Au nom du Père et du Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Je vous souhaite la bienvenue à cette analyse détaillée que vous offre le site des Réponses coptes orthodoxes. La dernière fois, nous avions terminé l'étude du chapitre 9 de l'Évangile selon saint Jean après avoir appris que le Christ avait guéri l'homme qui était aveugle de naissance. Les pharisiens n'étaient pas très contents, puisqu'il avait posé ce geste lors du sabbat et que l'homme avait proclamé que le Christ était un prophète. Ils avaient chassé l'homme de la synagogue, l'excluant de la vie sociale juive. Par la suite, le Christ l'avait retrouvé; l'homme croyait en lui et proclamait qu'il était le Messie.


Nous avions également appris qu'une autre discussion était en cours entre le Christ et les pharisiens. Le Christ leur avait dit: Si vous dites que vous voyez, votre péché subsiste; vous demeurez spirituellement aveugles. Et bien sûr, les pharisiens n'avaient pas apprécié cette discussion non plus, laquelle nous avait conduits au chapitre 10 que nous sommes sur le point d'aborder avec vous aujourd'hui.


Allons lire ensemble:


« 1 En vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand. 2 Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. 3 Le portier lui ouvre, et les brebis entendent sa voix; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors. 4 Lorsqu'il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles; et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. 5 Elles ne suivront point un étranger; mais elles fuiront loin de lui, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. 6 Jésus leur dit cette parabole, mais ils ne comprirent pas de quoi il leur parlait. » (Jean 10:1-6)


Ici, on remarque un contraste entre le Christ qui est le bon berger, et ces bandits, ces voleurs que sont les pharisiens. Le Christ connaît les brebis et les brebis le connaissent. Il entre par la porte et il a véritablement accès aux brebis. Mais pas les pharisiens: dans cet extrait, ils font figure de bandits et de voleurs. Ils tentent d'entrer en sautant la clôture pour s'emparer des brebis. Ils usent de tactiques déloyales. Ils essaient de leur faire peur, de les menacer: Si vous croyez que Jésus est le Messie, vous serez chassés de la synagogue. Nous allons vous bannir de la société juive. Vous ne pourrez plus faire d'affaires, quelles qu'elles soient, et par conséquent, vous resterez pauvres, etc.


Le Christ ici veut démontrer que les pharisiens ne sont pas de vrais bergers à vouloir chasser les gens, y compris l'homme qui était aveugle de naissance. Mais lui, c'est un vrai berger et il se soucie vraiment des brebis. C'est pour cela qu'il va les trouver.


Relisons le verset 3:


« 3 Le portier lui ouvre [il ouvre au Christ, le bon berger], et les brebis entendent sa voix; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors. » (Jean 10:3)


Le Christ les connaît toutes de nom. Il connaît le nom de chacun des membres du corps du Christ. Et nous devenons vraiment des membres de son corps lorsque nous entendons la voix de Dieu. De toute évidence, nous sommes les brebis et il est le bon berger. Puisque nous sommes prêts à nous laisser guider par lui, nous voulons connaître ses commandements. Nous voulons passer du temps avec lui. Nous voulons entendre sa voix. Et le plus important, c'est que nous voulons le suivre. Lorsqu'il sort et qu'il nous montre le chemin, nous le suivons.


Nous ne cherchons pas à planifier ce que nous voulons faire, ni à suivre des ordres que nous nous serions donnés à nous-mêmes, ni à choisir à quels commandements nous voulons obéir en ignorant les autres parce qu'ils nous en demandent trop. Non, nous voulons être de véritables brebis pour le berger. Faut-il le répéter: nous entendons sa voix. Nous passons du temps avec lui. Nous admirons sa parole. Nous souhaitons avoir un lien personnel avec lui. Nous voulons profiter de sa présence et approfondir notre relation avec lui, n'est-ce pas? Puis, lorsqu'il nous appelle, il nous guide et nous le suivons.


Et au verset 4, on dit:


« 4 Lorsqu'il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles;... » (Jean 10:4)


Le Christ fait plus que parler et faire des sermons; il agit et il fait ce qu'il faut. Et nous devons agir comme lui, n'est-ce pas? Le christianisme est une façon de vivre. Ce n'est pas qu'une simple théorie, n'est-ce pas? À proprement parler, ce n'est pas une religion: c'est un mode de vie.


« 4 (...) et les brebis le suivent... » (Jean 10:4)


Il représente la première récolte, et nous, la deuxième et la troisième, et ainsi de suite. Nous marchons dans ses pas. Il nous ouvre la voie vers le salut. Il nous enseigne comment vivre notre vie sur terre et nous suivons. Les brebis le suivent. Nous le suivons à la trace.


« 4 (...) parce qu'elles connaissent sa voix. » (Jean 10:4)


Elles peuvent ressentir les esprits. Les vraies brebis sentent les esprits de ceux qui leur parlent. Est-ce Dieu ou pas? Nous connaissons sa voix et nous le suivons, car nous en sommes amoureux.


Passons au verset 7:


« 7 Jésus leur dit encore: En vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. [n'est-ce pas? nous avons ici l'un des sept Je suis qui se trouvent dans l'Évangile.] 8 Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands; mais les brebis ne les ont point écoutés. 9 Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. 10 Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance. » (Jean 10:7-10)


Le Christ proclame qu'il est la porte et dit: Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands. Évidemment, il ne s'agit pas tous ceux qui sont venus avant lui globalement, mais il vise ceux qui ont prétendu être la lumière ou avoir la clé de la connaissance ou la clé du salut: tous ces bandits et ces voleurs. Et dans ce cas précis, les pharisiens continuent de prétendre avoir la clé du salut, soit la loi de l'Ancien Testament. Mais non, ce n'est pas du tout le cas.


Puis, il affirme qu'il est la porte. Et quiconque passe par cette porte, c'est-à-dire quiconque l'accepte comme étant le Messie, trouvera sa pitance, trouvera le salut. En d'autres mots, il dit qu'il est le chemin, la vérité et la vie, n'est-ce pas?, et qu'il n'y a pas d'autre sauveur que lui: Je suis la porte qui mène au salut. Si vous voulez obtenir le salut, vous devez passer par moi, par cette porte. Si vous préférez être comme les pharisiens qui refusent de croire que je suis le Messie, c'est bien. C'est votre choix. Vous avez le libre arbitre. Par contre, vous ne pourrez pas connaître le salut.


Laissez-moi vous relire les versets 9 et 10, afin d'y mettre l'emphase:


« 9 Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé... » (Jean 10:9)


Le verbe entrer, ici, veut dire qu'il pénètre dans l'enclos, n'est-ce pas?, là où les brebis peuvent brouter, se reposer et être à l'abri des bandits, des voleurs et des loups. C'est ce qu'on veut dire ici lorsqu'on parle de salut. De toute évidence, ce n'est qu'un symbole qui évoque la rédemption éternelle, n'est-ce pas?


« 9 (...) [Donc,] si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. 10 Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire [les pharisiens veulent dérober, égorger et détruire; ils cherchent la gloire pour eux-mêmes, mais pas moi: je me


soucie vraiment de mes brebis, non pas de moi-même]; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance. » [Je suis venu sauver les brebis. Ainsi, écoutez ma voix, soyez mes brebis, n'écoutez pas les pharisiens.] (Jean 10:9-10)


Verset 11:


« 11 Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. 12 Mais le mercenaire, qui n'est pas le berger, et à qui n'appartiennent pas les brebis, voit venir le loup, abandonne les brebis, et prend la fuite; et le loup les ravit et les disperse. 13 Le mercenaire s'enfuit, parce qu'il est mercenaire, et qu'il ne se met point en peine des brebis. Je suis le bon berger. 14 Je connais mes brebis, et elles me connaissent, 15 comme le Père me connaît et comme je connais le Père; et je donne ma vie pour mes brebis. » (Jean 10:11-15)


Ainsi, le mercenaire, soit la personne qu'on a engagée pour faire un certain travail, n'est-ce pas?, cette personne ne se soucie pas vraiment des brebis. Si sa vie est en danger, il prend la fuite, tout simplement. Ça lui est égal, n'est-ce pas? Puis le loup fonce vers le troupeau et disperse les brebis, ce qui les met en danger. Mais le Christ dit: Je ne suis pas un mercenaire. Je suis celui qui se soucie vraiment, profondément et intimement des brebis. Je suis donc là pour les protéger.


En passant, cette analogie du bon berger provient du chapitre 34 d'Ézéchiel, versets 10 à 16, et je vous recommande fortement d'aller lire ce passage. Mais j'aimerais encore une fois insister sur les versets 13, 14 et 15.


« 13 Le mercenaire s'enfuit, parce qu'il est mercenaire, et qu'il ne se met point en peine des brebis. Je suis le bon berger. 14 Je connais mes brebis, et elles me connaissent [ici encore, on sent la profondeur de la relation], 15 comme le Père me connaît et comme je connais le Père [et dans quelques secondes, nous allons voir le commentaire de saint Cyrille à ce sujet]; et je donne ma vie pour mes brebis. » (Jean 10:13-15)


Donc, le vrai berger est prêt à donner sa vie, ce qui, bien sûr, est une référence à la croix. Voyons ce commentaire de saint Cyrille:


« Lorsque Jésus dit: « Je connais mes brebis et elles me connaissent, tout comme le Père me connaît et je connais le Père », c'est comme s'il disait: Je serai en relation intime avec mes brebis, et mes brebis avec moi, tout comme l'intimité mutuelle que le Père et moi partageons. Car Dieu le Père connaît son propre Fils et le fruit de sa


substance, puisqu'il est vraiment son père. Et réciproquement, le Fils connaît le Père et le voit en toute vérité comme Dieu, puisqu'il fut engendré par lui. De la même façon, puisque nous sommes également en relation intime avec Dieu le Père, il nous considère comme faisant partie de sa famille et parle de nous comme de ses enfants, conformément à ce qu'il a lui-même dit: - Me voici, avec les enfants que Dieu m'a donnés. En vérité, on nous appelle la famille du Fils, et en effet, nous faisons partie de sa famille. Grâce à notre relation avec le Fils, nous sommes parents avec Dieu le Père, puisque le Fils unique, qui est Dieu de Dieu, s'est fait homme et a adopté notre nature humaine, tout en demeurant séparé du péché. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean) - [traduction libre]


Donc ici, saint Cyrille nous explique que le Christ compare sa propre relation avec Dieu le Père et une autre relation. Et cette autre relation, c'est celle qu'il entretien avec nous, ses brebis. Donc, il dit: tout comme le Père aime le Fils et le Fils aime le Père, il faut que cette intimité existe aussi entre nous, ses brebis, et lui-Même en tant que Fils de Dieu. En d'autres mots, nous sommes une famille.


Verset 16:


« 16 J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie; celles-là, il faut que je les amène [il parle des non-Juifs ici, c'est évident]; elles entendront ma voix [même les non-Juifs vont obéir], et il y aura un seul troupeau, un seul berger. » (Jean 10:16)


Ici, saint Jean insiste sur l'égalité qui existe entre ceux qui se sont convertis au christianisme, soit les ex-Juifs et les ex-non-Juifs. Autrement dit, durant les premiers siècles de l'Église, celle-ci était constituée de gens qui étaient Juifs ou non-Juifs au départ, mais qui sont tous devenus chrétiens. Par contre, à cette époque, la tension et les discordes étaient toujours palpables entre les deux groupes.


En effet, ceux qui étaient d'anciens Juifs avaient tendance à dédaigner les anciens non-Juifs. Saint Jean veut donc démontrer qu'ils sont égaux, puisque, nous l'avons déjà dit, il a écrit son Évangile à la fin du siècle premier et ne voulait rien perdre de vue. C'est pourquoi il précise qu'il y aura un seul troupeau (sans faire de distinction quant aux groupes originaux) et un seul berger.


Il est très important de noter que tous les humains sont égaux devant Dieu. Peu importe la race, peu importe le genre, n'est-ce pas?, peu importe le statut social: rien de tout cela ne compte pour Dieu. Nous sommes destinés à ne faire qu'une seule église, n'est-ce pas?


Reprenons avec le verset 17:


« 17 Le Père m'aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. » (Jean 10:17)


Bien sûr, l'amour de Dieu est inconditionnel. Ce verset a un sens plutôt salvateur. Le fait que le Fils soit sans péché le rend parfait. Ainsi, sa relation avec Dieu le Père demeure intacte, même sous sa forme humaine, n'est-ce pas? Nul besoin de réconciliation dans son cas, car grâce à sa pureté, ils sont toujours unis. Ainsi, puisqu'il est pur et parfait, il peut donner sa vie et la reprendre.


« 18 Personne ne me l'ôte... » (Jean 10:18)


Ceci veut dire que puisqu'il est parfait, il peut offrir sa vie en sacrifice. Et puisqu'il est sans péché, il peut ressusciter de nouveau, mais pas seulement parce qu'il est sans péché. Puis on dit:


« 18 Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même [je le fais de mon plein gré]; j'ai le pouvoir de la donner, et j'ai le pouvoir de la reprendre... » (John 10:18)


Le Fils est lui-même source de vie, n'est-ce pas? Plusieurs versets de la Bible mentionnent que Dieu le Père a ressuscité le Fils, mais ici, il est clair que le Fils est lui-même source de vie et qu'il peut reprendre sa vie. Il peut se ressusciter lui-même.


« 18 (...) Tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père. » (Jean 10:18)


Voici maintenant le verset 19:


« 19 Il y eut de nouveau, à cause de ces paroles, division parmi les Juifs. 20 Plusieurs d'entre eux disaient: Il a un démon, il est fou; pourquoi l'écoutez-vous? 21 D'autres disaient: Ce ne sont pas les paroles d'un démoniaque; un démon peut-il ouvrir les yeux des aveugles? » (Jean 10:19-21)


Répétons-le encore, Dieu le Père est vérité. Et la vérité provoque toujours des divisions parmi les gens. Certains recherchent la vérité, tandis que d'autres ont leur propre idée derrière la tête. Et c'est ainsi que saint Jean termine la conversation, car à la fin du siècle premier, il est probable que ces divisions perduraient toujours. Certains ont cru et sont devenus chrétiens. D'autres n'ont pas cru et sont restés Juifs.


N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi. Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.


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N'oubliez pas:


Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.