Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Mes bien chers frères, bienvenue à la deuxième partie du quatrième volet de notre analyse détaillée de la façon dont saint Cyrille d'Alexandrie conçoit l'Eucharistie et nous l'enseigne. Durant cette présentation, nous avons jusqu'à maintenant parlé de corruptibilité, en mentionnant l'état de corruption de l'humanité et ses conséquences, sans oublier la corruption et la mort que nous avons reçues en héritage. Cette deuxième partie de la présentation sera spécialement consacrée à l'Eucharistie comme moyen de nous guérir de cet état de corruption qui nous afflige. Allons-y et examinons cela ensemble.


Le grand Je Suis, l'Être, bénit notre nature. Il se manifeste en tant qu'humain et le bénit, en revêtant lui-même un corps physique qu'il fait sien; c'est ce que nous pouvons lire et prier dans la liturgie de saint Grégoire. Ici encore, d'après les rituels liturgiques de l'Église copte orthodoxe, les prières de la liturgie de saint Grégoire le Théologien sont très très belles, en particulier le passage suivant, tiré d'un segment qui vient juste après le Saint, Saint, Saint. Allons voir ce que ça dit:


« Ô toi, l'Être de tous les temps... » (Liturgie de saint Grégoire le Théologien, Saint, Saint, Saint) - [traduction libre]


Quelle belle façon de s'exprimer! Tu es toujours le Je Suis. Tu demeures toujours l'Être à travers les temps. Il est celui qui était, qui est, et qui sera toujours. Il est l'Être.


« Ô toi, l'Être de tous les temps, tu es venu sur terre parmi nous. Tu es venu dans le ventre de la Vierge. Toi, l'infini, étant Dieu, n'a pas considéré le fait d'être égal à Dieu comme une chose à saisir, mais tu as fait le vide en toi et tu as pris la forme d'un serviteur; tu as béni ma nature en toi et accompli ta loi en mon nom. » (Liturgie de saint Grégoire le Théologien, Saint, Saint, Saint) - [traduction libre]


Que veut-on dire par Il a béni ma nature en lui? Cela signifie qu'il a adopté la nature humaine, cette nature qui a hérité de la corruption et de la mort, et en faisant cela, il l'a bénie, l'a ramenée à son état primordial, l'a guérie pour qu'à présent, j'aie la chance de prendre part à cette nature bénie chaque fois que j'y participe par la grâce de l'Esprit Saint et par l'entremise des sacrements de l'Église, en particulier celui de l'Eucharistie, ce mystère béni des plus distingués.


Ainsi, mes frères, ce qu'il faut voir ici, c'est que la notion de corruption et d'absence de corruption ne peut se comprendre que si nous revenons à la nature pour laquelle Dieu nous


avait créés. C'est pourquoi, dans la liturgie de saint Basile et la prière de réconciliation, le prêtre ou l'évêque qui prononce la liturgie dit: Ô Dieu, le Grand, l'Éternel qui a façonné l'homme pour qu'il soit sans corruption. Tu nous as créés innocents. Tu nous as créés pour que nous demeurions éternellement dans cet état de beauté, de pureté et de vie.


Mais lorsque la mort est entrée dans le monde par l'envie du diable, tout a basculé. C'est ce qui nous a fait passer de l'innocence à la corruption. Il a fallu que Jésus-Christ revête notre nature pour qu'aujourd'hui, nous puissions jouir d'une nature purifiée, bénie, et ramenée à ce qu'elle était. Ainsi, l'Être, le grand Je Suis est venu bénir la nature humaine. Grâce à lui, nous avons pu conserver cet état de béatitude et prendre part à notre nouvelle nature, notre nature restaurée à son état primordial, à laquelle Dieu désire nous faire participer par l'Eucharistie. Saint Cyrille fournit une très belle explication de ceci dans un extrait de Jean, au chapitre 6, où il est question du pain de vie, ce pain de vie qui prévient la mort et la dégradation, qui prévient la corruption. Voici saint Cyrille:


« Tout comme notre pain [le pain de l'homme] tiré de la terre empêche la frêle nature de notre chair de se dégrader, de même, Dieu, par l'intervention de l'Esprit, donne la vie à notre esprit et préserve du même coup le corps lui-même, en lui évitant toute corruption. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Que veut-on dire ici? Pensez à une nourriture et un breuvage, tout qu'il y a de plus ordinaire. Aujourd'hui, nous mangeons de ce pain et buvons de cette eau, ce qui maintient notre corps en vie. Tant que nous continuons de consommer cette nourriture terrestre et concrète, l'énergie que nous en tirons nous garde en vie, physiquement du moins. On empêche ainsi le corps de se dégrader. Maintenant, comme le suggère saint Cyrille, imaginez tout ce que nous gagnons en plus lorsque nous consommons le pain céleste, soit le corps et le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ. En mangeant le corps de notre Sauveur, non seulement nous obtenons la substance qui nous garde en vie et nous donne de l'énergie, mais en plus, cette dernière permet à notre corps et à notre âme de demeurer immortels et d'accéder à une vie sans corruption aucune. Et c'est là le message que saint Cyrille tente de nous communiquer. Si votre corps cesse de se dégrader et de se corrompre grâce à une nourriture ordinaire, imaginez tout ce que le pain de vie vous procure en plus!


Mais il ne s'arrête pas là. Il poursuit en reprenant les paroles du Seigneur Jésus-Christ: Je suis le pain de vie. Voici son explication:


« « Je suis le pain de vie », non pas un pain physique qui ne fait que calmer les souffrances de la faim et éviter au corps d'en mourir, mais en revanche, je viens complètement remodeler l'être vivant pour qu'il soit éternel et que l'humanité surpasse la mort, puisqu'elle fut créée pour vivre à jamais. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Mes frères, ce sont là des paroles très puissantes! Saint Cyrille nous explique ici que le but de notre Seigneur n'est pas seulement de calmer la faim de la chair, non! La consommation du pain de vie, soit le corps de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, a pour but de nous remodeler...nous remodeler! Nous renouveler de fond en comble, refaçonner l'être vivant tout entier pour lui donner la vie éternelle et pour que l'humanité, qui fut créée pour exister en permanence, soit supérieure à la mort. Il veut que nous soyons plus forts que la mort. Il veut nous rendre vainqueurs face à la mort, avec lui, par lui et en lui, tout comme l'Église célèbre la résurrection en disant Xριστóς ανέστη εκ νεκρόν, θάνατο θάνατον (Hristós anésti ek nekrón, thánato thánaton), le Christ est ressuscité des morts, en écrasant la mort par la mort. Ainsi, en prenant part à celui qui a conquis la mort, il peut nous rendre supérieurs à elle, car nous participons à sa vie. Et comment participer à sa vie? Par l'entremise de l'Eucharistie, en accueillant en nous-mêmes tout ce qu'il est.


Ainsi, mes frères, l'Eucharistie est un moyen de guérison. C'est l'antidote, le remède de vie. Saint Cyrille en parle dans son commentaire. Il dit que le Seigneur Jésus-Christ a guéri le fils, celui qui était mort... pardonnez-moi, guéri n'est pas le bon mot... Il a ressuscité d'entre les morts le fils d'une veuve. Et comment a-t-il fait cela? En le touchant. Il ne l'a pas ressuscité seulement par ses paroles, mais aussi en le touchant. Saint Cyrille commente ceci en disant: remarquez comme son corps physique porte en lui-même la faculté de donner la vie. Voici son commentaire:


« Il touche le défunt [c'est-à-dire le fils de la veuve] et de par son corps, il injecte la vie à ceux qui ont déjà commencé à se décomposer... » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Le corps du jeune homme décédé était déjà en décomposition. La mort s'en était déjà emparée. Il était mort depuis un bon moment. On l'avait déjà enveloppé dans des draps de sépulcre et on faisait sa procession dans les rues. Il était déjà en souffrance et avait succombé au déclin que la mort impose. Mais que dit saint Cyrille?


« Il touche le défunt et par son corps, il injecte la vie à ceux qui ont déjà commencé à se décomposer [Il a le pouvoir d'injecter la vie à ceux qui sont déjà corrompus. Il peut injecter la vie à ceux qui souffrent déjà des conséquences de la mort]. Et si, d'un simple contact de son corps sacré, il donne la vie à ce qui s'est dégradé, comment ne pourrions-nous pas être nous-mêmes davantage gratifiés par sa grâce vivifiante lorsque nous y goûtons nous-mêmes? [sa grâce ici fait référence à l'Eucharistie] » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Comment ne pourrions-nous pas obtenir nous-mêmes cette vie, cette vie qui viendrait détruire notre nature corrompue et nous ramener à l'état vivant, sans corruption, où il n'y aurait plus de dégradation? Saint Cyrille nous dit que si nous croyons vraiment que l'Eucharistie tient de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qu'elle représente vraiment son corps et son sang, qu'elle est vraiment ce qu'il s'est approprié, nous ne pouvons que croire au pouvoir


vivifiant de l'Eucharistie et en sa capacité de remédier à notre état de corruption et de nous ramener à l'innocence.


Ainsi, saint Cyrille explique que le Seigneur nous promet une vie sans corruption, un état d'être où la mort ne peut plus gagner, où la pureté, la droiture, la vie et l'immortalité sont préservées. Voici comment il s'exprime:


« Et que nous promet le Christ? Rien qui soit corruptible [rien qui soit empreint de corruption, au contraire!], mais [dit-il], il nous promet cette grâce qui survient lorsqu'une personne prend part à la sainteté de son corps et de son sang et qui l'élève, toute entière, à un état d'incorruptibilité, afin qu'elle n'ait plus besoin des dispositions qui permettent de repousser la mort de la chair. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Alors quelle est donc sa promesse? Il nous promet la grâce, la grâce eucharistique de prendre part à la sainteté de son corps et de son sang pour nous libérer de la corruption. Il y a tant de beauté à comprendre toute la force et la profondeur que nous apporte l'Eucharistie! Ce n'est pas qu'une simple tradition que nous répétons sans cesse, pas du tout! C'est une véritable cure de vie qui vient nous restaurer. Ainsi, lorsque je me sens spirituellement affecté par les répercussions de la mort, dans le péché, dans la dépendance, quand j'ai besoin de ce pouvoir pour guérir mon âme, l'Eucharistie vient me rétablir en plaçant le Christ lui-même au fond de moi.


Tout comme le fils de la veuve qui était mort, bien mort, enveloppé et prêt à être mis en terre, si je prends part à l'Eucharistie et que je crois qu'elle représente le corps et le sang vivifiant de Notre-Seigneur Jésus-Christ, imaginez ce qu'elle peut faire pour moi et combien elle peut guérir mon état de corruption!


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