Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Mes bien chers frères, bienvenue à la troisième partie du cinquième volet de cette série. Jusqu'à maintenant, nous avons beaucoup centré notre attention sur le fait que l'Eucharistie constitue le remède à de nombreuses maladies spirituelles et qu'elle vient ramener l'être humain à ce qu'il devrait être. Nous avons également vu que l'Eucharistie nous rend incorruptibles et qu'elle nous donne la vie.


À présent, nous allons nous pencher sur le fait que le Seigneur Jésus-Christ est le pain de vie descendu du ciel. Nous allons brièvement consulter le chapitre 6 de l'Évangile selon saint Jean et constater que le Christ a clairement précisé qu'à moins de manger son corps et de boire son sang, la vie n'existe pas en nous. Allons voir de plus près ce que ça donne.


Saint Cyrille affirme qu'il est normal de croire Jésus lorsqu'il dit qu'il est le pain de vie. Si vous souhaitez lire l'extrait plus précisément, vous le trouverez au chapitre 6 de l'Évangile selon saint Jean. C'est très bien écrit, très percutant et ça nous amène à réfléchir. Car même si le Seigneur lui-même affirme qu'il est le pain de vie, les gens ne parviennent pas à comprendre son message. Que veux-tu dire par manger de ton corps et boire de ton sang? Quand tu dis je suis descendu du ciel, qu'entends-tu pas là? Et pourquoi dis-tu je suis la véritable manne? Que veux-tu dire par là?


Ses propos étaient si impressionnants que certains de ses disciples ont décidé de le quitter. Ils ont cessé de le suivre ce jour-là, car ses propos étaient trop forts, trop percutants pour eux. Même que le Seigneur s'est alors tourné vers les autres disciples et leur a demandé: Voulez-vous partir aussi? Mais ces disciples-là, les douze qui l'aimaient, ou plutôt les onze qui l'aimaient et celui qui allait plus tard le trahir, ont continué de le suivre. Mais c'était tout de même très difficile d'entendre et de comprendre qu'il était le pain de vie, qu'il était descendu du ciel, qu'il serait la source de vie qui habiterait en nous, que nous devions manger de son corps si nous voulions avoir la vie en nous. Écoutez bien ce que saint Cyrille nous dit à propos de ce passage. Il parle du Christ et nous rapporte ses propos:


«...« Mon Père vous donne le pain du ciel. » Ce pain fut préparé dans l'ombre en fournissant la manne aux anciens... » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Il dit que la manne n'était que l'ombre de ce qui allait arriver, que la manne n'avait servir qu'à pointer en direction du Christ. Il continue:


«...N'allez pas croire, dit-il, que ceci est vraiment le pain du ciel, mais sachez plutôt reconnaître celui qui, de toute évidence, a le pouvoir de nourrir toute la terre, bref, de donner la « vie au monde »... » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Autrement dit, en regardant Jésus-Christ, prenez conscience que c'est lui qui est la manne, que c'est lui qui nourrit les peuples, qu'il est le pain de vie qui donne la vie au monde. Jésus, dit-il:


«...Il accuse alors le Juif de s'accrocher aux événements similaires qui se sont produits par le passé et de refuser de voir la beauté qui se cache dans la vérité....» (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


À ce moment-là, Jésus s'adressait à une personne juive et lui disait que les Juifs étaient restés accrochés au symbolisme de la manne du passé, bien que cette manne n'eût été qu'un échantillon de ce qui était à venir. Il disait aussi qu'ils refusaient de voir la beauté de la vérité qui se trouvait devant eux, soit la manifestation en chair et en os de Notre-Seigneur Jésus- Christ.


«...Ce n'était pas la manne au sens strict, mais c'était plutôt le Verbe de Dieu lui-même qui était la manne, tiré de l'essence du Père, étant la vie même par sa nature et celui qui donne la vie à tous. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Il est le pain de vie descendu du ciel. Il est ce pain de vie que nous devons consommer et auquel nous devons prendre part. C'est ça l'Eucharistie. Elle représente le corps et le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ et lorsque nous en mangeons, la vie s'installe en nous. C'est donc grâce à l'Eucharistie que nous obtenons le salut et que la vie nous est redonnée.


Avant de poursuivre avec saint Cyrille, écoutez bien ce que nous dit saint Grégoire de Nysse, un autre grand père qui a vécu à la même époque et qui est décédé juste un peu avant lui. Saint Grégoire était le frère de saint Basile le Grand, un évêque de la région de Nysse, ville située sur le territoire de Cappadoce. Ce qu'il dit est très, très beau. Il explique que, suivant la nourriture que nous consommons, dès qu'un poison s'introduit dans notre corps, c'est la mort qui vient d'y entrer. Mais le Seigneur, par sa nourriture, nous fournit le remède qui nous guérira de ce poison, de cette mort qui s'est introduite en nous. Écoutez bien saint Grégoire:


« (2) Ceux à qui on a fait absorber insidieusement du poison en amortissent par une autre drogue l'influence pernicieuse, mais l'antidote doit pénétrer, comme le poison, dans les organes vitaux de l'homme...» (Saint Grégoire de Nysse, Discours catéchétique, Paragraphe 37, Alinéa 2) - [traduction française de Louis Méridier, 1908]


Donc le remède ou l'antidote doit entrer dans la personne de la même façon que le poison y est entré, afin de la détruire.


« (2)...pour que l'effet du remède, en passant par eux, se distribue dans le corps tout entier. De même, après avoir goûté à ce [fruit empoisonné] qui dissout notre nature, nous avions nécessairement besoin de ce qui en réunit les éléments séparés,...» (Saint Grégoire de Nysse, Discours catéchétique, Paragraphe 37, Alinéa 2) - [traduction française de Louis Méridier, 1908]


Par notre désobéissance, nous avons laissé le poison s'introduire en nous; nous avons laissé la mort s'introduire en nous. Ainsi, le choix qu'ont fait Adam et Ève de désobéir et de laisser le poison et la mort les pénétrer doit maintenant être contré, mais comment? En laissant, nous aussi, entrer quelque chose qui viendra réparer les organes qui ont été attaqués. Voici la suite:


« (2)...pour que ce remède, pénétrant en nous, chassât par son effet contraire l'influence funeste du poison déjà introduit dans notre corps. (3) Quel est donc ce remède?, [demanda saint Grégoire]. C'est précisément ce corps glorieux qui s'est montré plus fort que la mort et qui est devenu pour nous la source de la vie. » (Saint Grégoire de Nysse, Discours catéchétique, Paragraphe 37, Alinéas 2 & 3) - [traduction française de Louis Méridier, 1908]


Quel est ce corps qui s'est montré plus fort que la mort? C'est le corps même de Notre-Seigneur Jésus-Christ ressuscité dans la chair, ressuscité d'entre les morts. Ce corps qui a conquis la mort nous est maintenant offert sur l'autel et devient le remède que nous absorbons. C'est par l'entremise de l'Eucharistie que nous obtenons de nouveau la vie. Saint Cyrille en parle de la même façon que saint Grégoire. Voici ce qu'il dit:


« Ainsi, le Christ a donné son corps pour la vie de tous, et par ce corps, il vient de nouveau placer la vie en nous. Je vais tenter d'expliquer du mieux que je peux comment il s'y est pris. Puisque le Verbe vivifiant de Dieu a élu domicile dans la chair, il l'a transformée de manière à ce qu'elle possède sa propre qualité bienfaisante, soit la vie. Et puisque, par une union extraordinaire, il a pu s'y joindre parfaitement, il l'a rendue vivifiante comme il l'était naturellement lui-même. Pour cette raison, le corps du Christ donne la vie à ceux qui y prennent part. Son corps chasse la mort lorsqu'il pénètre au fond de ceux qui sont moribonds et il en retire la dégradation, puisqu'il porte en lui le Verbe qui détruit ce qui se dégrade. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Ainsi, lorsque ce corps vivifiant qui appartient au Fils unique de Dieu, qui appartient à la vie même, vient s'unir à moi qui suis sujet au péché et à la mort, qu'est-ce que je reçois en moi? Je reçois sa vie même. Et qu'advient-il de la mort qui régnait en moi? Elle est conquise; elle est détruite. C'est là le pouvoir de l'Eucharistie. C'est ce qu'elle nous offre, à vous et moi: elle vient nous restaurer.


Et c'est pourquoi nous nous servons de la liturgie de saint Basile au sein de l'Église copte orthodoxe. Et que dit-elle cette liturgie? Le prêtre ou l'évêque qui y préside saisit la patène qui contient le corps sacré, la soulève et la place devant le calice qui contient le sang, et il dit à haute voix devant les fidèles:


« Amen. Amen. Amen. Je crois, je crois, je crois et je confesse jusqu'au dernier soupir que c'est le corps vivifiant que ton Fils unique, notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus- Christ, a pris de notre Dame et notre Reine à tous... » (Liturgie de saint Basile) - [traduction de la Paroisse Saint Mina et Saint Mercurious, Colombes, France]


Il s'agit du même corps qu'il a pris de Sainte-Marie; le même corps qu'il a pris lorsqu'il s'est incarné; le même corps qui contient la vie, puisqu'il appartient à la vie elle-même. C'est le corps vivifiant. Et lorsque le prêtre prononce ces paroles, que dit-il, au fait? Je crois, je crois, je crois et je confesse... et quoi encore? Jusqu'au dernier soupir. D'ici à ce que je meurs, je ne nierai jamais que ceci est le corps vivifiant de mon Seigneur, mon Dieu et mon Sauveur, Jésus-Christ.


Pour conclure ce segment sur l'Eucharistie vivifiante, il nous faut comprendre que, puisque le Seigneur représente la vie et qu'il s'offre à nous, nous recevons cette vie dans notre corps. Saint Cyrille termine en affirmant ceci:


« Tout comme la personne qui cacherait une étincelle dans un tas de paille afin de préserver l'amorce qui engendre le feu, le Seigneur Jésus-Christ cache la vie en nous par sa propre chair,... » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Si nous prenions une petite étincelle et que nous la placions dans une grosse botte de foin, un gros tas de paille, pour reprendre l'expression de saint Cyrille, qu'arriverait-t-il? La paille prendrait feu. Il ne suffirait que d'une petite étincelle pour tout consumer, même une montagne de paille. Le feu se propagerait. C'est très beau ce que nous dit Saint Cyrille en expliquant que le Seigneur cache la vie en nous par sa propre chair, autrement dit, qu'il se cache en nous par l'entremise de sa propre chair.


«...et comme une graine, il sème en nous l'immortalité, éliminant toute la dégradation qui s'y trouve. Ainsi, quiconque mange du corps sacré du Christ obtient la vie éternelle, puisque ce corps même renferme le Verbe, lequel est la vie de par sa nature. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Mes bien chers frères, j'espère qu'il vous paraît bien clair que ce que nous enseigne l'Église, et en particulier, notre père sacré saint Cyrille d'Alexandrie, c'est que l'Eucharistie est la solution à l'était mortifère qui accable l'être humain. La condition humaine qui s'était corrompue peut maintenant jouir de l'incorruptibilité. Elle qui avait préféré la mort à la vie peut de nouveau


décider de choisir la vie en prenant part à l'Eucharistie qui est le corps vivifiant de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.


Lors de notre prochaine discussion, si Dieu le veut, nous examinerons... pardonnez-moi, il y a une erreur ici, non pas l'Eucharistie qui donne la vie, mais plutôt... nous examinerons comment l'Eucharistie est à l'origine de notre union avec le Seigneur Jésus-Christ.


Et si vous vous rappelez bien, au tout début de cette série, nous disions que la première chose à comprendre, c'était que la chute avait eu trois effets majeurs: nous faire passer d'un état incorruptible à un état corrompu, nous enlever la vie et nous conduire à la mort, et enfin, nous séparer de Dieu, alors que nous le connaissions, étions unis à lui et que son Esprit Saint habitait en nous. Nous espérons vous revenir sous peu, afin d'expliquer comment l'Eucharistie peut maintenant nous réconcilier avec Dieu et nous permettre de vivre une véritable union avec lui.


D'ici là, veuillez me garder dans vos prières. Gloire à Dieu maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.


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N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.