Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Mes bien chers frères, je vous souhaite la bienvenue à la deuxième partie du cinquième volet sur l'Eucharistie. Si vous étiez des nôtres durant les différentes parties du quatrième volet, nous avons longuement expliqué que l'Eucharistie nous permet vraiment de revenir à un état non corrompu, laissant derrière la corruption qui nous habitait. L'Eucharistie, si on veut, est l'outil par excellence qui nous aide à atteindre cet état d'incorruptibilité.


Et maintenant, nous allons discuter plus particulièrement du fait que l'Eucharistie a la faculté de donner la vie. Allons-y tout de suite avec notre analyse, afin de comprendre comment l'Eucharistie peut nous donner la vie, étant donné qu'elle constitue le corps et le sang de celui-là même qui est la vie.


Tout comme il a clairement dit qu'il voulait nous donner cette vie, il veut aussi nous la donner d'une façon que nous n'aurions pu imaginer. C'est pourquoi il s'est fait humain pour nous, pour nous donner de nouveau la possibilité de choisir la vie. Il ne s'agit pas d'une vie charnelle qui ne durerait que 50, 60, 70, 80, 90 ou cent ans, non, mais d'une vie éternelle. Écoutez bien la parole qu'il nous livre dans l'Évangile selon saint Jean, au chapitre 10:


« 10 ...Moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance. » (Jean 10:10)


Une vie sans fin, éternelle. Au chapitre 14, toujours avec Jean, il parle à Thomas et aux disciples avant d'être trahi et crucifié... Voici ce qu'il dit:


« 6 Jésus lui dit: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. (Jean 14:6)


Voyez-vous, la vie n'est plus seulement qu'un état d'être. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut mesurer. C'est n'est pas qu'un simple cœur qui bat, non! La vie a maintenant un nom au même titre qu'une personne. On dira donc il est la vie, et non pas il est vivant. Il n'est pas en vie, il est la vie même, car c'est lui qui donne cette vie; il en est l'auteur. Il devient ainsi la chose même que nous recherchons, c'est-à-dire la vie. Je suis le chemin, la vérité et la vie. Et c'est ce qui est le plus beau dans tout ça: que la vie soit pour nous une chose à laquelle nous pouvons participer. Comment? Par notre connaissance de Dieu, en toute intimité avec lui, en entrant en relation avec lui, en prenant part à Dieu.


Jean parle de ceci dans son Évangile, au chapitre 17, alors que le Seigneur précise clairement ce qu'il souhaite pour l'humanité. Il se trouve alors dans le jardin de Gethsémané, juste avant d'être trahi. Dieu Fils s'adresse au Dieu Père et on peut y lire toute la beauté de son allocution. Ça va comme suit:


« 3 Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. » (Jean 17:3)


Ici, le fait de connaître Dieu, ce n'est pas en termes de renseignements ou de données qu'on aurait accumulées sur lui. Il s'agit d'une véritable connaissance, intime, relationnelle; une expérience de Dieu, une connaissance réelle. C'est ça la vie éternelle: connaître le Seigneur notre Dieu. Ceci dit, s'il est venu pour nous donner la vie, s'il est la vie même et que nous sommes appelés à y prendre part et à connaître celui qui est la vie, à entrer en relation avec celui qui est la vie, il doit sans contredit se rendre accessible.


Revenons donc au jardin. Vous vous souvenez que l'arbre de vie nous avait été enlevé, qu'il était devenu inaccessible, qu'un chérubin y était posté pour monter la garde, afin qu'Adam et Ève ne puissent y accéder? Eh bien, voici qu'il est maintenant réinstauré. L'Église nous enseigne que l'arbre est de nouveau accessible et que les fruits qu'il produit représentent le Seigneur même. Dans ses oraisons théologiques, Saint Grégoire le Théologien dit la très belle chose que voici:


« Le Christ fut amené jusqu'à l'arbre et il y fut cloué, et pourtant, par l'arbre de vie, il vient nous restaurer. Oui, il sauve même un voleur qui est crucifié avec lui; il enveloppe tout le monde visible dans les ténèbres. » (Saint Grégoire le Théologien, Oraisons théologiques 29.20) - [traduction libre]


Que nous dit Saint Grégoire? Il explique que l'arbre de vie nous est de nouveau accessible. Et comment? Par le fruit de vie que nous y voyons, le Christ lui-même auquel nous goûtons. Tout comme Adam et Ève avaient cueilli le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal et en avaient mangé, nous avons aujourd'hui un nouvel arbre qui se présente à nous. Et le fruit qui se trouve sur ses branches, le fruit que cet arbre produit devient notre source de vie.


Saint Grégoire nous dit que l'arbre de vie nous est offert... où ça? Sur le Golgotha. Il nous dit que la croix représente l'arbre de vie et que le Seigneur Jésus-Christ est le fruit que nous devons manger. Et il s'exprime d'une si belle façon! L'arbre nous est de nouveau accessible. Et pourquoi? Parce que le Christ a conquis la mort; parce qu'il a anéanti l'ennemi. Il est donc devenu le fruit de cet arbre. On peut d'ailleurs en lire le récit au chapitre 6 de l'Évangile selon saint Jean, alors qu'il dit lui-même:


« 56 Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui. 57 Comme le Père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi. » (Jean 6:56-57)


Voyez-vous, mes frères, le chapitre 6 de Jean est un des plus importants dans l'étude de la théologie de l'Eucharistie de l'Église. En tant que chrétiens orthodoxes, notre compréhension de l'Eucharistie est modelée sur ce passage traitant du pain de vie. Et le Seigneur s'exprime très clairement: celui qui mange de mon corps vivra grâce à moi. Il est devenu pour nous le fruit de l'arbre. Il nous de nouveau a offert ce choix.


Et comment procède-t-il? Eh bien, c'est très simple. Cela demeure un mystère qu'on ne peut comprendre parfaitement, mais c'est très simple. Si notre foi admet que le Christ est la vie et que nous nous permettons d'y prendre part en consommant son corps et son sang, qu'est-ce qui entre en nous par ce geste? La vie elle-même. Et où il y a la vie, la mort ne peut exister. Le processus est un mystère, mais il est quand même simple, n'est-ce pas?


Comment se débarrasse-t-on de la noirceur qui règne dans une pièce? On allume la lumière et sitôt qu'elle apparaît, la noirceur disparaît; elle fuit sa brillance. Ceci dit, comment détruit- on la mort? Puisque la mort n'est rien de plus qu'une absence de vie, en introduisant la vie à un cœur éteint ou à une âme inerte, que leur arrive-t-il? Ils reviennent à la vie. Voici ce que saint Cyrille d'Alexandrie en dit:


« De par sa nature, le Fils représente la vie, puisque qu'il est Dieu de Dieu et vie de vie. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Tout comme le Père représente la vie, il en est de même pour le Fils, car ils partagent la même essence. Ainsi, puisqu'il est Dieu de Dieu, le Christ est aussi vie de vie.


« [Et] si le Père représente la vie et que le Fils représente la vie lui aussi, comment le Fils pourrait-il être inférieur au Père? Dans un tel cas, nous ne pourrions avoir en nous la vie pure, même quand le Christ habite notre « soi intérieur ». » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Ce que dit saint Cyrille ici, c'est que puisque le Père représente la vie, le Fils doit nécessairement représenter la vie lui aussi. Et nous savons que le Fils n'est en rien inférieur au Père. L'hérétique Arius et ses adeptes étaient d'avis que le Fils était inférieur au Père, mais nous n'adhérons pas à cette idée. Le saint Credo nous enseigne qu'il est lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non créé, consubstantiel au Père. C'est ce que nous affirmons dans le Credo, alors, puisqu'il représente la vie, Dieu le Père représente la vie tout comme le Fils. Dieu de Dieu, vie de vie, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu. On ne fait aucune distinction quant à leur essence; ils sont consubstantiels.


Ainsi, mes frères, le Christ représente la vie, et de ce fait, c'est ce que nous recevons, puisqu'il vient nous habiter; il vient nous habiter. Saint Cyrille nous revient avec son commentaire sur Jean et dit ceci:


« Il se mêle, en quelque sorte, aux choses qui, par leur nature, ne peuvent exister éternellement ,... » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Notre propre nature, la nature humaine, est née de la poussière. Elle a donc le potentiel de dépérir, de mourir et de retourner à la poussière. Mais lorsqu'il entre en nous, ou comme le dit saint Cyrille, lorsqu'il se mêle à nous, il nous transmet aussi son pouvoir. Comme nous n'avons pas ce pouvoir naturellement, il vient nous le transmettre.


«... et il devient la vie de ces choses qui existent, afin qu'une fois vivifiées, elles puissent persister et se préserver, chacune selon ce que sa nature a prévu. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Ainsi, il entre en nous. Il donne son pouvoir à sa chair, laquelle devient quoi? Vivifiante, puisque qu'il a fait sien le corps qu'il a pris. Ce corps même, son humanité, son corps et son sang sont devenus vivifiants. Et comme ils peuvent maintenant donner la vie, parce qu'ils lui appartiennent, si j'y prends part, je permets donc au pouvoir de sa chair d'entrer en moi. Poursuivons avec saint Cyrille:


« Son corps, une fois qu'il l'a fait sien, devait prendre part à l'immortalité qui émanait de lui. Le feu peut révéler son action sur le bois de façon visuelle en transformant celui-ci jusqu'à ce qu'il devienne pratiquement comme lui à mesure qu'il y travaille. Il serait pour le moins absurde [il dit que ce serait vraiment bête ou insensé] de constater que le feu puisse accomplir cela et que le Verbe de Dieu, lui qui est au-dessus de tout, ne puisse faire bénéficier la chair de sa propre bonne action, c'est-à-dire la vie. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Si le feu est de nature à pouvoir transformer le bois à son contact, comment pourrait-on refuser de croire qu'en prenant part au corps immortel et vivifiant du Seigneur Jésus-Christ, je prends part du même coup au pouvoir qu'il me confère lorsque je me joins à lui par l'Eucharistie?


Ainsi, mes frères, saint Cyril se fait de plus en plus clair à ce propos. Et il n'est pas le seul, car d'autres pères parlent aussi du pouvoir de l'Eucharistie comme d'une solution pour nous qui avons contracté la mort en nous séparant du Seigneur Dieu... Rappelez-vous: c'est ce qu'Adam et Ève avaient choisi. En se séparant de celui qui était la source de vie, ils commencèrent leur lente progression vers la mort éternelle. Leur décompte était commencé.


C'est exactement ce qui arrive... pardonnez-moi cette comparaison toute simple... Quand votre téléphone est placé sur la charge, qu'arrive-t-il à la pile? Elle demeure chargée à 100%, puisqu'elle est connectée à la source d'énergie. Mais si vous le débranchez, qu'arrive-t-il? Il commence doucement à perdre de sa charge, passant de 100 à 90 à 80 à 70% et au bout du compte, la pile perd toute sa charge et vous dites mon téléphone est mort. C'est bien ça, n'est-ce pas? Cette situation est tout à fait comparable à ce qui arrive à l'être humain qui se déconnecte de la source de vie. Il se dirige doucement vers la mort, vers un état de non- existence, comme dirait saint Athanase.


Mes bien chers frères, il est bien évident que la seule façon d'être pleinement en vie, c'est de nous reconnecter, de nous réconcilier, d'accepter que la vie circule en nous. Et comment comprendre ceci? Il faut considérer l'Eucharistie comme étant l'énergie, la puissance divine, la qualité vivifiante qui nous est offerte. Saint Cyrille affirme que nous ne pouvons pas comprendre l'Eucharistie, à moins de comprendre qui est le Christ. Voici ce qu'il dit:


« Le Christ a déclaré: « En vérité je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, nous n'avez point la vie en vous-mêmes. » Il est donc certain que le corps et le sang du Christ, bénis soient-ils, donnent la vie. Car le corps, dis-je, n'appartient pas à un humain quelconque qui prendrait part à la vie, mais il appartient à la Vie même, en personne, soit le Fils unique de Dieu. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Lettres choisies, Sur le Credo) - [traduction libre]


Ce n'est pas le corps d'un homme vivant parmi tant d'autres, non! C'est le corps de celui qui représente la vie même. Ainsi, le corps et le sang du Christ sont nécessairement vivifiants, car il est la vie; il est le don de vie.


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