Au Père et au Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Je vous souhaite la bienvenue à cette analyse détaillée que vous offre le site des Réponses coptes orthodoxes. Lors de notre dernière vidéo, nous avons vu que le Christ avait pardonné à la femme adultère. Par la suite, il avait eu une discussion très animée avec les Juifs, à laquelle il avait mis un terme en réitérant sa divinité et leur rappelant le chapitre 3 de l'Exode, où Dieu dit: Je suis celui qui suis. Comme ils avaient voulu le lapider, le Christ avait quitté la place. Sur ce, nous aborderons aujourd'hui le chapitre 9.


Le verset 1 dit ceci:


« 1 Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance. 2 Ses disciples lui firent cette question: Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle? 3 Jésus répondit: Ce n'est pas que lui ou ses parents aient péché; mais c'est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. » (Jean 9:1-3)


Le premier point à relever de ce passage est le commentaire de saint Cyrille qui note le contraste qui existe entre, d'une part, cet homme physiquement aveugle, mais lucide d'esprit et confiant que la personne qui est devant lui peut le guérir, et d'autre part, les pharisiens, qui, au chapitre 8 juste avant, pouvaient voir physiquement, mais qui, en revanche, étaient spirituellement aveugles. En effet, ils étaient incapables de voir le Christ, le Messie qu'ils attendaient, même s'il était là devant eux.


On détecte ce genre de contraste encore aujourd'hui, et ce, presque tous les jours: les gens voient ce que leurs yeux leur montrent, mais sont incapables de voir Dieu, même s'il est là devant eux. Dieu pourrait accomplir ses œuvres partout autour d'eux, dans leur famille, leur vie, leur travail, peu importe... Il aurait beau se manifester d'une manière ou d'une autre, ils refuseraient de le voir. Et souvent, pas toujours, mais souvent, c'est parce que ces personnes ont leur propre idée derrière la tête et qu'elles veulent demeurer indépendantes. Les pharisiens étaient un parfait exemple de ce genre de personnes: ils ne veillaient qu'à leurs propres intérêts, ce qui les empêchait de voir que le Messie était juste devant eux.


Mais le royaume de Dieu est à l'intérieur de chacun. Certes, les preuves de la présence de Dieu sont nombreuses, tout comme les arguments qui justifient le christianisme, mais au bout du compte, un vrai chrétien voit avec les yeux de son âme, n'est-ce pas? Le royaume de Dieu est en lui.


C'est donc dire que oui, le chrétien peut bien s'en tenir aux preuves pour démontrer que Dieu est présent. Mais il lui faut faire un pas de plus: un pas dans la foi. Même s'il est physiquement aveugle ou qu'il ne peut voir Dieu parce que ce dernier est esprit, le chrétien peut tout de même entrer en contact avec lui et en faire l'expérience dans son for intérieur. À elle seule, cette relation intime suffit à témoigner de la présence de Dieu, au même titre que ne le ferait tout autre type de preuve, n'est-ce pas? La foi des chrétiens orthodoxes n'est donc pas une foi aveugle, loin de là! Elle est totale et se manifeste grâce à leur vision interne, à travers l'œil de leur âme.


Revenons maintenant aux Écritures. Les disciples consultent le Christ, afin de découvrir qui a péché pour que cet homme soit aveugle: l'homme lui-même ou ses parents? Et pourquoi cette question? C'est que les Juifs, à cette époque, croyaient que toute souffrance était une conséquence du péché. Et de toute évidence, cet homme souffrait, donc pour eux, quelqu'un avait dû pécher quelque part, soit lui, soit ses parents.


Mais le Christ leur répond ni l'un ni l'autre, ce que saint Jean Chrysostome et saint Cyrille d'Alexandrie s'empressent tous deux de clarifier en disant que le péché n'est pas héréditaire. Le commentaire de saint Jean Chrysostome va comme suit:


« C'est de là, du moins, qu'ils en sont venus à le questionner; car lorsqu'ils virent que le Christ croyait à la sincérité de l'homme, ils lui posèrent la question suivante: Qui a péché? Cet homme ou ses parents? La question était absurde, car comment l'homme aurait-il pu pécher avant sa naissance? [C'eût été impossible, dit-il.] Et si ses parents avaient péché, comment aurait-il pu en être puni? » (Saint Jean Chrysostome, Commentaire sur l'Évangile selon saint Jean) - [traduction libre]


Voyez-vous, il aurait été injuste que Dieu punisse quelqu'un du péché de ses parents. Ce n'était pas du tout le cas ici, et c'est ce que le Christ voulait clarifier auprès de ses disciples. Ceci dit, remarquez bien ce qui est précisé au verset 3:


« 3 Jésus répondit: Ce n'est pas que lui ou ses parents aient péché; mais c'est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. » (Jean 9:3)


Le Christ voulait amener les disciples à penser autrement... au lieu de chercher un coupable pour expliquer la souffrance d'un autre, il voulait qu'ils adoptent une mentalité axée sur la recherche d'occasions favorables; l'occasion de guérir, de servir, d'exercer leur ministère. C'est pourquoi le Christ est intervenu, n'est-ce pas?


Dans ce cas-ci, l'homme était aveugle de naissance, mais ce n'était pas pour que le Christ en soit glorifié. Il était aveugle, car comme bien d'autres, il était victime de la corruption de la nature humaine. Il souffrait de cette corruption qui s'était installée depuis la chute de l'homme, celle-ci ne faisant pas partie de sa nature primordiale.


Lorsque le Christ fit la rencontre de cet homme et prit conscience de son état de souffrance dû à la cécité, il décida d'agir, au lieu chercher un coupable. C'est ce que nous devrions faire, nous aussi, en tant que chrétiens: suivre son exemple, cesser de jeter le blâme sur les autres et agir. Sur ce, voici ce que nous dit saint Cyrille:


« Si l'homme était aveugle de naissance, ce n'était pas dû à ses péchés ou aux péchés de ses parents; mais puisqu'il en était malgré tout affecté [notez la forme passive: puisqu'il en était affecté], il était possible qu'en lui, Dieu soit glorifié. Car si cet homme, grâce au pouvoir céleste, se trouvait libéré de l'affliction qui l'accable et l'incommode, qui pourrait hésiter à admirer son Médecin? Qui pourrait se refuser à reconnaître la puissance du Guérisseur qui s'est manifesté en lui? » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur l'Évangile selon saint Jean) - [traduction libre]


En d'autres mots, l'homme était aveugle de naissance en raison de la corruption de la condition humaine. Le Christ s'est interposé et l'a guéri.


Poursuivons avec le verset 4:


« 4 Il faut que je fasse, tandis qu'il est jour, les œuvres de celui qui m'a envoyé; la nuit vient, où personne ne peut travailler. 5 Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » (Jean 9:4-5)


À cette époque, bien entendu, il n'y avait pas d'électricité. Ainsi, les gens devaient travailler de jour. Ils ne pouvaient travailler à la noirceur, n'est-ce pas? Il y avait donc un temps pour travailler et un autre où l'on ne travaillait pas. Le Christ, ici, s'est servi de cette réalité en l'appliquant à sa propre vie, sachant qu'il allait très bientôt mourir sur la croix, n'est-ce pas? En effet, une fois mort sur la croix, il ne pourrait plus accomplir son travail en personne, n'étant plus physiquement ici sur terre. Vu sous cet angle, ce serait comparable à la nuit, non?


Donc, comme il est présent dans ce monde et qu'il fait encore jour, il peut faire son travail: Il faut que je fasse, tandis qu'il est jour, les œuvres de celui qui m'a envoyé. Voilà comment il fait le parallèle entre le cycle jour/nuit et sa propre vie. Alors qu'il est ici sur terre, il doit faire son travail, mais la nuit approche: personne ne pourra plus travailler et lui-même ne sera plus présent. C'est pourquoi il ajoute: Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. Et ceci constitue l'une des sept occasions où il dit JE SUIS dans l'Évangile selon saint Jean.


De façon similaire, au moment de multiplier les pains et de nourrir les cinq milles hommes à partir de cinq miches et deux poissons, le Christ avait dit qu'il était le pain de vie. Dans ce cas-ci, il dit plutôt: Je suis la lumière du monde. Je suis ici pour orienter et guérir le monde. Et sur ce, il se prépare à accomplir le miracle qui rendra la vue à l'homme aveugle.


Passons au verset 6:


« 6 Après avoir dit cela, il cracha à terre, et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l'aveugle, 7 et lui dit: Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (nom qui signifie envoyé). Il y alla, se lava, et s'en retourna voyant clair. » (Jean 9:6-7)


À cette époque, les Juifs croyaient que la salive avait des propriétés médicinales. Ainsi, le Christ prit un peu de terre, la mélangea à sa salive pour en faire une pâte curative et l'appliqua sur les yeux de l'aveugle. Il voulait ainsi démontrer qu'il était sur le point de guérir cet homme; qu'il était le Guérisseur avec un grand G; qu'il était le véritable médecin, n'est-ce pas? C'est là le premier message qu'il voulait passer.


Son second message, c'était qu'il était le co-créateur, d'où la raison pour laquelle il cracha par terre, n'est-ce pas? Il fit ce geste en écho à ce qu'on disait au chapitre 2, verset 7 de la Genèse, alors que Dieu avait façonné l'homme à partir de la poussière, n'est-ce pas? Autrement dit, il fit le geste de former, de façonner les yeux de l'aveugle. Voilà donc l'essentiel de son second message: il est le co-créateur.


Faisons une parenthèse à propos du réservoir de Siloé. C'était un bassin d'environ 13 000 pieds, situé au sud de l'endroit où se trouvent nos personnages et alimenté par une source de la vallée de Cédron. Une conduite acheminait l'eau jusqu'au réservoir, ce qui explique pourquoi il reçut le nom de Siloé, l'envoyé, puisque l'eau était envoyée depuis cette source.


Mais plus important encore, n'oublions pas de souligner à quel point l'aveugle fit preuve d'obéissance, sans poser de questions. Il se rendit au réservoir, se lava les yeux et il se mit à voir. Saint Jean Chrysostome reprend cette idée d'obéissance et précise que l'inverse, la désobéissance, représente le péché, le péché qui mène aux ténèbres. Par son obéissance, l'homme aveugle a marché des ténèbres vers la lumière; de la cécité à la capacité de voir. Nous devrions donc faire comme lui et... obéir.


Lorsque nous obéissons, c'est aux commandements de Dieu que nous obéissons. Et ceux-ci ont pour objectif de nous unir à Dieu. En d'autres mots, Dieu est vérité. Par conséquent, dit-il, le péché est mensonge, puisque le mensonge est extérieur à lui, contraire à lui, et nous détourne de lui. Dieu est amour. Alors, dit-il encore, la haine tient du péché. Elle est extérieure à lui; elle est contraire à lui et nous détourne de lui. Et vous l'aurez compris: il en va de même pour les jugements, les commérages, et tout le reste.


Donc, nous l'avons dit, les commandements visent à nous garder unis à celui qui est la source de lumière, n'est-ce pas? Je suis la lumière du monde. Ainsi, lorsque nous obéissons, nous restons dans la lumière, nous restons unis à lui et nous en sommes éclairés, n'est-ce pas?, que ce soit de façon spirituelle, physique ou même psychologique.


Dans ce passage, on fait subtilement allusion au baptême à plusieurs reprises. D'abord, on remarque l'emploi du mot appliquer. Ce mot s'apparente au verbe oindre que l'on réserve aux situations où l'on se sert d'huile. Mais Dieu n'a pas mis d'huile sur les yeux de l'aveugle: c'était de la boue. On fait donc allusion à une pratique de l'Église au siècle premier, n'est-ce pas? On se servait du μυρóν (myron) que l'on appelle aujourd'hui le saint chrême, lequel est utilisé lors du sacrement de confirmation. Dans la deuxième Épître aux Corinthiens, on dit ceci:


« 21 Et celui qui nous affermit avec vous en Christ, et qui nous a oints, c'est Dieu, 22 lequel nous a aussi marqués d'un sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l'Esprit. » (2 Corinthiens 1:21-22)


D'après la pensée chrétienne orthodoxe, nous recevons l'Esprit Saint au baptême et celui-ci est scellé en nous durant la confirmation, par l'entremise du saint chrême, le myron. Ce passage fait donc allusion à l'Esprit Saint qui nous est donné. Et lorsqu'il entre en nous, nous sommes illuminés, nous commençons à voir, non pas seulement physiquement, mais spirituellement. Saint Jean nous passe des messages sur le baptême dans cet extrait.


De plus, il semble vouloir faire un jeu de mot sur le terme envoyé: c'est le nom du réservoir et saint Jean, dans son Évangile, insiste plusieurs fois sur le fait que le Fils est l'envoyé de Dieu. Le jeu de mot se voit dans le fait que l'eau du réservoir de Siloé est l'eau du Christ. Elle a le même pouvoir de guérison que le Christ. Lorsque l'aveugle s'est lavé les yeux dans cette eau, il s'est mis à voir; il a été illuminé. Et c'est pourquoi au sein de l'Église chrétienne, le baptême est appelé le sacrement de l'illumination. Par lui, nous nous mettons à voir clair. Et c'est ainsi que Dieu affirme qu'il est la lumière du monde.


En plus de tout ça, il y a une belle observation à faire ici. Lorsque l'aveugle a été guéri, c'était la première fois qu'il voyait. Et qu'a-t-il vu? Il a vu son reflet dans l'eau. Ainsi, une fois baptisés et devenus les fils et les filles de Dieu, nous voyons qui nous sommes vraiment, car l'image du Christ qui s'était déformée en nous est soudain ramenée à son état d'origine.


Et force est de le répéter, nous devenons des fils et des filles du Christ, ce qui se produit durant le sacrement du baptême. Dans le cas présent, l'homme aveugle a cru au Christ et l'a vénéré en tant que Dieu. Nous en reparlerons possiblement lors d'une prochaine vidéo. Mais c'est tellement beau de voir sa réaction lorsqu'il se voit dans l'eau et qu'il réalise que c'est lui. Il se sent épanoui. Il est tel qu'il doit être. Il a trouvé sa raison d'être. Toutes ces choses se trouvent en Dieu et elles nous sont attribuées en tout premier lieu lors de la cérémonie du baptême, ainsi que dans chaque larme que nous versons, c'est-à-dire, chaque fois que nous nous repentons.


Et c'est pourquoi, au sein de l'Église copte orthodoxe, nous faisons la lecture de ce passage durant le carême, plus précisément le 6è dimanche du carême. Car traditionnellement, les gens... les catéchumènes étaient sur le point d'être baptisés, et ceux qui l'étaient déjà se


repentaient. C'était donc un message de baptême qu'on adressait aux catéchumènes, ainsi qu'une invitation à se repentir qu'on lançait à ceux qui étaient déjà baptisés.


Reprenons au verset 8:


« 8 Ses voisins et ceux qui auparavant l'avaient connu comme un mendiant disaient: N'est-ce pas là celui qui se tenait assis et qui mendiait? 9 Les uns disaient: C'est lui. D'autres disaient: Non, mais il lui ressemble. Et lui-même disait: C'est moi. 10 Ils lui dirent donc: Comment tes yeux ont-ils été ouverts? 11 Il répondit: L'Homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, a oint mes yeux, et m'a dit: Va au réservoir de Siloé, et lave-toi. J'y suis allé, je me suis lavé, et j'ai recouvré la vue. 12 Ils lui dirent: Où est cet homme? Il répondit: Je ne sais. » (Jean 9:8-12)


Il convient ici de conclure en faisant quelques observations. Tout d'abord, l'expérience que cet homme a vécue l'a transformé, n'est-ce pas? Dans cet extrait, les gens ne le reconnaissent pas. Est-ce bien lui? Est-ce quelqu'un d'autre? L'homme doit lui-même confirmer qui il est, n'est-ce pas? Et cela se produit souvent chez les nouveaux chrétiens; ils deviennent très différents, pensent autrement, agissent différemment; ils deviennent carrément de nouvelles créations et leur entourage n'y comprend rien. Est-ce la même personne? Pourquoi agit-il ainsi? Parfois, même leur apparence physique semble s'être légèrement altérée. On peut voir que la grâce de Dieu les accompagne.


Deuxièmement, l'homme était aveugle. Il avait l'habitude d'être confiné, n'est-ce pas? Il voulait goûter à la vie, mais en était incapable. Il devait compter sur les autres pour se diriger. Il avait constamment besoin d'assistance pour vivre sa vie. Il avait même des difficultés à accomplir les activités les plus fondamentales, telles que manger, boire et préparer sa nourriture. Mais à présent, il allait et venait. Il était libre. Il pouvait vivre comme il était censé vivre. Et en vérité, une fois que le Christ nous a illuminés, c'est en lui qu'on trouve la vraie vie.


N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi. Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.


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N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.