Au Père et au Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Je vous souhaite la bienvenue à cette analyse détaillée que vous offre le site des Réponses coptes orthodoxes, durant laquelle nous étudions l'Évangile selon saint Jean. Au cours des derniers épisodes à propos du chapitre 4 de Jean, nous avons vu que le Christ souhaitait boire au puits de la femme samaritaine et qu'il souhaitait son salut. Il avait également guéri l'enfant de l'officier du roi. Aujourd'hui, nous abordons le chapitre 5.


Le premier événement à survenir dans le chapitre 5 fut la guérison du paralytique. Ce miracle allait devenir l'une des principales sources de tension entre le Christ et les Pharisiens, puisqu'il se produisit durant le sabbat. Allons lire ensemble:


« 1 Après cela, il y eut une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem. » (Jean 5:1)


Puisque saint Jean n'a pas précisé de quelle fête il s'agissait ici, plusieurs en sont venus à différentes conclusions, mais saint Cyrille et saint Jean Chrysostome sont tous deux d'accord pour dire qu'il s'agissait de la Pentecôte. Et ceci est très... c'est un détail très important, car comme nous allons le voir, il nous aidera à interpréter les quinze prochains versets.


Avant de continuer, il nous faut comprendre que la fête de la Pentecôte est liée à la moisson, et la moisson, c'est le moment de la récolte. Mais avant la récolte, il faut commencer par une graine et cette graine doit mourir, n'est-ce pas?, car elle est plantée en terre et c'est seulement à cette condition qu'elle peut engendrer la vie. Ceci symbolise le baptême, alors que nous mourrons avec le Christ, nous sommes enterrés et nous ressuscitons, tel qu'on y fait allusion à Romains 6:4 et Colossiens 2:12.


L'Église avait compris ceci dès le départ. Ce n'est donc pas surprenant de voir qu'au verset 2, on parle déjà d'une piscine. Voici ce qu'on y dit:


« 2 Or, à Jérusalem, près de la porte des brebis, il y a une piscine qui s'appelle en hébreu Béthesda, et qui a cinq portiques. » (Jean 5:2)


Les cinq portiques étaient délimités par cinq colonnades ou cinq rangées de colonnes. En fait, la piscine de Béthesda comprenait deux bassins, n'est-ce pas? Quatre colonnades encadraient les deux bassins de toutes parts, tandis qu'une cinquième rangée de colonnes s'élevait entre eux. C'était le concept de l'époque.


Au verset 3, on dit:


« 3 Sous ces portiques étaient couchés en grand nombre des malades, des aveugles, des boiteux, des paralytiques, qui attendaient le mouvement de l'eau; » (Jean 5:3)


Ce verset dresse un portrait des maladies et de la condition humaine en général avant le baptême. Il y avait trois types de personnes: des aveugles qui, malgré leur cécité, pouvaient tout de même se déplacer avec un peu d'aide, n'est-ce pas?, des boiteux qui pouvaient à peine marcher, et des paralytiques complètement invalides.


Voilà à quoi ressemblait l'humanité avant le baptême. Notre âme, par l'étendue du péché et de la corruption, n'est-ce pas?, déformait l'image de Dieu qui était en nous, nous rendant incapables d'être en lien avec Dieu. Et puisque nous ne pouvions nous connecter à lui, nous ne pouvions pas vivre la vie à son plein potentiel. Elle n'avait pas tout son sens. Ce n'était pas une vie heureuse et joyeuse comme elle aurait dû l'être.


Au lieu de nous donner aux autres, notre seul désir était de prendre et de consommer. Nous sommes devenus aveugles, boiteux et paralytiques, sans savoir où aller ni quoi faire, et tout le reste. Et l'humanité tout entière, symbolisée par ces trois types de fléaux, était en attente d'un miracle, espérant que l'eau se mette à bouillonner. Elle attendait d'être recréée. Et c'est ce que le baptême est venu lui offrir.


Le verset 4 dit ceci:


« 4 car un ange descendait de temps en temps dans la piscine, et agitait l'eau; et celui qui y descendait le premier après que l'eau avait été agitée était guéri, quelle que fût sa maladie. » (Jean 5:4)


Rappelez-vous, c'était la fête originale de la Pentecôte, une version primordiale de la Pentecôte que l'on célèbre dans le Nouveau Testament. Il y avait donc la Pentecôte de l'Ancien Testament, puis celle du Nouveau Testament, celle où les disciples avaient reçu l'Esprit Saint. Ainsi, tout ce qui se passe dans le présent récit symbolise le baptême, moment où nous recevons l'Esprit Saint. Voilà pourquoi l'eau est au cœur de ce que l'on raconte ici. Cette eau s'anime, prend vie. Et l'Esprit Saint, c'est l'ange qui vient agiter cette eau.


C'est une eau qui donne la guérison. En vérité, lors du rituel du baptême au sein de l'Église copte, le prêtre vient agiter l'eau en lisant les psaumes, n'est-ce pas? Juste avant d'appliquer l'huile sainte, le saint chrême qui rend l'eau vivifiante, il va même jusqu'à consacrer une liturgie complète au thème de l'eau. C'est donc une eau vivante qui nous permet vraiment de prendre part à la mort, à l'enterrement et à la résurrection du Christ. Elle vient guérir notre âme. Elle restaure l'image du Christ en nous et nous retrouvons le sens profond et ultime de la vie.


Forte de cette vision des choses, l'Église, au 5 è dimanche du carême, se sert chaque année du récit de l'homme paralytique, afin d'expliquer le rituel du baptême et d'enseigner le Verbe


aux catéchumènes qui sont présents, les préparant ainsi à vivre leur propre baptême quelques semaines plus tard.


Mais les notions véhiculées dans ces versets nous parlent également de larmes de repentir. En effet, une fois que nous sommes baptisés, l'image du Christ qui nous habite, au même titre que notre âme d'ailleurs, peut aussi être restaurée grâce aux larmes que nous versons en nous repentant de nos fautes. L'Église profite donc de cette belle période du carême pour procéder au baptême des catéchumènes, tandis que les fidèles, étant déjà des croyants baptisés, font preuve de repentir en ce temps de Grand Carême, à l'approche de la Semaine sainte et de la Fête de Pâques.


À noter que c'est celui qui descendait le premier dans la piscine qui était guéri. Ce détail nous amène à deux constats dignes de mention. Tout d'abord, il n'y a qu'une personne qui est guérie, et deuxièmement, c'est la première qui se jette à l'eau qui obtient cette guérison. Et de qui parle-t-on ici? Du Christ lui-même! Le Christ fait office de prémices pour l'humanité. Grâce à sa guérison, elle a désormais accès à cette guérison, n'est-ce pas? Il a donné les premiers fruits. Il était le premier, n'est-ce pas?


Mais non seulement était-il le premier, n'est-ce pas?, il était également le seul, en ce sens que lorsque nous sommes baptisés, nous devenons des membres de son corps. Et puisque ce corps a été guéri, il est maintenant humain à part entière, tel que Dieu le Père l'a conçu. J'ai maintenant accès à cette humanité guérie. En réalité, seul le corps du Christ a été guéri, le Christ lui-même. Et ce corps du Christ, c'est l'Église. Et l'Église a de nombreux membres. Nous sommes tous guéris en lui. Il est les prémices et puisqu'il a guéri l'humanité, je peux également accéder à cette guérison.


Passons au verset 5 qui dit ceci:


« 5 Là se trouvait un homme malade depuis trente-huit ans. 6 Jésus, l'ayant vu couché, et sachant qu'il était malade depuis longtemps, lui dit: Veux-tu être guéri? » (Jean 5:5-6)


Cela peut paraître curieux comme question, car de toute évidence, l'homme espérait guérir. Non seulement était-il au bord de la piscine à attendre que l'eau s'agite, afin d'y sauter et espérer être guéri, mais ça faisait 38 ans qu'il était dans cet état. Alors, le moins qu'on puisse dire, c'est que la question semblait plutôt bizarre.


Mais ceci nous fait réaliser que le Christ ne fait jamais rien sans notre consentement. Et cela s'applique à nous également. Vous savez, le Christ dit: Je veux passer du temps avec toi. Je t'aime. Je me soucie de toi. Je veux que tu sois heureux. Par conséquent, je veux te guérir. Et lorsque tu seras guéri, tu connaîtras le véritable bonheur, le vrai sens de ta vie, tant ici qu'au ciel. Tu veux bien?


Et le malade lui répondit:


« 7 (...) Seigneur, je n'ai personne pour me jeter dans la piscine quand l'eau est agitée, et, pendant que j'y vais, un autre descend avant moi. » (Jean 5:7)


Comprenons bien une chose ici: cet homme était complètement laissé à lui-même. Et plus tard dans cet extrait, le Christ lui dit: Ne pèche plus. L'homme était donc pécheur comme tout le monde. Mais dans son cas, il était seul, probablement parce qu'il ne respectait pas les commandements de Dieu. Il ne voulait pas vivre en communauté. Il ne voulait pas se réconcilier. Il n'aimait pas son prochain.


Donc ici, c'est un péché qui repose sur le fait que l'homme désire s'éloigner des autres ou qu'il a toujours voulu faire à sa tête, sans jamais se sacrifier pour les autres. Il s'est donc retrouvé seul. Un ami le dérangeait, il a coupé les liens avec lui. Il a coupé les liens avec cette personne- ci, cette personne-là, et il s'est retrouvé seul sur terre. Combien de fois, malheureusement, voit- on des personnes mourir sans compagnie, sans personne pour se soucier d'elles, que ce soit à la maison ou à l'hôpital? Mais habituellement, c'est parce que ces personnes ne se souciaient pas des autres non plus. C'est une rue à double sens, une lame à deux tranchants.


Nous sommes des êtres relationnels, créés à l'image de la Trinité. Nous sommes censés pardonner aux autres, nous réconcilier avec les autres et vivre en communauté. Cet homme ne l'a pas fait. Et lorsque nous manquons à notre devoir ici sur terre, les conséquences nous suivent dans l'au-delà. C'est d'ailleurs une des caractéristiques de l'enfer: être seul ou se sentir seul.


Quoi qu'il en soit, nous devons apprendre de cet homme, éviter de faire les mêmes erreurs, vivre en communauté, pardonner et nous réconcilier avec les autres, aimer nos ennemis et nous sacrifier pour les autres, etc.


Au verset 8, le Christ lui dit:


« 8 Lève-toi, (...) prends ton lit, et marche. » (Jean 5:8)


Il faut en finir de cette vie misérable, de cette vie corrompue, de cette vie de paralytique où tu ne peux vivre comme tu es censé vivre! Il faut en finir de fermer les yeux sur les autres. Il faut en finir de ce dédain que tu as pour les autres. Lève-toi. Vis. Sois guéri. Adam était censé vivre. Il a connu une longue vie sur terre, mais c'était sa mort qu'il vivait: sa vie ne valait pas la peine d'être vécue. Le Christ, ici, ressuscite cet homme sur le plan spirituel, et faut-il le répéter, c'est par le baptême que ceci est rendu possible.


Remarquez que le Christ lui dit également: Prends ton lit et marche. C'est probablement une façon symbolique ou spirituelle de dire suffit la paresse! Prends ton lit et marche. Cesse de rester là, couché sur ton lit. Cesse de paresser sur ton canapé à regarder la télé ou à parler


au téléphone. C'est fini ces comportements. Sois vivant. Profite de la vie. Trouves-y un sens. Partage la bonne nouvelle au bureau, à l'école, à la maison, en servant à l'église, à l'extérieur de l'église, peu importe où tu es. Fait quelque chose de ta peau. Trouve un sens à ta vie. Sois la lumière du monde. Et c'est l'objectif du baptême. C'est l'objectif du repentir, de la confession et de l'Eucharistie. C'est le but de la prière: vivre une vie qui mérite d'être vécue, pour Dieu et pour notre prochain.


Continuons au verset 9:


« 9 Aussitôt cet homme fut guéri; il prit son lit, et marcha. » (Jean 5:9)


Ce verset nous fait voir l'obéissance dont l'homme a fait preuve. Avant le baptême, c'était la désobéissance qui le menait; le péché. Mais ici, il voulait vraiment se repentir. C'est pourquoi il a tout de suite pris son lit et s'est mis à marcher. Il a suivi les consignes du Christ.


« 10 C'était un jour de sabbat. Les Juifs dirent donc à celui qui avait été guéri: C'est le sabbat; il ne t'est pas permis d'emporter ton lit. » (Jean 5:10)


Dès que nous nous mettons à marcher dans le droit chemin, la voie du christianisme, le chemin du repentir, le diable s'empresse toujours de venir nous importuner, et souvent, il le fait par l'entremise des gens qui nous entourent, comme dans ce cas-ci.


« 11 Il leur répondit: Celui qui m'a guéri m'a dit: Prends ton lit, et marche. » (Jean 5:11)


Le verset 12 dit ceci:


« 12 Ils lui demandèrent: Qui est l'homme qui t'a dit: Prends ton lit, et marche? 13 Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c'était; car Jésus avait disparu de la foule qui était en ce lieu. 14 Depuis, Jésus le trouva dans le temple, et lui dit: Voici, tu as été guéri; ne pèche plus, de peur qu'il ne t'arrive quelque chose de pire. » (Jean 5:12-14)


Le premier point à retenir ici, c'est que le Christ était continuellement à la recherche de l'homme ou à prendre soin de lui. Il est donc venu le trouver pour reprendre la conversation. Et c'est ainsi qu'il agit avec nous. Il cherche toujours à discuter ou à communiquer avec nous. Mais ce qu'il y a de plus beau, c'est qu'une fois guéri, cet homme... où est-il allé? Il s'est rendu au temple. Il voulait aller prier. Il voulait rendre grâce.


Le baptême n'est que le début d'une relation renouvelée avec le Christ. Par la suite, il y a toute une vie de communion avec lui qui nous attend, laquelle se poursuit dans l'au-delà. Et en tant que chrétiens, c'est ainsi que nous devrions vivre aujourd'hui, ici sur terre.


L'autre point à retenir est lié à ce que le Christ dit à l'homme qui avait été paralysé: Ne pèche plus, de peur qu'il ne t'arrive quelque chose de pire. Qu'entend-il par là? Saint Jean Chrysostome vient clarifier:


« Puisque nous ne prenons pas soin de l'âme et que nous ne ressentons pas sa douleur aussi rapidement que celle du corps, il arrive parfois que Dieu permette que la maladie s'installe dans notre corps, afin que la douleur ressentie nous amène à nous repentir, afin que nous retrouvions la santé tant dans le corps que dans l'âme. » (Saint Jean Chrysostome) - [traduction libre]


Ainsi, le Christ n'est pas en train de dire qu'il est fâché et qu'il va nous punir. Il est vrai que Dieu punit parfois, mais lorsqu'il le fait, c'est pour notre propre bien. Dans le présent contexte, son but est de nous amener à nous repentir, afin que nous soyons guéris.


Le verset 15 nous dit ceci:


« 15 Cet homme s'en alla, et annonça aux Juifs que c'était Jésus qui l'avait guéri. » (Jean 5:15)


Saint Jean Chrysostome et saint Cyrille d'Alexandrie s'entendent tous deux pour dire que l'homme n'est pas allé trouver les Juifs dans le but de trahir le Christ. S'il avait eu cette intention, il leur aurait dit que c'était le Christ qui lui avait dit de transporter son lit, puisque c'était de ça qu'on l'accusait. Mais il s'est contenté de dire que c'était Jésus qui l'avait guéri, n'est-ce pas?


Ainsi, dans le contexte, saint Augustin est également d'accord pour dire que cet homme est allé trouver les Juifs pour leur expliquer qui était le Christ. Répétons-le: une fois que nous sommes baptisés et que nous goûtons à la grâce d'être unis au Christ, la première chose à faire, c'est avant tout de prêcher son nom et de prêcher l'Évangile aux autres, afin qu'ils puissent, eux aussi, connaître la bonne nouvelle.


N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi. Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.


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