suivre uniquement nos propres pensées. Il n'y aurait qu'un pas à faire pour devenir nos propres dieux. Et ce faisant, nous pourrions facilement perdre notre enthousiasme en rejetant les difficultés et en nous contentant de tout ce qui est facile. Nous pourrions accueillir les promesses de Dieu, puisque c'est facile, et rejeter le reste, comme par exemple refuser de se battre ou de se confesser devant le prêtre, lui qui incarne la présence même du Christ, n'est-ce pas? Il y aurait tant de choses que nous pourrions rejeter!


Mais alors, est-ce que nous l'acceptons en entier, tel qu'il s'est révélé à nous ou sommes- nous en train de nous fier uniquement à nos pensées? On voit déjà cette tendance se dessiner à travers les différentes confessions du christianisme. Chaque confession a ses idées, ses pratiques, ses traditions qui diffèrent des autres, et ceux-là même qui s'insurgent contre les différentes traditions possèdent les leurs.


Mais que faire sur le plan personnel? Il faut prendre Dieu tel qu'il est. Il faut accepter ses promesses aussi bien que les défis qu'il nous présente. Il faut nous débarrasser de tous les fardeaux et péchés qui nous piègent si facilement et prendre part à la course tout en vigueur, en nous tournant vers Jésus, l'auteur et la finalité de notre foi.


Il faut lutter et il faut le faire ensemble. Et ce faisant, nous devenons des enfants de Dieu. C'est pourquoi le verset 12 dit ceci:


« 12 Mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés...» (Jean 1:12)


Ceux qui croient, ceux qui deviennent des enfants de Dieu naissent:


« 13 non du sang [non pas d'un processus biologique], ni de la volonté de la chair [ni du désir sexuel], ni de la volonté de l'homme [ni du souhait de parents d'avoir un enfant], mais de Dieu. » (Jean 1:13)


Nous naissons de Dieu. C'est un processus mystique où intervient l'Esprit Saint et par lequel Dieu nous adopte. Nous devenons ses enfants. Et puisque nous devenons ses enfants, il faut orienter nos cœurs et nos esprits vers les choses célestes et cesser de nous centrer sur celles de ce bas monde, n'est-ce pas? C'est pourquoi, à Jean 17:14, le Christ s'adresse au Père en lui disant:


« 14 Je leur ai donné ta parole; et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. » (Jean 17:14)


Par le baptême, nous devenons des enfants de Dieu et nous n'avons plus rien à voir avec le monde d'ici-bas, sauf d'y vivre et de l'éclairer.


Au bout du compte, ce que Jean le bien-aimé tente de faire dans ces versets, c'est de faire ressortir les différences qui existent entre deux personnages distincts. Le premier, c'est le Christ, le Fils de Dieu, le Messie, tandis que l'autre, c'est saint Jean Baptiste, son prédécesseur, le prophète qui a pour mandat de nous amener à comprendre qui est le Christ, n'est-ce pas?


La seconde distinction que Jean tente faire, c'est en ce qui a trait aux deux types de baptême. Jean baptise avec de l'eau et c'est un baptême de repentir. Par contre, le baptême du Christ suppose l'intervention du Saint-Esprit. C'est un mystère. Et par ce baptême, nous devenons des enfants de Dieu. Dieu nous adopte.


N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi. Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.


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N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.