Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Mes bien chers frères, je suis heureux de vous retrouver pour cette deuxième partie de notre série qui traite du repentir et de la confession, des questions si essentielles dans la vie d'un croyant chrétien. Dans la vidéo précédente, nous avons pris le temps de comprendre ce que représente le repentir du point de vue orthodoxe, et comment il entraîne un changement de direction ou d'orientation dans la vie d'un croyant. Cette fois-ci, nous allons nous consacrer à la confession et creuser davantage, afin de comprendre pourquoi le Seigneur a introduit ce sacrement dans son Église, en guise de moyen d'obtenir le salut.
Commençons par le mot confession, aussi connu sous le nom de ομολογία (omología) en grec. Ce terme est composé de deux mots: όμοιος (ómios), qui signifie identique, et λόγια (lógia), qui signifie mot ou récit. Tout cela doit nous amener à la profonde réalisation que la confession existe du moment qu'elle est pratiquée à l'aide des mêmes termes, pensées et convictions que le Christ. S'il déclare quelque chose, nous le déclarons aussi. Ce qu'il prêchait, nous le prêchons aussi. Et en poussant l'explication un peu plus loin, on comprendre que cette admission, cette déclaration de vérité, cette même parole peut donner lieu à deux types de confession: la confession de la foi et la confession de ce qui constitue un péché.
Nous venons de mentionner qu'il existe deux types de confession: celle de la foi et celle du péché. La première est une position qui confirme, dans les mêmes termes, la déclaration de foi de l'Église. Ceci se reflète clairement dans la vie liturgique de l'Église. Par exemple, notre Credo est une excellente façon de confesser notre foi: En toute vérité, nous croyons en un seul Dieu! Nous nous servons des mêmes paroles que l'Église pour annoncer nos croyances. On peut également l'entendre en fin de liturgie, juste avant la communion, alors que le prêtre et le diacre font la prière de confession. Le prêtre dit: Amen! Amen! Amen! Je crois, je crois, je crois et je confesse jusqu'à mon dernier souffle que ceci est le corps qui donne la vie... Puis le diacre reprend: Amen! Amen! Amen! Je crois, je crois, je crois, en toute vérité, qu'il en est ainsi. Amen! C'est ce genre de confession de foi que le Seigneur prononce devant ses disciples au chapitre 12 de l'Évangile selon saint Luc. On peut lire ceci, au verset 8:
« 8 Je vous le dis, quiconque me confessera devant les hommes, le Fils de l'homme le confessera aussi devant les anges de Dieu. » (Luc 12:8)
De plus, en examinant ce que saint Paul affirme au chapitre 10 de son Épître aux Romains, tout devient clair au verset 9:
« 9 Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. 10 Car c'est en croyant du cœur qu'on parvient à la justice, et c'est en confessant de la bouche qu'on parvient au salut... » (Romains 10:9-10)
Dans cet extrait, on peut clairement reconnaître deux importantes allusions aux Écritures, à savoir que nous sommes tout à fait dans l'esprit d'une confession lorsque nous affirmons nos croyances, puisque nous sommes en train d'évoquer Dieu dans les mêmes termes que ceux qui nous ont été légués par le Christ.
Allons-y maintenant avec le second type de confession: la confession du péché. Pour comprendre ceci, prenons un peu de recul en laissant de côté le rôle du pécheur qui veut avouer son péché lors d'une confession. Et ce faisant, posons-nous la question suivante: Notre définition du péché est-elle la même que celle du Christ et de son Église? Lorsqu'on constate qu'une personne tourne la vérité à son avantage, emploie-t-on le même terme (omología) que le Christ; dit-on que c'est un mensonge? Et en voyant quelqu'un s'emparer sans permission de ce qui ne lui appartient pas, emploie-t-on le même terme (omología) que le Christ; dit-on que c'est un vol? Ainsi, la confession du péché, c'est appeler les choses par leur vrai nom. C'est lorsque je parviens à confesser mes fautes et à les nommer telles quelles, sans y ajouter de faux prétextes, d'explications ou de fioritures: j'ai menti... j'ai volé... j'ai nourri des fantasmes... j'ai comméré...
Il nous faut être prudent, car le diable nous incite tous à employer des termes différents pour parler de nos gestes, de nos pensées, et même de nos vies. Au lieu de nous laisser parler du péché tel qu'il est vraiment, il nous invite à la tentation, afin que nous décrivions les choses autrement. Il cache la luxure en appelant ça de l'amour; il travestit l'avarice en parlant plutôt d'ambition; il déguise l'orgueil et l'arrogance en les remplaçant par l'affirmation de soi. Malgré cela, comme chrétiens, nous devons avoir assez de courage pour dire la vérité et déclarer nos fautes sans détours.
La confession, comme nous venons de l'expliquer, est la révélation de ce qui se cache dans le cœur d'une personne en matière de foi et de péché. Et en tant que chrétiens orthodoxes, c'est l'Église qui nous sert de point de repère pour déclarer notre foi aussi bien que nos péchés, dans les mêmes mots, l'omología. On peut résumer tout ceci de très belle façon en citant la 5 è litanie de la Prière de la 9 è Heure de l'Église copte orthodoxe:
« Ô Toi qui as accepté la confession du brigand sur la croix, accepte-nous, ô Dieu bon, nous qui sommes condamnés à la mort à cause de nos péchés. Avec lui, nous confessons nos péchés, et proclamons Ta divinité, et nous nous écrions tous: « Souviens-Toi de nous, ô Seigneur, quand nous viendrons dans Ton Royaume. »» (L'Agpeya, la None,
Prière de la Neuvième Heure, 5è litanie) - [St-Takla.org french, Coptic Orthodox Church Heritage]
Nous nous confessons et nous proclamons ta divinité. Maintenant que nous avons vu ces deux parties (ces deux vidéos) et que nous avons discuté du repentir et de la confession d'après la tradition de l'Église orthodoxe, nous allons conclure cette série avec la prochaine vidéo, où nous verrons pourquoi nous nous confessons à un prêtre et comment nous devrions le faire. Que le Seigneur vous guide et vous protège, mes bien chers frères!
D'ici là...
N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi. Et gloire à Dieu maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.