Au Père et au Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Bienvenue à cette analyse détaillée que vous offre le site des Réponses coptes orthodoxes. Au chapitre 5 de Jean, nous avons vu que le Christ avait guéri le paralytique durant le sabbat et que plusieurs débats très animés s'en étaient suivis. Il avait également proclamé qu'il était le Fils de Dieu, et au chapitre 6, il avait participé à une discussion à propos de l'Eucharistie. Avec tout ceci, les Juifs voulaient le crucifier. Ainsi, à partir du chapitre 7, Jésus évita de se pointer à Jérusalem, car il était trop tôt pour le supplice de la croix. Voyons maintenant la suite.


Au chapitre 7, Jean dit ceci:


« 1 Après cela, Jésus parcourait la Galilée, car il ne voulait pas séjourner en Judée, parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir. 2 Or, la fête des Juifs, la fête des Tabernacles, était proche. 3 Et ses frères lui dirent: Pars d'ici, et va en Judée, afin que tes disciples voient aussi les œuvres que tu fais. 4 Personne n'agit en secret, lorsqu'il désire paraître: si tu fais ces choses, montre-toi toi-même au monde. 5 Car ses frères non plus ne croyaient pas en lui. » (Jean 7:1-5)


Il y avait trois fêtes majeures pour lesquelles les Juifs de partout dans le monde devaient se rendre à Jérusalem, afin d'y prendre part:


1 La première, comme vous le savez, était la Pâque juive. Chez les Chrétiens, cette fête symbolise la crucifixion de Jésus.


2 La deuxième fête, c'était la Pentecôte que l'on célébrait au temps de la moisson du blé. Cette fête est le précurseur de la Pentecôte du Nouveau Testament, laquelle commémore la descente de l'Esprit Saint.


3 Et la troisième fête, c'était celle dont il est question ici: la Fête des Tabernacles. Celle-ci commémorait l'exode des Juifs, soit le moment où ils furent libérés de l'emprise de l'Égypte et où ils errèrent dans le désert pendant 40 ans, à dépendre de Dieu pour les nourrir et les abreuver.


Et leurs besoins étaient donc nombreux, comparés à ce qu'ils vécurent à Canaan, la terre promise où coulait le lait et le miel et où la nourriture et l'eau se trouvaient en abondance, n'est-ce pas? Cette Fête des Tabernacles commémorait leurs 40 ans dans le désert, alors que Dieu assurait leur approvisionnement en nourriture et en eau. Et c'est pourquoi les gens


y participaient en séjournant dans des tentes, afin de revivre la pauvreté qu'ils avaient connue, ainsi que leur dépendance à Dieu.


Revenons maintenant au passage qui mentionne les frères de Jésus, ou plutôt ses cousins, n'est-ce pas? Car en réalité, c'était des cousins et non des frères au sens strict. L'une des interprétations possibles veut que ses cousins se soient moqués de lui en lui disant: si tu veux être célèbre, si tu es vraiment le Messie, vas-y et annonce-le. Tu ne réussiras rien en restant ici avec nous.


Cependant, il existe une autre interprétation et celle-ci est probablement plus juste. On suppose que ses cousins croyaient partiellement en lui ou qu'ils voyaient en lui un Messie terrestre. Si c'est exact, ils auront voulu en avoir la preuve comme tous les autres Juifs, avant de le croire et de lui consacrer leur vie. Faut-il le répéter, leurs attentes étaient souvent motivées par leur compréhension de ce que serait le Messie: un homme, un personnage politique prêt à mener la rébellion contre les Romains, et tout ce qui s'ensuit. Bien entendu, ce n'était pas ce type de Messie qu'annonçaient les Écritures.


Puisque le Christ avait affaire à des personnes qui ne croyaient en lui que partiellement, il refusa de les écouter. C'est pourquoi le verset 5 dit ceci:


« 5 Car ses frères non plus ne croyaient pas en lui. » (Jean 7:5)


Ils ne comprenaient pas qu'il était le Messie venu du ciel pour le salut du monde.


Ceci dit, il est permis d'y voir un message spirituel, car les personnes qui étaient les plus proches du Christ ne croyaient pas vraiment en lui sur le plan spirituel. Nous l'avons dit, ils avaient des attentes terrestres, possiblement fondées sur l'honneur ou les biens matériels. Et à bien y penser, lorsqu'on examine nos propres vies, que l'on soit Chrétien de naissance ou qu'on s'y soit converti plus tard, bien souvent nous nous croyons proches de Dieu.


Pourtant, si j'ose dire, notre esprit est engorgé de pensées matérielles: notre maison, notre voiture, notre argent, notre compte bancaire, la perception que les autres ont de nous, et quoi d'autre encore! C'est très inquiétant. Car si nous souhaitons nous rapprocher de Dieu, il faut que ce soit un rapprochement spirituel, une relation intime avec lui qui nous amène à le connaître de cœur et d'esprit. Il faut en faire notre époux, notre ultime bien-aimé, notre meilleur ami, etc.


Pour y parvenir, il faut centrer notre esprit sur les choses célestes et non sur les choses terrestres. Il faut nous centrer sur le Christ lui-même, l'époux de la mariée, l'époux de son Église, celle dont vous faisons partie, n'est-ce pas? C'est en ce sens que, dans l'Évangile selon Matthieu, le Christ nous dit:


« 19 « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent; 20 mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. 21 Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » » (Matthieu 6:19-21)


Donc, si notre trésor est au ciel, notre cœur doit y être aussi. Il faut donc nous centrer sur les choses célestes et sur Jésus Christ d'abord et avant tout. À noter que, selon ces versets, nous avons toujours le choix de nous centrer sur les choses célestes ou terrestres. C'est à nous de décider, à chaque instant, de centrer notre cœur là où ça compte.


De plus, Dieu nous rappelle qu'il est inutile d'avoir le monde entier dans nos mains si nous y perdons notre âme. Notre âme doit avoir la priorité. Et le vrai sens de la vie, c'est de prioriser notre union, notre communion éternelle avec Dieu. C'est ainsi que nous connaîtrons une joie véritable, un vrai sens à la vie, un véritable amour. C'est ce à quoi il faut aspirer. Ceci me rappelle une belle citation d'un auteur du 19 è siècle:


« Jésus est né d'une paysanne dans un village reculé. Il grandit dans un autre village à travailler comme menuisier jusqu'à l'âge de 30 ans. Il devint ensuite prêcheur nomade pendant 3 ans. Il n'a jamais écrit de livre. Il n'a jamais occupé de poste. Il n'a jamais fondé de famille et ne fut jamais propriétaire. Il n'a jamais fréquenté l'école, jamais visité de grandes villes, jamais voyagé à plus 200 milles de son patelin. Il ne fit aucune de ces choses qui auraient fait de lui quelqu'un de grand. Il n'avait aucune compétence à offrir que ce qu'il était lui-même. Il n'avait que 33 ans lorsque l'opinion publique s'est retournée contre lui. Ses amis l'ont déserté. L'un d'eux l'a trahi. Il fut livré à ses ennemis et dut subir un procès des plus risibles.


« Il fut cloué sur une croix entre deux bandits. Alors qu'il agonisait, ses bourreaux ont misé sur ses vêtements, les seules possessions qui lui restaient sur terre, afin de se les diviser entre eux. Une fois décédé, il fut placé dans un tombeau qui lui fut concédé par un ami qui eut pitié de lui. Dix-neuf siècles se sont écoulés, et à présent, il est le personnage central de la race humaine. Aucune des armées ayant foulé le sol, aucune des flottes ayant sillonné la mer, aucun des parlements ayant siégé, aucun des rois ayant régné, rien de tout cela mis ensemble n'a eu autant d'incidence sur la vie humaine sur terre que sa vie à lui seul. » (Un écrivain du 19 è siècle) - [traduction libre]


De toute évidence, l'œuvre du Christ fut sans précédent et personne ne pourra jamais l'égaler, puisqu'il était le Fils de Dieu. Pourtant, cette simple vie, à elle seule, a changé le monde. Et comme chrétiens, le Christ nous demande, à nous aussi, de vivre simplement, afin de pouvoir changer le monde qui nous entoure: notre rue, notre voisinage, nos camarades à l'école du dimanche, ceux que nous croisons à nos soirées d'étude de la Bible ou à nos pratiques de chants... Peu importe qui nous côtoyons, au travail ou à l'école, prenons le temps d'éclairer le monde autour de nous.


Lorsque nos cœurs se centrent sur Dieu et sur les choses célestes et que nous sommes remplis de l'Esprit Saint, il se produit des merveilles, car Dieu fait son œuvre à travers nous. Quant aux membres de la famille du Christ, ils étaient centrés sur les biens matériels et attendaient un Messie politique qui ferait la révolution. C'est pourquoi le verset 6 dit ceci:


« 6 Jésus leur dit: Mon temps n'est pas encore venu, mais votre temps est toujours prêt. 7 Le monde ne peut vous haïr; moi, il me hait, parce que je rends de lui le témoignage que ses œuvres sont mauvaises. 8 Montez, vous, à cette fête; pour moi, je n'y monte point, parce que mon temps n'est pas encore accompli. 9 Après leur avoir dit cela, il resta en Galilée. » (Jean 7:6-9)


Dans ces versets, le Christ se distingue de sa famille. Il lui dit que ce n'est pas encore le bon temps pour lui, n'est-ce pas?, puisqu'il dénonce les mauvaises œuvres du monde. Ainsi, le Christ n'est pas de ce monde. Puis il dit à sa famille: Il est toujours temps pour vous et le monde ne vous en voudra pas, puisque vos œuvres sont semblables aux siennes. Vous faites partie de ce monde, donc le peuple ne saurait vous haïr; il vous accepte. Mais ce n'est pas le cas pour moi. Et ceci est très inquiétant, car ces personnes étaient très proches de lui. Pourtant, il leur reproche de ne pas le connaître.


Au verset 6, le Christ utilise le mot temps à deux reprises. En grec, il y a deux termes différents pour parler du temps. Le premier est χρόνος (hrónos), qui sert de préfixe au mot chronologique en français, n'est-ce pas? Et ce préfixe est lié au temps qui passe ici sur terre.


L'autre terme grec qui décrit le temps est καιρóς (kairós). Ce mot représente le temps tel que Dieu le perçoit. 1 Puisque Dieu est au-dessus du temps, il lui suffit d'un seul instant pour évaluer ce qui se passe. On pourrait dire qu'il voit tout en un clin d'œil. C'est donc la façon dont le temps est perçu par quelqu'un qui est au-dessus du temps. Dans un tel contexte, c'est le mot kairos que les Grecs utilisent.


Au verset 6, c'est justement le temps kairos qui est à l'honneur, et non le hronos. Et pourquoi donc? Parce qu'ici, Jésus sous-entend que le moment de sa crucifixion fut fixé depuis le début des temps, ou si vous préférez, dès que Dieu eut dans l'idée qu'il allait un jour sauver son peuple. Ainsi, en contexte kairos, le moment de la crucifixion n'était pas encore arrivé. C'est pourquoi Jésus fit un jeu de mots et remplaça hronos par kairos dans ce verset, afin d'appuyer son explication.


C'est ce qui nous arrive à chaque liturgie. Même si nous vivons au temps hronos, notre église, elle, se situe à l'intersection entre le ciel et la terre. Ainsi, lorsque nous y entrons et


1 Le χρόνος (hrónos) est la durée d'une chose ─ Le καιρóς (kairós) est un intervalle de temps, une ère, une époque.


que nous assistons à la liturgie, nous nous retrouvons soudain dans le kairos. Nous continuons de vivre dans le hronos, tout en prenant part au kairos. Nous sommes en contact avec Dieu. Nous ressentons le ciel, tout en restant sur terre. Le mystère de la liturgie nous élève jusqu'au ciel.


Le temps kairos est très important, car c'est grâce à lui que nous pouvons prendre part à l'Eucharistie et ainsi nous retrouver avec le Christ et ses disciples lors de la dernière Cène, à manger son corps et à boire son sang. Et chaque fois que nous célébrons une des fêtes, que ce soit la croix, la résurrection ou la Pentecôte, où que nous soyons, nous participons à l'événement, car nous sortons du hronos et nous entrons dans le kairos. Et c'est là toute la beauté du christianisme, apostolique et mystique.


Passons maintenant au verset 10:


« 10 Lorsque ses frères furent montés à la fête, il y monta aussi lui-même, non publiquement, mais comme en secret. 11 Les Juifs le cherchaient pendant la fête, et disaient: Où est-il? 12 Il y avait dans la foule grande rumeur à son sujet. Les uns disaient: C'est un homme de bien. D'autres disaient: Non, il égare la multitude. 13 Personne, toutefois, ne parlait librement de lui, par crainte des Juifs. » (Jean 7:10-13)


Nous avons vu plus tôt que le Christ avait dit qu'il ne se rendrait pas tout de suite à la fête. À ce point-ci, on constate que le temps a passé, puisqu'il est maintenant en route pour la fête. Un autre détail à noter, c'est qu'il s'y rend en secret, au lieu d'y participer ouvertement et de faire des miracles. Et comme nous le verrons la semaine prochaine, au verset 14, il se contente de prêcher. En effet, pour lui, c'était plus important d'enseigner que de faire des miracles.


N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi. Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.


Merci d'avoir regardé cette vidéo. Ne manquez pas de regarder nos vidéos précédentes en visitant et en vous abonnant à notre chaîne. Si cette vidéo vous a été bénéfique, partagez-la avec vos ami(e)s.


N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.