Au nom du Père et Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Bienvenue à cette analyse détaillée que vous offre le site des Réponses coptes orthodoxes, au cours de laquelle nous nous penchons sur certains sujets fondamentaux. Comme je l'ai mentionné dans la vidéo d'introduction, nous commencerons par l'Évangile selon saint Jean. Et puisque nos épisodes ne sont chaque fois que de quinze minutes, je vous propose d'entrer tout de suite dans le cœur du sujet.
Bien! La première chose qu'il faut retenir à propos des Évangiles, c'est qu'il y en a quatre. Certains présentent de légères différences, tandis que pour d'autres, les différences sont majeures. Est-ce normal qu'il en soit ainsi? Oui, c'est normal, car même si le principal auteur de la Bible elle-même est le Saint-Esprit, ce dernier travaille en synergie avec le genre humain.
On pourrait dire, par exemple, que Dieu a travaillé avec Marc lorsqu'il a écrit son Évangile. Et alors? Marc a eu une influence sur cet Évangile, en ce sens qu'il avait sa façon de voir les choses, n'est-ce pas? Il avait un objectif, un but et un contexte de travail. Il a donc rédigé son œuvre d'après ce contexte et orienté ses propos en fonction de l'objectif qu'il s'était fixé.
Ainsi, comme on le dit souvent, saint Marc écrivait aux Romains, saint Matthieu s'adressait aux Juifs et saint Luc parlait aux Grecs. Pour sa part, saint Jean a écrit son Évangile à la fin du siècle premier, au moment où il y avait toujours des affrontements et des tensions entre les Juifs et les chrétiens quant à l'identité du Christ. C'est pourquoi, dans son Évangile, il a voulu démontrer une fois pour toutes que le Christ était Dieu.
Son but était d'écrire sur la divinité du Christ et comme il l'a fait à la fin du siècle premier, il était déjà au courant du contenu des Évangiles synoptiques, soit ceux de Marc, Matthieu et Luc. En effet, Marc a écrit le sien entre les années 55 à 68 (certains disent même que c'était dans les années 40), tandis que Matthieu et Luc ont rédigé le leur presque en même temps, soit de 58 à 63 pour l'un et de 58 à 68 pour l'autre (certains disent que, dans leur cas, c'était plutôt dans les années 80). Quoi qu'il en soit, Jean était au courant des contenus de leurs ouvrages. C'est pourquoi il a intentionnellement omis certains événements en écrivant, puisqu'ils avaient déjà été traités dans les autres Évangiles.
L'une des premières questions à se poser, c'est de savoir si c'est vraiment Jean qui a écrit son Évangile, car l'ouvrage lui-même n'a été attribué à aucun auteur en particulier; il est demeuré anonyme. Certains disent que c'est Jean qui l'a voulu ainsi, car c'était un apôtre important, si on peut dire. Il était le dernier des douze à être toujours en vie à la fin du siècle premier; il avait fait plusieurs miracles; il avait aussi écrit quelques Épîtres, ainsi que
l'Apocalypse. Tout ça lui pesait un peu sur les épaules.
Cette fois-ci, il ne voulait pas se créer de pression supplémentaire en associant son nom à l'Évangile. Il voulait que la divinité du Christ parle d'elle-même. Autrement dit, il voulait que ce soit la vérité sur le Christ qui soit reconnue à travers l'Évangile, qu'elle parle d'elle-même, qu'elle fasse elle-même figure d'autorité. Il existe pourtant des indices qui se cachent dans l'Évangile et qui démontrent qu'il en est l'auteur. Par exemple, l'extrait que voici:
« 24 C'est ce disciple qui rend témoignage de ces choses, et qui les a écrites. Et nous savons que son témoignage est vrai. (Jean 21:24)
Jean a écrit ce verset à la fin de son Évangile, au dernier chapitre. Et comment savons-nous que c'est de lui? Le premier indice, c'est que la personne ayant écrit ce verset faisait partie des quelques disciples qui étaient présents plus tôt dans le chapitre. Il fallait donc que ce soit quelqu'un parmi Pierre, Thomas, Nathanaël, Jacques, Jean et deux autres apôtres que l'auteur n'a pas nommés. Voilà donc le premier indice: nous savons que l'auteur faisait partie de ces apôtres-là.
De ces sept apôtres, le Christ avait son cercle immédiat, lequel était constitué de saint Pierre, saint Jacques et saint Jean. Nous savons également, d'après le livre des Actes des apôtres et d'après l'Évangile de Jean lui-même, qu'il y avait un lien très spécial entre Pierre et Jean. Par exemple, à Actes 3:1, ils se rendent ensemble au temple pour prier à la neuvième heure. À Actes 8:14, on les voit encore ensemble qui se rendent à Samarie, afin de donner l'Esprit Saint aux gens qui avaient été baptisés et qui ne l'avaient pas encore reçu. Donc, nous savons que ces deux saints étaient proches.
De plus, nous savons que saint Pierre et l'auteur de l'Évangile avaient une relation très proche, comme en témoigne le chapitre 21 de Jean, où il est question de Jean 13, la dernière Cène:
« 20 Pierre, s'étant retourné, vit venir après eux le disciple que Jésus aimait, celui qui, pendant le souper, s'était penché sur la poitrine de Jésus, et avait dit: Seigneur, qui est celui qui te livre? 21 En le voyant, Pierre dit à Jésus: Et celui-ci, Seigneur, que lui arrivera-t-il? (Jean 21:20-21)
Que lui arrivera-t-il? Puis, trois versets plus loin, on dit:
« 24 C'est ce disciple qui rend témoignage de ces choses, et qui les a écrites. Et nous savons que son témoignage est vrai. » (Jean 21:24)
Ainsi, au verset 24, il est question de l'auteur de l'Évangile. Et quelques versets auparavant, Pierre s'inquiétait de l'auteur de l'Évangile en demandant: Seigneur, que lui arrivera-t-il?
En nous basant sur les sept apôtres qui sont nommés à Jean 21:2, sur la relation spéciale qu'entretiennent saint Pierre et saint Jean, et sur la relation spéciale que saint Pierre entretient avec l'auteur de l'Évangile, nous sommes plutôt confiants d'avancer que c'est Jean qui en est l'auteur. Mais au bout du compte, ce sont les Pères de l'Église qui le confirment par la tradition de l'Église. ll y a quelques Pères de l'Église qui le mentionnent, mais je vais me limiter à un seul exemple, celui de saint Irénée. Mort en l'an 202 de notre ère, ce dernier a donc vécu à la fin du 2 è siècle. Voici ce qu'il a dit:
« Jean, le disciple du Seigneur qui s'était par ailleurs penché sur sa poitrine, a lui-même publié un Évangile, alors qu'il habitait à Éphèse. » (Saint Irénée, Contre les hérésies, 3:1,1) - [traduction libre]
On a également découvert un fragment de papyrus de l'Évangile de Jean, datant de l'an 125 de notre ère, alors nous savons que l'Évangile fut écrit avant cette date. Tous ces éléments réunis démontrent que Jean en est véritablement l'auteur.
Ceci dit, juste avant de nous pencher sur l'Évangile comme tel, ce que nous ferons lors de notre prochaine vidéo, j'aimerais partager avec vous les trois caractéristiques associées au chiffre 7. La première, c'est que l'Évangile de Jean couvre une période de 7 jours, ce qui équivaut aux 7 jours de la Genèse. J'en reparlerai plus en détail dans une prochaine vidéo, alors je ne m'attarderai pas sur le sujet aujourd'hui.
Il y a aussi les 7 JE SUIS, comme par exemple, lorsque le Christ a dit JE SUIS le pain de vie. Il y en a 7 en tout. Enfin, dans son Évangile, Jean fait état de 7 miracles, 7 miracles majeurs que le Christ a réalisés. Et nous l'avons dit, il n'a pas fait mention des autres miracles, puisqu'ils étaient mentionnés dans les synoptiques. Examinons tout ça à l'instant.
Commençons par les miracles:
Jean a choisi sept miracles qui sont complémentaires entre eux et qui démontrent l'autorité et la divinité du Christ.
1 Le premier miracle est celui où Dieu a changé l'eau en vin durant les noces de Cana en Galilée (cf. Jean 2). Dieu s'est servi d'une certaine substance, de l'eau dans ce cas-ci, et l'a changée en vin, l'a fait fermenter, etc.
Ce récit s'applique à plusieurs choses, que ce soit sur le plan théologique, spirituel ou symbolique. Nous pourrions les analyser sous plusieurs angles, mais ce n'est pas le moment pour ça. Ce qu'il faut remarquer, c'est que Dieu a créé une chose à partir d'une autre. En ce sens, il a démontré qu'il était la source de la création.
2 Le second miracle est la guérison du fils de l'officier du roi (cf. John 4). Ici, nous avons une personne qui était à l'article de la mort et le Christ, étant source de vie, est intervenu et a guéri cette personne, n'est-ce pas?
3 Le miracle no.3 est la guérison d'un homme qui se trouvait à la piscine de Béthesda et qui était malade depuis 38 ans (cf. Jean 5). Malgré toutes ces années, rien ne pouvait empêcher Dieu de guérir l'humanité, n'est-ce pas? Dieu se souciait d'elle et il en était capable.
4 Le miracle no.4 (cf. Jean 6) raconte l'événement où le Christ a nourri les 5000 personnes, ce qui a permis de démontrer qu'il pouvait assurer la subsistance de l'humanité et qu'il était vraiment celui dont nous avions besoin pour vivre.
5 La miracle no.5 (cf. Jean 6) est le moment où le Christ a marché sur l'eau. De toute évidence, Dieu a voulu ainsi démontrer son pouvoir sur la nature.
Jusqu'à maintenant, il a été question de miracles où le Christ s'est servi d'un substrat comme point de départ. Autrement dit, l'eau était une substance qui existait déjà lorsqu'il l'a changée en vin. De même, le pain et les poissons étaient à portée de main quand il les a multipliés. Et lorsqu'il a marché sur l'eau, le support était déjà là, sous ses pieds. Mais les deux prochains miracles ont été très différents. Ils ont véritablement démontré la nature divine du Christ en tant que Créateur et source de vie.
6 Le miracle no.6 est celui où le Christ a guéri l'homme qui était aveugle de naissance. Ce miracle était du jamais vu, puisque Dieu créait à partir de rien. C'est ce qu'on appelle une création ex nihilo, n'est-ce pas? Avec ceci, Dieu a démontré qu'il était lui-même le Créateur en créant de toutes pièces les yeux de cet homme.
7 Enfin, le miracle no.7 est un parfait exemple de ce qui constitue un miracle, n'est-ce pas? Le Christ a ressuscité Lazare au 4 è jour de son décès (cf. Jean 11), démontrant ainsi qu'il était la source de vie. En effet, le corps de Lazare était déjà en état de décomposition, mais le Christ est venu renverser le processus. Il a renversé le pouvoir de la mort, n'est- ce pas?
Dieu est donc la source de vie et c'est ce que Jean a voulu démontrer en racontant ces sept événements miraculeux.
Ceci dit, nous avons mentionné qu'il y avait eu sept occasions où le Christ avait dit JE SUIS. Nous allons y revenir durant notre étude de l'Évangile, mais pour l'instant...
Voici les sept JE SUIS en question:
Je suis le pain de vie
Je suis la lumière du monde Je suis la porte réservée aux brebis Je suis le bon berger Je suis la résurrection et la vie Je suis le chemin, la vérité et la vie Je suis le vrai cep
Si on résume, nous avons trois séries de 7 événements qui sont décrits dans l'Évangile de Jean: 7 jours de recréation qui nous rappellent les 7 jours de la création, tels que décrits au chapitre 1 de la Genèse. Ensuite, nous avons les 7 miracles. Enfin, les 7 JE SUIS.
Pour terminer, voyons la structure de l'Évangile:
1 De 1:1 à 1:19, il est question de l'incarnation du Fils de Dieu. C'est une des parties les plus importantes de la Bible qui explique qui est le Christ du point de vue théologique: il est le Fils de Dieu et de même essence que le Père, comme nous allons le voir au cours de notre étude.
2 Le deuxième segment s'étend de 1:19 à 5:1. C'est là où l'on présente le Fils de Dieu, où l'on explique qui il est.
3 Le troisième segment va de 5:1 à 13:1, alors qu'on décrit l'opposition qui règne entre le Fils de Dieu et les Juifs, les pharisiens, et le reste.
4 De 13:1 à 18:1, le Christ prépare les disciples. C'est dans cette portion de l'Évangile qu'on annonce la venue du Paraclète 1 .
5 Le dernier segment se situe de 18:1 à 21. Le chapitre 21 se termine au verset 25, lequel nous amène à la croix et à la résurrection.
Ceci met fin à notre introduction de l'Évangile selon saint Jean. Au prochain épisode, nous allons débuter notre analyse à Jean 1:1 et nous allons prier pour que vous soyez des nôtres.
N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi. Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.
1 Le mot Paraclète est un terme exclusif aux écrits de saint Jean pour parler de Jésus ou de l'Esprit Saint, selon le contexte. Ce n'est pas un vrai mot, mais plutôt une adaptation du mot grec παράκλητος (paráklitos). On s'en sert souvent pour exprimer l'idée d'un avocat, d'un conseiller, d'un aide ou d'un consolateur.
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N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.