Au Père et au Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Je vous souhaite la bienvenue à cette analyse détaillée que vous offre le site des Réponses coptes orthodoxes. Nous poursuivons aujourd'hui notre étude du chapitre 12 de l'Évangile selon saint Jean. La dernière fois, nous avons vu que Marie avait versé de l'huile sur les pieds et la tête du Christ et que son offrande avait été un très beau geste d'amour et de soumission. Nous avions également comparé ce geste d'amour à celui de Judas, lequel détonnait par son manque d'amour. Nous reprenons aujourd'hui à partir du verset 12.
Verset 12:
« 12 Le lendemain, une foule nombreuse de gens venus à la fête ayant entendu dire que Jésus se rendait à Jérusalem, 13 prirent des branches de palmiers, et allèrent au-devant de lui, en criant: Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d'Israël! » (Jean 12:12-13)
De toute évidence ici, l'action se passe durant le Dimanche des Rameaux, l'une des principales fêtes de l'Église, l'une des sept grandes fêtes de l'Église. Nous sommes donc le 10 è jour de Nissan 1 . Ainsi, la Pâque juive, que l'on fête le 14 è jour de Nissan, commémore le chapitre 12 de l'Exode, soit la libération des Israélites par l'Égypte. Durant ce chapitre, ils avaient sacrifié un agneau pour en badigeonner le sang sur les montants des portes, n'est-ce pas? Tout ceci symbolisait leur salut, leur rédemption, leur sortie d'Égypte, marquant la fin de leur l'esclavage imposé par le pharaon. Et l'événement symbolisait également le Messie à venir, le véritable Christ rédempteur. Ce récit se déroule donc le 14 è jour de Nissan.
Selon le rituel juif, c'était au 10 è jour de Nissan que l'on choisissait un agneau mâle, âgé d'un an et sans défaut, et qu'on le mettait en réserve pour le 14. Le 10 è jour de Nissan correspondait au Dimanche des Rameaux. C'est à ce moment que le Christ était entré dans Jérusalem à dos d'âne, en proclamant: Je suis votre rédempteur. Je suis le Messie. Voilà le message qui est transmis ici.
La Pâque juive était l'une des trois fêtes auxquelles les Juifs devaient obligatoirement participer. De partout dans le monde, ils devaient se rendre à Jérusalem pour fêter. Les deux autres fêtes obligatoires étaient la Fêtes des Tentes 2 et la Pentecôte, laquelle se célébrait 50
1 Nissan est le nom hébreu qui désigne le premier mois du calendrier religieux (dans la Torah). Il correspond à peu près à nos mois de mars/avril. 2 La Fêtes des Tentes, des Cabanes ou des Huttes sont des synonymes de la Fête des Tabernacles ou souccot.
jours après la Pâque juive. Mais cette fois-ci, les gens étaient plus animés qu'à l'habitude, car ils avaient entendu parler du Christ et de la récente résurrection de Lazare. Ils avaient donc très hâte de rencontrer le Christ, n'est-ce pas? D'ordinaire, Jérusalem était remplie de fidèles durant ces fêtes. Mais cette fois-ci, on peut supposer que la ville en débordait, n'est-ce pas? Et après un tel miracle, la priorité pour les fidèles, c'était vraiment de rencontrer le Christ.
Ils brandissaient des branches de palmier, lesquels étaient un symbole national de victoire. On retrouve cette idée dans le premier Livre des Maccabées, au chapitre 13, verset 51, alors que Simon Maccabée menait des guerres et en avait gagné quelques-unes. Ces branches de palmier étaient l'emblème national de ces victoires.
Pour les fidèles, le Christ était un messie terrestre, un messie qui allait les libérer de l'emprise de Rome, qui allait les libérer de l'autorité de Rome. Et c'est ce qu'ils espéraient: une libération au sens physique. Mais ce n'était pas ce que le Christ était venu faire parmi eux.
C'était pourtant ce qu'ils croyaient en s'écriant: Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d'Israël! Le mot hosanna signifie sauve-nous. Ils étaient donc en train de demander au Christ de les sauver des Romains et d'être leur roi. Fait intéressant à noter: le Psaume 118, d'où provient l'extrait Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, dit également ce qui suit, quelques versets plus tôt:
« 22 La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle. » (Psaumes 118:22)
Évidemment, la pierre dont il est question ici, c'est le Christ qui fut rejeté par les Juifs, mais il est devenu la principale pierre angulaire. Et au bout du compte, cette pierre a vaincu et elle est devenue le fondement de l'Église du Nouveau Testament. Ainsi, les Juifs ont fini par rejeter le Christ, car en l'accueillant comme leur roi, ils s'étaient faits de fausses attentes, de faux espoirs au sens matériel, n'est-ce pas? Ils avaient espéré quelque chose qu'il ne voulait pas leur donner. Ce n'était pas son but.
Il voulait leur donner la vie éternelle. Il voulait anéantir la mort et ressusciter. Il voulait les libérer de leur esclavage du péché. Mais ce n'était pas ce qu'ils souhaitaient. Ils étaient enracinés dans les bassesses de la vie terrestre. Et pour cette raison, ils l'ont rejeté.
Malheureusement, c'est ce qui nous arrive aussi. Nous nous méprenons souvent sur le Christ et ses œuvres. Puisque nous sommes portés vers les biens matériels et que Dieu donne dans le spirituel d'abord et avant tout, nous le rejetons. La vie spirituelle nous semble trop compliquée. Pour plusieurs, elle n'en vaut pas la peine. Mais c'est une grave erreur... et c'est mal. Nous devons tourner nos cœurs et nos esprits vers le ciel, Autrement, nous refaisons les mêmes erreurs que les Juifs de jadis.
Et c'est précisément ce que nous tentons d'éviter par la liturgie du Dimanche des Rameaux. Contrairement aux Juifs qui disaient au Christ qu'ils voulaient un roi terrestre, lorsque nous prenons part à cette liturgie mystique, nous lui disons: Nous voulons que tu sois le roi de nos âmes; nous voulons être affranchis de l'esclavage du péché; nous t'acceptons et nous voulons que tu règnes sur nos âmes pour l'éternité, car nous t'aimons. Ainsi nous participons à ces événements en choisissant de nous orienter vers les biens célestes, faisant contraste avec l'attitude des Juifs, qui eux, recherchaient les biens matériels. À ce propos, saint Augustin a dit une très belle chose, que voici:
« Si le Christ était le Roi d'Israël, ce n'était pas pour exiger des tributs, mettre l'épée aux mains de ses soldats et soumettre ses ennemis en leur faisant ouvertement la guerre. Il était le Roi d'Israël pour exercer son autorité royale sur les âmes de son peuple, veiller à ses intérêts éternels, et conduire au royaume des cieux ceux qui croyaient en lui, qui espéraient en lui et qui l'aimaient. Car le Fils de Dieu, l'égal du Père, le Verbe par qui toutes choses furent créées, en se faisant un plaisir d'être le Roi d'Israël, subissait une rétrogradation, et non une promotion. C'était une marque de miséricorde envers son peuple, et non pas d'un pouvoir accru sur lui. Car celui qu'on appelait sur terre le Roi des Juifs, était au ciel le Roi des anges. » (Saint Augustin, Traités sur l'Évangile selon Saint Jean, Traité #51, paragraphe 4) - [traduction libre]
Verset 14:
« 14 Jésus trouva un ânon, et s'assit dessus, selon ce qui est écrit: 15 Ne crains point, fille de Sion; Voici, ton roi vient, assis sur le petit d'une ânesse. [Cette phrase s'inspire du texte que l'on retrouve à Zacharie 9:9.] » (Jean 12:14-15)
Dans cet extrait, le Christ se promène sur un âne ou un poulain. D'ordinaire, il est toujours à pieds, mais pas cette fois-ci, car il veut montrer qu'il est roi. Et c'est le cas, mais pas le type de roi qui monte à cheval, le type fier qui mène des guerres, qui cherche l'autorité sur terre. Il n'est pas de ce type, mais c'est un roi.
C'est un roi humble, le genre à se déplacer à dos d'âne, à vouloir le salut de son peuple, à vouloir vivre sa vie pour les autres, à leur sacrifier sa vie. C'est ce qu'il est venu faire. C'est un roi, mais un roi humble. Son royaume est du domaine spirituel et surpasse en tout le domaine matériel.
La beauté de ce paradoxe reflète le christianisme dans son ensemble. Nous avons le Roi des rois qui se déplace à dos d'âne, un roi qui devrait être autoritaire. Mais ce roi, lui, n'a jamais fait de mal à personne. Un roi devrait être puissant et plein d'orgueil, mais celui-ci n'est qu'humilité. Ce paradoxe décrit donc l'ensemble du christianisme.
Les premiers seront les derniers. Les faibles seront les plus forts, n'est-ce pas? Notre force est fondée sur notre faiblesse, car lorsque nous faiblissons, le Christ vient nous remplir et
nous redonner de la force. Ainsi, nous travaillons grâce à la force qui nous vient du ciel. Notre paix intérieure ne s'appuie pas sur l'orgueil, mais sur l'humilité. Ce paradoxe est tellement beau! Il est le reflet du christianisme tout entier.
Passons au verset 16:
« 16 Ses disciples ne comprirent pas d'abord ces choses; mais, lorsque Jésus eut été glorifié [c'est-à-dire après la croix et la résurrection], ils se souvinrent qu'elles étaient écrites de lui, et [qu'elles] avaient été accomplies à son égard. » (Jean 12:16)
Notez ici que le Christ et ses disciples ne cherchent pas à faire en sorte que les prophéties se réalisent. Ils ne sont pas là à scruter les prophéties dans le but de trouver un moyen de les faire se réaliser. Évidemment, le Christ est au courant des prophéties, mais dans ce cas-ci, les disciples n'en savent rien. Ils ne peuvent rien prédire. Ce n'est qu'après la croix et la résurrection qu'ils vont comprendre que les prophéties le concernant se sont réalisées.
« 17 Tous ceux qui étaient avec Jésus, quand il appela Lazare du sépulcre et le ressuscita des morts, lui rendaient témoignage; 18 et la foule vint au-devant de lui, parce qu'elle avait appris qu'il avait fait ce miracle. 19 Les pharisiens se dirent donc les uns aux autres: Vous voyez que vous ne gagnez rien; voici, le monde est allé après lui. » (Jean 12;17-19)
Verset 20:
« 20 Quelques Grecs, du nombre de ceux qui étaient montés pour adorer pendant la fête, [étaient sur place.] » (Jean 12:20)
Ces Grecs n'étaient pas des idolâtres. Ils n'étaient pas des non-Juifs à proprement parler, n'est-ce pas? Ils craignaient Dieu et lisaient la Torah. Ils croyaient au Dieu d'Israël, alors ils lisaient la Torah. Ils fréquentaient la synagogue et observaient probablement les périodes de jeûne. Dans ce cas-ci, ils étaient venus au temple pour prier. Cependant, ils n'étaient pas circoncis, donc ils n'étaient pas Juifs.
« 2 [Ils] s'adressèrent à Philippe, de Bethsaïda en Galilée, et lui dirent avec instance: Seigneur, nous voudrions voir Jésus. 22 Philippe alla le dire à André, puis André et Philippe le dirent à Jésus. » (Jean 12:21-22)
Certains disent que ces Grecs sont allés trouver Philippe, car il venait de Bethsaïda dont la population était composée de Juifs et de non-Juifs, croyant possiblement que Philippe les comprendrait mieux. Mais qui sait? Ce détail est discutable. Philippe était peut-être le premier disciple qu'ils ont croisé et c'est à lui qu'ils se sont adressés.
Verset 23:
« 23 Jésus leur répondit: L'heure est venue où le Fils de l'homme doit être glorifié. » (Jean 12:23)
Du moment où les Grecs sont entrés en scène, ils représentaient tous les non-Juifs, toutes les nations non-juives. Et du moment où ils sont entrés en scène, le Christ s'est mis à parler de sa glorification, de la croix et de la résurrection. Ceci nous rappelle le chapitre 10 de Jean, versets 16 à 18, où le Christ disait:
« 16 J'ai encore d'autres brebis [en parlant des non-Juifs], qui ne sont pas de cette bergerie; celles-là, il faut que je les amène; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger. 17 Le Père m'aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. » (Jean 10:16-17)
Au verset 16, le Christ parle des non-Juifs, puis au verset 17, il dit qu'il donne sa vie. On remarque ce même rapprochement au verset 23: les Grecs arrivent et le Christ parle de sa propre glorification.
Verset 24:
« 24 En vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. 25 Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. 26 Si quelqu'un me sert, qu'il me suive; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, le Père l'honorera. » (Jean 12:24-26)
Le Christ est comparable au grain de blé, n'est-ce pas? Il doit tomber en terre et mourir. Et s'il meurt, n'est-ce pas?, il produira beaucoup de fruits. Ainsi, par sa vie, plusieurs autres... en sacrifiant sa vie, plusieurs autres pourront vivre. Mais s'il préserve sa vie, s'il aime sa vie, s'il refuse d'en disposer, le grain de blé restera seul et l'humanité ne pourra obtenir son salut.
Ce qu'il faut retenir ici, c'est que le sacrifice d'amour que le Christ a offert à l'humanité ne se limite pas à lui seul. Il a été le premier à donner des fruits. Il a ouvert la voie pour que nous, ses enfants, marchions dans ses pas. Il nous faut donc mettre notre vie au service des autres, afin qu'ils puissent aussi prendre vie. Nous devons être des mini-christs, si l'on peut dire. En essence, c'est ce que saint Jean Chrysostome nous dit par la belle citation que voici, si simple et pourtant si percutante:
« Si seulement dix d'entre nous mènent une vie sainte, nous pourrons allumer un feu qui embrasera toute la ville. » (Saint Jean Chrysostome) - [traduction libre]
Cette citation rejoint parfaitement un autre message qui se cache dans ces versets. Le Christ parle du grain de blé. Lorsqu'il meurt, il donne lui-même beaucoup de grain et avec beaucoup de grain, on peut faire du pain. Et ce pain, on le mange et il entretient la vie. De toute évidence ici, le Christ est le véritable pain, le pain venu du ciel. Il est en train de parler de l'Eucharistie, de façon déguisée.
De plus, en tant que chrétiens, nous devons être ce pain pour les autres, soit la lumière du monde. Et nous l'avons déjà mentionné, il nous faut sacrifier notre vie pour celle des autres. Et c'est pourquoi le Christ a dit: Là où je suis, là aussi sera mon serviteur. C'était sa façon de dire que peu importe où se trouve le maître en un temps précis, le serviteur est à ses côtés, attendant ses ordres.
Tout comme le serviteur qui suit son maître, nous devons également suivre le Christ. N'allons pas croire un seul instant que le christianisme et ses chrétiens doivent devenir masochistes. C'est n'est pas ça du tout. Nous ne souhaitons pas la souffrance. Mais compte tenu de notre nature corrompue et de notre propension au péché et à la paresse, nous savons que nous devons redoubler d'efforts pour en arriver à être éclairés et remplis de Dieu et pouvoir ainsi éclairer les autres. Puisqu'il faut faire cet effort, il faut souffrir un tant soit peu, non pas parce que nous aimons souffrir, mais parce que c'est nécessaire.
N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi. Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.
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N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.