Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Mes bien chers frères, soyez les bienvenus au cinquième volet de la série consacrée à la sainte Eucharistie d'après la pensée de Saint Cyrille d'Alexandrie. Dans cette série, nous avons entrepris d'effectuer une analyse détaillée de la façon de concevoir le mystère, la beauté et la richesse de la sainte Eucharistie, en nous basant sur l'interprétation, la compréhension et l'enseignement que nous a transmis saint Cyrille d'Alexandrie, notre saint père parmi les saints.
Si vous étiez des nôtres jusqu'ici, vous êtes parfaitement au courant de la démarche qui est en cours. Nous nous sommes penchés sur l'intention première qui était attribuée à l'être humain avant sa chute et sur ce qui lui est arrivé par la suite, ce que nous avons dorénavant appelé la condition humaine. Nous avons aussi examiné ce que ça implique d'envisager l'Eucharistie à la manière de Saint Cyrille, laquelle est intimement liée à sa compréhension christologique. Sa conception du Christ a une incidence directe sur sa façon de concevoir l'Eucharistie.
Au cours du volet précédent, nous avons considéré l'Eucharistie comme étant un moyen de nous ramener à un état sans corruption. Ainsi, notre plus récente discussion a permis de préciser et d'approfondir les concepts de corruption et d'absence de corruption, afin de mieux les comprendre. C'est à ce moment que nous avons expliqué que l'Eucharistie peut nous ramener à un état d'incorruptibilité, afin de mettre un terme à notre dégradation et d'arrêter le processus qui nous entraînait vers la mort. L'Eucharistie elle-même devient donc la source de notre guérison qui nous rend de nouveau incorruptibles par Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Aujourd'hui, mes frères, si Dieu le veut, nous discuterons de la nature vivifiante de l'Eucharistie et ce sera une discussion très importante. Nous espérons pouvoir traiter de certaines difficultés qui nous empêchent de comprendre le véritable sens de l'expression être en vie. Nous parlerons aussi de la mort comme d'une conséquence ou punition, ainsi que de son incidence sur nous. Enfin, nous aborderons la question de notre restauration, laquelle nous permet de nouveau d'être pleinement vivants grâce à la sainte Eucharistie. Nous espérons accomplir tout cela en nous inspirant de ce que nous a enseigné Saint Cyrille d'Alexandrie, ainsi que d'autres pères qui ont enseigné les mêmes choses à son époque ou un peu avant lui. Examinons tout cela ensemble, mes frères.
Commençons par discuter des choix que le Seigneur Dieu a offerts à l'humanité dès le départ. Et que signifiaient ces choix? Pour ce faire, consultons le livre de la Genèse au chapitre 2, verset 9:
« 9 L'Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l'arbre de la vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. » (Genèse 2:9)
Donc, dès le départ, l'auteur de la Genèse nous dit que le Seigneur Dieu, au moment de planter les arbres dans le jardin, décida de les rendre tous comestibles et savoureux. Puis l'auteur mentionne deux arbres en particulier et leur donne un nom, mais ne parle pas des autres arbres. Il attire notre attention sur ces deux arbres, afin de nous faire comprendre que ces deux-là sont plus particuliers que les autres. Le premier, l'arbre de vie, fut placé au milieu du jardin, nous dit-il. Et le second reçut le nom d'arbre de la connaissance du bien et du mal. Puis, le Seigneur donna à l'être humain un commandement très direct à propos de cet arbre de la connaissance du bien et du mal. On le retrouve ci-après, au chapitre 2, versets 16 et 17 de la Genèse:
« 16 L'Éternel Dieu donna cet ordre à l'homme: Tu pourras manger de tous les arbres du jardin; 17 mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (Genèse 2:16-17)
Mes frères, il est extrêmement important de comprendre ceci. Le Seigneur Dieu a planté un jardin et dans ce jardin, il nous a donné l'embarras du choix, l'arbre de vie faisant partie des bons choix qui s'offraient à nous. Retenons bien ce détail. Puis, le Seigneur nous a dit: Je vous propose aussi un choix qui vous permettra de vous opposer à moi, de me désobéir. Parmi tous les arbres que vous avez devant vous, il y en a un que je vous demande de ne pas choisir; il y en a un auquel il ne faut pas toucher. Non pas parce que le mal s'y trouve, ni parce que l'arbre lui-même est mauvais... Car il faut à tout prix éviter de penser que Dieu puisse être à l'origine du mal; ce n'est pas le cas. Il ne crée rien qui soit mauvais comme tel. Mais il nous donne le choix de lui tourner le dos et de dire: Dieu, je ne veux pas de toi. Car s'il nous enlevait ce choix, nous ne serions pas vraiment libres. Et si nous n'étions pas vraiment libres, nous ne serions pas vraiment vivants.
Le fait de nous avoir créés à son image signifie que nous sommes libres, tout comme Il est libre Lui-même. Bien sûr, notre liberté ne sera jamais pleinement celle dont Dieu dispose; le Seigneur Dieu, par sa toute-puissance et sa nature infinie, représente la liberté par excellence. Autrement dit, il est capable de tout. Mais ce n'est pas notre cas... Je ne peux pas choisir de ne pas exister. Je peux peut-être choisir de m'enlever la vie, mais je vais continuer de faire partie de l'existence éternellement, alors que la liberté de Dieu est très différente. En revanche, je peux utiliser ma liberté d'expression pour dire à Dieu que je ne veux pas de lui. C'est par l'entremise de l'arbre de la connaissance du bien et du mal qu'Il m'offre cette possibilité.
Donc, que nous dit-Il? Est-il en train de dire: Si vous mangez de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, je vais vous tuer? Non! Le fait de dire si vous en mangez, je vais vous tuer
est très différent que de dire si vous en mangez, vous mourrez. Ce n'est pas du tout le même message, mes frères.
Imaginez que je doive être admis à l'hôpital: les médecins me branchent sur les moniteurs et c'est la technologie qui me maintient en vie. Elle m'aide à respirer. Elle s'assure de me fournir les nutriments dont j'ai besoin. Puis, le médecin me dit: Très bien, Père Anthony, vous devez rester branché à ces moniteurs, sinon, vous risquez fort de mourir. Donc, je vous conseille fortement de ne pas vous lever, de ne pas quitter l'hôpital, de rester au lit et de nous laisser nous occuper de vous: c'est notre spécialité.
Si je choisis de répondre je ne vous crois pas: je crois que je peux vivre sans ces machines; je ne veux pas de votre aide; je peux me débrouiller seul, et je retire l'intraveineuse que les médecins m'ont installée; si je me débranche des appareils, me coupant ainsi de l'apport en oxygène dont j'ai besoin pour maintenir ma respiration; si je me débranche de tout ça et qu'en quelques minutes, je m'effondre et je meurs, pourrai-je mettre la faute sur l'hôpital et accuser son personnel de m'avoir laissé mourir? Non... non!
On m'avait clairement prévenu: Si tu désobéis, c'est la mort qui t'attend. Mais si tu me permets d'être ta source de vie (c'est le commandement que le Seigneur Dieu avait donné à Adam), si tu me choisis, Adam, si je deviens ta source de connaissance, si tu me laisses t'enseigner le bien, si tu vis ta vie à travers moi, en moi et avec moi, je vais te donner cette vie. Mais si tu te sépares de moi, tu mourras. Pourquoi? Parce que, comme dans l'exemple du Père Anthony à l'hôpital, tu t'es débranché de la source de vie. Ainsi, mes frères, qu'est-ce que cet exemple cherche à nous faire voir? Que la mort était un choix. Ce n'était pas un châtiment de Dieu qui, étant fâché, se serait emporté à dire: puisque tu ne m'as pas écouté, je vais te faire mourir. Non! C'était plutôt un choix qu'on nous avait offert.
Alors, quelle est la signification de tout ça? Si on repense au contenu de ce passage, quels étaient les véritables choix qui furent offerts à Adam et Ève? Deux arbres furent désignés: l'arbre de vie et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Cet arbre-ci donne la vie. Cet arbre-là, si vous le choisissez, vous en mourrez à coup sûr. Quels étaient donc les deux choix ultimes s'offrant à Adam et Ève? La vie ou la mort. Et ce qu'on ne réalise pas, c'est qu'encore aujourd'hui, ce sont les mêmes choix qui s'offrent à nous; nous pouvons choisir la vie et nous pouvons choisir la mort.
Saint Éphrem le Syrien disait quelque chose de très beau en parlant de l'arbre de vie. Après la chute, celui-ci était devenu inaccessible pour un certain temps. Il explique que la raison pour laquelle le Seigneur Dieu leur a enlevé la possibilité de choisir l'arbre de vie après qu'ils eurent chuté, c'est qu'il voulait leur témoigner son affection et sa clémence. Allons lire ce que Saint Éphrem a dit à ce sujet:
« Mais ils avaient maintenant reçu l'ordre de travailler dur, à la sueur de leur front, dans la peine et la douleur. Par conséquent, de peur qu'Adam et Ève vivent dans la
souffrance pour toujours en mangeant de cet arbre [l'arbre de vie], Dieu, après qu'ils eurent attiré sur eux la malédiction, leur interdit de manger de ce qu'il avait prévu leur donner du temps où ils n'étaient pas encore tombés et étaient toujours vêtus de gloire. » (Saint Éphrem le Syrien, Commentaire sur le chapitre 2, verset 35 de la Genèse) - [traduction libre]
Le Seigneur voulait leur offrir l'arbre de vie avant que la malédiction ne les frappe et ne les entraîne dans le péché, avant qu'ils tombent dans le piège, avant qu'ils laissent la mort les habiter. Mais maintenant, s'ils avaient continué de manger de l'arbre de vie alors que la mort était en eux, ils seraient demeurés dans cet état pour toujours, puisque du moment qu'on en mangeait, l'arbre de vie prolongeait indéfiniment l'état dans lequel se trouvait celui qui en mangeait.
Le Seigneur Dieu a donc interdit l'accès à l'arbre de vie pour un certain temps, et pourquoi? Parce qu'il ne voulait pas rester éternellement dans la mort. Il allait plutôt le réinstaurer plus tard. Il nous y a redonné accès après avoir conquis la mort. Mais on peut se poser la question: Pourquoi le Seigneur Dieu a-t-il réintroduit l'arbre de vie? Nous y reviendrons.
Pour l'instant, j'aimerais que vous vous rappeliez des choix qui s'offrent à nous; ils sont très importants. D'un côté, nous avons la vie, de l'autre, la mort. Et même après la chute de l'humanité, le Seigneur Dieu continue de nous dire: N'oubliez pas les choix qui s'offrent à vous; n'oubliez pas les possibilités que je vous ai offertes. Ainsi, dans le Deutéronome, au chapitre 30, le Seigneur s'adresse à Moïse et au peuple d'Israël et leur dit ceci:
« 19 J'en prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre: j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, 20 pour aimer l'Éternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t'attacher à lui: car de cela dépendent ta vie et la prolongation de tes jours, et c'est ainsi que tu pourras demeurer dans le pays que l'Éternel a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. » (Deutéronome 30:19-20)
Les choix qui furent offerts à Adam et Ève ont aussi été offerts au peuple d'Israël et ils nous sont toujours offerts, à vous et moi, aujourd'hui. Nous avons le choix: la vie ou la mort... à nous de décider. Et quel choix le Seigneur veut-il que nous fassions? C'est très clair: choisis la vie, afin que toi et ta postérité puissiez vivre. Voilà ce que le Seigneur veut pour nous.
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