Au Père et au Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Bienvenue à cette analyse détaillée que vous offre le site des Réponses coptes orthodoxes. Nous sommes au présentement au chapitre 14 de Jean et nous aborderons le verset 15 dans un instant. Le repas de la dernière Cène est en cours et le Christ vient d'annoncer à ses disciples qu'il les quitterait bientôt. Bien sûr, les disciples sont inquiets, alors le Christ tente de les réconforter et leur demande de ne pas se laisser troubler. Il tente de les rassurer. C'est qui nous amène au verset 15.
Le verset 15 dit ceci:
« 15 Si vous m'aimez, gardez mes commandements. » (Jean 14:15)
Ce verset est très important. Dieu dit:
- Si vous m'aimez, si vous voulez être avec moi, si vous voulez être unis à moi, respectez mes commandements.
- Seigneur, pourquoi dois-je suivre tes commandements?
- Parce que je suis le Créateur. Je suis la source de vie. Je t'ai créé à mon image. Je veux que tu sois à ma ressemblance. Pour vivre en union avec moi qui suis la source de vie, le grand Je Suis, il faut que tu suives mes commandements, car le péché ne fait pas partie de moi et il ne peut s'unir à moi. Si tu t'adonnes au péché en ne respectant pas mes commandements tels que je les ai formulés, tu seras déconnecté de la source de vie. Tu ne seras plus uni à moi. Mais si tu m'aimes, si tu veux être uni à moi, si tu veux ne faire qu'un avec moi dans le bon sens du terme, alors suis mes commandements.
De nos jours, les gens se comportent souvent comme si c'était à eux d'établir les règles quant à la moralité. Dieu seul décide de ce qui est moral, car c'est lui le Créateur, le grand Je Suis. Par conséquent, nous devrions suivre ses commandements si nous voulons trouver la vie en lui, lui qui est la vie, et l'amour aussi.
Permettez-moi de vous donner un exemple pratique. Nous avons ici le Christ, le Fils de Dieu. Et ça, c'est nous, avant la création. Et voici, nous sommes créés à l'image du Fils. Nous sommes créés par lui; nous ressemblons au Fils. Tant que nous respectons les commandements de Dieu, nous conservons cette forme, n'est-ce pas? Nous sommes à son image. Nous pouvons donc nous unir à lui, cet être divin, source de vie, d'amour, de pureté, de joie, de paix; tous ces attributs éternels, non matériels, vous me suivez?
En nous unissant à lui, tous ses attributs s'expriment bientôt en nous, ce qui représente le royaume de Dieu, n'est-ce pas? Et c'est ainsi que nous accédons à la vie, la vie spirituelle, la vie morale, etc. Si nous choisissons de ne pas suivre les commandements de Dieu, son image au fond de nous se déforme. Nous devenons déformés, n'est-ce pas? Et nous ne pouvons plus rester connectés à Dieu. Nous ressemblons donc à ceci. Nous avons beau prier à l'aide de notre Bible, assister à la liturgie... quoi que nous fassions, nous ne pouvons plus faire l'expérience de Dieu. En fait, c'est une expérience négative qui nous attend. Ça ne va pas.
Ainsi, Dieu nous dit: Écoute, il te faut obtenir le pardon de tes péchés. Je dois te ramener à ton état primordial. C'est pourquoi les sacrements de l'Église nous sont donnés: pour que Dieu puisse nous recréer et que nous soyons de nouveau capables de nous unir à lui, d'où l'importance de suivre ses commandements. Si nous choisissons d'en faire autrement et de devenir comme ceci, c'est que nous ne l'aimons pas. Nous ne pouvons être avec lui. Nous faisons le libre choix de ne pas être avec lui. Mais il nous dit: Je t'aime, je t'ai sauvé, je t'ai recréé. Si tu m'aimes, respecte mes commandements. Saint Jean Chrysostome nous dit ceci:
« En tout temps, nous avons besoin de travail et de gestes concrets, pas de grands discours. C'est bien facile d'affirmer ou de promettre une chose, mais ce n'est pas si facile d'agir selon sa parole ou de respecter sa promesse... le Christ a dit: « Si vous m'aimez, gardez mes commandements... » Je vous ai donné l'ordre de vous aimer les uns les autres et de vous traiter comme je vous ai traités. Si vous m'aimez, vous devez vous plier à ces ordres et vous en remettre à moi, votre bien-aimé. » (Saint Jean Chrysostome, Homélies sur Jean) - [traduction libre]
Le Christ dit: Comme je vous ai aimés, vous devriez vous aimer les uns les autres. Si vous m'aimez, respectez mes commandements. Soyez comme moi. Faites comme moi, Vous m'appartiendrez.
Verset 16:
« 16 Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous. » (Jean 14:16)
Quel est cet autre consolateur? De toute évidence, c'est l'Esprit Saint. L'Esprit Saint est une personne, pas une chose, n'est-ce pas? C'est une autre personne divine faisant partie de la Trinité et ces trois personnes partagent la même essence divine. C'est pourquoi on dit qu'elles ne font qu'un seul Dieu: le Père, le Fils et le Saint-Esprit, d'accord? Et ici, les pères, notamment saint Jean Chrysostome, saint Grégoire le Théologien et plusieurs autres, mettent l'emphase sur le mot autre en disant que l'Esprit Saint est un autre consolateur, ce qui sous-entend qu'il est égal au Fils. Si vous préférez, de par sa nature, il est l'équivalent du Fils. Ainsi, l'Esprit Saint n'est pas un être inférieur. C'est une personne divine de plus au sein de la Trinité et il restera avec l'humanité pour toujours.
Verset 17:
« 17 ...l'Esprit de vérité [quel est donc cet autre consolateur? C'est l'Esprit de vérité], que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. » (Jean 14:17)
Les non-chrétiens ne peuvent pas voir cet Esprit et ils ne le connaissent pas. Les chrétiens non plus ne le voient pas, mais ils savent qui il est. Il y a donc une différence à noter ici. Le Christ ajoute: mais vous, vous le connaissez, car il demeure en vous et il sera en vous. C'est une chose de dire que l'Esprit Saint travaille avec nous, mais c'en est une autre de dire qu'il est en nous. La première Épître aux Corinthiens, au chapitre 12, y fait brièvement allusion en mentionnant qu'un non-chrétien peut faire appel au Christ et devenir chrétien grâce à l'œuvre de l'Esprit, n'est-ce pas? Et c'est aussi par son œuvre que nous appelons le Christ notre Sauveur. Mais cela ne signifie pas pour autant que l'Esprit nous habite.
L'Esprit Saint travaille avec nous, il peut orienter nos pensées, nous amener dans la bonne direction, etc. Mais après avoir participé aux sacrements du baptême et de la confirmation, séparément ou lors d'une même cérémonie, l'Esprit Saint habite en nous. Il est avec nous en tout temps. Peu importe où nous allons, l'Esprit nous accompagne. Il demeure avec nous et ne peut nous quitter, puisque nous avons été oints durant la confirmation. Il y a donc une nette distinction à faire ici. En tant que chrétiens, l'Esprit Saint œuvre avec nous, il est en nous, il habite en nous, et par conséquent, il est présent où que nous allions, quoi que nous fassions et quoi que nous regardions. Il nous faut être très vigilants, car chacun de nous est un temple de Dieu. L'Esprit est en nous. C'est pourquoi, au chapitre 7 de Jean, les versets 37 à 39 nous disent ceci:
« 37 Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s'écria: Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive. 38 Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein, comme dit l'Écriture. [Comme on peut lire dans Ézéchiel, n'est-ce pas?, quand il est question de l'eau qui jaillit sur le côté du temple; ce temple, c'est le Christ lui-même.] 39 Il dit cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui [dans le futur]; car l'Esprit n'était pas encore, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié. » (Jean 7:37-39)
Et c'est pourquoi le Christ leur disait, à Jean 15... pardon, Jean 14, verset 17, que l'Esprit Saint vivrait en nous dans le futur. Répétons-le: il est très différent d'avoir l'Esprit Saint qui œuvre avec nous et de l'avoir en nous, surtout qu'avant le Nouveau Testament, l'œuvre salvatrice du Christ, notre baptême et notre confirmation, l'Esprit Saint pouvait effectivement œuvrer avec quelqu'un, mais il le quittait ensuite, n'est-ce pas? Donc, nous l'avons déjà dit, dans l'Ancien Testament, les rois, les prophètes et les prêtres étaient parfois accompagnés par l'Esprit Saint, comme ce fut le cas du roi Saül, par exemple. Mais lorsque ce dernier a tout gâché, l'Esprit Saint l'a quitté.
Ceci ne se produit pas dans le Nouveau Testament, car une fois que nous sommes baptisés et que nous recevons l'Esprit Saint, la confirmation vient sceller sa présence en nous, et dès lors, il ne nous quitte plus. Même si nous continuons de pécher, il ne nous quitte plus. C'est ce qui explique qu'une personne baptisée ayant vécu dans le péché n'ait pas besoin d'être baptisée de nouveau si elle décide de se racheter, car l'Esprit Saint est toujours en elle. Elle doit cependant se repentir, se confesser et prendre part à l'Eucharistie pour rétablir son union avec Dieu. Elle est habitée par le Saint-Esprit, elle et lui ne font qu'un, et elle reprend son statut de temple de Dieu. Dans cette perspective, nous incarnons la présence de Dieu. Nous sommes la lumière du monde. Nous devons éclairer les ténèbres qui nous entourent. De nos jours, les chrétiens doivent s'impliquer, afin d'illuminer le monde. Nous devons travailler avec le pouvoir de l'Esprit qui œuvre en nous.
Verset 18:
« 18 Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous. » (Jean 14:18)
Ici encore, les disciples sont inquiets du fait qu'il va les quitter et il tente de les rassurer.
« 19 Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus; mais vous, vous me verrez,... » (Jean 14:19)
Après la croix, la résurrection et les 40 jours qui s'écoulèrent jusqu'à son Ascension, le Christ est apparu plusieurs fois à ses propres disciples. Donc, ces derniers vont continuer de le voir, mais il ne sera plus visible au reste du monde. Il ne fera plus d'apparition publique. Seuls ceux qui l'ont suivi le verront apparaître.
Il y a donc deux côtés à la médaille dans ce cas-ci, n'est-ce pas? Certains d'entre eux seront forcés de croire et Dieu ne leur donnera pas le choix. Mais malheureusement, comme c'est souvent le cas, plusieurs personnes refusent de croire, même si Dieu, la Sainte Vierge ou toute autre être divin apparaît devant eux. Leur jugement est d'autant plus sévère, n'est-ce pas? Et ceci vient compliquer les choses. Ainsi, le Christ accorde le libre arbitre et apparaît à ceux qui ont déjà choisi de l'aimer et d'être avec lui. Et il ajoute:
« 19 ...car je vis, et vous vivrez aussi. » (Jean 14:19)
Puisque je ressusciterai d'entre les morts, vous ressuscitez aussi. Faut-il le répéter, Saint Athanase est très clair à ce propos: le salut est une nouvelle création, n'est-ce pas? C'est par elle que l'humanité peut être guérie. Le Christ est ressuscité d'entre les morts. Nous ressusciterons d'entre les morts. C'est lui le premier fruit de la moisson, n'est-ce pas? Il ouvre le chemin et nous marchons à sa suite. Nous sommes vivants, parce qu'il est vivant. Comme saint Paul le dit dans sa première Épître aux Corinthiens, au chapitre 15: si le Christ n'est pas ressuscité d'entre les morts, notre foi devient futile, inutile, car nous ne pouvons ressusciter non plus. La résurrection est donc l'un des fondements du salut.
« 20 En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous. » (Jean 14:20)
Vous connaîtrez que je suis en mon Père, n'est-ce pas? Moi et mon Père sommes deux personnes partageant l'essence divine. Il est la source de vie; je suis également la source de vie. D'une perspective humaine, nous pouvons dire que le Père a élevé le Fils, mais nous pouvons aussi dire que le Fils s'est élevé lui-même, puisqu'il est divin, qu'il est la source de vie. Vous saurez que je suis Dieu, que je suis en mon Père, que vous êtes en moi et que je suis en vous.
Rappelons-le encore une fois: grâce aux sacrements, nous faisons partie du Christ. De même, en prenant part à l'Eucharistie, nous consommons Dieu, alors il vient nous habiter. Il donne la vie. Il est l'antidote contre la mort. Et quel est l'antidote? La source de vie même! Et grâce à ce mécanisme, nous faisons mystiquement partie de son corps, de son Église. Et c'est lui qui dirige nos corps. Nous habitons en lui et lui en nous.
« 21 Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui. » (Jean 14:21)
Je le répète encore: en prenant part à l'Eucharistie, nous faisons partie du Christ qui est ressuscité d'entre les morts et nous aussi sommes ressuscités. Lorsque nous sommes baptisés, nous revêtons le Christ, n'est-ce pas? Répétons-le: nous sommes unis à lui. Ainsi, lorsqu'il accomplit une œuvre salvatrice, elle s'applique à nous automatiquement, puisque nous sommes en lui. À l'inverse, dès que nous nous séparons de lui, les problèmes commencent. En effet, si nous n'étions pas unis au Christ pendant notre passage sur terre, la situation deviendrait plutôt problématique, car nous n'avons pas la force de vivre comme il a vécu. En résumé, c'est ce que ces versets signifient. Voici ce que saint Cyrille en dit:
«...Je fais partie du Père, et vous faites partie de moi et moi de vous. Car je suis moi- même vivant, dit-il, étant la vie de par ma nature... Mais si vous aussi (bien que vous soyez de nature corruptible) vous aspirez à vivre de manière semblable à la mienne, vous comprendrez sans équivoque que, par ma nature vivifiante, je vous ai intimement unis à Dieu le Père...» (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur l'Évangile selon saint Jean) - [traduction libre]
Autrement dit, si nous vivons comme le Fils, nous sommes unis à lui. Et à son tour, il nous unit à Dieu le Père. C'est pourquoi il dit ce qui suit:
«...je vous ai intimement unis à Dieu le Père, qui lui aussi est la vie de par sa nature, [c'est lui qui en est la source au sein de la Trinitié, n'est-ce pas?] et j'ai fait en sorte que vous puissiez prendre part à sa nature incorruptible. Car je fais naturellement partie du Père, étant le fruit de son essence et son véritable rejeton. Je suis la vie de la vie, et vous êtes en moi et moi en vous, [donc, nous sommes vivants, parce que nous sommes
en lui, mais le Christ même est la source de vie] étant donné que j'ai pris moi-même une forme humaine et que je vous ai fait prendre part à la nature divine en envoyant mon Esprit habiter en vous [ce qui vous a transmis tous ses attributs]. Car le Christ est en nous grâce à son Esprit [l'Esprit rend le Christ présent en nous], transformant ce qui a une tendance naturelle à se corrompre en une nature incorruptible et le faisant passer de sa condition mortifère à une condition tout autre. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur l'Évangile selon saint Jean) - [traduction libre]
Donc, en résumé, le Père et le Fils vivent de cette belle union, une véritable union fondée sur l'amour inconditionnel, l'humilité et une volonté qui leur est commune. En fait, ils ont chacun leur propre volonté, mais elles se manifestent toujours de façon unanime. De la même manière, en suivant les commandements de Dieu par amour pour lui, nous connaîtrons nous aussi cet amour trinitaire. Nous pourrons aimer comme ils aiment et nous unir à eux, et par le fait même, obtenir la vie et passer de la corruption à l'incorruptibilité, passer de la mort à la vie. Voilà, en bref, ce dont il est question ici.
Verset 22:
« 22 Jude, non pas l'Iscariot, lui dit: Seigneur, d'où vient que tu te feras connaître à nous, et non au monde? 23 Jésus lui répondit: Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. 24 Celui qui ne m'aime pas ne garde point mes paroles. Et la parole que vous entendez n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé. » (Jean 14:22-24)
Un instant... de qui parle-t-on ici? Qui est cette personne qui vit en nous? Est-ce le Père? Est-ce le Fils? Est-ce le Saint-Esprit? Car au verset 23, il est bien dit: nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui. La réponse est simple: les trois personnes vivent en nous. Nous l'avons déjà dit, nous recevons l'Esprit Saint lors du baptême et de la confirmation. L'Esprit Saint rend le Christ présent en nous. C'est pourquoi nous disons que nous revêtons le Christ lors de notre baptême ou que l'image du Christ est recréée en nous. Et comme nous sommes en présence du Fils, nous sommes automatiquement unis au Père. Le Père est donc en nous lui aussi.
Faut-il le répéter, toutes les personnes de la Trinité partagent la même et unique essence divine, dont l'un des attributs est d'être partout à la fois. Donc, chacun d'eux est partout. Mais c'est grâce à notre baptême que notre communion avec ce Dieu trinitaire unique est rendue possible. C'est à cette occasion que l'Esprit vient habiter en nous, que l'image du Fils est recréée et que nous devenons unis au Père.
Verset 25:
« 25 Je vous ai dit ces choses pendant que je demeure avec vous.
26 Mais le consolateur, l'Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » (Jean 14:25-26)
Donc, l'Esprit Saint se chargera de rappeler aux apôtres tout ce que le Christ leur a dit. En plus, il leur enseignera toutes choses. Mais pourquoi le Christ ne leur a-t-il pas enseigné ces choses lui-même? Eh bien, premièrement, le Christ était sous l'impression qu'il avait enseigné aux apôtres tout ce qu'il leur fallait: comment démarrer son Église, les mystères et tout le reste, n'est-ce pas? En effet, durant les 40 jours passés avec eux depuis sa résurrection jusqu'à son Ascension, il leur a expliqué tout ce qui avait un lien avec le royaume de Dieu. Tout ceci est documenté au début des Actes des apôtres.
Cependant, certaines choses évoluent avec le temps et c'est l'Esprit Saint qui guide les évêques, le clergé et le saint patriarcat œuvrant au sein de l'Église, n'est-ce pas? Il les garde sur la voie de la vérité à mesure que les choses changent. Par exemple, lorsque le monde est témoin de percées scientifiques à certains niveaux, comment doit-on les aborder? Doit-on les rejeter? Non. Doit-on les accepter d'emblée? Non plus. Nous devons prier et laisser l'Esprit Saint nous guider.
Certaines percées scientifiques peuvent être bénéfiques, tandis que d'autres, pas nécessairement. Certaines peuvent paraître intéressantes d'un point de vue athée, comme l'avortement et bien d'autres encore, mais du point de vue religieux, si on comprend que l'âme et le corps de l'être humain sont issus des plus hautes instances, de telles percées seront rejetées par l'Église.
C'est Dieu qui donne un sens à la science. Cette dernière n'a aucune signification en elle- même. Elle ne fait qu'expliquer comment les choses se produisent. Mais qui décide du sens qu'on peut donner à ces choses? Qui décide si c'est bon ou mauvais? C'est Dieu. Et c'est ainsi que la moralité devient capitale, absolument nécessaire, et qu'on ne peut s'en passer. Si Dieu n'est pas là pour trancher, que ferons-nous? Ce que nous voulons? Mais si Dieu est là pour nous inspirer moralement, il nous aide à distinguer le péché de la droiture, et ainsi, nous n'avons qu'à suivre sa loi et il saura donner un sens à tout. Il est l'ultime scientifique, l'ultime philosophe, le Créateur de l'humanité et du cosmos, et c'est lui qui est garant de leur salut.
Verset 27:
« 27 Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s'alarme point. » (Jean 14:27)
Ici encore, il continue de rassurer ses apôtres tout au long de la discussion. Mais il précise que la paix que nous procurent les choses matérielles est très différente de la paix céleste. Je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Il parle donc de paix
et de joie terrestre et la distingue de la paix que procurent les choses célestes, précisant qu'elles sont à des niveaux complètement différents.
En vérité, quand nous puisons en Dieu et que nous faisons l'expérience de son royaume qui est en nous, nous sentons cette différence. Nous sentons que c'est ça la vraie vie. Et j'encourage vraiment chacun d'entre vous à vivre dans la prière, à prendre part à l'Eucharistie, à lire les Écritures et à s'abstenir de pécher, afin que vous puissiez connaître la vraie vie et ressentir cette paix et cette joie qui vous habite.
Verset 28:
« 28 Vous avez entendu que je vous ai dit: Je m'en vais, et je reviens vers vous. Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père; car le Père est plus grand que moi. » (Jean 14:28)
Il est évident que ce verset fait partie de ceux dont les Ariens s'empressent de citer, afin de prouver que le Fils n'est pas égal au Père, puisqu'il dit lui-même: le Père est plus grand que moi. Comme saint Cyrille va nous l'expliquer dans quelques secondes, ce verset a un tout autre sens. Nous l'avons déjà mentionné: le Fils a déclaré sa divinité à maintes reprises dans différents versets de la Bible. Il est Dieu, nul doute là-dessus.
De plus, pourquoi affirmerait-il ceci si c'est une évidence? Si c'est inutile... si le Père est vraiment plus grand que lui, que c'est lui le seul être divin, que le Fils est un être qu'il a créé et qu'il n'est pas le Créateur, pourquoi prendrait-il la peine de dire ceci? Parce qu'il est clair que ce n'est pas le cas. Il faut y voir un double sens ici. Alors, écoutons ce que saint Cyrille a à nous dire à ce sujet. Le voici:
« Il a dit que [le Père] était plus grand, non pas en tant que personne étant assise à sa droite, mais parce qu'il était toujours parmi nous, c'est-à-dire, dans sa forme humaine. Puisqu'il était toujours dans son rôle de serviteur et que le moment n'était pas encore venu pour lui de réintégrer sa nature propre, il a parlé de Dieu le Père comme d'un être plus grand que lui. » (Saint Cyrille d'Alexandrie) - [traduction libre]
En d'autres mots, il explique que le Fils revêtait toujours son corps d'homme. Il existait donc sous une forme différente de celle qu'il avait avant d'être incarné. Ainsi, étant dans cette forme humaine, il dit que Dieu le Père est plus grand que lui, car le Père existe sous une forme qui surpasse la sienne à cet instant précis.
« De plus, lorsqu'il endurait le précieux supplice de la croix pour nous, les Juifs lui ont apporté du vinaigre et du fiel alors qu'il avait soif, et en buvant, il a dit: tout est accompli. Car il avait déjà été humilié et crucifié en tant qu'homme. Il avait surmonté la mort dans toute puissance, non pas en tant qu'homme, mais en tant que Dieu, c'est-à-dire par
l'impact de son pouvoir et de la force de sa glorieuse conquête, et non pas grâce à la chair.
« Le Père était donc plus grand que le Fils, car ce dernier était toujours un serviteur sur terre au moment où il a déclaré qu'il était Dieu lui-même, ajoutant ainsi cet attribut divin à sa forme humaine. [À ce moment précis, le Fils était à la foi Dieu et homme; 100% Dieu, 100% humain.] Car si nous avions cru qu'il s'était abaissé et humilié, n'aurait-il pas été évident aux yeux de tous qu'il était descendu de sa supériorité à un niveau inférieur, ou d'un état égal au Père à un état moindre? Le Père n'a rien subi de tel et il est demeuré dans l'état où il avait toujours été depuis le début. Il était donc plus grand que celui qui a choisi d'être inférieur par exception, et ce, jusqu'à ce qu'il reprenne son ancienne condition... » (Saint Cyrille d'Alexandrie) - [traduction libre]
Ainsi, au verset 28, nous pouvons témoigner de l'aspect humain du Christ, alors qu'au verset 29, on voit aussi sa divinité se manifester. Comme il l'a dit:
« 29 Et maintenant je vous ai dit ces choses avant qu'elles arrivent, afin que, lorsqu'elles arriveront, vous croyiez. » (Jean 14:29)
N'est-ce pas? Encore une fois, il cherche à rassurer ses apôtres. Il veut les préparer à ce qui viendra après, soit la croix, la résurrection, et tout ce qu'ils auront à vivre. Et nous devrions en prendre exemple et faire de même. Compte tenu de l'état du monde dans lequel nous vivons, avec sa corruption et ses ténèbres, lorsque nous composons avec nos propres disciples, c'est-à-dire nos enfants à la maison ou les gens que nous servons à l'église, nous devrions les préparer à vivre comme des saints, comme les lumières du monde, afin de leur éviter un choc lorsqu'ils grandiront dans ce monde.
Nous tentons parfois d'élever nos enfants en les protégeant du monde, à un point tel qu'ils deviennent inconscients de ce qui se passe autour d'eux. Et une fois qu'ils grandissent, ils sont soudain confrontés à toutes ces choses, telles que les différentes idéologies ou le péché, et ils ne réussissent pas à s'adapter, car nous ne les avons pas préparés à y faire face. Il nous faut les préparer et leur montrer à rester forts, même quand ils sont au milieu de la mêlée.
Verset 30:
« 30 Je ne parlerai plus guère avec vous; car le prince du monde vient. Il n'a rien en moi; » (Jean 14:30)
Le Christ déclare ici qu'il est sur le point d'être arrêté et que cette arrestation sera menée par le diable, par l'entremise de Judas qui est sous son contrôle. Il mentionne aussi qu'il n'y a rien de commun entre la lumière et les ténèbres, aucune communion entre Dieu et le diable,
aucun lien entre le bien et le mal. C'est pourquoi il dit, à sa façon: le prince du monde s'en vient. Il n'a aucune autorité sur moi.
Puisque Dieu est source de paix, de joie, de bonheur, d'amour et tout le reste, le démon est la source non pas de l'opposé de tout ça, mais d'un état qui leur est en parfaite opposition. On peut penser à la haine, à l'anxiété, à la colère, à tout le contraire de ce qui est bon, car la bonté est en Dieu. D'un côté, il y a la lumière, de l'autre, les ténèbres.
Verset 31:
« 31 mais afin que le monde sache que j'aime le Père, et que j'agis selon l'ordre que le Père m'a donné, levez-vous, partons d'ici. » (Jean 14:31)
Que veut-il dire par j'agis selon l'ordre que le Père m'a donné? J'ai déjà expliqué plusieurs fois que la guérison de l'humanité est une partie du salut. Adam a désobéi à Dieu et en conséquence, il est tombé dans le péché et la corruption, et l'humanité a connu la mort et la corruption. La volonté de cet humain s'est corrompue, sans scrupules face à Dieu.
Une partie de la guérison de l'humanité passe par la guérison de cette volonté. Lorsque le Fils de Dieu, cet être divin, est devenu humain lui-même, il a imposé sa divinité à tout ce qui caractérisait cet humain, y compris sa volonté. Et sa volonté est toujours une seule et même volonté, puisqu'il serait impossible au Fils de s'adonner au péché.
Nous disons donc qu'effectivement, sa volonté est toujours la même. Par contre, cette volonté unique est composée de deux volontés, si on peut dire. L'une de ses composantes est divine, l'autre humaine. La composante humaine n'est pas éclipsée, mais elle se soumet à la composante divine, corrigeant ainsi l'erreur que le premier Adam a commise par sa désobéissance.
Ainsi, le Fils, par son humanité, doit obéir, même s'il lui faut mourir sur la croix, car son supplice fait partie de la guérison qu'il nous apporte, tel que mentionné dans la première Épître de saint Paul aux Philippiens. Il vient restaurer cette volonté corrompue et nous en faire cadeau, puis il nous dit: Maintenant que j'ai restauré votre volonté, vous êtes capables d'obéir à Dieu vous aussi à travers les sacrements. Vous pouvez prendre part à la nature divine. Vous devenez alors une composante ou un membre du deuxième Adam, laissant le premier loin derrière.
Puis il dit: Levez-vous, partons d'ici. Cette phrase marque possiblement la fin du repas, puisque le Christ a poursuivi sur cette lancée pendant un bon moment.
N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi. Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.
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