Au nom du Père et Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Bienvenue à cette analyse détaillée que vous offre le site des Réponses coptes orthodoxes. Lors de notre dernier rendez-vous, nous avons vu que le Christ avait rendu grâce et avait distribué les cinq pains et les deux poissons parmi la foule. Les gens avaient donc mangé à leur faim et voulaient que le Christ devienne leur roi. Ce dernier avait donc envoyé ses disciples au loin dans une barque et il s'était retiré pour prier. Aujourd'hui, nous allons voir ce qui s'est passé ensuite.


Verset 16:


« 16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent au bord de la mer. 17 Étant montés dans une barque, ils traversaient la mer pour se rendre à Capernaüm. Il faisait déjà nuit, et Jésus ne les avait pas encore rejoints. » (Jean 6:16-17)


Les autres Évangiles mentionnent que les disciples se rendaient à Bethsaïda, mais Jean dit qu'ils allaient à Capernaüm. Peut-être avaient-ils planifié de passer par Bethsaïda avant de se rendre à Capernaüm, mais une tempête s'est levée et ils ont dû abandonner l'idée de faire escale.


Il faut se rappeler que les disciples étaient déjà exténués par leur longue journée et qu'ils étaient censés monter sur la montagne pour se reposer avec le Christ. Mais la foule s'était massée autour de lui et il avait voulu leur donner à manger. Les disciples avaient fait le service, ce qui avait dû les épuiser davantage, puisqu'ils avaient passé plusieurs heures à distribuer la nourriture. À présent, ils étaient sur l'eau et il leur fallait ramer.


Ils devaient être d'une humeur exécrable avec toute cette fatigue accumulée. Et maintenant, c'était le soir. Il faisait noir. Les eaux étaient troubles. C'était le chaos et le Christ n'arrivait pas. Nul doute qu'ils devaient se sentir très seuls et au bord du désespoir. Jean a donc voulu illustrer leur détresse. Mais à mesure que l'histoire avance, nous allons le voir, les disciples vont retrouver l'espoir en Jésus.


Verset 18:


« 18 Il soufflait un grand vent, et la mer était agitée. [Ils avaient le vent contre eux.] 19 Après avoir ramé environ vingt-cinq ou trente stades... » (Jean 6:18-19)


En mentionnant les vingt-cinq ou trente stades ici, Jean veut indiquer que les disciples avaient atteint la portion la plus large du lac, là où le vent était à son plus fort.


« 19 (...) ils virent Jésus marchant sur la mer... » (Jean 6:19)


Le Christ vient nous secourir dans la tourmente, dans nos épreuves les plus difficiles. Il arrive juste au bon moment.


« 19 (...) ils virent Jésus marchant sur la mer et s'approchant de la barque. Et ils eurent peur. » (Jean 6:19)


Dans son Évangile, à 6:48, Marc ajoute deux détails importants ici. Tout d'abord, en arrivant sur place, le Christ a vu que ses disciples ramaient: ils refusaient d'abandonner et continuaient de ramer et de ramer. Ceci nous montre que c'est dans l'épreuve que le Christ vient nous sauver. Il nous accorde sa grâce au moment où nous sommes en train de lutter.


Le deuxième détail, c'est que le Christ est arrivé de nuit, durant le quatrième quart de veille, soit entre 3 heures et 6 heures du matin. Ceci nous fait voir que le Christ est parfois très patient pendant que nous luttons, car il veut que nous puissions grandir à travers épreuves. Il vient donc nous trouver vers la fin de nos batailles, juste au bon moment, et nous en libère. L'important, c'est de se battre.


Le verset 20 dit ceci:


« 20 Mais Jésus leur dit: C'est moi; n'ayez pas peur! » (Jean 6:20)


En disant c'est moi, Jésus n'est pas en train de dire salut les gars, ne vous inquiétez pas, je suis là. Le sens de sa phrase est beaucoup plus profond. En grec, on emploie εγώ είμαι (egó eímai), ce qui signifie que le Christ est là en tant que présence salvatrice. C'est comme s'il disait: Je suis Dieu, donc, je marche sur l'eau; n'ayez pas peur. C'est ce même egó eímai que l'on retrouve à Jean 8:58:


« 58 Jésus leur dit: En vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis. » (Jean 8:58)


Il disait qu'il était Dieu et les Juifs comprenaient son message. C'est pourquoi ils voulaient le lapider, car pour eux, parler ainsi tenait du blasphème. Et dans ce passage, le Christ faisait référence au chapitre 3 de l'Exode, alors que Dieu s'était servi du buisson ardent pour s'adresser à Moïse en lui disant:


« 14 Dieu dit à Moïse: Je suis celui qui suis. Et il ajouta: C'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël: Celui qui s'appelle « je suis » m'a envoyé vers vous. » (Exode 3:14)


Passons au verset 21:


« 21 Ils voulaient donc le prendre dans la barque...» (Jean 6:21)


Les disciples voulaient vraiment faire monter le Christ dans la barque. Même s'ils étaient pris dans la tempête, ils voulaient l'accueillir. Malheureusement parfois, les gens qui sont en train de subir une épreuve refusent d'accueillir le Christ ou se mettent en colère contre Dieu. Mais c'est vraiment bête de se comporter ainsi.


Les maux qui nous arrivent ne viennent pas de Dieu, mais alors là, pas du tout! Malgré tout, il est parfois dans notre intérêt de subir ces épreuves; c'est pourquoi Dieu les autorise. Il nous laisse nous défendre, puis vient nous secourir au moment opportun. Mais il faut accepter de l'accueillir dans notre barque.


« 21 (...) et aussitôt la barque aborda au lieu où ils allaient. [La barque toucha la terre sur le champ.] » (Jean 6:21)


Il y a une belle prophétie qui annonce ce miracle au Psaume 107. La voici:


« 29 Il [en parlant du Christ] arrêta la tempête, ramena le calme, Et les ondes se turent. 30 Ils se réjouirent [en parlant des disciples] de ce qu'elles s'étaient apaisées [en parlant des vagues], et l'Éternel les conduisit au port désiré. » (Psaumes 107:29-30)


L'Éternel les conduisit au port désiré... aussitôt. Voilà pourquoi juste avant, au verset 21, on disait qu'aussitôt, la barque toucha la terre. St. Cyrille a fait quelques bons commentaires sur ces extraits. Le voici:


« Le Christ... leur apparaît... au moment où la peur leur a enlevé tout espoir de vivre. Mais il apparaît de façon miraculeuse et ils sont étonnés de voir Jésus arriver par la mer en marchant sur l'eau... Mais le Christ les libère aussitôt de leur malheur en disant: Je suis, n'ayez pas peur... le Christ est maintenant présent. Ce récit nous rappelle, encore une fois, que nous devrions garder un esprit fort et courageux face aux tentations [aux épreuves], laisser notre espoir envers le Christ renforcer notre ténacité [nous devrions avoir l'espoir envers le Christ], et demeurer tout à fait confiants que nous nous en sortirons sains et saufs, malgré nos nombreuses craintes face aux tentations qui fusent de toutes parts autour de nous. » (Saint Cyrille d'Alexandrie) - [traduction libre]


Et il poursuit:


« Car notez bien que le Christ n'apparaît pas dans la barque au moment d'appareiller, ni lorsque les difficultés commencent, mais bien lorsque les disciples sont rendus à bonne distance des côtes [loin du rivage]. En effet, la grâce salvatrice de Dieu ne vient pas nous visiter lorsque les conditions harassantes débutent, mais quand la peur qui nous afflige est à son comble, que le danger est à son plus fort et que, disons-le ainsi, nous nous trouvons en plein cœur de la tourmente. Alors, sans qu'on s'y attende, le Christ apparaît et vient dissiper nos craintes et nous sauver de tous les dangers par


son ineffable puissance, transformant en joie tout ce qui était redoutable, comme par magie. » (Saint Cyrille d'Alexandrie) - [traduction libre]


Saint Cyrille a également trouvé un beau symbolisme à ce miracle. Il a dit que le Christ était monté sur la montagne, ce qui représente son Ascension. Et lorsque le Christ était en train de gravir cette montagne, la barque était sur la mer. Cette barque représente l'Église, qu'il s'agisse de l'Église en général ou de celle de notre quartier. Et les disciples? Ceux-ci représentent les fidèles, les membres de notre famille.


Mais l'eau est instable. Le monde est un milieu difficile. Alors le vent vient souffler sur la barque. Les vagues frappent contre la barque. Tant de difficultés. Tant d'épreuves. Mais le Christ arrive (sa deuxième visite). Il arrive, il marche, il piétine les eaux à la manière d'un Dieu: d'une façon miraculeuse.


Et au moment où il le fait, tout est bien. Tout devient convenable. Et aussitôt, nous nous retrouvons à bon port, à Capernaüm. Et ce nom, Capernaüm, signifie ville du réconfort. N'est- ce pas merveilleux? C'est notre Sion éternelle! Ainsi, à travers les épreuves que nous rencontrons ici sur terre, gardons toujours notre espoir envers le Christ.


Passons au verset 22:


« 22 La foule qui était restée de l'autre côté de la mer avait remarqué qu'il ne se trouvait là qu'une seule barque, et que Jésus n'était pas monté dans cette barque avec ses disciples, mais qu'ils étaient partis seuls. » (Jean 6:22)


Quelle en est la signification? Le Christ a fait son miracle sur la côte est de la mer. Les gens de la place l'ont vu envoyer ses disciples sur la mer, dans une barque voguant vers l'ouest, n'est-ce pas? Et ils ont vu le Christ s'en aller sur la montagne pour prier. Il y avait une autre barque qui était libre et que personne n'utilisait.


Lorsqu'ils sont revenus sur place le lendemain, les gens ont vu que la barque inutilisée était toujours là. Alors, ils ont pensé que le Christ était resté avec eux, sur la côte est, sans pourvoir imaginer qu'il avait pu marcher sur l'eau pour aller rejoindre la côte ouest. C'est pourquoi les versets qui suivent nous rapportent qu'ils étaient surpris, même médusés, d'apprendre qu'il était rendu sur la côte ouest. Voici:


« 23 Le lendemain, comme d'autres barques étaient arrivées de Tibériade près du lieu où ils avaient mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâces, 24 les gens de la foule, ayant vu que ni Jésus ni ses disciples n'étaient là, montèrent eux-mêmes dans ces barques et allèrent à Capernaüm à la recherche de Jésus. 25 Et l'ayant trouvé au-delà de la mer, ils lui dirent: Rabbi, quand es-tu venu ici? » (Jean 6:23-25)


Verset 26:


« 26 Jésus leur répondit: En vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés. » (Jean 6:26)


Autrement dit: J'ai fait ces miracles pour vous prouver que je suis le Fils de Dieu, et donc, je suis Dieu. Je suis le Messie qui doit venir en ce monde et me voici. Et je veux vous donner un royaume céleste pour qu'il soit en vous. Et je veux que vous en profitiez, que vous viviez par lui, que vous en soyez remplis. Je veux vous donner la vie, la vie éternelle. Mais c'est pour d'autres raisons que vous venez à moi.


Vous venez à moi, parce que vous avez mangé le pain que je vous ai donné et que vous êtes rassasiés. Vous venez à moi, parce que cherchez les biens d'ici-bas. Vous cherchez les bénédictions terrestres. (Et la suite s'adresse à nous...) Vous voulez que je bénisse votre travail, que je bénisse votre famille, que je bénisse votre argent, que je bénisse vos examens. Vous voulez que je bénisse tout ça. Vous vous intéressez à tout ce qui est sur cette terre et vous voulez ma bénédiction, mais vous n'êtes pas intéressés par votre époux céleste. Vous n'êtes pas de vraies épouses.


Comme chrétiens, nous devrions vraiment être les épouses du Christ. Rappelons-nous bien de ceci, toujours.


Et n'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi. Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.


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N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.